Oct 29

Le Groupe international de Paroles de femmes (Gipf) organise au Conseil Ile-de-France à Paris le 4 mars 2009 une conférence intitulée “Première Edition de la Journée Mondiale de Lutte Contre l’Exploitation Sexuelle”.

L’objectif de cette journée, sous le Haut Parrainage de Mme Célhia de Lavarene, est de dénoncer l’exploitation sexuelle et de mutualiser les moyens afin de mettre un terme au trafic.

PRÉ PROGRAMME 2009 Mercredi 4 mars 2009 9h00 Accueil9h30 - Allocution extérieure- Ouverture (Présentation du G I.P.F. ; Présentation du Livre) Pourquoi cette journée (lien traite et prostitution)

- Mot de la Marraine Mot du Parrain

- Les différentes formes d’exploitation sexuelle (État des lieux de la prostitution + pornographie dans le monde)- TSIE - Mariages Forcés 12h15 Déjeuner Libre
13h15 Reprise

- Conséquences médicales et psychologiques (Docteur Judith Trinquart)
- Convention sur le crime organisé transnational - L’influence du
(néo)libéralisme dans la formulation même desdites conventions et leurs
effets sur les victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle
et du trafic des migrant-es (M. Richard Poulin) - L’exemple de la Suède 15h45 Pause
16h10 Reprise

Table ronde :
La nécessité pour la création d’un organe indépendant de centralisation
des informations, d’observation de surveillance et de contrôle du
phénomène de l’exploitation sexuelle et de la prostitution à travers le
monde ? ” - Recommandations et Clôture Pause

18h30
Projection de Lilya 4-ever film de Lukas MoodyssonLilya
a 16 ans. Elle vit dans une banlieue triste quelque part en ex-Union
Soviétique. Elle rêve d’une vie meilleure. Sa mère vient de partir pour
les Etats-Unis avec son compagnon. Lilya espère les rejoindre, mais ne
reçoit ni nouvelles, ni argent. Son seul ami est un garçon de 11 ans,
Volodya. Ils traînent ensemble dans les rues et s’inventent des
histoires pour que la vie soit plus belle. Mais un jour, Lilya tombe
amoureuse d’Andrei, qui lui demande de le suivre en Suède pour
commencer une nouvelle vie à deux.
Soudain elle se retrouve dans un avion pour la Suède - sans savoir ce qui l’attend…

Inscription Conférence du 4 Mars

Les personnes désirant assister à la conférence du 4 mars “Première
Edition de la Journée Mondiale de Lutte Contre l’Exploitation Sexuelle ”
qui se déroulera à Paris au Conseil Régional d’Ile-de-Farnce, 35, Boulevard des
Invalides 75007 Paris (sous réserve) peuvent s’inscrire en envoyant un
email à conference4mars2009@gmail.com
en indiquant les informations suivantes : prénom, nom, adresse,
organisation et fonction. L’entrée est libre et ouverte à tous
sur inscription préalable.

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Oct 27

Une semaine après l’assassinat d’une prostituée par un client déséquilibré, l’émotion est vive chez les « filles » du centre de Paris

LA FILLE DE JOIE est triste. Depuis la mort de Saloua * , sa voisine de trottoir poignardée jeudi dernier par un déséquilibré, Blanche porte le deuil. Bottines à talons, minijupe et top noirs sous une grande parka sombre, cette blonde opulente de 60 ans dont trente à vendre ses charmes attend les clients au pied du numéro 3, rue du Ponceau (II e ).

Une douzaine de prostituées officient dans cette petite voie perpendiculaire à la célèbre rue Saint-Denis.

L’immeuble décrépi où Blanche fait commerce de son corps est aussi celui où sa copine a été assassinée. « C’était vers 20 h 35, je venais de finir avec un habitué, témoigne-t-elle, émue. Le mec, un Noir imposant qui portait une grande cape, faisait les cent pas depuis un petit moment. Il est monté avec Saloua dans son appartement au deuxième étage. Trente secondes après, j’ai entendu un grand cri… » Malgré l’intervention de Mokhtar, le vigile (lire encadré), qui maîtrise l’agresseur et tente de secourir Saloua, la victime, mortellement touchée au thorax, décède avant l’arrivée des secours. La police retrouvera plusieurs couteaux de boucher sur le meurtrier. « Il était venu pour faire un massacre. Ça aurait aussi bien pu être moi », frissonne encore Blanche. Choquée, elle a changé ses horaires et ne travaille plus que la journée : la lumière et la compagnie des autres filles la rassurent. Dès que la nuit tombe, la belle de jour monte désormais s’enfermer dans son studio du sixième étage.



« Des jeunes viennent nous insulter »

Toutes les prostituées ont été touchées par la mort de Saloua. Certaines ont déposé des roses ou des bougies devant le pas de sa porte. Plusieurs envisagent d’abandonner le trottoir. « Le boulot a beaucoup changé. Nous étions trois cents il y a vingt ans. Nous ne sommes plus qu’une douzaine », estime Blanche. Le soir du drame, elles n’étaient que deux à faire le pied de grue dans la rue… « Les clients ne sont plus les mêmes. Avant, on nous invitait au restaurant. Aujourd’hui, des jeunes viennent en groupe juste pour nous insulter », raconte Blanche. Sa décision est prise. « Cela fait trente que je bosse ici, et j’en ai vu des choses. Des règlements de comptes ou des crimes passionnels. Mais un meurtre gratuit et horrible comme celui de Saloua, jamais. J’arrête. » D’ici à quelques semaines, Blanche mettra son studio en location pour quitter Paris et le monde des « traditionnelles » de Réaumur.

* Les prénoms ont été modifiés.

Source : http://www.leparisien.fr/paris-75/le-blues-des-prostituees-de-la-rue-saint-denis-24-10-2008-287314.php

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Oct 24

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Oct 24

(En espagnol sous-titré en anglais)

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Oct 07

2 hommes ont été déférés au parquet pour “proxénétisme aggravé par fourniture de moyens”
Ce “concessionnaire” en véhicules destinés à la prostitution, qui agissait avec un complice dans le bois de Vincennes plaçait des véhicules et assurait leur maintenance pour les prostituées contre rémunération.

Source : http://www.readmetro.com/show/en/Paris/20080911/1/10/

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Oct 02

1ere partie: jusqu’au 9 novembre 2008
2eme partie: du 18 novembre au 4 janvier 2009

Musée Cernuschi, 7, avenue Vélasquez 75008, 7,50€

Dans le cadre du 150e anniversaire des relations franco-japonaises, le musée Cernuschi accueille une magnifique exposition de peintures de la période Edo (1615-1868) issues du musée Idemitsu. Un industriel et collectionneur japonais dont sont actuellement exposées les oeuvres de Rouault à la Pinacothèque de Paris. Divisée en deux temps, l’exposition du musée Cernuschi met en valeur la beauté des courtisanes et les scènes de divertissement qui se répandent à partir du XVIe siècle dans un Japon en plein essor urbain.
Alors que le Japon connaît une longue trêve de paix entre 1615 et 1868, la ville d’Edo, qui deviendra Tôkyô en 1868, se construit ex nihilo et atteint rapidement le million d’habitants. Edo est la capitale du shogun (commandement militaire contrôlant le pouvoir politique, administratif et plus tard économique) TOKUGAWA Ieyasu, qui a unifié le pays au XVIIe siècle. Kyôto reste la résidence de l’Empereur et un centre majeur de l’artisanat de luxe tandis qu’Osaka, surnommée Niho no daitokoro (cuisine du Japon) constitue une plaque tournante commerciale.

MORONUBU Hishikawa (?-1694), Jolie Fille et fleurs d'automne. Encre et couleurs sur soie. 88,9 x 31,6 cm (c) Musée IdemitsuDurant la période Edo, les samouraïs n’ont plus le droit de se battre. Oisifs, ils ont du temps à consacrer aux arts et aux divertissements qui fleurissent grâce à la paix qui règne. Le système du sankin kôtai contraint les membres des familles des daimyos (chefs régionaux) à résider à Edo une année sur deux. De ce fait, la majeure partie de la population de la ville recherche les plaisirs luxueux pour passer le temps. Mais pas question pour les samouraïs d’avouer leurs penchants pour les loisirs du “Monde Flottant” - attitude symbolisant l’hédonisme -! Dans les estampes de MORONOBU Hishikawa (?-1694), un des premiers maîtres du genre, les guerriers sont représentés avec un chapeau de paille et leurs traits sont masqués. Néanmoins, ils conservent leurs deux sabres, qui trahissent leur statut social.

Les courtisanes représentent la fine fleur du divertissement de l’époque. Elles se distinguent par leurs tenues luxueuses et leur obi (ceinture) nouée devant. Les courtisanes de haut rang, les tayû, recoivent une éducation poussée, axée sur la musique, la poésie et la danse. Leur talent impose l’admiration des clients, qui doivent les respecter et suivre une ligne de conduite stricte (showake). A commencer par utiliser un langage réservé aux courtisanes, le arinsu kotoba, qui imite celui pratiqué à la cour impériale. Le service des courtisanes étant très honéreux, seuls la haute noblesse, les daimyos et les riches marchands peuvent y recourir.
Au XVIIIe siècle, les tayû perdent progressivement leur prestige au profit de courtisanes d’un nouveau type, les oiran, tandis que les geisha ou geigi se spécialisent dans la danse et la musique.
La prostitution concerne également des filles de bas rang, pratiquant leur activité dans les établissements de bain, les auberges, les restaurants ou les maisons de thé. Ce que la peinture du Monde flottant - ukiyo-e - se garde de représenter. D’où le titre de l’exposition - un clin d’oeil à l’oeuvre de Balzac - qui omet le terme “misère” des courtisanes.

ANCHI Choyodo, Courtisane. Rouleau suspendu, encre et couleurs sur papier. 95,1 x 38,8 cm. Début XVIIIe (c) Musée IdemitsuLes courtisanes de haut rang sont dépeintes avec des visages similaires - ce qui contredit l’hypothèse selon laquelle les peintures de courtisanes étaient commandées par des admirateurs - alors que leurs tenues sont extrêmement travaillées.

KUNISADA Utagawa (1786-1864), L'Acteur de kabuki Iwai Hanshirô V. Rouleau suspendu, encre et couleurs sur soie. 59,5 x 30,8 cm. Début XIXe (c) Musée IdemitsuL’ukiyo-e a pour autre thème le théâtre kabuki. Un terme issu de kabuku, qui évoque des jeunes gens excentriques, vivant sans aucune règle, pendant la période Momoyama (1574-1615) . La danseuse Izumo no Okuni serait la fondatrice de cette forme de théâtre, qu’elle pratique sur les rives de la rivière Kamo à Kyôto. En 1607, invitées au château d’Edo, ses actrices - des courtisanes - sont interdites d’accès. Les hommes joueront alors le rôle des femmes dans le théâtre kabuki. En atteste l’oeuvre de KUNISADA Utagawa (1786-1864), représentant le portrait de l’acteur HANSHIRO Iwai V.
A la fin du XVIIe siècle, le théâtre kabuki devient un loisir important de la vie publique. Trois théâtres officiels d’Edo en donnent des représentations. Ainsi, selon commissaire de l’exposition, Michel Maucuer, les aristocrates du XVIIe siècle cherchent non seulement à se distraire mais également à se cultiver pour imiter leurs ancêtres lettrés.

L’ukiyo-e décorative s’est répandue dans les intérieurs de maisons grâce au développement de la technique de la gravure sur bois. La xylogravure a longtemps été réservée aux ouvrages religieux, philosophiques et à quelques grands classiques littéraires. Mais dans les années 1600, elle est appliquée pour illustrer des romans, comme le populaire Contes d’Ise (Ise Monogatari). Les illustrations reflètent les moeurs contemporaines tout en faisant référence au  passé (cf. le drapé des kimonos, qui évoquent des légendes anciennes). La xylogravure est également utilisée pour réaliser des estampes.

D’abord monochromes (sumizuri-e), les estampes sont ensuite coloriées à la main (tan-e). Les estampes modernes ou “estampes de brocar” (nishiki-e), réalisées par impression et aux couleurs multiples, sont inventées en 1765.

Si les estampes coûtent relativement peu, la peinture ukiyo-e (nikuhitsu ukiyo-e ou peinture concrète) s’adresse à une clientèle aisée. Elle prend la forme de rouleaux suspendus (kakemono), de rouleaux en longueur destinés à être regardés en les déroulant (emaki), de paravents (byôbu-e) ou de cloisons (fusuma-e).
Dans le cas des rouleaux suspendus de la soie orne le dessus de la peinture. Une soie usée, pour qu’elle ne bouge plus, qui provient d’ancien kimono.

HOKUSAI Katsushika (1760-1849), Clair de lune. Rouleaux suspendus. Encre et couleurs sur papier. 99,1 x 26,3 cm. Début XIXe (c) Musée IdemitsuLa collection du musée Idemitsu rassemble à la fois des estampes et des peintures ukiyo-e. L’exposition offre un panorama exhaustif des différents styles des écoles artistiques que compte la période Edo. Avec des oeuvres d’artistes aujourd’hui mondialement connu, tels CHOSHUN (1682-1752), MOROSHIGE (1684-1704), HOKUSAI (1760-1849), HIROSHIGE (1797-1858). Mais également beaucoup d’artistes anonymes.

A noter, un cycle de conférences, en accès libre, accompagne cette splendide exposition.

Source : http://www.artscape.fr/splendeurs-courtisanes-japon-peintures-ukiyoe-musee-idemitsu-musee-cernuschi/

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Oct 02

Brassai
envoyé par Cedupoulaid

Brassaï

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Oct 02

L’affaire est partie d’un fait divers crapuleux. En juillet 2005, un prostitué transsexuel d’origine arabe est agressé et dépouillé à Paris. C’est en interpellant les trois agresseurs présumés, Kaïs Melliti, Samir Bouhalli et Yassine Ferchichi, que les enquêteurs découvrent qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai et qu’ils commettent ces agressions afin de financer un groupe islamiste. Rapidement, les enquêteurs remontent vers une vieille connaissance, Safé Bourada, cet idéologue d’origine algérienne, condamné à 10 ans d’emprisonnement en 1998 pour son rôle de premier plan dans l’organisation du réseau chargé de la réalisation des attentats de 1995.

En prison, son engagement radical s’est durci. Peu après sa sortie, en 2003, il se remet à l’ouvrage et fonde un groupe baptisé Ansar al-Fath (les Partisans de la Victoire). Un réseau qui, selon l’accusation, se livre au prosélytisme et au financement de la cause, notamment par le racket de prostituées. L’enquête montre que l’un des membres présumés du réseau, Kaci Ouarab, a passé deux semaines au Liban où il aurait suivi une formation militaire, comprenant maniement des armes et fabrication d’explosifs. D’autres membres du réseau auraient été prêts à l’imiter.

Le métro, la DST et Orly visés par des attentats ?

De son côté, Bourada s’envole pour l’Egypte, où il reste jusqu’en septembre 2005. Entre-temps, M’hamed Benyamina, un habitant de Trappes, le remplace à la tête du groupe. C’est son arrestation, le 9 septembre 2005, à Oran (Algérie) qui va conduire au démantèlement d’Ansar al-Fath. Le 26 septembre, Safé Bourada, ainsi que plusieurs de ses connaissances de la mosquée de Trappes, sont ainsi interpellés, quelques jours avant Stéphane Hadoux et Emmanuel Nieto, deux convertis, autres membres présumés du groupe, près de Montargis dans le Loiret.

Lors de son interrogatoire par les services algériens, Benyamina aurait évoqué des projets d’attentats contre le métro parisien, le siège de la DST et l’aéroport d’Orly. Aucun autre élément de l’enquête n’est toutefois venu confirmer la réalité de cette menace. Si Bourada reconnaît être un fondamentaliste, il soutient être opposé à toute action violente. Son avocat, Me Salah Djemai, dénonce un dossier qui repose uniquement sur les propos de M’hamed Benyamina, arrachés selon lui sous la contrainte. Condamné à 3 ans d’emprisonnement en Algérie, ce dernier sera absent des débats, car il n’a pas été renvoyé devant le tribunal par les juges parisiens. Les magistrats de la 16e chambre auront jusqu’au 10 octobre pour déterminer si les neuf prévenus se sont ou non rendus coupables de participation et financement d’une association de malfaiteurs à visée terroriste.

Source : http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,4107547,00-l-islamisme-radical-en-proces-.html

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Sep 29

Il y a de la vie derrière Millet, Angot et Abecassis. Les romancières qui monopolisent les médias en ce mois de rentrée littéraire savent-elles que palpitent derrière l’écho de leurs vacarmes médiatiques de véritables perles ?… Des romans pour de vrai, de grandes œuvres aux plumes aussi jeunes que, déjà, pourtant, superbement maîtrisées. La rentrée littéraire ne vaut-elle d’ailleurs pas que par les talents qu’elle aide à mettre au monde, pépites rendues par la marée, petits joyaux dont on s’empare avec gourmandise et ce plaisir de la surprise, d’une très bonne surprise. À côté de cela, Catherine, Christine et Eliette, usurpatrices premières de la classe, ne brillent que d’un éclat bien petit et si terne.

On espère seulement que les prix de l’automne n’iront pas à celles-là mais à des écrivains comme Jean-Baptiste Del Amo, jeune auteur – 26 ans - d’un premier roman bon à couper le souffle. Une plume au classicisme assumé et parfaitement dompté sert une histoire dense, prenante, originale (même si l’on pense ici aux Liaisons dangereuse, là au Parfum, ailleurs à d’autres grands romans) : celle de Gaspard, jeune paysan ayant fui Quimper pour connaître dans le Paris du XVIIIe siècle une ascension digne d’un Rastignac.

Sur une année, nous suivons l’itinéraire insolite de ce bouseux devenu courtisan au prix de sacrifices certes consentis mais pas moins difficiles, sinon abjects. Il rencontre d’abord Lucas, du bas peuple comme lui, avec qui il travaille à charrier du bois dans la Seine. Mais l’ambition le ronge et Paris a déjà entamé en lui sa gangrène. Il franchit le fleuve, entité pour lui anthropophage, comme la cité : «Gaspard avait eu la certitude que Paris le happait, l’ingérait sans qu’il pût s’extraire de son labyrinthique estomac» (p.224). Du côté des faubourgs cossus, où il entre comme apprenti chez un maître perruquier, il rencontre son destin sous les traits d’Etienne, noble libertin qui le fascine d’emblée. Mais… «Si envoûtant que fût Etienne de V., son appel était celui du vide» (p.116)…

Car Etienne est un Pygmalion vampire, un être dangereux. À trop vouloir lui ressembler, Gaspard fait le choix du soufre. D’une rive à l’autre du fleuve, le jeune homme connaît la misère et l’abandon, l’ascension et la splendeur, la prostitution dans les bouges de Montmartre et un commerce non moins compromettant auprès d’aristocrates concupiscents et tout à fait prêts à l’entretenir : hétaïre aux traits mâles, il se vend, s’annule pour monter…

Dès lors, le seul défaut du roman est son titre, trop fade quand l’histoire et le style, eux, sont tellement envolés ; et peut-être, aussi, sa quatrième de couverture, qui s’attarde sur Etienne quand tout ici, tourne autour de Gaspard, être complexe, torturé, avide, hanté des fantômes de son bercail (Quimper, le temps de courts paragraphes, ramène comme une mauvaise bile le souvenir de ses origines à cet enfant assoiffé d’avenir) et de ce qu’on n’appelle pas encore des névroses…

L’écriture opère comme un charme, fluide mais cisaillée, jouant avec maestria de l’organique. Car tout est chair ici : Paris est un organisme soumis au métabolisme des saisons, avec ses odeurs, sa chaleur et ses crasses ; Gaspard est un autre ventre dans cette histoire. Tout y est ventre, gouffre, absorption, métamorphose, destruction, plaie, lieu à la fois du plein et du vide, terrible vide, souffrance aiguë et jouissance ineffable.

Assurément, Jean-Baptiste del Amo a devant lui une grande et belle œuvre. On se le souhaite.

Thomas Roman

Source : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=9931

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Sep 22

La cour d’assises de Seine-et-Marne a condamné mardi à la réclusion criminelle à perpétuité Cyril Koskinas, reconnu coupable d’avoir assassiné une prostituée puis sa maîtresse, les 7 et 19 juillet 2004, en les jetant vivantes dans le canal de l’Ourcq, à l’issue de séances sado-masochistes.
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L’avocate générale avait requis la perpétuité, assortie de la peine de sûreté maximale, 20 ans. “C’est un homme dangereux, avait-t-elle dit, pervers, qui ne doit pas rejoindre notre société. Je dis rarement quelque chose d’aussi dur, mais Cyril Koskinas n’a pas sa place parmi nous”.

Cyril Koskinas, 27 ans, n’a pas cillé à l’énoncé du verdict. Il a indiqué à son avocate son intention de faire appel.

Tout au long du procès, il s’est dit innocent du meurtre d’Omeyna, une “escort girl” rencontrée par petites annonces, qui aurait été tuée par un autre à son propre domicile de Mitry-Mory. Il a parlé d’un accident, survenu au cours d’une partie à trois, à propos du décès de son amie Angélique.

L’avocate générale a, au contraire, estimé qu’il était le seul responsable, et que les meurtres étaient “prémédités”. Elle a rappelé les précautions prises par Cyril Koskinas, avant la mort d’Omeyna et d’Angélique, pour ne pas être mis en cause, puis ses tentatives de “manipulation”.

Alors qu’Angélique gisait inconsciente près de lui, victime d’un malaise après une séance sado-masochiste, il a envoyé depuis son portable des SMS destinés à impliquer un de ses ex-petits amis.

Puis, comme il l’a reconnu, il a jeté son corps dans le canal de l’Ourcq, à hauteur de l’écluse de Fresnes-sur-Marne.

Le lendemain, il est allé chez ses parents, et a parié une bouteille de champagne avec son père qu’elle serait revenue avant la nuit.

“Sadique”, “irrécupérable”: les six experts psychologues et psychiatres qui ont examiné l’accusé ont tous conclu à sa “dangerosité”.

“M. Koskinas tire sa jouissance de la souffrance infligée à l’autre. Il dit +c’est excitant de la voir attachée. Si elle ne se débat pas, ça n’a pas d’intérêt+. C’est face à ce spectacle de l’autre réduit à un objet qu’il tire sa jouissance (…) cela lui donne un statut de domination, de suprématie, de toute puissance”, a expliqué la psychologue Corinne Descamps.

L’accusé s’est présenté à l’audience en arborant un look haut en couleurs, cheveux et bouc tressés et ornés de perles rouges, veste rouge et noir brodée d’une grande Betty Boop. Il a multiplié les provocations, les grossièretés, les phrases insultantes et désinvoltes à l’égard de la cour et de la salle.

Ses derniers mots ont été pour la famille d’Angélique, particulièrement sa mère: “Qu’elle accepte mes excuses (…) J’ai connu sa maman elle n’était pas comme ça. Elle est cachetonnée (elle prend des médicaments, ndlr). Je ne sais même pas si elle comprend”.

L’avocate de Koskinas, Me Daphné Pugliesi, a tenté de retourner à son avantage les obscénités de son client: “Quand on est normal on ne signe pas les procès verbaux (en dessinant) des sexes! Quand on est normal on ne joue pas avec le président de la cour d’assises à +Qui veut gagner des millions+!”, a-t-elle notamment lancé.

Elle a plaidé la “folie” de son client et l”abolition” de son jugement au moment des faits, bien qu’aucun expert psychiatre n’ait décelé de maladie mentale de nature à altérer ou abolir le jugement de l’accusé.

Source : http://fr.news.yahoo.com/afp/20080916/tfr-proces-assises-77-homicide-prev-4000a2c.html

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