Dec 04

Voilà comment sont traités les prostituées et leurs clients en Chine : Exposé à la foule, humiliés publiquement.

En suivant la prostitution dans le monde pour alimenter iprostitution.org, nous sommes amenés à découvrir chaque jour de nouvelles facettes de cette profession, à mieux la comprendre, et même à mieux comprendre les sociétés en observant la manière dont elles traitent leurs prostituées et leurs clients.

Jusqu’à présent, nous évitions de parler de la prostitution des pays dont le système est très éloigné du système français. Non pas que nous nous en désintéressons, mais la manière dont se passe la prostitution dans un pays en voie de développement, dans des états islamiques, dans des dictatures militaire ou communistes, dans des pays en guerre, etc. ne nous permet pas d’ obtenir des points de comparaisons pour comprendre ce qui se passe chez nous. Il est possible de voir ce qu’il est possible de faire et de déterminer des tendances qui nous touchent en observant les USA, l’ Allemagne, le Japon, la Lettonie, la Suède et même le Brésil ou la Thaïlande, moins en observant ce qui se passe au Cambodge, en Birmanie, au Niger, en Inde, à Madagascar ou en Arabie Saoudite, tant la situation sociale, économique, culturelle, politique, etc. est différente.

Cependant, il est possible de faire un certain nombre de corrélation et observer les types de sociétés en se basant uniquement sur la manière dont les États traitent la prostitution.

Il y a dans le monde des pays où l’ État se donne comme mission de « combattre la prostitution ». Quand je dis « combattre la prostitution », la question n’est pas celle de l’esclavage, la pédophilie, l’exploitation en général. On est d’accord sur ce point, d’ailleurs, beaucoup d’Etat à la pointe de la lutte contre la prostitution, comme la Chine ou les pays du Golf, sont aussi à la pointe des déviances en question. Enfin bref. Il y a simplement, dans le monde, un certain nombre d’ État qui estiment que la prostitution en tant que telle est « mal » sous divers prétextes toujours différents, et la combattent, avec l’espoir un jour de la faire disparaître.

Ces pays, on les connaît, et on connaît leur méthode :

Les USA où des fliquettes sont chargées de racoler des clients, des sites web de shérifs qui affichent le visage et l’identité de prostituées et clients, des émissions de télé-réalité où sont piégés clients et prostituées pour être diffusés à visage découvert sur les grandes chaînes, etc. Personnellement, tout ce que je déteste dans les dérives de l’Amérique se trouve résumé dans leur manière d’aborder la prostitution. Puritanisme, flicage, trash-TV… Tout y est.
Les pays du golf où pas une semaine ne se passe sans qu’on reçoive une nouvelle sur une fille fouettée ou emprisonnée.
La Chine où clients et prostituées se retrouvent dans des procès publics sur le même modèle que les procès du Maccartisme ou de Moscou.
Le Vietnam et le Laos qui envoient les prostituées dans des « camps de rééducation ».
Les pays du Maghreb où toutes les semaines nous parviennent des histoires de corruption et de violence, les prostituées étant à la merci de la police, et où invariablement c’est la prostituée qui fini derrière les barreaux.
Etc.

Et puis il y a le cas de la Suède qui pénalise le client. Le cas Suédois où la lutte contre la prostitution ne ressemble pas à du totalitarisme. Un pays dont tout le monde se fout éperdument parce qu’il n’a rien à offrir exceptés quelques produits design, mais qui fascine certains politiques épatés par ce peuple le plus taxé du monde qui se contente pour protester de battre les records de suicide, peuple qui ne pense qu’à déguerpir du pays dès que trois jours de congés se présente, peuple qui se refuse à toutes folie, pétri de moral protestante, absolument dépourvu d’humour, de joie de vivre et d’idée de révolte. Pays riche et démocrate, et pourtant… qui voudrait être né Suédois? Qui ?! Y a t’ il ne serait ce qu’ 1% de la population qui voudrait vivre à la Suédoise ? La Suède une référence ?! Mais enfin, de qui se moque t’ on ?

Ce que l’ Amérique, les pays musulman, les pays communistes ou alors la Suède ont en commun de détestable, c’est “la lutte contre la prostitution”. Cette “lutte contre la prostitution” qui est un indice majeur sur le degrès de liberté qu’accorde un Etat au peuple et par conséquense, le degrès de bien être de la population. Rien qu’en observant le facteur prostitution, je sais que l’ Espagne est plus libre que la France, la Thaïlande plus libre que le Vietnam, l’ Allemagne plus libre que la Suède, etc. Et si je continue la comparaison, je peux dire que le Cuba communiste est plus libre que la Corée communiste ou que le Maroc est plus libre que l’ Egypte, simplement parce que d’un côté il y a des Etats qui tolèrent la prostitution, et de l’ autre des pays qui la combattent. Et celui qui oserait affirmer le contraire, par exemple, qu’on se sentirait moins libre en Espagne qu’en France , moins libre à Cuba qu’en Corée du Nord, moins libre en Allemagne qu’en Suède, etc. est de mon point de vu quelqu’un qui mériterait de s’offrir un tour du monde ou de lire plus de livre. Quand un Etat se met en tête de lutter contre la prostitution, c’est très, très mauvais signe.

Il n’y a pas encore marqué dans la loi Française qu’une des missions de l’ État est de « combattre la prostitution », mais juste le proxénétisme et le désordre public. Si au pays des droits de l’homme le législateur s’est refusé jusqu’alors à écrire noir sur blanc que la prostitution devait être combattue, ce n’est pas pour rien.

Cependant, les pouvoir publics savent interpréter les textes à leur manière. Et c’est comme ça qu’un juge de Nice pour justifier la pénalisation des client, dit qu’ il s’est donné comme mission de « combattre la prostitution ». C’est comme ça que des députés interviennent à l’assemblée en proposant tel ou tel projet de loi ou telle question, avec comme argument « le combat contre la prostitution » (et pas contre le proxénétisme, nuance). C’est comme ça que les associations s’occupant de la prostitution les plus influentes sur l’ État se donnent comme principales mission d’ « abolir la prostitution ». C’est comme ça que le Parti Socialiste, dans son projet présidentiel, propose de pénaliser les clients, parce qu’il faut « abolir la prostitution ». C’est comme ça qu’un ministre de l’intérieur justifie les tracas fait aux prostituées, pour « lutter contre la prostitution ». C’est comme ça que des policiers de la BRP passent leur temps à essayer de coincer des gens que personne, parmi les gens du peuple, ne qualifierait de proxénète, puisque le mot « proxénète » dans le code civil n’a plus la même définition que celui du dictionnaire ni du langage courant.

Nous ne sommes plus très loin de ce qui se fait aux USA, en Chine, au Vietnam et ailleurs, le « combat contre la prostitution ». Le dernier garde fou est finalement la loi, et même peut être la Constitution Française qui, peut être, n’admettrait pas que l’ État se donne le droit de juger si la prostitution est une chose bonne ou mauvaise en soi. Mais c’est un garde fou bien fragile dans la France contemporaine où le domaine de la prostitution est sujet à toutes les interprétations. Ce que l’observation du monde nous apprend, c’est que lorsque l’ État se donne comme mission de « combattre la prostitution », alors nous ne sommes pas loin des pratiques totalitaires. Y a t’il pire domaine de non droit, de non reconnaissance sociale, de mise en difficulté d’un secteur d’activité, de stigmatisation sociale basée sur un métier ou une pratique sexuelle que celui de la prostitution, qui est pourtant encore une pratique légale en France ?

S’il y a une corrélation entre le totalitarisme et la lutte contre la prostitution, comme je le crois, alors la France est sujet à bien des inquiétudes.

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Nov 26

Un texte féministe de Marcela Iacub très interressant, où plusieurs grandes idées sont apportées : La prostitution est une relation sexuelle de pur consentement (plus que la relation basée sur la passion) - Une esclave sexuelle n’est pas une prostituée, elle est une esclave (de même qu’un esclave noir dans une plantation américaine n’est pas agriculteur, il est esclave) - La prostituée ne vend pas son corps, elle vend un service (tout comme l’ouvrier ne vend pas ses mains, ni le chercheur son cerveau, etc. ) - Si on pousse au bout l’idée de la lutte contre la prostitution, on aboutit à un contrôle absolu des moeurs par l’ Etat- etc…

On aurait pu croire qu’avec la révolution sexuelle, tous les stigmates frappant la sexualité multiple ou hors mariage des femmes disparaissant, la prostituée connaîtrait la même promotion sociale que la fille-mère. De femme salie par une activité réprouvée, elle deviendrait une travailleuse ni plus ni moins honorable que les postières ou les écrivaines.

La révolution sexuelle n’a-t-elle pas imposé le principe selon lequel le caractère licite d’un rapport sexuel ne dépend que du respect du consentement des partenaires ? Et la prostitution n’est-elle pas une activité sexuelle où le consentement s’exerce à son état le plus pur ? A tel point qu’on négocie les tarifs, on choisit ses clients, on fixe d’avance ce qu’on fera ensemble, toutes choses que les gens éperdus de passion ne sauraient faire. Et pourtant, les détracteurs de cette activité s’acharnent désormais à nous montrer que les prostituées ne sont pas vraiment consentantes. Car quel autre type d’argument serait-il légitime d’avancer qui soit compatible avec une morale du consentement ?

La manière la plus répandue de mettre en cause le consentement des personnes qui se prostituent est de faire l’amalgame avec celles qui sont contraintes par des trafiquants à entretenir des rapports sexuels contre de l’argent que par ailleurs elles ne touchent pas. Mais devrait-on appeler “prostituées” ces victimes de la criminalité organisée ? Peut-on dire que les anciens esclaves américains étaient des agriculteurs lorsqu’ils récoltaient du coton ? On disait d’eux qu’ils étaient des esclaves.

Une femme qui est forcée de se prostituer est une esclave, et non pas une prostituée. Ce qui est criminel, c’est l’esclavage, et peu importe la tâche à laquelle la victime est vouée.

D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’un domaine d’activité humaine est gangréné par des esclavagistes qu’on y renonce : on pourchasse les criminels, et on crée un cadre légal pour les autres. Ainsi, le fait qu’il existe en France des ateliers clandestins de couture rend-il les employés des industries textiles qui respectent le code du travail eux aussi des travailleurs forcés ?

“Arguments fallacieux, criera-t-on. Celui ou celle qui travaille dans la couture vend sa force de travail, tandis que la prostituée, elle, vend son corps, elle se vend donc elle-même, tout comme ceux qui vendent leurs organes.”

Pourtant, la prostituée n’aliène rien d’elle-même définitivement. De même que la personne qui invente des logiciels informatiques loue son cerveau ou vend un service intellectuel, celle qui se prostitue loue ses organes sexuels, vend un service sexuel, et non pas un organe sexuel. Elle fait un métier tout à fait comparable à celui d’un masseur. Mais on dit que le sexe n’est point comme le cerveau ou la main, que rendre un service sexuel est un acte très intime, très personnel, que la froideur de l’argent ne lui convient pas. Donner son sexe, entend-on souvent, c’est se donner tout entier, de sorte qu’on ne pourrait le louer sans se vendre soi-même : comme un esclave !

Il s’agit là d’une conception de la sexualité tout à fait respectable, et que beaucoup d’entre nous partagent, mais qui n’en reste pas moins une parmi d’autres. Avons-nous le droit de l’imposer à tout le monde ? Un Etat pluraliste, qui fait sienne une morale du consentement et non pas de la vertu, ne saurait imposer une conception unique de la sexualité à tout un chacun : il cherche à faire respecter les différentes significations et valeurs que les citoyens peuvent attribuer à cette activité. Et d’ailleurs, si l’on voulait imposer que toute sexualité soit intime, personnelle, ne devrait-on pas interdire, par exemple, les partouzes et les activités sexuelles de ce genre ?

Hélas, raisonner sur ces questions agace. On en vient rapidement à entendre des arguments plus émotionnels. On dit : “N’avez-vous jamais parlé à des prostituées ? N’avez-vous pas entendu qu’en général elles ne font pas cela de gaieté de coeur, mais parce qu’elles y sont contraintes par la nécessité et la misère ? Quelle femme, en vérité, pourrait apprécier de se vendre ainsi ?”

Certes, on se prostitue pour de l’argent, et non pas, par définition, gratuitement ; mais si tous ceux qui sont poussés à travailler parce qu’ils ont besoin de gagner leur vie étaient considérés comme des esclaves, il ne resterait que quelques rentiers pour se prévaloir du statut d’hommes libres. Je suis, pour ma part, assez favorable à l’idée de revenu universel inconditionné. Mais il est curieux qu’on ne se montre jamais aussi furieusement anticapitaliste qu’avec la prostitution…

Au fond, les détracteurs de la prostitution veulent dire que la morale du consentement ne s’adresse qu’à ceux qui cherchent à assouvir leurs désirs ou à éprouver du plaisir dans la réciprocité. Il leur paraît scandaleux qu’on l’utilise pour des relations unilatérales comme la relation prostitutionnelle. Mais pourquoi serait-il illégitime de consentir à un rapport sexuel pour une autre raison que le désir irrésistible qui nous y pousse ou pour le plaisir délicieux qu’on y trouve ?

Il n’y a rien là qui aille contre les règles ordinaires du consentement. A combien d’actes sexuels tant d’honnêtes gens consentent-ils tous les jours qui n’ont ni pour cause le désir, ni pour conséquence le plaisir, mais par exemple la générosité, la routine ou un certain sentiment du devoir ? A l’opposé, ne peut-on aussi imaginer des actes sexuels non consentis mais que les victimes désirent ou dans lesquelles elles éprouvent du plaisir ? De tels actes ne manqueraient pas pour autant d’être heureusement considérés comme des agressions sexuelles.

Il semble décidément difficile, dès lors qu’on se place dans le cadre d’une morale du consentement, de condamner la prostitution. Certes, il reste la solution de revenir, explicitement, à une morale de la vertu et des “bonnes moeurs”. Mais, dans ce cas, si l’on ne veut pas être de nouveau incohérent, il faudrait aligner l’ensemble de la révolution sexuelle sur une telle morale, et dire aux gens l’usage de leurs organes sexuels qui plaît à l’Etat. Mais cela a un nom : c’est une Restauration.

L’incohérence, c’est-à-dire l’incapacité à aller jusqu’au bout de ses idées, n’est pas seulement un vice de la pensée : elle a parfois de fâcheuses conséquences politiques. Ne l’oublions pas.

Par Marcela Iacub

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Nov 26

Article pamphletaire sur la Suède, vu comme un pays terriblement ennuyeux, et pourtant référence chez beaucoup de politiques en France..  

La Suède, pays des anciens Vikings, donne d’elle-même une image de plus en plus aseptisée. On est loin des épopées guerrières de barbus blonds venus nous apprendre à vivre à coups de hache et d’incendies d’églises le long des côtes britanniques et françaises. Le pays des dieux mortels est devenu d’un mortel ennui. L’énumération qui va suivre donne plus de sueurs froides et de craintes que ne pouvait inspirer la vue des voiles des drakkars le long de nos côtes lors des raids des hommes du Nord.

1. La Suède est à l’origine de la généralisation de la prévention routière, avec les énormes pare-chocs de ses Volvo des années 70 qui donnaient une allure de char d’assaut à la moindre berline. Les Suédois continuent avec l’invention du siège pour enfant, installé en sens inverse de la marche, ils persévèrent avec une surveillance drastique des automobilistes et l’intronisation d’un non buveur qui ramène tout le monde le vendredi ou le samedi soir, car en semaine il est fort conseillé de ne pas boire une goutte d’alcool.

2. La prostitution est interdite au point que les Suédois vont se soulager en Allemagne de l’autre côté de la frontière danoise ou bien en Finlande. Les Suédois, en moralisateurs à la Tartuffe, déplacent le problème chez leurs voisins. Dans le cadre de la lutte contre la violence faite aux femmes, ils ont pénalisé tout le monde, des filles aux clients (je n’ai pas encore réussi à savoir si la prostitution homosexuelle était elle aussi réprimée), sans penser que la répression crée la clandestinité et que cette situation profite avant tout aux proxénètes, au détriment des filles de joie qui sont encore plus à la peine.

3. Les châtiments corporels sur ses propres enfants sont bannis en Suède. Je ne parle pas des monstrueuses raclées finissant aux urgences avec fractures et éclatement de la rate, mais de la petite gifle ou de la fessée, qui administrées avec mesure avaient un effet dissuasif et calmant sur des gamins braillards comme des mainates qui couraient un peu partout dans les avions (cf. l’article de Libération début août sur ce sujet). On en arrive au paradoxe de ce beau-père condamné à une amende pour avoir giflé une petite peste qui lui avait craché dessus parce qu’il refusait de lui acheter un DVD (cf. le même article).

Mais revenons au cas de la fumeuse du jardin. Le plaignant est avocat, il s’est donc servi de la loi pour persécuter sa voisine. Je ne connais rien du droit suédois, mais je pense que la victime de ce fou furieux pourrait contre-attaquer et porter plainte contre les odeurs de barbecue, si son voisin s’y adonne et surtout, s’il déguste du surstromming, le fameux poisson un peu pourri, dont les Suédois raffolent. D’ailleurs ces moralistes, protecteurs des droits individuels au nom de la communauté, ont protesté avec véhémence quand leur plat national a été interdit à bord des avions de British Airways et d’Air France, car supposé potentiellement explosif. Ils sentent bien (au propre et au figuré dans ce cas), nos Scandinaves, quand une situation est ridicule, mais uniquement si elle concerne un thème qui leur est cher, celui de leur identité culturelle. A juste titre, ils n’acceptent pas une brimade grotesque. Le surstromming sent assez fort au point que comparativement, un munster bien fait a l’arôme du jasmin. Les boîtes gonflent un peu sous la pression des gaz, mais de là à être utilisées par Al-Qaida, il y a un grand pas à ne pas franchir. Par contre, ils ne s’insurgent pas de leur excès de prudence, de prévention et d’interdits.

Pourtant, sans remonter aux Vikings, la Suède s’était montrée sous un jour plus favorable il n’y a pas si longtemps. Les premiers émois érotiques des adolescents de ma génération ont été inspirés par des films cultes comme Je suis curieuse ou Joyeuses Pâques qui étaient interdits aux moins de 18 ans à leur sortie en France. Il y avait une tradition de grivoiserie rurale, jadis. Dans les campagnes suédoises du XIXe siècle, lors de la fête du cochon, quand les femmes se réunissaient sans les hommes pour préparer les boudins, saucisses et andouilles, les obscénités ciblant la taille et la forme des organes génitaux de leurs maris fusaient dans une joie saine et rigolarde. (Lire le passionnant ouvrage d’Yvonne Verdier sur le cochon, Façons de dire, façons de faire.)

Alors, comment sont-ils devenus aussi tristes, aussi moralistes et donneurs de leçons ? Et si au moins cela leur donnait un confort de vie et un sentiment de bien-être, mais la Suède a été longtemps la mieux placée pour son taux élevé de suicides. Le modèle social, moral et politique est porté aux nues par tant d’analystes qu’on se demande pourquoi un tel paradis entraîne autant d’actes désespérés. Peut-être parce que dans un pays aussi parfait, le seul moyen d’exister est de se supprimer !

Sans vouloir faire de la psychologie de bazar en parlant de la théorie des climats si chère à Montesquieu et se rapportant aux Persans, faut-il suivre certains psychiatres qui envisagent la piste du manque d’ensoleillement pour expliquer le phénomène suicidaire en Scandinavie ? Il y a probablement un part de vérité dans cette explication, mais elle n’est pas satisfaisante. La vie était dure pour les paysans au temps de Bernadotte et on se suicidait moins, et les générations suivantes ont massivement quitté le pays pour émigrer aux Etats-Unis, justement pour ne pas crever de faim. Il n’y avait pourtant guère plus de soleil en ce temps-là. Non, je pense personnellement que le moralisme protestant associé au socialisme consensuel a engendré l’ennui, celui qui transpire dans les films d’Ingmar Bergman. Celui qui a vu en boucle Le Septième sceau ne peut que vouloir se pendre !

Les dieux scandinaves qui ont inspiré Wagner étaient condamnés à l’échec, vaincus par les forces du mal. L’alternative de l’homme était de leur ressembler et de périr au combat en héros. Ensuite il allait au paradis des guerriers, l’Asgard, dans une salle, le Walhalla, où il pouvait boire, même en semaine, de la bière dans le crâne de ses ennemis. Les walkyries lui prodiguaient tout ce dont un homme a besoin quand il est mort (et même quand il est encore vivant). Les walkyries, les payait-on pour leurs services et prestations rendus ? Décidément, la Suède a bien changé !

Un monde orwellien se prépare en Europe du Nord de façon de moins en moins insidieuse et tend à se propager vers le Sud. Sommes-nous prêts en France à adopter ce genre de comportement ? J’aurais dit non il y a encore quatre ou cinq ans. Je commence à douter et ce modèle me fait peur. Précautions et interdits deviennent la règle. Et l’imagination, quand va-t-elle revenir au pouvoir ?

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28271

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Nov 25

Jean Marie BOCKEL fait partie des maires (PS) qui ont pris, en 2002,  des arrêtés contre la prostitution. Invité du journal, il explique ses positions et conclut en jugeant “nécessaire le projet de Nicolas Sarkozy” et en défendant un statut pour les prostituées.

Voir la vidéo :

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=2134250001007

Pour mémoire, position de Nicolas Sarkozy sur le sujet en 2002 :

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=2136014001026

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Nov 24

(…) Dans les années 2000, les questions sexuelles sont devenues des enjeux politiques par excellence, depuis le pacs et la parité jusqu’à la prostitution et aux violences sexuelles. On l’a vu dans l’argumentaire républicain contre le voile islamique : on ne dit plus seulement que la religion est privée, mais que l’égalité entre hommes et femmes est un enjeu public. Autrement dit, la République s’inscrit désormais dans une logique de modernité – la «démocratie sexuelle» (…)

Lu dans Libération

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Nov 14

«En principe, je suis prêt à admettre que la prostitution soit un art, comme le massage et la coiffure…»
-Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar

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Nov 14

Jusqu’à présent nous demandons la redéfinition du proxénétisme mais je finis par penser qu’il faudrait demander l’abrogation de la pénalisation du proxénétisme en tant que telle.

On le voit dans chaque affaire, ce qui est pénalisé est rarement l’abus, les violences, l’extorsion de nos revenus. Pire quand nous voulons porter plainte contre ces violences elles sont difficilement enregistrées. Une amie qui s’est récemment faite arnaquée par un faux client a voulu porter plainte et s’est entendu répondre ” quand est ce que t’arrête tes conneries ? ”

En gros, tout est fait pour nous empêcher de nous prostituer et nous en dissuader, mais rarement pour nous protéger.
La répression du proxénétisme selon moi participe de cette logique anti-prostitution. Elle ne sert pas à nous protéger mais à empêcher l’organisation du travail du sexe.

Parce que si on veut lutter contre l’exploitation du travail, pourquoi ne le fait on pas pour tous les travailleurs ? Pourquoi ne pas mettre en prison tous les patrons et que les nôtres ?

Je suis contre le salariat donc je ne dis pas ça pour défendre les proxénètes car j’estime que nous ne devrions pas avoir besoin d’eux pour nous organiser mais paradoxalement à cause de la répression de la prostitution enfin des moyens de l’exercer, donc du proxénétisme, nous sommes contraintes de passer par des intermédiaires pour ne pas risquer la prison nous mêmes et donc cela créé du proxénétisme, celui-là si je puis dire ” le vrai” celui qui nous rend dépendantes d’un tiers, et encourir des risques.

Mais si le droit commun était appliqué pour nous comme pour les autres citoyens et travailleurs, alors nous n’aurions pas besoin de lois contre le proxénétisme. Si le code du travail était appliqué, il y aurait moins de violences, d’harcèlement, d’abus, etc. Nous sommes enfermées dans le non droit, dans l’inadaptation sociale justement pour nous contraindre à prendre tous les risques de la clandestinité et si nous ne sommes pas contentes alors nous n’avions qu’à ne pas nous prostituer, nous disent ils.

C’est comme pour la répression et la clandestinité de l’avortement. Y’avait qu’à pas coucher, disaient ils. C’est une entrave à la libre disposition de notre corps.

On le voit dans les commentaires du Monde sur ce documentaire. La plupart des personnes arrêtées sont des putes ou des tiers qui sont considérés comme des délinquantes simplement du fait d’avoir organisé la prostitution mais pas ou rarement pour des actes de violences et de contraintes ?
Thierry = Zezetta

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Nov 13

On est loin des émissions voyeuristes que certaines chaînes, comme M 6, proposent régulièrement avec des airs de sainte-nitouche. Loin aussi du polar ou du film noir. France 3 diffusait, lundi 12 novembre, dans la série “36, quai des Orfèvres” un remarquable documentaire de Myriam Aklil sur la prostitution parisienne. La caméra suit le travail des policiers de la brigade de répression du proxénétisme, l’ancienne Mondaine. Depuis la loi de 2003 sur le racolage passif, les trottoirs ont été désertés, sauf dans quelques rues. La prostitution est montée dans les étages, en quelque sorte. Elle n’est pas interdite en France, le proxénétisme si. Là encore, on est loin de l’image traditionnelle du maquereau impeccablement vêtu. Tout d’abord, celui-ci peut très bien être… une femme. C’est le cas de Nathalie, propriétaire d’un studio qu’elle “prête” à une amie prostituée. “Je ne lui ai pas loué le studio, je l’ai dépannée”, dit-elle. Elle répète inlassablement cet argument aux policiers qui lui opposent la loi. Elle est déférée au parquet, présentée au substitut du procureur et condamnée à quatre mois de prison avec sursis. Il y a ensuite l’histoire de cet homme d’affaires belge, marié et père de famille, qui vient régulièrement à Paris avec sa maîtresse. Il attire le chaland par Internet pour des séances collectives dans une chambre d’hôtel. On le voit installé dans le hall de l’hôtel avec son ordinateur portable. Il accueille les clients au vu et au su de tous et leur indique le numéro de la chambre.

On assiste à l’interpellation. “Police nationale, bonjour à tous ! Vous pouvez vous rhabiller tous, s’il vous plaît. Mademoiselle, vous vous rhabillez aussi !” La scène est peu banale : une dizaine d’homme nus, et une seule femme. L’homme d’affaires belge se défend. Il plaide le fantasme et non le profit. Pourtant, sa comptabilité, à 100 euros par client, est impeccablement tenue. On le voit passer en comparution immédiate au palais de justice. Il est condamné à dix mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et la saisie de sa voiture. Pendant que sa maîtresse fait les cent pas devant le Palais, il téléphone à sa famille en Belgique pour la rassurer…

Il y a aussi le “Julot casse-croûte”, qui prostitue sa compagne, pendant que lui-même promène le chien dans le quartier. Ou encore l’histoire de ce travesti, surnommé Vincenta, qui fait régner la terreur sur un coin du bois de Boulogne. Il rackette deux autres travestis, qui portent plainte.

Le compagnon de Vincenta tient un cahier sur lequel sont inscrites les sommes payées par les autres travestis. Toutes ces histoires sont montrées sans tapage, avec leur décor banal et les paroles maladroites des uns et des autres. Une prostitution ordinaire, en quelque sorte.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-977787,0.html

Réactions
L’OURS
13.11.07 | 19h14
Toutes ces lois ont rendu le sexe encore bien plus triste et bien plus dangereux pour les refoulés de tout poil pour qui la prostitution a un rôle dans leur équilibre. Elle est nécessaire quoi qu’en pensent ces politiciens hypocrites car parfois clients eux-même. Toutes ces lois sont iniques car porteuses d’insécurité, de problème d’hygiène, discriminatoires vis-à-vis des filles dont l’Etat profitent des revenus mais qui sont sujettes à la Justice. Qu’on rouvre les maisons!

fdieze
13.11.07 | 18h47
Une prostitution ordinaire effectivement… et qui en tant que telle ne regarde personne. Excepté celle du travesti qui en rackette deux autres… parfaitement condamnable pour cause de racket. L’”amie”, la “maitresse” et la “compagne” ne paraissaient pas avoir porté plainte elles… probablement des “victimes” qui s’ignorent…

JACQUES G.
13.11.07 | 18h40
On peut penser ce que l’on veut de la prostitution mais le fait d’en charger la police et la justice sont une catastrophe morale et intellectuelle pour ces institutions qui rejaillit sur la nation toute entière. Voilà une des causes parmi bien d’autres du mal être et de l’hypocrisie socale qui ronge la société française plus que celle de ses voisins européens. Que faire? Rien,Supprimer toutes les lois particulières à la prostitution.Il reste assez de règles protectrices des intégrité et liberté

Elisabeth+J.
13.11.07 | 17h52
Banale devenue en 5 ans dans toutes les villes grandes à moyennes tous les axes routiers, dans villes de moyenne importance (15 000 habitants) très légèrement plus “cachée” et encore…bref d’une banalité à pleurer car indicateur d’un appauvrissement spectaculaire et généralisé de la population française ( les prostitués et prostituées sont français), en à peine 5 ans..et comme la prostitution de tous les temps grise…

CHARLES L.
13.11.07 | 17h47
La religion heureusement évacuée avec son cortège de répression du corps, on ne voit pas, au XXIème siècle, au nom de quoi interdire à des adultes consentants d’avoir des rapports sexuels immédiats moyennant finances ? D’une manière ou d’une autre, l’homme paie pour avoir des relations sexuelles : invitations, cadeaux, weekends, etc. c’est l’évidence. Donc chassons l’hypocrisie d’un autre âge et ouvrons des maisons d’amour, propres et bien tenues, comme en Allemagne.

Tim
13.11.07 | 17h14
Excellente critique, d’une remarquable émission. Il y a comme ça des soirs, où nous ne pouvons qu’ètre satisfait de notre télé d’état et de notre police nationale(parisiènne en l’occurence) C’est tellement rare qu’il faut bien le souligner. Comme quoi tout n’est pas perdu………..

DAN B.
13.11.07 | 16h34
S’agit-il d’un problème de syntaxe ? Aussi hypocrite que cela puisse paraître, la prostitution est pénalement condamnée en France depuis la fameuse loi de 2003. 225-10-1 « Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 Euros d’amende. »

http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0@2-3232,36-977787,0.html

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Nov 13

Il y a dix ans encore, à Paris, pour trouver une prostituée on avait l’embarras du choix. Il y avait des coins putes un peu partout dans la capitale, dans les quartier riches, dans les quartiers pauvres, dans les quartier touristiques, dans les quartiers déserts, etc. Un véritable saupoudrage qui, pour employer les mots des politique, était une application claire de la mixité sociale, tout le contraire de l’esprit de ghetto d’aujourd’hui. Ainsi, encore vers l’an 2000, on trouvait des filles à Saint Lazare, à Opéra, place Clichy, Pigalle, avenue Foch, place Dauphine, sur les boulevards des maréchaux, à Vincenne, Place de la Nation, etc., parfois en se baladant on découvrait un nouveau coin par hasard, « tiens, elles sont ici aussi ! », et bien sûr au Bois de Boulogne et rue Saint-Denis.

Aujourd’hui,  on ne trouve des filles que dans les quartiers les plus populaires de Paris, porte Saint Denis, porte de la Chapelle ou Belleville, et dans les forêts de banlieue. Bienvenue aux ghettos, avec sa prostitution spécialisée par ethnie. Ghettos conçu, comme il se doit, dans les zones les moins reluisantes. Au moyen age dans les zones marécageuses, aujourd’hui dans les Zones Urbaines Prioritaire.

Les prostituées, on ne les voit plus. Disparues. Pourtant moi je les aimais bien, les coins putes de Paris. Je trouvais qu’il y avait quelque chose de rassurant de se dire qu’elles étaient là, elles me rappelaient qu’on était vivant, que la vie justement c’était ces femmes, et ces hommes qui tournent autour, spectacle à la foi gai et pathétique nous rappelant notre imparfaite condition humaine.

Paris est  une ville sans chat de gouttière, les commerçants sont des franchisés, les artisans des prestataires de service affiliés, les quartiers des zones touristiques, nous vivons dans un musée aseptisé. Depuis quand n’ai-je pas pensé « ça c’est Paris ! » en observant un truc cocasse ? Depuis quand au juste ? Ha si, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, dans une soirée mondaine au Crillon, rapport au Champagne et à l’ambiance vaguement décadente dans ce lieu plein de dorure. Là où Paris reste Paris, à y réfléchir, c’est uniquement dans les lieux destinés à l’élite. On se sent à Paris autour des Champs Elysées, moins autour de Bastille. Dans les boites de luxe,  moins dans les bistro de monsieur tout le monde. L’élite sociale transforme tout, sauf son propre monde. C’est ce qu’on nomme le progressisme à la Française.

Et si ce n’était que la mutation de l’âme française, mais tel n’est pas le cas, c’est purement sa disparition, un allez simple vers l’absolue neutralité, un nivellement global, où les villages  deviennent comme des décors de Disney, où les zones urbaines se clonent entre elles, où la campagne accueille une succession de hangars en tôle du même modèle et des champs dessinés par technocrates de Bruxelle, puis des villages  complètement morts, ou complètement pavillonnaires, ou alors comme des  zone de loisir, avec rue pavées « à l’ancienne », volets peint en bleu par arrêté préfectoral, bégonia un peu partout, sentier pédestres balisés, ponctués de mise en garde et de zone pique-nique avec table en bois. L’esthétique des autoroutes, l’ordre absolu dans un no man’s land rectiligne qui traverse l’espace en dépit du relief, toit en chaume Campanille, spécialité régionale sous cellophane dans la station Totale.

Tout devient en toc, tout est du chiqué, tout est faux. La recherche d’authenticité devient une spécialité touristique. Maintenant, il nous faut des guide pour savoir où se logent les choses vraies, c’est à dire, les choses crées par la nature ou un esprit humain, et non par un système (politique, marketing, scientifique, etc.). Et nous regrettons cette déshumanisation et cette déconnections avec la nature, pourtant nous savons d’où ça vient. Je n’ai plus aucune influence sur mon environnement. Ça m’a été confisqué. Mon travail me met au service d’un système économique et marketing, ce que je fais ne me ressemble pas. Je ne suis ni artisan, ni artiste, ni cuisinier, ni créatif, ni rien, juste un exécutant, je fais ce qu’on me demande de faire, et ce n’est même pas un humain qui a décidé de ce que je devrais faire, ce qu’on me demande de faire est né d’études de marché, d’études scientifiques, de tendance de la demande, de volonté gouvernementale, de normes industrielles, de recommandations de l’ OMC, etc.

Cela fait des lustres qu’on ne se préoccupe plus de savoir ce que les gens veulent faire. C’est devenu hors sujet. Sauf quand on parle des prostituées. D’un coup, on décrète qu’au font, elles ne veulent pas faire ça. C’est pourtant un des derniers job où l’individu, la prostituée, a le contrôle sur  ce qu’elle produit. Le cuisinier de chez Mac Do n’est en rien impliqué dans la satisfaction des clients (il le sait malgré la propagande interne et les campagnes de recrutement qui lui répètent qu’il est l’âme de Mac Do), la prostituée, si. Elle a une incidence directe, individuelle, sur le monde. Elle est une des dernières à avoir ce pouvoir là d’être incontestablement la véritable créatrice de ce qu’elle vend. C’est un pouvoir immense qu’aujourd’hui, seuls quelques créatifs ont.

Cette nature est insupportable alors on s’ingénie à retirer ce pouvoir là à ces individus là. Ça serait tellement mieux si elles s’arrêtaient, qu’elles cessent enfin d’influer aussi directement sur les gens, de les pervertir. Même leur simple présence est décrite comme un trouble. Il y a toujours quelqu’un à la mairie pour le signaler : « les enfants croisent des prostituées en allant à l’école ! ». Elles ont le pouvoir d’agir sur le monde, rien que par leur présence. Elles seraient tellement mieux à faire ce qu’on leur demande de faire dans une entreprise, encadrées de près, déchues de toute influence. Dans ce monde pyramidale, combien d’entre nous influent la société, ne serait ce qu’en fabriquant un produit à leur façon pour le distribuer ? 1% d’entre nous ? Moins ?

La prostituée n’est pas un personnage anodin. C’est pas un travailleur lambda. Sur elle on écrit des livre, elles ont changé des vies, elles ont été peintes par les plus grands, certaines dépucellent des hommes, entrant au panthéon des quelques femmes les plus importantes de leur vie, certaines ont gravé à vie leur image dans des centaines d’esprits, elles ont sauvé des vie délabrées ou ont poussé au suicide, elles ont sauvé des couples et fixé des amitiés… On ne parle pas du boulanger du coin, du serveur de bar ou du peintre en bâtiment. On parle de l’un des quelque personnages clés de l’humanité, au côté de l’artiste, du guerrier, de l’aventurier, de l’inventeur, de l’entrepreneur, du cueilleur-chasseur, du nomade et de quelques autres. Ceux qui influencent vraiment le monde, ceux qui peuvent éventuellement prétendre au siège de monarque. Elle appartient à ce petit noyau d’hommes et de femmes absolument marquants, d’où à peu près tout découle, l’essence de la civilisation.

La prostituée est ainsi une concurrente, involontaire, de ceux qui prétendent modeler le monde à leur image. Une tache sur le tableau, un élément perturbateur, pour la raison que tout élément qui ne leur est pas directement utile est une anomalie, et que tout élément qui peut mettre sa touche à la conduite du monde est un adversaire. La prostituée ne travaillera pas pour eux, manque à gagner, eux n’ont pas besoin d’elles, elles ont une force d’influence majeure que l’intimité rend incontrôlable… L’équation est simple : Warning !

D’où cette volonté de faire disparaître la prostitution, chose que tout individu doté de bon sens sait vaine, mais prétexte pour exercer le contrôle sur elles. Non pas un contrôle de base, lié à la nécessité de maintenir l’ordre dans l’intérêt de tous, mais un contrôle top niveau, pas très loin dans les échelons du contrôle carcéral. On en est rendu au point de leur indiquer comment s’y prendre avec le client, c’est à dire avec la bouche dans une voiture ou à quatre patte dans un buisson, parce que cela devient la seule façon technique de s’y prendre. La prostituée alors passe du stade d’ aristocrate à celui d’esclave. Et ainsi va le monde.

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Nov 11

Chers amis de iprostitution.org.
Tout d’abord merci pour votre site qui est très intéressant. Je voudrais apporter ma pierre en vous offrant un témoignage, le mien, celui d’un client de prostitués (pour changer), et les réflexions que cette condition de client génère. Je dois vous dire que cela fait une dizaine d’année que je ne fréquente plus les prostituées en France, mais uniquement dans ses pays frontaliers. J’ai un métier et des racines qui me donnent l’occasion de faire des sauts en Allemagne, en Belgique, en Suisse ou en Espagne, j’ai mes habitudes dans certains bordels situés à quelques pas de l’hexagone. Je ne vais plus aux putes en France car c’est devenu un milieu extrêmement malsain. J’avoue ne plus avoir la fantaisie de baiser dans la nature au bois de Boulogne, ni dans des cages d’escalier, et j’ai assez de respect pour ma personne pour ne pas fréquenter l’ignoble rue Saint-Denis ni le bois de Boulogne. Et puis les prostituées de France, désolé, mais la plupart sont inbaisables, en tout cas celles dans ma gamme de prix d’homme de la middle-class. Étrangement, je baise essentiellement des prostituées françaises, qui prennent d’assaut les bordels frontaliers. Comme par miracle, la prostituée française, dès qu’elle sort de France, elle semble plus saine, mieux dans sa peau, et elle s’embellit. Et en plus elles bossent bien. Comme j’ai l’esprit curieux je me suis demandé pourquoi. Pourquoi le milieu en France m’est insupportable, chaque fille ressemblant à un cas social en pleine déchéance, et pourquoi de l’autre côté de la frontière, pour le même prix j’ai une jolie fille normale et de bonne humeur.
Après de maintes réflexions au volant de ma voiture en rentrant chez moi, je suis arrivé à penser ceci

1) La France fabrique des prostituées complètement déviantes. Une fille qui rentre dans ce milieu en France se détruit à vitesse grand V. Franchement, tapiner dans les bois de la région parisienne, baiser dehors, été comme hivers dans les buissons, se faire emmerder par les flics… Pour rendre n’importe qui gaga c’est comme ça qu’on s’y prend. Je dirais même que la France, de par son système, pousse les femmes en très grand difficulté, celles vraiment pas gâtées par la vie, vers la prostitution. Les laiderons, les autodestructrices, les junkies, les filles en période dépressives, etc. Des filles déjà bien en péril à la base qui ailleurs changeraient de vocation faute de demande. La prostitution en France est devenue le monopole des freaks ! Quand je vois les filles de la porte de Strasbourg à Paris, je peux vous dire qu’aucune ne pourrait travailler en Suisse ou en Belgique ou en Allemagne, il n’y a qu’en France où elles osent vendre leur corps, qui plus est, en essayant de prendre chère!

2) Les prostituées saines, équilibrées, jolie, etc. Elles ne perdent pas leur temps en France, elles vont dans les bordels trans-frontalier, où elles gagnent mieux, sont au chaud et en sécurité, où personne ne les emmerdent. Avec un peu d’astuce et d’esplièglerie elles arrondissent avec un rmi en France et ont aussi la sécu. Pour la France c’est un désastre, si vous voulez mon avis patriote, cette fuite des bonnes meufs vénales françaises. Aussi bien pour elles que pour les hommes de chez nous et aussi pour le PNB.

3) Conséquence, les paumées intégrales (junkies, laiderons, acariâtres, dingues etc.) , qui n’auraient aucune chance d’avoir une clientèle sans la fuite des beaux sexes vers l’étranger, se retrouve sur le trottoir. Ce sont justement les filles qui ne sont pas faites pour ce job, qui vont attirer les plus dépravés des hommes, qui sont obligées de faire bas tarif, qui sont très vulnérables dans ce milieu, qui se retrouvent à tapiner.

4) A signaler aussi le cas des prostituées étrangères. Non mais vous les avez vu les Chinoises qui tapinent à Belleville ou les Africaines de Barbès ? Elle est où l’immigration sélective dont parlait un célèbre nabeau cocu ? Quand je les vois se prostituer je me dis qu’il y a des gens qui ne doutent de rien. En Belgique ou en Allemagne elles abandonneraient le métier fissa et gagneraient autant en faisant des ménages. Je dis ça parce que la dernière fois que je suis passé à Paris, j’ai observé le manège des prostituées de la porte de Strasbourg. Des manouches et des chinoise, très campagnardes. Je suis resté une après midi entière dans le coin, à les observer marcher et à essayer de comprendre le système “made in France”. Et ce que j’en ai conclu, c’est que si ces filles font deux clients/jour à 30 euros, alors c’est noël ! Non seulement elles ne sont pas gâtées car elles sont laides comme tout, mais en plus, elles ont des conditions de travail déplorables, obligées de marcher sans s’arrêter, qui plus est dans un des quartier le moins attractif de Paris, le plus mal famé aussi (trafiques, came, etc.), où elles font un chiffre d’affaire ridicule ! A Belleville c’est le même système, à Barbès aussi.

5) La France peut s’enorgueillir d’avoir les prostituées les plus foireuses d’Europe, qui travaillent dans les conditions les plus foireuses d’Europe, et ça ne m’étonnerait pas que vu l’ambiance générale, il faille être un peu tordu pour fréquenter ces filles là. Je veux dire, ça ne m’étonnerait pas que ce genre de prostitution (bois de boulogne, Belleville, Barbès, Porte de Strasbourg), non seulement détraque le mental des hommes qui, n’ayant pas d’autres alternative, fréquentent ces filles, mais attire aussi tous les clients bargeots attirés par la crasse intégrale. C’est juste mon avis.

6) Bien entendu je suis favorable à la mise en place d’un système type Suisse, Allemagne, etc. en France. Je suis persuadé que la prostitution deviendrait bien moins destructive (pour les filles et les clients) qu’elle ne l’est actuellement, je pense aussi que celles qui se prostitueraient seraient plus solides mentalement (le système actuel excluant de ce métier les filles qui aspirent à une vie sérieuse et tranquille, alors que beaucoup de filles “normales” veulent faire ce job à condition qu’il se fasse dans des conditions “normales”) , et que les nana vraiment en période de détresse, fragiles, sur la brèche, autodestructrices,etc. celles pas du tout faites pour ce job, en tout cas pas dans cette période de leur vie, iraient vers un autres jobs qui les aideraient à se cadrer, incapable de concurrencer les filles clean, et même rejetées par elles.

7)Pour finir, en conclusion : Je connais tous les plans putes en Europe. Plus l’interdiction est forte, plus les prostituées sont réduites à l’état de loque. J’ai vu ça à Paris, j’ai vu ça en Suède où je vais une ou deux fois par an, où le filles de rue sont toutes des junkies (qui sans ce système d’interdiction, devraient trouver d’autres solutions car personne ne voudrait d’elles, et ceux qui veulent d’elles sont pas les plus gentlemen). Un passage aux USA (Michigan) l’année dernière m’a donné le même point de vue. État où la prostitution est prohibé, je me suis renseigné pour trouver où ça se passe, et là, horreur, la cours des miracles, que des femmes qui devraient être à l’hôpital ou au moins cadrée par un job salariée tellement elles partent en vrille. En fait, la prohibition a pour effet immédiat de mettre les femmes les plus en détresse sur le trottoir, celles ok pour rentrer dans la clandestinité justement parce que la place est de facto libre. Rien à voir avec ce qui se passe en Belgique ou autres pays de ce genre, où les filles savent ce qu’elles font et assurent à peu près dans la vie (en général).
8) Ah non c’est pas fini. A votre avis, que fait la fille entre deux clients ? En France c’est simple, elle traîne ses guètres dans la rue, et voila, c’est tout. Les filles de rue en général font 5-6 clients par jour, en gros deux ou trois heure de travail horizontal, entre temps, elle gâchent leur vie en trainant dans le vent et le froid de nos rues (et on leur reproche en plus de faire mauvais genre dans le quartier). De l’autre côté de la frontière, elles sont dans un canapé, elles lisent, elles s’occupent de leurs papiers, elles prennent des cours par correspondance, elles vont sur le web, elles tricotent, elles bricolent, elles jouent, etc. Rien que pour ça, pour cette simple avancée sociale, la prostitution devrait être officialisée.

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