mar 21

Comment lutter efficacement contre la traite des êtres humains? Après d’autres cantons, Fribourg empoigne ce délicat problème. Les victimes, le plus souvent des femmes contraintes à la prostitution, rechignent en effet à demander de l’aide, par peur de voir leur situation empirer. L’ordonnance adoptée récemment par le Conseil d’Etat fribourgeois veut instaurer un «mécanisme de coopération», dont le succès «dépendra grandement de la publicité qui lui sera accordée». Public visé, notamment, les quelque 500 à 600 «artistes de cabaret» qui obtiennent chaque année un permis de séjour provisoire dans le canton. Tenues à l’écart du tissu social, ces femmes ignorent leurs droits, note le conseiller d’Etat Erwin Jutzet (PS), chargé de la Sécurité et de la justice. Interview.

Le Temps: Comment fonctionnera ce «mécanisme de coopération»?

Erwin Jutzet: Il met en scène différents organismes. Sa plaque tournante est le centre de consultation Lavi (Loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions), qui a pour mission de recevoir les plaintes. Ensuite, il s’agit de discuter avec les personnes concernées. Les polices des étrangers et de sûreté, ainsi que l’Office des juges d’instruction, sont informés. Une prise en charge, physique et psychique, de la victime est organisée. On lui donne un délai de trente jours pour dénoncer les auteurs de la traite. Si elle franchit le pas, elle obtient un permis de séjour provisoire jusqu’à la fin de la procédure pénale. Pendant ce temps, la victime a le droit de travailler et de rester en Suisse. A tout moment, elle peut renoncer à son action. Une fois la procédure terminée, elle devra quitter la Suisse. Sa situation ne saurait en effet constituer un motif pour obtenir un permis de séjour définitif. Elle pourra en revanche bénéficier d’une aide au retour. Quant aux cas de rigueur, nous entreprendrons des démarches auprès de la Berne fédérale pour qu’ils puissent rester en Suisse.

- Les victimes, souvent, ne collaborent pas. Comment changer cet état d’esprit?

- Il faut développer chez elles un sentiment de confiance. Leur situation est pénible. Les filles de l’Est, notamment, sont souvent la proie d’organisations mafieuses qui menacent leur famille. Nous devons leur signifier qu’elles ne sont pas seules, qu’on peut les aider. Même si c’est très difficile de les atteindre. Elles sont confinées dans des cabarets, sortent peu, ne parlent pas la langue. En revanche, il est possible de sensibiliser les clients, qui, découvrant une situation problématique, pourraient le signaler au centre Lavi.

- Cette ordonnance constitue-t-elle un moyen de combattre la prostitution illégale?

- Pas nécessairement. Ce n’est pas un instrument contre la prostitution, mais contre la traite des humains. La plupart du temps, ces femmes arrivent ici via des filières. On les maintient sous pression financière, car elles se sont endettées pour financer le voyage, des habits, etc. Ce sont ces filles-là qu’il s’agit d’aider. En revanche, si une Française vient se prostituer à Fribourg sans disposer de l’autorisation nécessaire, elle ne sera pas concernée par ce mécanisme.

Sources : http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=228183

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mar 18

Pas encore ouvert, un salon de massage soulève la polémique. Le salon coquin occupera le 2e étage d’un locatif genevois. Les voisins s’insurgent, alors que la police des constructions se fâche

Au 30, rue Malatrex, à Genève, le long des voies CFF, c’est l a grogne! Dans cet immeuble plutôt glauque doit s’ouvrir, aujourd’hui, un salon de massage de 300 m 2 , avec hôtesses triées sur le volet. Mais l’espace coquin, qui occupera tout le deuxième étage, soulève doublement la polémique. Non seulement des locataires s’insurgent contre l’arrivée des futures filles de joie, mais, de plus, aucune demande d’autorisation spécifique n’a été faite. Du coup, la police des constructions exige l’arrêt des travaux!

Demande de réduction
«Nous ne sommes ni d’accord ni contents de l’ouverture d’un salon de massage ici», lance une locataire du 4e étage. Au 3e, Flavia aura la vue directe sur la porte palière du salon: «J’ai un enfant de 2 ans et demi et une belle-fille de 9 ans. Qu’est-ce que je vais leur dire? J’envisage de déménager. D’autant que je suis certaine qu’il y aura du bruit…» Au 5e, une jeune locataire a trouvé une parade qui devrait faire grincer la régie. «Normalement, on a droit à une réduction de 35% sur le loyer avec l’installation d’un tel salon. Ma demande est déjà partie à la régie.» Elle pourrait faire des petits… Mais, au fait, il n’est pas interdit d’ouvrir un salon de massage dans un locatif si les locaux sont prévus pour des activités commerciales? «En effet, il n’y a pas de problème concernant l’affectation des locaux, relève Edi Da Broi, directeur de l’Office des autorisations de construire. En revanche, nous aurions dû recevoir une demande d’autorisation pour ce salon et pour les travaux qui y sont liés. Or rien n’a été fait. Nous avons donc envoyé, le 13 mars, une décision d’arrêt immédiat des travaux.» Pourtant, hier encore, un essaim d’ouvriers s’en donnait à coeur joie au 2e étage

«Nous serons très attentifs à l’évolution de cette surface, mais tout est en ordre», promet, au nom de la régie Bernard Nicod, le gérant de l’immeuble. Mais qu’en est-il de l’arrêt des travaux? De l’absence de demande d’autorisation? «Nous n’avons fait que des travaux intérieurs, peinture et parquets!» Donc pas d’insonorisation spéciale? Et les locataires parlent d’une caméra dans le hall? «Je n’entre pas en matière là-dessus», réplique notre interlocuteur. Quant à l’exploitant du futur salon, le GClub, annoncé comme un superbe espace VIP - les tarifs et les photos suggestives des hôtesses figurent déjà sur son site Internet -, il n’a pas souhaité nous rappeler.

Source : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/masseuses-indesirables_9-117549

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mar 17

GÉOGRAPHIE - Chercheur à l’université de Neuchâtel, Romaric Thiévent a décrypté les pérégrinations mondialisées des danseuses de cabaret des pays de l’Est.
Des permis pour danseuses de cabaret, il s’en délivre près de 1500 par mois en Suisse. Pourtant, on sait peu de choses sur cette population dont le statut légal ne permet qu’un court séjour de huit mois au maximum. En cherchant à aller au-delà des clichés qui estampillent les activités liées à la prostitution, l’université de Neuchâtel a pu explorer plusieurs pistes de réflexion originales dans le cadre d’un colloque international intitulé «Cacher ce travail que je ne saurais voir», tenu en janvier dernier. C’est à cette occasion que Romaric Thiévent, chercheur à l’institut de géographie, a présenté ses travaux sur la mobilité des danseuses de cabaret. De ses constats émerge la compréhension d’un nouveau type de migration «circulatoire». Car si beaucoup de migrants arrivent en Europe dans l’espoir de s’y installer, le chercheur explique que la plupart des artistes de cabaret formulent des projets dans leur pays d’origine, et certaines font des allers et retours vers la Suisse, mais aussi le Japon le Liban, ou les États-Unis pour les financer. Une sorte de travail pendulaire, à l’échelle de la planète, et une alternative à la migration définitive.

Que cherchent les danseuses de cabaret que vous avez rencontrées?

Romaric Thiévent: Il existe évidemment de nombreux cas de figure. La plupart des femmes originaires des pays de l’Est viennent ici dans le cadre d’un projet précis, et en général individuel. C’est par exemple le cas pour une Roumaine, qui vient quelques mois par an pour financer ses études. J’ai aussi rencontré une pédiatre russe venue deux ans à la fin de ses études afin de financer l’ouverture de son cabinet médical. D’autres disent faire vivre une famille entière, permettant à leurs proches de construire une maison ou d’ouvrir un magasin. Elles sont donc des piliers du ménage.

Avez-vous connu des personnes exerçant ce métier contre leur volonté?

Non. Cet aspect relève en partie de la légende urbaine. En évoquant le travail du sexe, dans la presse ou au sein des parlements, il y a une tendance à caricaturer et à parler trop facilement de «traite d’êtres humains». De tels cas existent, mais entre une personne qui choisit de venir pour faire ce travail jusqu’à celle que l’on recrute sur la base de mensonges, qui est forcée de travailler et qui n’est pas payée, tous les cas sont possibles. Plus elles viennent, plus elles connaissent les règles, les bons cabarets, les patrons honnêtes, les intermédiaires fiables, donc elles acquièrent du pouvoir.

Le statut légal sous lequel elles travaillent leur bénéficie-t-il?

Je ne suis pas sur que leur statut a beaucoup à faire avec le pouvoir que ces femmes ont sur leur situation. A la limite, il les dessert, car avec un permis L (permis de courte durée, ndlr), on ne peut pas changer de travail en cours de route. Elles n’ont donc pas d’échappatoire. En plus, ces femmes n’ont pas droit de rester plus d’un mois sans emploi, sous peine d’expulsion, ce qui favorise le pouvoir des patrons de cabaret et des agents. Cependant, cette réglementation leur offre une certaine protection: elles bénéficient d’un contrat type, d’un salaire minimum, la prostitution est explicitement interdite. Mais ces règles ne sont pas toujours respectées. Il y a très peu de contrôles dans les cabarets. On a l’impression que ces règles sont établies pour se donner bonne conscience. Neuchâtel constitue cependant une exception car les contrôles existent.

Comment ce milieu est-il organisé?

Des agences constituent le pivot de la circulation des danseuses. Elles les recrutent et les mettent en relation avec un agent suisse, un autre au Japon, etc. Les danseuses ne se rendent pas dans n’importe quel pays. Jusqu’en 2004, beaucoup allaient au Luxembourg, car le même type de permis existait. Même si elles mettent sous contrat 100 ou 200 personnes, les agences ne comptent souvent qu’un indépendant ou deux associés. Certains agents placent uniquement des danseuses, d’autres placent des joueurs de foot ou des musiciens. C’est la plupart du temps tout à fait légal et réglementé. Il s’agit de placement de personnel, mais ce milieu souvent stigmatisé est sujet à des abus. I

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=439004

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fev 19

Le Club fait sa pub aux quatre coins du canton. Sa récente fermeture, suite à une descente de police, aura duré une grosse semaine, avant la réouverture. Incursion anonyme dans l’autoproclamé «Temple du charme».

Ici, on parle «pipe» et «levrette» comme de la pluie et du beau temps. Au coeur de la zone industrielle, dans le lupanar de Roche, les clients sont recouverts d’un seul peignoir aux armes du lieu. Les «filles» aussi ont leur uniforme. Lingerie sexy pour la plupart. Minishort et décolleté pour d’autres. Bienvenue au Club!

Depuis plusieurs mois, des affiches XXL vantent de Huémoz à Lausanne les mérites des «plus belles filles de Romandie». Quatre-vingts francs vous suffiront pour les rencontrer. «Bonjour», lance la réceptionniste. Poliment mais sèchement. L’une de ses missions consiste à remettre au nouveau venu un bracelet sésame équipé de deux clés. Une pour le vestiaire. L’autre pour les chambres. Il est 22 h.

Jogger en peignoir

Les clients, du jeune imberbe au quinqua bedonnant, arpentent en sandalettes les 1800 m2 répartis sur deux niveaux. Ambiance de joyeux copinage viril. L’improbable ballet peut prendre quelques minutes comme deux heures. Du bar au sauna. Du sauna au billard. Du billard au hammam. Du hammam au bar encore. Du bar au jacuzzi. Du jacuzzi à la chambre enfin. Seul le fitness est totalement déserté. Pas évident de courir quasi nu sur un tapis roulant! Mais les clients ne sont pas venus pour ça.

Au mur, des fresques évoquant les lupanars de Pompéi rappellent aux étourdis la direction à suivre. Dans la grande salle du bar, un écran diffuse un pot-pourri de séquences hard jusqu’à ce qu’excitation, copulation et facturation s’ensuivent. La mécanique de l’amour sans amour est bien huilée: la porte de la chambre s’ouvre et claque, le verrou tourne, les jambes s’écartent. Capote. Lubrifiant. C’est parti. Cent vingt francs la demi-heure. Deux cents quarante l’heure. Les filles y mettent, paraît-il, du coeur.

Rêves de normalité d’une jeune Croate

La dizaine de filles présentes ne pousse pas à la consommation. Ni de leurs charmes ni des boissons. Elles aussi paient l’entrée. La direction les considère d’ailleurs comme des clientes. Ces indépendantes régulières ou non sont libres d’agir à leur guise, confiait le gérant il y a peu. Imparable en cas de descente de police! Beaucoup de ces prostituées, souvent originaires de l’Est, sont sur le pied de guerre depuis 14 h. Il est minuit passé. Leurs parades amoureuses font mouche. Quand ce n’est pas le cas, certaines se lâchent: «J’attends d’avoir assez d’argent, je retourne chez moi, je me marie et je fonde une famille», explique Juliana en italien. Le cliché sent le vrai. La plantureuse Croate de 25 ans, avoue ne quasiment pas mettre les pieds dehors. Huit heures par jour, elle tente d’enchaîner les passes. Chacune, espère-t-elle, la rapproche de ses rêves de normalité. Comme la plupart des «collègues», elle a un visa touriste. Christa, concède en anglais, «pratiquer» en Suisse depuis un an. Et la Bulgare de 23 ans de soudainement se retrancher derrière les banalités d’usage.

Certains clients sont plus causants. Ce trio de trentenaires romands s’est «payé deux Brésiliennes canons dans une chambre superclasse». Les potes reviennent avec enthousiasme sur leur «exploit». Scénario de mauvais porno. «Aller, on se casse. Ici c’est glauque», conclut finalement le plus âgé aux faux airs de Franck Dubosc. Le voilà rhabillé. Manteau de velours, écharpe Burberry, chaussures de cuir noir. Un amateur de galipettes tarifées parmi d’autres.

http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/vaud/detail_vaud/(contenu)/195496

Autres informations sur cette affaire :

http://www.iprostitution.org/2008/02/11/le-bordel-est-il-condamne/

http://www.iprostitution.org/2008/02/08/salon-de-massage-suisse-la-loi-cest-la-loi/

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fev 18

La femme de nationalité allemande retrouvée morte la semaine dernière dans un salon érotique à Aarau a été victime de meurtre. Un jeune homme mineur de nationalité suisse l’a étranglée, a annoncé la police argovienne dimanche. Celle-ci n’a pas voulu révéler l’âge exact du suspect interpellé vendredi. Il a “entre 15 et 18 ans”, a-t-elle concédé. Placé en détention préventive, il a globalement admis les faits. Le meurtrier présumé a étranglé la femme avec un objet, non précisé, lors d’un rapport sexuel. Il avait été client du salon dans la semaine ayant précédé le meurtre de la prostituée. (SWISS TXT)

Source :http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=8750258&cKey=1203270665000

Lire aussi : http://www.iprostitution.org/2008/02/12/suisse-une-femme-retrouvee-morte-dans-un-salon-erotique/

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