Nov 20

LONDRES — Le gouvernement britannique a dévoilé mercredi un plan visant à “désigner et couvrir de honte” les clients des prostituées, et à rendre illégal le fait de payer pour avoir des relations sexuelles avec des femmes qui se prostituent sous la contrainte. Des associations contestent toutefois ces mesures, jugeant qu’elles risquent d’aggraver la situation dans laquelle se trouvent les prostituées.

Les clients qui payent pour avoir des relations sexuelles avec une prostituée “contrôlée pour le profit d’une autre personne” pourraient être poursuivies et se voir imposer des amendes de 1.000 livres (1.187 euros), selon le ministère de l’Intérieur.

Ils seraient tenus pour responsables même s’ils ignorent que la prostituée travaille pour un souteneur.

“Ce que je désapprouve, ce sont les femmes exploitées dans ce pays (…) traitées comme des esclaves”, a déclaré mercredi à la BBC la ministre de l’Intérieur Jacqui Smith.

Le gouvernement prévoit aussi d’astreindre les club de danse-contact (lap-dance) à répondre aux mêmes obligations pour l’obtention de leur licence que les sex shops et les cinémas pornographiques. Ce type de club est soumis à la même réglementation que les bars.

Selon Mme Smith, ces mesures -qui devront être approuvées par les parlementaires-visent à faire baisser la demande de prostitution et à réduire le trafic des êtres humains.

Certaines associations craignent toutefois que les mesures annoncées ne soient pas bonnes pour les prostituées. “C’est une croisade morale très dangereuse”, a souligné Cari Mitchell, porte-parole du Collectif anglais des prostituées. “Les conséquences que cela va avoir, c’est de rendre le commerce du sexe encore plus souterrain, et de criminaliser les clients qui, pour la plupart, ne posent pas de problèmes aux femmes. Ce plan n’apporte rien aux femmes.”

Le commerce du sexe est déjà lourdement encadré en Grande-Bretagne, contrairement à ce qui se passe chez certains de ses voisins européens où la prostitution et le fait de solliciter des services sexuels sont tolérés sous certaines formes.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown, fils de pasteur, a déjà soutenu une série de taxes sur l’alcool et les cigarettes, appelé à des lois plus dures en matière de drogue, et fait échouer des projets visant à créer le premier casino de style Las Vegas du pays.

Le ministère de l’Intérieur a expliqué que son plan permettrait de “désigner et couvrir de honte” les hommes qui font appel à des prostituées dans les rues, comme c’est déjà le cas dans le quartier de Lambeth, à Londres, où la police envoie des lettres d’avertissement au domicile des automobilistes dont les plaques d’immatriculation sont repérées par les caméras de surveillance lorsqu’ils font entrer des prostituées dans leur voiture.

Selon les lois actuelles, en Angleterre et au pays de Galles, le racolage et la prostitution sont illégales dans les rues ou dans les lieux publics. Tenir une maison close est interdit, mais le fait pour une personne seule de se prostituer dans un appartement ne l’est pas. De la même manière, payer pour des services sexuels est illégal. Mais le fait de solliciter des prostituées a été largement toléré.

En Grande-Bretagne, l’affaire du meurtrier qui a tué cinq prostituées à Ipswich, à environ 110km au nord-est de Londres, a fait les gros titres de journaux en 2006. Plus récemment, des opérations de police dans des maisons closes où des femmes d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Afrique étaient forcées de vendre leur corps ont eu un grand retentissement.

Les villes écossaises, comme Edimbourg, avaient auparavant des “zones de tolérance” où les prostituées étaient autorisées à travailler librement. Mais quand ces zones ont été fermées dans plusieurs villes il y a quelques années, et que le fait de solliciter des prostituées dans la rue est devenu illégal, le nombre d’agressions à leur encontre a augmenté, parce qu’elles étaient obligées de travailler dans des zones plus isolées, selon le Scottish Prostitutes Education Project, qui représente les travailleurs de l’industrie du sexe.

En Nouvelle-Zélande, où la prostitution a au contraire été dépénalisée en 2003, les prostituées affirment que cette mesure a donné aux femmes une plus grande protection juridique.

canadianpress

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Nov 18

Video où Sarkozy s’exprime sur le sujet de la prostitution lors des présidentielles. Son unique interlocutrice est la présidente du NID. Sarkozy lui répond ce qu’elle veut entendre. Cliquez sur le lien suivant pour voir ce qu’est l’efficacité d’une campagne de lobying anti-prostitution:

http://www.elle.fr/elle/elle-video/(chaine)/149291/(video)/150154

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Nov 18

La France s’apprête-t-elle à expulser un militant des droits de l’homme internationalement reconnu ? Le Géorgien Nugzar Sulashvili s’est battu au péril de sa vie et de celle de ses proches pour dénoncer les trafics qui ont lieu dans son pays. Mais les policiers géorgiens l’accusent eux d’être un mafieux. Qui est vraiment Nugzar Sulashvili ? C’est l’enquête de Matthieu Aron…

Nugzar Sulashvili préside une ONG géorgienne pour la défense des droits des étrangers (FCRS). Son organisation est une des premières à avoir attiré l’attention de l’opinion publique géorgienne sur la situation des clandestins jusque là taboue dans le pays. FCRS a délivré une aide juridique, médicale, psychologique et financière à des centaines de victimes. Très souvent des femmes victimes des réseaux de prostitution internationaux. Elle a réuni des informations sur les activités illégales de nombreuses personnalités officielles. Nugzar Sulashvili a aussi révélé que ce trafic était protégé par la mafia.

Cet engagement pour la défense des droits de l’homme, Nugzar Sulashvili le paie cher. En 2000 le siège de son organisation est cambriolé. Du matériel et des documents précieux sont détruits. En 2001 des preuves réunies par l’ONG portant sur les trafics géorgiens disparaissent à l’aéroport de Tbilissi. En 2002 Nugzar Sulashvili est attaqué et blessé sur le chemin de son domicile. Ses agresseurs l’avertissent : il doit cesser immédiatement ses enquêtes. En juillet 2002, Nugzar Sulashvili et sa famille échappent de justesse à une tentative de meurtre à leur domicile.

Le défenseur des droits de l’homme poursuit malgré tout ses investigations et transmet des informations confidentielles au comité des lois du Parlement géorgien. Elles révèlent l’implication de responsables du pays dans le trafic de clandestins. Une fuite a lieu dans le journal “Akhali Versia”. La mafia n’apprécie pas de voir des noms révélés dans la presse et ses affaires étalées au grand jour. Le 26 mai 2004 la fille de onze ans de Nugzar Sulashvili, Salomé, est sauvée d’une tentative d’enlèvement.

En 2006 Nugzar Sulashvili quitte la Géorgie et se réfugie en France. Dans son rapport annuel 2007, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme souligne qu’en Géorgie : “De nombreux défenseurs des droits de l’homme ont été victimes de violences policières (…). Ceux qui ont dénoncé l’instrumentalisation de la justice géorgienne ont été poursuivis”. Aujourd’hui Nugzar Sulashvili risque d’être obligé de quitter la France. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), refuse d’accéder à sa demande d’asile politique. La raison : les policiers géorgiens ont transmis à leurs homologues français un dossier le qualifiant de “mafieux”. Il devrait donc être expulsé vers son pays d’origine, quels que soient les dangers qu’il encoure.

france-info (documents audio sur leur site)

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Nov 16

Lors des élections générales du mois dernier, le Canada a montré la fragilité des acquis qui font de ce pays un exemple de progrès social. Ex-prostitué devenu prêtre, puis député, Raymond Gravel plaide pour maintenir le cap.

Personnalité emblématique du Québec actuel, Raymond Gravel est né en 1952 de parents agriculteurs, dont il est le 4e de six enfants. Ses rapports très tendus avec son père le poussent à quitter à 16 ans la maison familiale. Il trouve un emploi d’escort-boy à Montréal et s’enfonce dans la prostitution et la drogue. A la suite d’une agression qui le mène aux urgences, il prend ses distances et travaille alors comme serveur dans des bars gay. Son empathie en fait un confident privilégié des habitués du comptoir et, petit à petit, sa vocation et son rêve d’enfant se rejoignent pour refaire surface. En 1982, il entre au séminaire. Il est ordonné prêtre quatre ans plus tard. Il officie dans de nombreuses paroisses avant de séjourner deux ans à Rome pour rédiger une maîtrise sur la conception de Jésus (au sens obstétrique du terme!) «Sa naissance n’était pas surnaturelle, tout comme la virginité de Marie doit s’entendre sur un plan moral mais pas biologique!» Pas de quoi se faire des amis à l’Opus Dei…

Franc-parler

En 2006, il est élu très largement dans sa circonscription sous la bannière du Bloc québécois, un parti souverainiste. Son évêque le couvre dans sa démarche, mais il est obligé de lui demander d’abandonner momentanément son ministère pastoral à la suite d’un courrier adressé par un certain… Cardinal Ratzinger. «Je suis pour la séparation entre l’Etat et l’Eglise, admet le prêtre, mais je crois sincèrement que nous faisons tous de la politique; nous n’avons pas le choix puisque nous vivons en société!» Très actif à la Chambre des communes à Ottawa, il dépose notamment un projet de loi destiné à augmenter le revenu des personnes âgées défavorisées. Bien que ceci ait constitué une promesse électorale du Premier ministre Stephen Harper en 2006, la loi ne sera finalement pas votée. Une grande déception.

Son franc-parler et son engagement épris de sincérité irritent souvent les dogmatiques de l’Eglise anglo-saxonne, notamment son soutien au mariage gay et sa prise de position claire contre un retour à l’interdiction de l’avortement. «C’est ce dernier point qui aura eu raison de ma carrière politique. Le Vatican a menacé de me laïciser si je me représentais. Ils ont demandé à mon évêque que dorénavant, on ne m’entende plus! Ce n’est pas très démocratique!»

Un recul de 50 ans

Il se dit révolté par les résultats des dernières élections qui ont vu un renforcement du Parti conservateur de Stephen Harper, «copie conforme de Georges Bush», selon Gravel. «Harper est pour la guerre et le port d’armes pour se défendre contre les terroristes. Qui sont les vrais terroristes? Nous sommes en train de perdre notre réputation dans le monde.» Il relève avec colère la mise en scène de Harper annonçant un durcissement de la loi contre la délinquance juvénile depuis le salon d’une famille qui venait de perdre un proche de mort violente: «Comment peut-on justifier le durcissement d’une loi, à partir du vécu des victimes seulement? En chambre on nous a même fait voter une motion sur la peine de mort, et les conservateurs étaient favorables. Ils nous font reculer de 50 ans en arrière…»

Autre sujet de débats, l’adoption homoparentale, déjà possible dans certains Etats comme le Québec: «Je ne vois pas de problème. Certains prétendent que ce n’est pas sain pour les enfants. Mais que penser des familles monoparentales ou encore, des enfants adoptés par des prêtres ou des évêques? De plus, il n’est pas vrai que les parents homos influencent l’orientation sexuelle de leurs enfants.

Retour à la paroisse

Le Père Gravel, qui se verra confier une paroisse dès novembre, se réjouit de se retrouver au coeur d’une communauté. Les pompiers de Montréal l’ont sollicité également pour qu’il devienne leur aumônier. Au Québec, beaucoup manifestent leur déception de voir «leur champion» se plier à l’autorité de Rome. Mais les aspirations du prêtre sont intactes, et il a choisi le terrain qui lui ressemble le plus: «Je rêve au jour où l’Église sera, comme au 1er siècle, en avant de son temps, qu’elle l’interpelle à plus de justice, d’égalité, de tolérance et de dignité. Actuellement, elle est à la remorque de la société.» Et la politique? «Je n’exclus pas d’y retourner. Je reste ouvert à toutes les possibilités.»

www.360.ch

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Nov 16

Depuis quatre ans, le Mouvement du Nid, à Strasbourg, qui milite pour la disparition de la prostitution, accueille des stagiaires de l’Éna. Ces rencontres profitent autant aux énarques qu’à l’association.

Les séparent une centaine de mètres, et tout un monde. Quai Saint-Jean, Strasbourg : à gauche, l’Éna, à droite, le Nid. À gauche, on forme les futurs locataires des palais de la République ; à droite, on tend la main à ceux qui en sont réduits à faire le trottoir. Ici, les sommets ; là, les bas-fonds. Deux univers parallèles ? Pas toujours. Depuis 2005, une passerelle relie ces destins opposés : chaque printemps, un (e) élève de l’Éna effectue son stage « social », durant environ une semaine, au Mouvement du Nid.
« Ce n’est pas nous qui choisissons les stagiaires, ce sont eux qui nous choisissent », précise Isabelle Collot, permanente à la délégation strasbourgeoise de cette association qui œuvre dans le milieu de la prostitution et milite pour sa disparition. « Jusqu’à présent, il y a toujours eu un bon feeling entre nous, on n’a jamais été déçus. On se tutoie, on s’envoie des cartes postales… On va même créer un club des énarques proches du Nid ! »

« Dégoût physique »

Certes, dans un premier temps, en passant des cours aux courtisanes, ces brillants intellectuels peuvent être un peu perdus. « Certains me demandent s’il faut mettre la cravate… », poursuit Isabelle Collot. « Je réponds : soyez vous-mêmes ! Si vous êtes dans l’apparence, ça ne marchera pas. Mais au bout d’une journée, ils sont à l’aise. C’est là qu’on voit l’intelligence des gens : ils s’adaptent ». Un énarque n’est pas qu’une caricature : « Ils sont très efficaces, vraiment. Ils nous épatent… »
Ils épatent aussi, d’ailleurs, les prostituées rencontrées avec l’association : « Elles retirent souvent une certaine fierté de savoir qui ils sont : pour elles, ce sont de futurs ministres qui viennent les voir… »
De leur côté, les étudiants découvrent des réalités sociales qui les marqueront durablement. « Je n’ai pu empêcher un moment de dégoût physique », raconte une ancienne stagiaire, « lorsque, au milieu de la nuit, j’ai vu un client redéposer sur le bord de la route la jeune femme avec qui il venait de passer un moment : physique fragile et adolescent, yeux cernés et à trois semaines d’accoucher… »
Au final, chacun y gagne : les futures élites acquièrent une connaissance des difficultés du terrain qui ne peut être que profitable, au moment de rédiger des textes censés huiler les rouages de la société.
Et les membres du Nid gagnent des contacts, pour ne pas dire des soutiens, très utilement placés dans les rouages de l’État.

lalsace.fr

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Nov 16

Les clients du « Septième ciel » à Chirivel (Espagne) peuvent dire « merci » à l’Europe. Cette maison close de la côte andalouse a été érigée en partie grâce à 54 000 € de subventions communautaires. Elles ont été allouées à ce qui devait être à l’origine un bien moins sulfureux « centre équestre. »

Dans les cercles d’eurosceptiques, les exemples abondent de gaspillages, fraudes et autres gabegies perpétrées sur le dos de l’Union européenne.

Suite

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Nov 16

En visite samedi à Villeurbanne pour signer une convention avec des associations qui luttent contre la traite des êtres humains, la ministre de la Justice  Rachida Dati a annoncé une aide de 11 millions d’euros pour les victimes des réseaux de prostitution ou de travail clandestin, qui “doivent retrouver des conditions de vie décentes et cela passe par la fourniture d’un logement, de soins médicaux ou d’un soutien psychologique”.

Lyon-mag

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Nov 07

Le parquet a annoncé jeudi avoir renoncé à poursuivre l’ancien gouverneur démocrate de l’État de New York, Eliot Spitzer, contraint de démissionner en mars dernier pour avoir figuré sur une liste de clients d’un réseau de prostitution de luxe.

«Après une enquête minutieuse, nous n’avons pas trouvé de preuves de l’utilisation de fonds publics», a précisé dans un communiqué le procureur Michael Garcia.

Eliot Spitzer, 49 ans, avait admis avoir été client du réseau «Emperors Club VIP», où les prostituées coûtaient jusqu’à 5.500 dollars de l’heure. Il avait dû demander pardon en public et démissionner pour laisser la place à son adjoint David Paterson, gouverneur depuis.

Eliot Spitzer s’était taillé une réputation de fonctionnaire incorruptible, et de pourfendeur du crime organisé et de tous les excès de Wall Street. Procureur général de New York depuis 1998, il avait été élu gouverneur en 2006.

cyberpress.ca

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Nov 07

'La Prostituée misérable' par les frères Gao, Pékin (Jason Lee/Reuters).

Nous l’appelerons Edith. Elle pourrait être extradée samedi. Dans une autre vie, elle a connu la dégringolade de la rue à partir de sa Roumanie natale. La rue, les clients, les macs et un grand voyage vers l’eldorado européen et ses promesses de fortune. Atterrissage violent, en 2001 porte de Bagnolet à Paris où, sous la bonne garde d’un réseau de proxénètes, elle vend son corps.

Sept ans plus tard, Edith a changé de vie. Elle parle Français, elle s’est réinsérée, elle travaille. Mais tous les jours, elle se demande si des policiers -français- ne vont pas la mettre dans un avion direction Bucarest: la jeune femme fait l’objet d’une demande d’extradition, suite à une plainte déposée par les membres du réseau criminel qu’elle a dénoncé!

Lettre au Président.D’où le coup de gueule de son avocate, Me Delphine Lassailly, et de l’association Tamaris, présidée par le général en retraite Henri Marescaux. Ils en appellent à Nicolas Sarkozy afin d’éviter à Edith une extradition qui pourrait s’avérer dangereuse. Au passage, ils mettent le doigt sur une vraie faille de la loi. (Lire le document ci-contre)

Edith a dénoncé son réseau de proxénètes contre une carte de séjour

Car, entre ces deux vies, Edith a saisi l’opportunité offerte par la loi Sarkozy de 2003 sur le racolage public. A l’époque, le ministre de l’Intérieur vantait à l’opinion l’idée de pénaliser le racolage (délit puni de deux mois de prison et 3750 euros d’amende):

“Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération.”

En échange, les prostituées étrangères en situation irrégulière qui accepteraient de dénoncer leur proxénète se verraient assurer la mansuétude des autorités. Nicolas Sarkozy leur promettait un titre de séjour de dix ans. Autant dire l’éternité à l’heure de l’immigration choisie. Cinq ans après, tout le monde, y compris la police, dresse un bilan accablant de ce dispositif.

La loi Sarkozy de 2003? Première cible: les prostituées

Certaines associations, comme le Mouvement du nid, reprochent au texte le principe même de la délation. D’autres soulignent ses effets pervers. Un sociologue comme Lilian Mathieu du CNRS, estime que cette loi a surtout eu pour effet de précariser et d’isoler les travailleuses du sexe. A coup de condamnations répétées.

D’après les chiffres fournis par la ministère de la Justice, les condamnations pour “racolage sur la voie publique” ont explosé en 2005, pour finalement se stabiliser:

  • 2003: 314 condamnations
  • 2004: 771
  • 2005: 1028
  • 2006: 529
  • 2007: 582

Dans 95% des cas, les fautives sont punies d’une amende (357 euros en moyenne) et dans 5% des cas d’une peine de prison (19% de peines fermes -un mois en moyenne- et 81% assorties du sursis). Après un pic de condamnations en 2005, la loi sanctionne donc un peu plus de 500 cas par an. Elle punit les travailleuses du sexe, pas leurs employeurs.

Les peines de prison ferme prononcées dans une infime minorité de cas (1%) sont de moins en moins lourdes: 0,7 mois en 2007, comme si les magistrats du siège avait compris l’inanité de la sanction. Qu’en est-il du démantèlement des réseaux criminels?

Attaquer les proxénètes, un mirage judiciaire, mais l’Elysée y croit toujours

Sur ce point, le gouvernement est… mutique. Impossible d’obtenir des chiffres fiables au niveau national. Au ministère de la Justice, puis au ministère de l’Intérieur, on désigne le voisin: seule l’administration dépendant du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale tiendrait les comptes. Mais silence, le cabinet de Brice Hortefeux ne communique pas sur cette question.

Les services du parquet de Paris sont plus diserts. En se fiant aux statistiques de la préfecture de police de Paris, ils dressent l’évolution suivante:

  • 2005: 306 titres de séjour accordés par le biais de l’article L 316-1 du code des étrangers
  • 2006: 286 titres de séjour
  • 2007: 180 titres de séjour
  • 2008: 92 titres de séjour

En quatre ans, la chute est sévère. Rien d’étonnant, souligne-t-on dans l’entourage du procureur de la République. Au début, il y a quelques affaires retentissantes, mais les réseaux de prostitution ont trouvé la parade:

“Les prostituées font des dénonciations type, assez alambiquées, qui obligent la police à faire des vérifications qui n’aboutissent pas.”

En résumé, la loi est devenue inefficace. Un constat partagé par les policiers spécialisés. Pour coincer les réseaux, rien ne vaut la bonne planque à l’ancienne, pour observer les allées et venues des souteneurs et remonter les échelons d’un réseau. L’article 316-1 a-t-il permis de démanteler des organisations criminelles? “C’est marginal”, lâche un vieux routier.

D’ailleurs, les statistiques de la préfecture de police taisent une réalité: la plupart des titres de séjour accordés le sont grâce au travail des associations qui parviennent à convaincre certaines femmes de changer de vie. Grâce à un accompagnement social serré. Sinon, elles retournent rapidement à leurs lucratives activités.

Au cabinet de Rachida Dati, la décision a été prise: “on laissera faire”

Edith a suivi le parcours idéal de la réinsertion, travaillant d’abord pour une entreprise de restauration à vocation sociale. Où les emplois sont aidés par des subventions de l’Etat. Puis, à force de travail et d’effort, elle a trouvé sa place dans la société française: vendeuse dans une confiserie. Ceux qui connaissent son histoire ne comprennent pas l’absurde logique juridique.

Malgré plusieurs recours devant le Conseil d’Etat et la Cour de cassation, pas un seul juge n’a eu le courage de lui offrir un sauf-conduit. En matière d’extradition, les magistrats tranchent sur la forme, pas sur le fond du dossier. Ses avocats sont donc allés plaider sa cause jusqu’au cabinet de Rachida Dati. Réponse: jusqu’à l’audience du 7 novembre, le décret d’extradition ne sera pas exécuté, après…

“Pour arrêter la procédure aujourd’hui, explique le général Henri Marescaux, il n’y a qu’une décision politique. Et visiblement, elle a été prise. Le conseiller pour les affaires pénales de la ministre de la Justice m’a dit: ”on laissera faire“. »

La jeune femme de 32 ans risque donc de prendre l’avion pour Bucarest dès samedi. D’où l’ultime recours, une lettre au président de la République. Accessoirement promoteur de la loi de 2003. Si Edith est extradée, alors les prostituées repenties sauront que la France ne leur garantit plus l’asile. Comme les anciens des Brigades rouges… Promesse non tenue.

Photo: ‘La Prostituée misérable’ par les frères Gao, Pékin (Jason Lee/Reuters).

Rue89

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Oct 30

A défaut de pouvoir taxer les prostituées ou leur proxénète, le bourgmestre de Crisnée vient d’inventer la taxe tabouret. Jusqu’ici les bars à filles étaient taxés indifféremment à hauteur de 3.000 euros. Certains petits tenanciers trouvaient dommageables de payer la même taxe que des établissements qui présentent un plus grand nombre de filles.

“La question était de savoir comment faire pour trouver un certain équilibre. On a donc imaginé de taxer les tabourets et tout autre moyen permettant de s’appuyer, s’asseoir ou se reposer”, explique le bourgmestre à nos confrères de La DH.

Le premier tabouret coûtera 2.000 euros. Ce sera la taxe de base. Pour les tabourets suivants, la taxe devient dégressive.                        

RTL

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