sep 13

Et voilà, l’avocat général de la cour d’assises de Paris a rendu ses réquisitions dans l’affaire des viols de prostituées par des CRS.

Ainsi, ce jeudi il a demandé des peines allant entre huit ans d’emprisonnement et dix ans de réclusion criminelle pour chacun des trois CRS jugés pour les viols commis entre 2002 et 2003 sur des prostituées. Les quatre autres ex - CRS risquent des peines avec sursis.

Philippe Bliger qualifie leurs actes ainsi : “Ils ont commis le pire”, ainsi l’avocat général désigne Romaric Leclercq, Yohan Mahé et Cyril Dussart, qui la tête basse sur le banc des accusés écoutent. Et pourtant leur “repentance” joue légèrement en leur faveur, sans doute aussi leur immaturité à l’époque des faits.

Stéphane Hirigoyen et Gilles Gainaux risquent 3 ans de prison avec sursis, Christophe Fradelin et Denis Godet pour leur part peuvent être punis de 18 mois avec sursis.

Les quatre sont poursuivis pour “non-empêchement de crime” pour avoir été présents lors de certains viols, sans les avoir empêchés ou dénoncés. En d’autres termes ils n’ont pas porté leur aide aux femmes qui subissaient le viol des autres CRS.

Pour ce genre de délit, de crime la justice a l’habitude de trancher clairement, en ordonnant de 15 à 20 ans de réclusion. Les trois principaux accusés ont été révoqués de la police et les quatre autres ont été suspendus temporairement 24 mois, dont 18 avec sursis. Durant le réquisitoire, l’avocat général Philippe Bilger a attiré l’attention de l’auditoire sur le “caractère exceptionnel des viols”, “l’image désastreuse de la police” qu’ont donné les accusés, ainsi que “la souillure heureusement pas ineffaçable” imposée à l’institution.

Il a aussi rendu un hommage appuyé à une jeune femme violée, qui s’est constituée partie civile après avoir dénoncé les faits aux autorités en 2003. “Elle est venue incarner physiquement la douleur et la détresse” des victimes, a-t-il souligné. Irini P., 28 ans, est venue spécialement d’Albanie, où elle a été expulsée en 2004, pour témoigner au procès. L’avocate de Irini P, le matin du procès n’a pas hésité à remettre les pendules à l’heure : “J’ai entendu dire que c’étaient de jeunes perdreaux livrés à eux-mêmes. Mais il y a combien de millions de Français qui sont livrés à eux-mêmes ?”, s’est-elle interrogée, et de poursuivre : “Tout le monde aurait-il besoin d’un tuteur pour s’entendre dire : ’attention, ne fais pas ça ?’”.

Les viols ont germé en 2003, contre des filles albanaises qui tapinaient sur les boulevards Maréchaux à Paris, deux filles ont alors conté leur souffrance à une association d’aide aux prostituées, “l’Amicale du Nid”, elles ont déclaré alors avoir subi des actes de viol de la part de la police. Bien entendu une enquête de la police fut lancée. Là on apprenait que les filles furent victimes de 11 viols impliquant sept policiers de la 7e Compagnie républicaine de sécurité ( CRS) de Deuil-la-Barre du Val d’Oise. Les CRS à l’époque avaient entre 23 et 26 ans.

Concluant l’enquête, l’IGS - Inspection Générale des Services, police des polices avait noté à l’époque “que les faits ne sont pas isolés et exclusivement dus à une consommation d’alcool, mais font partie de pratiques répandues auprès de plusieurs membres de leur section“.

7 plaidoiries sont attendues de la part de la défense, et le verdict doit tomber demain, vendredi

 Radin rue

 http://www.radinrue.com/spip.php?article3145

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sep 13

Justice . Au deuxième jour du procès des CRS violeurs, la seule victime présente a décrit comment les accusés orchestraient leur chantage pour obtenir des faveurs.

L’esprit de corps, ça ne se perd pas. Aussi, quand il s’agit d’entonner le chant des regrets, nos CRS sont de nouveau à l’unisson. Le premier, le nez dans les chaussures : « S’il arrivait la même chose à ma femme ou ma fille, je ne pourrais pas pardonner. Je suis vraiment désolé. » Le second, hésitant : « Avec le recul, j’ai pris conscience d’avoir commis des actes ignobles… » Le troisième, s’aboyant dessus : « Mademoiselle, on s’est comportés comme des porcs ! J’en ai honte. Recevez sincèrement mes excuses. »

Témoignages accablants

Ce lundi, au deuxième jour du procès des sept policiers accusés de « viols en réunion » sur des prostituées ou de « complicité », l’heure est à la repentance. Sur son banc, serrée entre une avocate et son interprète, Irini, elle, ne répondra rien. Pas vraiment la peine. Livré à la cour quelques minutes auparavant, le témoignage meurtri de cette jeune Albanaise de vingt-huit ans, seule victime présente à ce procès, a été suffisamment accablant pour les ex-fonctionnaires de la compagnie CRS7 de Deuil-la-Barre (Val-d’Oise), auteurs présumés de onze viols.

Dans un silence pétrifié, la jeune femme a tout raconté. Cette fameuse nuit du 8 au 9 avril 2003. À deux heures du matin, sur le boulevard Ney, à Paris, une Twingo grenat s’arrête à hauteur d’Irini et de sa copine Diana. « Contrôle des papiers ! » Trois policiers sont à bord. Les jeunes femmes tendent les photocopies d’un faux passeport et d’une demande d’asile. « Je savais bien que mes papiers n’étaient pas bons et j’avais peur d’être expulsée à cause des lois Sarkozy. »

Contraintes, elles montent dans le véhicule. Irini à l’arrière, à côté du dénommé Romaric Leclerc. Diana devant, sur les genoux de Cyril Dussart, tandis que Yohann Mahé conduit. Ça empeste l’alcool. Direction le « commissariat central », leur dit-on. Mais, porte de la Chapelle, le véhicule file sur l’autoroute A1, bifurque et finit par se garer dans un parking à l’écart. Le Stade de France en toile de fond. « J’étais terrorisée », sanglote Irini.

Viennent alors les actes interminables imposés par Romaric Leclerc. La douleur de la jeune femme, les larmes silencieuses. « Allez, vas-y, c’est ton travail ! », l’encourage le CRS lorsqu’elle lui supplie d’arrêter. À l’extérieur, Dussart et Mahé s’échangent la pauvre Diana. « Eux prenaient juste du plaisir sans penser à rien d’autre. Nous, on souffrait. » Irini parle de l’humiliation, mais aussi de sa révolte d’avoir été traitée comme un « objet ». « Je ne me prostitue pas par plaisir, mais je l’ai choisi. Aucun client ne m’a fait une chose comme ça. Moi, je pensais que les policiers devaient protéger… »

Au bout de deux heures, la Twingo redémarre, recule dans l’obscurité. « J’ai vraiment pensé au pire, qu’ils allaient nous tuer. » Irini bondit à l’extérieur, la manche arrachée, extirpe son amie. Paniquées, les deux femmes franchissent l’autoroute. « On a arrêté un camion qui nous a déposé porte de Clignancourt. » L’association l’Amicale du nid recueillera finalement son témoignage, quelque temps plus tard, et saisira l’Inspection générale des services. Irini avait eu la présence d’esprit de noter la plaque d’immatriculation du véhicule. Il appartenait à la fiancée de Yohann Mahé.

Irini a été expulsée en Albanie

Depuis, Irini a été expulsée en Albanie. Elle vit chez sa famille. Sans enfant, sans mari, sans travail. Elle a longtemps refusé de venir à ce procès. À la barre, elle pleure à nouveau : « En Albanie, ils vont voir mon nom, mon visage, vont apprendre que je me suis prostituée… S’ils le savent, tout est fini. » La tête dans les épaules, les trois principaux accusés la jouent profil bas. Révoqués de la police, ils ont tous retrouvé un emploi. Verdict prévu vendredi.

Laurent Mouloud

 http://www.humanite.fr/2007-09-12_Societe_-Je-pensais-que-les-policiers-devaient-proteger

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sep 11

crs.jpgLa jeune femme a raconté hier le « chantage aux papiers » et la « peur d’être expulsée ».

L’ACTE de contrition, grand classique des assises, vaut pour deux paramètres : son contenu et son moment. Les sept policiers accusés de viols sur des prostituées ou de complicité (nos éditions des 8-9 septembre) ont choisi, hier, le deuxième jour de leur procès pour se repentir.
Alors qu’ils faisaient jusqu’alors cavalier seul, et que vendredi dernier, sur Europe 1, l’un d’eux - Cyril Dussart, vite démasqué - déclarait encore sous couvert de l’anonymat qu’il ne se considérait « pas comme un violeur », ils ont tous entonné, hier, à l’unisson, le grand air des remords. Romaric Leclercq : « J’ai commis des viols. Je tiens à m’excuser auprès de toutes les victimes. » Yohann Mahé : « J’ai commis des actes inqualifiables. » Cyril Dussart : « Mes actes ne sont pas inqualifiables, mais qualifiés : ce sont des viols aggravés. »
La date de cette louable prise de conscience n’est pas neutre : la cour entend à présent Lana (1), la jeune Albanaise de 28 ans qui, seule parmi les victimes, ose les affronter. Vêtue de vert, le nez et le menton pointus jaillissant de joues rondes d’adolescente, elle roule fortement les « r » mais s’exprime de manière parfaitement intelligible. Sa déposition énergique, ponctuée de brefs sanglots, est accablante. Lana raconte le « chantage aux papiers » auquel elle est soumise le 9 avril 2003, la « peur d’être expulsée ». Le lieu « tout noir, qui fait peur », où elle est conduite avec son amie Diana.
Se « sentir comme un objet »
Puis viennent les actes interminables et douloureux imposés par un Romaric Leclercq empestant l’alcool, pendant que Mahé et Dussart tourmentent Diana. Les larmes qui coulent et que personne ne voit. L’humiliation de se « sentir comme un objet », alors que d’ordinaire, prostituée par nécessité, Lana choisissait des clients avec lesquels «  jamais une chose comme ça n’est arrivée ». La révolte, aussi, d’une femme, qui finit par s’enfuir de la Twingo empruntée par les CRS dévoyés, sa manche arrachée par l’un d’eux : « J’ai pensé : il va me tuer. »
Les accusés ont les yeux rivés au sol. Leurs avocats, naguère si vétilleux avec tel ou tel témoin, n’osent pas poser la moindre question à la partie civile. Devant les assises, Lana a reconquis une dignité que, sans aucun doute, elle n’avait jamais perdue.
 (1) Le prénom a été modifié.

http://www.lefigaro.fr/france/20070911.FIG000000274_lesex_crsvioleursface_a_lana_leur_victime.html

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sep 11

Alors que se poursuit le procès de sept CRS pour une série de viols aggravés devant la cour d’assises de Paris, une de leurs victimes s’est présentée lundi à la barre pour témoigner. Cette Albanaise de 28 ans, ex-prostituée, a raconté sa “terreur” le soir où sa route a croisé celle des suspects. De leur côté, les policiers ont présenté leurs excuses. “On s’est vraiment comporté comme des dégueulasses” a reconnu l’un d’eux.
Aujourd’hui elle vit en Albanie et ne se prostitue plus. Mais cette jeune femme de 28 ans, expulsée de France, est revenue pour quelques jours à Paris, pour suivre le procès de 7 CRS devant la cour d’assises. Elle est au final la seule partie civile dans cette affaire, la seule victime présente pour ces audiences. La journée de lundi était consacrée à son témoignage. Elle parle avec aplomb, dans un français parfait.

Devant les jurés, elle a raconté l’arrivée d’une voiture banalisée sur un boulevard extérieur parisien, en avril 2003. Les policiers auraient lancé “contrôle des papiers”. “Je suis montée dans la voiture, j’étais terrorisée, j’avais peur d’être expulsée” explique-t-elle à la barre. Dans le véhicule, elle remarque une forte odeur d’alcool. Les CRS conduisent alors cette jeune femme et une autre prostituée dans un parking. “Je voulais arrêter, ils m’ont dit ‘continue, c’est ton travail’” raconte-t-elle.

Depuis le box, les policiers ont eux aussi pris la parole ce lundi. Pour s’excuser. Chacun à leur tour. “Mademoiselle, on s’est vraiment comporté comme des porcs, comme des dégueulasses” reconnaît l’un d’eux. Un autre raconte l’alcool qui l’a poussé à faire des choses qu’il n’imaginait pas possible. Trois de ces anciens de la CRS 7 de Deuil-la-Barre (Val-d’Oise) doivent répondre de “viols aggravés en réunion par une personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions” et les quatre autres de complicité. L’accusation pointe une série de onze viols. Les CRS auraient utilisé la force de l’uniforme pour obtenir des faveurs sexuelles non rémunérées. Le verdict est attendu vendredi.
http://www.europe1.fr/informations/articles/739791/proces-des-crs–l-ancienne-prostituee-etait-terrorisee.html

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sep 11

Depuis vendredi et pendant une semaine, sept policiers de la compagnie de Deuil-la-Barre comparaissent devant les jurés du palais de justice de Paris pour viols aggravés ou complicité de viols sur des prostitués.Tête basse, le regard honteux, Romaric Leclercq, 28 ans, Yohann Mahé, 29 ans, et Cyril Dussart, 31 ans, ont écouté lundi le récit d’Irina Pasho, prostituée de 28 ans violée en avril 2003 par ces trois anciens policiers de la CRS7.
Ce soir là, lors d’une nouvelle escapade nocturnes alcoolisées sur les boulevards extérieurs de Paris, uniformes sur le dos et en voiture sérigraphiée, les trois hommes font monter à bord de leur véhicule de patrouille deux prostituées, dont Irina, et les conduisent sur un parking sombre. Les jeunes femmes d’origine albanaise se trouvaient en situation irrégulière. Ils les avaient alors fait chanter pour abuser d’elles sexuellement. Ils faisaient chanter les prostituéesDepuis vendredi, Romaric Leclercq, Yohann Mahé et Cyril Dussart comparaissent devant la cour d’assises de Paris pour « viols aggravés en réunion par une personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions ». Des faits commis entre 2002 et 2003. à leur côté, quatre de leurs anciens collègues doivent répondre de complicité et non empêchement de crime pour ne pas les avoir dénoncés.
Ces sept policiers appartenaient à la même compagnie, la CRS 7 basée à Deuil-la-Barre. Aujourd’hui, les trois principaux accusés ont été révoqués de leur fonction, leurs collègues sont quant à eux suspendus.

Dans le box en face d’eux, Irina, seule prostituée à s’être constituée partie civile (les quatre autres prostituées n’ont pas pu être retrouvées). Au moment des faits, les fonctionnaires ne l’avaient pas prise au sérieux alors qu’elle les menaçait de porter plainte.
Lundi, elle est revenue en détail sur cette nuit du 8 au 9 avril 2003. Lorsque les policiers arrivent devant elle, la jeune albanaise est terrorisée : « Je savais bien que mes papiers n’étaient pas bons et j’avais peur d’être expulsée », raconte-t-elle. Les fonctionnaires décident de les faire chanter : ils ne les inquièteraient pas si en échange elles acceptent des relations sexuelles non rémunérées. Embarquées avec son amie dans le fourgon, les trois hommes les mènent dans un coin sombre et les violent. Onze faits de viols retenusMais au moment de leur départ, Irina parvient à relever le numéro de la plaque d’immatriculation. Elle prévient une association d’aide aux prostituées et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) qui transmet immédiatement le dossier à l’Inspection générale des services de police (IGS). Leur enquête confirme les dires de la prostituée qui permettent de remonter aux policiers de la CRS 7 et d’identifier les trois protagonistes, Romaric Leclercq, Yohann Mahé et Cyril Dussart. Interpellés et aussitôt démis de leurs fonctions, ils effectueront six mois de détention provisoire.

Le cas d’Irina n’est pas un cas isolé. Onze faits de viols sont retenus à l’encontre des trois policiers affectés à la surveillance d’axes routiers de la périphérie de Paris et des abords du Stade de France. Ils avaient en effet l’habitude de faire des virées nocturnes sur les boulevards des Maréchaux, en dehors de leur juridiction. Vêtus de leur uniforme, ils en profitaient pour faire pression sur des prostituées en situation irrégulière. Ils demandaient alors des tarifs réduits, et même « la pipe et l’amour » pour rien. « C’était comme le fait d’avoir des sandwiches à tarif réduit », concédera maladroitement Yohann Mahé à l’instruction.
Reconnaissant les faits, ils indiquaient alors qu’ils n’avaient pas conscience de commettre des viols par menace ou contrainte étant donné qu’ils n’étaient pas brutaux. Ils revendiquaient également « des conditions de travail stressantes » pour atténuer l’importance de leurs actes ainsi que « l’effet de groupe ». Les trois policiers étaient alors mis en examen et placés en détention provisoire. Un manque d’encadrement Libérés six mois plus tard Romaric, Yohan et Cyril tentent depuis de mener une vie de famille normale. Ils ont eu de nouveaux enfants, sont devenus ambulancier, imprimeur ou intérimaire. Mais les faits commis en 2003 ne quittent pas leurs esprits.
Comparaissant libres devant la cour d’assises de Paris, les trois accusés ont tenté d’expliquer ce qui a pu les pousser à commettre de tels actes. Jusqu’à ces faits, ils étaient des jeunes hommes sans histoire qui avaient intégré la police « pour servir le pays. » Affectés à la CRS 7, ils expliquent avoir été totalement livrés à eux même au sein de la compagnie : « Il n’y a pas de tutelle, ça peut vite déraper. » Ce manque d’encadrement est le point principal sur lequel compte s’appuyer la défense.
Malgré leurs regrets et leurs excuses prononcées à la barre à l’égard d’Irina, les trois hommes encourent vingt ans de réclusion criminelle. Le procès doit durer jusqu’à vendredi 14 septembre. Thomas HOFFMANN
L’Echo Régional
 http://www.vonews.fr/article_1630

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