Feb 07

Après Soho à Londre, Red Light District à Amsterdam, le coin des prostituées de Madrid est en passe de se transformer en zone commerçante branchée. A quand la boboification totale de la rue Saint-Denis ?

Un groupe de commerçants de Madrid a fait le pari du commerce branché pour éliminer l`un des derniers points visibles de prostitution et de drogue dans le coeur de la capitale espagnole.

C`est l`exemple du Soho londonien, ancien “quartier rouge” de prostitution devenu chic zone à la mode dem l`hyper centre de Londres, qui vient d`abord à l`esprit de Javier Garcia-Renedo pour décrire ce projet.

“Nous souhaitons l`ouverture de magasins de vêtements à la mode, de restaurants et bars alternatifs, galeries d`art et de salles de concert”, explique à l`AFP, Garcia-Renedo qui dirige la société Consultores Grove qui conseille ce groupe de commerçants.

Avec ses sex-shops, ses prostituées postées au bas d`immeubles délabrés et ses drogués, le quartier fait pour l`heure figure de verrue en plein centre de Madrid.

Conscients du grand potentiel commercial de la zone, nichée entre la grande artère commerçante de Gran Via et la très alternative calle Fuencarral, des entrepreneurs du cru ont formé une association pour racheter les locaux commerciaux et les mettre en location.

“Fuencarral est devenue la rue commerçante la plus connue de Madrid et jusqu`à 4.000 clients potentiels circulent par heure sur la Gran Via” qui abrite toutes les grandes chaînes de vêtements, de Zara à H&M, souligne M. Garcia-Renedo.

http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=594102

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Jan 31

Récit suintant le mépris et la suffisance d’une fashion-victim bobo-hype de passage dans la rue Saint Denis. Quelques images de cette rue sur le blog de ce détestable street-reporter.

Le défilé de Jean-Paul est à 14h30, dans ses ateliers au 325 rue Saint Martin, dans le 3ème.

Comme j’y suis déjà allé et que je pense toujours que j’ai une bonne mémoire, je me dis : pas besoin de plan Kamel, tu as des super pouvoirs, tu es comme Batman, tu vas sentir ton chemin… Je l’ai tellement bien senti que je me suis retrouvé rue Saint Denis…

Et à mon avis, cela m’étonnerait que Jean Paul ait eu l’envie de s’installer dans les parages…

Les gens me regardent… je souris, de peur de me faire alpaguer… Mais l’idiot du village que je suis ne se contente pas de sourire : il a sortit son appareil photo devant tout le monde pour … juste effacer les photos déjà mises en ligne… sauf que je suis le seul à savoir cela. Pas les autres et encore mois les… Filles de joie et leur percepteur.

Je décide d’emprunter une ruelle. A l’entrée de la ruelle, un colosse, abrité par un grand imper en cuir et qui a décidé de prendre soin de ses mains en les protégeant de gants en cuir. Moi, histoire de sympathiser, je lui souris et comme un con, je lui montre mon appareil. Il me sort une tronche de maffieux russe. Je me dis qu’il a dû recevoir ses impôts… Je tourne la tête vers l’intérieur de la rue et me rends compte que de chaque côté de la ruelle, perché sur des hauts talons de 20 cm se tiennent des “filles de joie” qui n’en avaient plus que le surnom. Je réalise soudainement que le grand monsieur qui me faisait la gueule étaiet en fait le… souteneur. Le proxenète quoi ! Et elle, ses ouvrières.

Une fille de joie, qui aurait pu être ma mère m’interpelle sur un ton aggressif.

La fille de joie : tu prends pas de photo compris !

Moi, en souriant : pourquoi je vous prendrais en photo ?

La fille de joie : je te préviens, compris ! Tu prends pas de photo, ok !

Je la regarde et j’ai envie de lui dire : “madame, votre sein traine par terre”. Mais je suis cool et … j’ai surtout peur que le proxénète me prenne par le col. Alors je la joue cool mais je te vane quand même.

Moi : heu, je ne veux pas vous vexer, je prends en photos les gens qui ont du style.

La fille de joie : Tu peux répeter ?

A ce moment là, je comprends qu’il faut que je décampe. La fin de la rue est à 50m. Je peux y arriver en 20 secondes. je baisse la tête,range mon appareil dans la poche et avance sans montrer de nervosité… 50m… 40m… 30m…je n’entends pas de pas dérière moi; leproxénète a du rester en place…. Mais s’il avait des baskets… je me fais peur… 20m…10m… je sors de la ruelle… je sors mon appareil photo pour prendre en photo la rue… Une pute file se cacher dans son immeuble en ruine…

Source : http://styleandthecity.blog.20minutes.fr

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Jan 23

Plaque tournante de la prostitution, le quartier de la Gare s’apparente à une véritable cour pour les grands. Entre jalousies, pressions et, bien sûr, beaucoup d’argent, passage nocturne dans un milieu probablement moins dangereux que le veut sa réputation, à condition de ne pas y plonger.

Jugée trop belle par la concurrence, S. est régulièrement contrainte à jouer avec le feu, et sa propre vie. En effet les habituées l’ont chassée des rues Wenceslas Ier et d’Alsace, seul coin où le racolage est toléré. Ainsi livrée à elle-même, la jeune femme d’origine albanaise se rabat sur le «Ale Stréch», où personne ne l’avertit de clients potentiellement agressifs.
«C’est toujours la même chanson», dit-elle, sur un ton agacé. Car en plus du danger évident que représente son activité, elle risque une sanction pour «s’exposer sur la voie publique en vue de la prostitution».
Si cette fois elle s’en sort avec un simple avertissement, la police conduit, quelques minutes plus tard, une jeune Bulgare au commissariat de proximité. Malgré l’amende de 500 euros, elle ne perd pas le sourire.
«Je suis passée par l’Allemagne. Et là, ça fait 3 ans que je travaille ici», raconte cette prostituée de27 ans. Si elle visite régulièrement son pays d’origine, elle n’envisage pas vraiment de retourner y vivre.
Pour l’inspecteur Christiane Schortgen, le procès-verbal relève de la routine, puisque les prostituées «ont toutes déjà payé au moins une fois».

Veiller au calme du quartier

Le rôle des forces de l’ordre ne se limite toutefois pas à la répression. Par sa simple présence, la police rassure et évite, dans la mesure du possible, les dérapages.
«Ce n’est pas seulement une question d’argent, confirment deux prostituées dominicaines. Au Luxembourg, il n’y a pas autant de dangers. Grâce à la police, le pays est tranquille, et les clients plutôt gentils, puisqu’ils ne veulent pas avoir de problèmes».
Au-delà de veiller au calme du quartier, le commissariat ne dispose toutefois pas des moyens nécessaires pour venir en aide aux prostituées. «Il y a très souvent des hommes derrière tout ça. Mais c’est la section de recherche qui s’en charge. En tout cas, les femmes ne se plaignent absolument jamais», précise Christiane Schortgen.
Cette pression, subie par nombre de prostituées, explique en partie le silence que certaines s’imposent. Parfois, elles invoquent aussi leurs enfants ou leur toxicomanie, qu’elles refusent d’étaler au grand jour.
En marge de la prostitution plus traditionnelle, quelques travestis et transsexuels font, eux aussi, le trottoir. «Au moins, je peux m’offrir le luxe que je veux, relate «Vanessa», petite starlette du milieu. Le prix d’un écran plasma, c’est fait en trois ou quatre jours».
Plus tard dans la soirée, il avouera que les relations ne lui procurent aucun plaisir, «sauf quand le client est mignon». Mais en tant que Luxembourgeois, il ne souhaite pas vivre aux dépens de l’État : «Si nous arrêtions, il y aurait trop de personnes à vivre du RMG».
Sans cesse confronté à cette couche de la population, le commissariat de proximité a su trouver sa place au sein du quartier, et instaurer une «bonne relation» avec les filles de rue.
«Au début, je croyais que je devais jouer à Mère Teresa», confie l’inspecteur Schortgen. Entretemps, la jeune femme fait surtout en sorte que le règlement soit respecté, et ce, dans un souci d’ordre public.

Source : http://www.le-quotidien.lu

Après de très nombreuses réclamations et la constitution du comité SOS Gare, le règlement général de police a été modifié, le 26 mars 2001.
Depuis, le racolage est interdit dans les rues formant le «Ale Stréch», à savoir les rues du Fort Wedell, de Reims, du Commerce et d’Epernay. Ces endroits continuent toutefois à être fréquentés par les prostituées à la recherche de la clientèle des cafés et autres établissements. Les amendes peuvent, dans le pire des cas, s’élever à 2 500 euros.
La prostitution se déroule donc de manière officielle dans les rues d’Alsace et Wenceslas Ier, mais uniquement de 20h à 3h et à condition que «ni la sécurité et la commodité du passage ni la salubrité et la tranquillité publiques ne s’en trouvent affectées».
Au-delà de ce cadre bien défini, «il est défendu de paraître en public dans une tenue indécente ou pouvant donner lieu à scandale».

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Jan 20

AMSTERDAM (AFP) — Une vingtaine de couturiers néerlandais ont présenté leurs collections samedi au coeur du Quartier rouge, principal lieu de prostitution à Amsterdam, où ils ont établi leurs ateliers dans d’anciennes cabines de passe, contribuant au nettoyage que la municipalité y a entrepris.

Cohue, brouhaha, musique tonitruante et mannequins en tenues extravagantes - rien ne distingue cette fièvre de celle qui accompagne tous les défilés.

Pourtant celui-ci a lieu le long d’un des plus anciens canaux du centre d’Amsterdam, où s’exerce le plus vieux métier du monde. Il doit refléter le nouveau visage que la municipalité, lasse d’y voir régner le crime et la pègre, veut donner à ce quartier.

Armée de nouvelles lois permettant de fermer les établissement sur lesquels pèse un soupçon de criminalité, sans devoir attendre de décision sur le fond du dossier, la municipalité y a racheté l’année dernière 55 immeubles, en fait des bordels, à un ancien baron de la prostitution.

“Lors d’une visite de travail des autorités municipales dans le quartier en avril dernier, j’ai lancé: +Pourquoi n’y mettez-vous pas des couturiers ?+”, explique Mariëtte Hoitink, directrice de HTNK, une agence de promotion de la mode établie là.

Quelques mois plus tard, la ville lui renvoie la balle en lui demandant de trouver 20 créateurs intéressés, ce qui donne naissance au projet “Red Light Fashion Amsterdam”.

“Les candidats ne manquent pas ! J’aurais pu y mettre des étudiants ou des jeunes en difficulté, mais j’ai choisi d’y mettre des talents confirmés. Contrairement à l’idée reçue, qu’ils soient reconnus n’implique pas qu’ils sont riches. Leur travail coûte cher, et ils sont heureux de trouver ici un espace abordable pour exposer, travailler et vivre”, explique Mme Hoitink.

Le contraste est saisissant: la succession monotone le long du canal des “vitrines”, ces alcôves sur rue où les prostituées vêtues de lingerie criarde étalent leurs charmes, est désormais rompue par des vitrines où ces dames ont cédé la place à des mannequins aux vêtements sophistiqués et aux accessoires les plus tendance.

Les vitrines sont léchées, l’éclairage est recherché. Le décor intrigue et attire le regard.

Anne James ouvre la vitrine derrière laquelle il n’y a pas longtemps deux prostituées aguichaient encore le client. Elle se faufile entre les créations bigarrées de Daryl van Wouw, qui y sont à présent exposées. Suit un escalier sombre et, à l’étage, deux chambres aux couleurs ternes. Dans chacune il y a un lavabo et, sous un miroir, un lit lugubre scellé dans le mur, une planche comme sommier.

“Nous comptons les utiliser comme table pour la machine à coudre”, dit Anne, “car nous ne pouvons pas les enlever”.

Si le projet échoue, les lits sommaires pourraient retrouver leur ancienne fonction.

C’est que “Red Light Fashion Amsterdam” doit d’abord prouver sa réussite. Les créateurs ont un an pour redynamiser le quartier et y attirer une “nouvelle clientèle, pour une économie de qualité”, comme l’exprime l’adjoint au maire Lodewijk Asscher.

“Nous ne voulons plus de trafic de femmes, de criminalité. Nous voulons à nouveau être fiers des Wallen (le nom néerlandais du quartier, ndlr), que les habitants de la ville y retournent et qu’ils attirent un nouveau public”, affirme M. Asscher.

Bientôt les créateurs auront une arme supplémentaire pour réussir: au numéro 121 s’ouvrira d’ici quelques semaines un espace de vente commun, où les créations des vitrines seront commercialisées.

 http://afp.google.com/article/ALeqM5gmW6SBYEJIoOVV1ss1AglNhFsXPQ

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Jan 20

Une prostituée, un client, un panier bien garni, un simple d’esprit… Une passe en forme de chemin de croix, où il est à nouveau prouvé que dans l’amour, le plus beau, c’est la montée des escaliers…

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Jan 11

Une architecture spécifique s’intégrant dans le paysage urbain et offrant un lieu (sécurité, contrôle, solidarité…) dédié aux professionnel(le)s du sexe. L’objectif est d’apporter une nouvelle réponse aux besoins et règlements actuels. Le projet apporte une architecture significative, symbolique et discrète, jouant sur plusieurs domaines tels que le rapport jour/nuit, les séquences, les perspectives, etc. Il permet aussi de répondre à l’organisation possible d’un équipement dédié au commerce vénal pouvant accueillir les prostitué(e)s sous le statut de coopérative, s’inspirant des différents lieux qui composent la prostitution aujourd’hui. Cette proposition cherche à trouver la fusion entre le monde de la prostitution et la civilisation actuelle, entre la mise en scène d’un univers fantasmagorique et la volonté moraliste de faire disparaître les attributs visibles.

Répondre à cette problématique demandait, comme beaucoup de thèmes tels que la religion, la mort…, un travail en amont sur cet univers secret. Certains projets d’architecture répondent malheureusement au sujet par une application catégorique d’idées préconçues. La valeur de la recherche et de la force du concept architectural disparaît souvent et ne laisse que l’égo du concepteur s’exprimer. L’architecture est un Art, au même titre que la musique, la peinture, la sculpture, le stylisme, etc. et elle doit puiser à travers ces références voisines pour apporter toute sa richesse. Le sujet de la prostitution démontre cette importance de l’interprétation d’un univers uniquement après avoir analysé et compris son histoire, ses acteurs, son langage, etc. L’intégration d’une architecture ne tient pas alors seulement de son paysage, de sa hauteur, de ses couleurs mais elle fusionne dans un contexte.

La prostitution doit trouver sa place juridiquement comme géographiquement ; la question de son intégration devient un élément important dans l’élaboration du projet. Cet univers de fantasmes recherchés impose aussi la mise en scène, le parcours, le décor, la surprise et développe le jeu de séquences, de perspectives, de lumières… à travers une organisation particulière.

La prostitution, au-delà de la relation finale que l’on sait, développe un vocabulaire identifiable par une série d’éléments permettant une reconnaissance de l’activité. La lumière, la couleur, la matière font ainsi partie d’un jeu théâtral favorisant la transposition du spectateur vers un univers différent. Mais la notion la plus importante tient dans la progression, dans l’accompagnement du spectateur à franchir le pas… et de passer d’un monde réel à un monde fantasmagorique. Le parcours et l’évolution développent l’imagination de ce qui va se passer ; et bon nombre de clients détaillent leurs sensations sur cette partie, considérant que le coït final n’est pas si exceptionnel après tout. De là vient l’image de l’escalier qui symbolise véritablement ce parcours étape par étape où chaque marche accélère le battement cardiaque. Dans de nombreux lieux, le franchissement des deux univers ne tient qu’à un simple rideau, ridiculisant l’univers pornographique ou prostitutionnel jusqu’à se cacher et justifiant ce caractère de vice, ‘glauque’ et amoral décrit par les citadins.

Paris fut choisi, comme lieu du projet, parmi Strasbourg pour sa situation européenne et Nice pour sa vie nocturne. La capitale offrait, au-delà de l’image d’Epinal de la ‘cité de l’amour’ depuis les années folles, la problématique de différents secteurs en centre urbain ou en périphérie. Le choix s’est porté sur la Rue Saint-Denis : son histoire, sa localisation, son état actuel correspondent au retour des lieux de plaisir. Bien que la majeure partie de la prostitution se concentre en bordure parisienne, elle reste un lieu distinct par sa présence en centre ville et sa qualité d’activités mixtes. Cependant, elle présente une désaffection à certains endroits, soulevant ainsi le problème de la cohabitation. Elle est un couloir et cela contribue au côté sordide par cette confusion entre la chaussée et les trottoirs. Elle manque de lisibilité et de continuité urbaine : aspect dégradé des revêtements de sols et de façades, éparpillement du mobilier urbain. Le caractère promenade disparaît et retire toute appropriation de la rue. Les commerces du quartier se sont transformés pour s’adapter à leur clientèle, qui est constituée à 95% de gens de passage, en s’orientant de plus en plus vers de la fripe ou des restaurants bon marché. Cette évolution crée elle-même une spirale qui attire toujours plus ce type de clientèle et contribue à la dégradation de la qualité des commerces du quartier.

L’arrivée de nouveaux habitants, si elle se fait de façon conjointe avec une amélioration de l’aspect physique du quartier, contribuera nécessairement à accroître la qualité et la diversité des commerces. Par ailleurs, il est tout à fait illusoire d’espérer faire disparaître le commerce érotique de ce quartier, alors qu’il y est implanté depuis des siècles. La requalification de cette rue pourrait servir de vitrine, un quartier vivant et plein d’habitants en plein coeur de Paris, en référence à la réhabilitation du quartier du Marais.

C’est donc à travers le vocabulaire développé tout au long de l’analyse et le fruit d’une réflexion historique, sociologique, phénoménologique, sémantique qu’est établie une charte pour recréer cette partie de rue en un lieu dynamique, coloré, vivant, lumineux dans une harmonie sociale.

Le fil conducteur du projet, regroupant l’ensemble du vocabulaire prostitutionnel, est apporté par la traduction architecturale d’une séquence musicale en séquence urbaine en référence entre autres, aux travaux de Iannis Xénakis. ‘Flawless’, de George Michael, fut retenue comme musique pour établir le projet. Découverte lors du concert effectué à Paris au Stade de France en 2006, elle illustrait une conclusion de cette recherche, l’analyse du monde de la prostitution à travers : ses couleurs, son dynamisme, ses séquences, ses lumières, ses rythmes… Ainsi, le parcours du spectateur s’inspirant de cette partition amène cette progression sensorielle recherchée par les clients, dès le secteur public vers le lieu intime. Aussi, le projet se développe à plusieurs échelles ; de l’espace urbain au mobilier. La portion de rue sélectionnée intègre un ensemble d’éléments transposant le spectateur dans un lieu différent. Bancs, lampadaires, bandes ralentisseurs, végétation… participent à l’élaboration du parcours. Ces éléments suivent alors une règle de composition musicale ; basse, rythmes, voix, samples, etc. à l’échelle humaine où le déplacement du spectateur devient l’élément sine-qua-non de la lecture du lieu.

Le projet veut requalifier cette partie de rue en lieu dynamique en évitant une ghettoïsation par une mixité sociale et commerciale. L’ensemble collabore dans un milieu ouvert, polychromique et abstrait cherchant à se défaire de l’image figurative ‘kitsch’ souvent utilisée comme réponse systématique des lieux vénaux actuels.

Indiquer sans montrer. La problématique tient dans l’équilibre entre les deux univers. Conscient qu’il n’est pas possible d’exhiber l’activité, le projet se réfère à certaines astuces employées dans l’histoire de la prostitution. Plusieurs éléments signalent ainsi alors dans une seconde lecture les espaces spécifiques par une identification particulières entre autres : les spots de sol encastrés (colorés selon le type de service) éparpillés, qui viennent se concentrer à l’entrée des lieux. Les seuils des passages où l’activité vénale exercée est identifiée par la présence de panneaux translucides sérigraphiés. Leurs dispositions signalent, tout en ne dévoilant l’intérieur qu’au fur et à mesure que l’on entre dans le passage… Cette approche stratifiée de la découverte progressive permet de plus de protéger la vue de l’espace public, sans avoir recours à un ‘cache’ tel que le rideau…

La rue devient un lieu aéré et cinématique. Sa lecture d’origine, froide par ses trottoirs et sa voirie, disparaît au profit d’une voie semi piétonne, où la circulation automobile est filtrée par des bornes d’entrée autorisant principalement la livraison pour les commerces sur des zones à 30km/h.

La prostitution est un monde d’illusion, d’imagination, de transposition vers un autre univers. Aussi, la vision de la rue se transforme la nuit, offrant un spectacle d’interprétation. L’éclairage général de la rue transgresse les codes pour jouer sur la perte de repères et la disparition d’éléments : certains mobiliers urbains s’illuminent (borne signalétique), la végétation change de couleur, la luminosité ambiante provient du sol, etc. Cette mise en scène cherche à stimuler le spectateur en se référant aux différents travaux d’Op’Art, du Spatiodynamisme, de Space Writting, etc.

Le parcours se poursuit en entrée dans l’un des passages réservés à l’activité vénale. Toujours en référence au tempo d’une séquence musicale, l’entrée se fait très sourde, pesante, un instant confinée, qui prépare l’effet de surprise de la galerie. Ce lieu semi-public conserve le principe de vitrine employée à Bruxelles ou à Amsterdam. Mais sa particularité offre aux spectateurs l’anonymat recherché, par la luminosité faible provenant principalement des vitrines. Marquant l’effet répétitif, le couloir est accompagné par une succession de cadres lumineux. Ils se reflètent sur un espace brillant noir pour venir marquer une perspective virtuelle tridimensionnelle.

Chaque vitrine est un espace privatif. Organisé comme un studio en duplex, il contient entre autres un petit salon où la travailleuse se présente, une kitchenette, un rangement et une chambre à l’étage avec salle de bain. Le projet reprend par ailleurs les différentes techniques de sécurité ; cellule de police à proximité, sonnette d’alarme dans chaque pièce, accès sécurisé par code… Le client s’avance vers la vitrine pour communiquer puis rentre une fois le marché accepté. Le croisement de clients n’étant pas accepté, une issue par l’arrière sur un couloir plus sombre dirige la personne vers une sortie.

Parmi les différentes boutiques, restaurants, ateliers, les commerces vénaux s’intègrent en acceptant la sobriété de leurs espaces. Ainsi, ils suivent une règle de déontologie de ne pas exhiber ou de cacher maladroitement derrière un élément les artifices pornographiques. Suivant toujours le principe de séquence, d’évolution et de parcours, ils conservent cette progression qui rapproche peu à peu le spectateur de son désir (accentuant ses fantasmes). Les bars et restaurants par exemple peuvent alors accueillir une large clientèle ne cherchant pas obligatoirement une relation intime.

Le bâtiment au numéro 195 est une proposition d’un bar dans la mode ‘lounge’. Le rez-de-chaussée, secteur public, reçoit la clientèle, le sous-sol fait office d’espace transitoire où le spectateur peut s’infiltrer discrètement afin de faire connaissance plus intimement avant d’atteindre les étages. L’image de l’escalier suit une mise en scène en figurant véritablement comme lien vertical du bâtiment dans une enveloppe translucide qui ne laisse apparaître que des silhouettes. Aux étages, chaque espace relié entre eux par un jeu de circulation donne lieu à une spécificité d’ambiance. Le patio, illuminé principalement par le jet lumineux provenant des niveaux inférieurs accueille une forêt de piliers ‘aléatoires’ qui viennent supporter deux passerelles se croisant aux niveaux supérieurs.

Le bâtiment au numéro 163 est un complexe qui propose bar, restaurant, salon de relaxation en plus d’espaces liés à la prostitution. Aux allures d’un “hôtel international de type Costes” comme l’a souligné P. Chavannes, cet équipement veut éviter une stigmatisation de la prostitution en proposant un lieu hétéroclite. Une grande salle commune permet entre autres aux professionnels du sexe de rencontrer, discuter sans équivoque. Faisant office de filtre ou d’espace de transition, plusieurs alcôves, intégrées à l’espace commun, offrent un lieu plus intime. Elles permettent d’accéder à la partie intime du projet par une issue séparée. Comme l’autre bâtiment, le complexe propose une gamme d’ambiance différente et transpose le spectateur vers des univers échappant à une réalité conventionnelle.

Outre la description orientée à la vision d’un spectateur-client, ce projet assure naturellement les éléments constitutifs d’un fonctionnement hôtelier, de restauration, de sécurité. Il apporte un équilibre entre ‘prostitution’ et ‘morale’, où les acteurs ne se confrontent pas. Il est un lieu ouvert évitant tout stigmatisation d’un ‘vice’ poussé aux bordures de villes à l’abri de la vision citadine. Les professionnel(le)s du sexe peuvent alors exercer sans oppression et les passants peuvent se promener sans avoir à craindre le préjugé. Les actions actuelles ne cherchant pas à comprendre la problématique de deux univers opposés, n’intègrent en aucun cas la prostitution ou la pornographie. Les commerces s’isolent, cachés par de vulgaires artifices et contribuent à la censure d’un milieu mal connu. Sans afficher, sans exhiber, l’architecture peut signaler subtilement le domaine de la prostitution en respectant le milieu public, le milieu privé, les passants, les spectateurs, les clients, les travailleur(ses) du sexe. La prostitution organise un secret et s’organise à partir d’un secret… et l’architecture construit ses sens.

Hans Lefèvre

Le 21 septembre 2007, Hans Lefèvre, étudiant à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne a présenté sa soutenance de TPFE (Travail Personnel de Fin d’Etudes). Il a obtenu les félicitations du jury avec un sujet choisi qualifié de “courageux” par le jury du diplôme. Le titre original du TPFE est ‘Eclairons la lanterne sur un sujet qui voit rouge - le retour des lieux de plaisir en France’.

Source : http://www.cyberarchi.com/dossier/projets/index.php?dossier=76&article=11329

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Dec 27

Petite ballade dans le quartier rouge d’ Amsterdam qui vit ses derniers jours…

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Dec 23

Crime contre le patrimoine culturel de l’humanité…

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Dec 21

Adieu quartier délicieusement humain. Adieu petit business. Adieu offre du producteur au consommateur. Bonjour, monde de demain, avec ses boutiques de design en franchise, ses chaines de restauration diététiques et ses enseignes de fringues planétaires. Quand on vous dit que la prostitution c’est la marchandisation des âmes, vous le croyez vraiment ? Ou vous aussi vous avez tendance à penser à l’inverse, que c’est l’absence de prostitution qui laisse place nette à un monde froidement libéral, purement utilitaire, déconnecté de l’humain.

Les néons rouges d’Amsterdam vont s’éteindre progressivement dans les années qui viennent. Après des hésitations, la mairie travailliste va finalement mettre à exécution son plan pour une “nouvelle ville”. Les prostituées et les marchands de souvenirs des “Wallen”, le quartier chaud de la ville, devraient progressivement évacuer les lieux pour faire place à des hôtels, des restaurants et des boutiques de luxe. Les sans-domicile-fixe dans les abris et les toxicomanes dans les centres d’accueil devraient, eux aussi, être expulsés car la mairie espère faire revenir des habitants aisés dans cette quinzaine de rues bordées par des canaux.

Quant aux touristes enfiévrés qui se pressaient jour et nuit pour découvrir les professionnel(le)s du sexe dans leurs vitrines et autres salons, ils pourront visiter désormais la demi-douzaine d’églises que compte le quartier, souligne-t-on à la mairie. Humour néerlandais ? Pas vraiment. Car les élus de la ville agissent d’abord, expliquent-ils, pour lutter contre les trafics d’êtres humains que la législation sur la prostitution, en 2000, n’a pas permis d’endiguer. Les quelque 200 “entreprises” du sexe de la capitale ne disparaîtront pas, mais seront rendues moins visibles. L’honneur de la “nouvelle ville” est sauf.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-991927@51-992013,0.html

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Dec 18

La ville d’Amsterdam a comme ambition de métamorphoser littéralement son célèbre “Quartier rouge” afin de mieux lutter contre le trafic d’être humains, le blanchiment d’argent et le trafic de drogue.

La première mesure phare de ce projet consisterait à transformer les “vitrines” où les prostituées racolent les clients en les remplaçant par des commerces haut de gamme.

Le maire d’Amsterdam, Job Cohen, a affirmé lors d’une conférence de presse qu’il souhaitait s’attaquer au crime organisé, le centre historique étant devenu selon lui un “Palerme sur l’Amstel”.

Il a également ajouté à ce sujet : “L’image romantique de ce quartier est dépassée. C’est pour cela que le conseil doit agir. Nous ne voulons pas éliminer la prostitution, mais nous voulons réduire la criminalité de manière significative”.

Job Cohen a précisé par ailleurs que la municipalité allait s’atteler à modifier en partie la légalisation totale de la prostitution, instituée aux Pays Bas en 2000, cette dernière ayant échoué à faire sortir la profession de l’ombre et à mieux protéger les travailleurs du sexe.

La ville, où les prostituées proposent leurs charmes dans les rues étroites du centre historique depuis le XVIIe siècle, souhaite en outre combattre la prostitution forcée en ciblant les proxénètes et en exigeant que les propriétaires de maisons closes ou les agences d’escort-girls aient un permis officiel tandis que l’âge minimum légal pour les prostitués devrait être porté de 18 à 21 ans.

Enfin, la municipalité espère restaurer un certain nombre de bâtiments historiques et enrayer de ce fait le déclin de la partie centrale du quartier où maisons closes, coffee-shops et magasins de souvenirs longent les canaux.

Le maire-adjoint, Lodewijk Asscher, a estimé que ces mesures permettraient de remplacer les bruyants touristes britanniques qui affluent dans ce quartier vieux de huit siècles par une clientèle aisée qui viendra admirer les églises.

D’après ce dernier, “ce sera toujours une ville excitante avec plus de liberté et de tolérance que partout ailleurs dans le monde”. La ville devrait donc garder tout son charme. S.B.

 http://www.fenetreeurope.com/php/page.php?section=actu&id=9725

Le Quartier rouge d’Amsterdam pourrait voir son aura pâlir. La mairie vient de présenter un plan visant à assainir son centre historique. En l’occurrence, il s’agit de pousser les prostitués à fermer boutique, les contraindre à éteindre la loupiote évocatrice de centaine de vitrines. Exit également les coffeeshops et les gargotes. Un toilettage dénoncé par Mariska Majoors du centre d’Information sur la prostitution. “Ils ignorent les prostitués indépendantes de l’industrie du sexe et qui travaillent de leur plein gré dans ce quartier Rouge” a-t-elle déploré.

Le plan prévoit la disparition des quelques 400 vitrines. Ce qui semble ravir l’adjoint au maire chargé de l’Economie et des Finances : “il est largement temps de se mettre au travail. Il est fini le temps où nous laissions les voyous régner sur le centre historique de la ville”.

Un centre qui devrait connaître un bouleversement total. En lieu et place des vitrines, la ville souhaite implanter des commerces et des restaurants haut de gamme. Une tout autre manière d’accueillir les touristes.

http://www.euronews.net/index.php?page=info&article=459966&lng=2

 

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