Quatre hommes et deux femmes comparaissent aujourd’hui à Poitiers devant le tribunal correctionnel pour proxénétisme. Ils avaient été interpellés au printemps 2006 au cours d’une opération coup de poing dans les milieux de la prostitution.
A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit à Poitiers. Le mercredi 5 avril 2006, au petit matin, le quartier de la gare SNCF est littéralement investi par des policiers, assistés du Groupement d’intervention régional (GIR Poitou-Charentes) (1) soit au total une petite centaine d’hommes.
Travaillant sur commission rogatoire, ils perquisitionnent trois hôtels du quartier, l’hôtel de Paris, le Jules-Ferry et le Terminus. Leur but : mettre fin à de supposées activités de proxénétisme. Le coup de filet dépasse les frontières du département. Dans les Deux-Sèvres, l’Indre-et-Loire, le Calvados, l’Aisne et la région parisienne, une opération du même type est menée. Au bout du compte, elle aura permis l’arrestation de 27 personnes, dont 16 à Poitiers.
Proxénètes mais pas trop
Dans cette même ville, l’enquête a débuté un an plus tôt, à l’initiative de l’unité de protection sociale du commissariat, visant les filles d’origine africaine, présentes tous les soirs autour de la gare. Prostitution organisée, réseau mafieux ? Rien de tout cela, affirment à l’époque des sources proches de ce dossier. « Les prostituées, confie alors un policier, travaillent soit de manière indépendante, soit avec des proxénètes, en fait des compagnons ou plus exactement d’anciens clients passés au stade de compagnons. »
Au final, ce coup de filet avait permis aux enquêteurs de saisir quelques centaines d’euros lors de leurs perquisitions, de faux documents administratifs concernant l’une des filles. Deux hommes et deux femmes étaient présentés à un juge d’instruction et trois à un juge des libertés dans le cadre d’une procédure de rétention administrative.
Cet après-midi, six personnes, quatre hommes et deux femmes sont appelés à la barre du tribunal correctionnel pour proxénétisme, aide, assistance ou protection de la prostitution d’autrui. Toutes ont des casiers judiciaires vierges. Elles sont originaires du Cameroun, du Sierra Leone ou du Sénégal. Deux hommes, un cadre d’entreprise et un agriculteur, sont originaires des Deux-Sèvres.
S’ils sont reconnus coupables de proxénétisme, ils encourent une peine de sept ans d’emprisonnement et une amende de 150.000 euros.
(1) Les GIR ont été mis en place en 2002 pour lutter contre l’économie souterraine et la délinquance organisée. Ils regroupent des agents des préfectures, des policiers, des gendarmes, des douaniers, des agents du fisc et de la répression des fraudes.
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=86&num=826570&xtor=RSS-13
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