avr 07

C’est bien connu, le sexe et la politique ne font pas bon ménage… du moins en public. Pourtant, les scandales sexuels impliquant des hommes haut placés sont de plus en plus fréquents. Trois cas célèbres ont défrayé la chronique ces dernières semaines. Le pouvoir est-il l’ami du vice ? Actuel a interrogé un sexologue, un éthicien et une dominatrice.

Qu’un homme public se retrouve associé à une histoire de sexe, ce n’est pas nouveau. Mais qu’en près d’un mois, trois scandales sexuels et politiques impliquant des gros noms défraient la chronique, voilà qui est déroutant. Le Québec est-il à l’abri d’un scandale à la Max Mosley?

Prostituées de luxe, infidélités, sadomasochisme: depuis quelques semaines, les médias américains et britanniques s’acharnent sur la vie sexuelle peu orthodoxe de leurs dirigeants politiques et hommes d’affaires. Ces révélations, devenues des scandales sexuels, ont vite tourné en scandales politiques.

Mistress V, fondatrice du Club Montréal Fétiche, où des pratiques sadomaso ont lieu en privé, n’est pas du tout surprise de savoir que le président de la Fédération internationale de l’automobile, Max Mosley, s’est payé cinq prostituées et a participé à un jeu de rôle dans lequel il a été traité en prisonnier d’un camp de concentration nazi.

«Tous les jours, ces hommes haut placés donnent des ordres, ont de grandes décisions à prendre, de nombreux employés à gérer et sont très respectés. Pratiquer le masochisme, donc être soumis, c’est une façon pour eux de lâcher prise et de vivre complètement l’opposé de leur quotidien. Ils viennent ici pour être humiliés», explique-t-elle.

Le président de la Fédération internationale de l’automobile, Max Mosley, s’est payé cinq prostituées et a participé à un jeu de rôle dans lequel il a été traité en prisonnier d’un camp de concentration nazi.
Photo Reuters

Des exemples d’humiliation au Club Montréal Fétiche? Recevoir des gifles, se faire insulter, se faire déshabiller et faire rire de soi ou encore jouer le rôle d’un chien à qui on fait porter un masque, qui doit japper et boire dans un bol.

«Très souvent, les épouses ont choisi leur mari justement parce qu’elles voient en eux quelqu’un de fort et de puissant. Il doit alors chercher ailleurs ce besoin de jouer le rôle inverse, de se sentir inférieur. Le sadomasochisme, c’est 80% psychologique et 20% physique», dit Mistress V.

Sexologue clinicien et expert en délinquance sexuelle, Mario Larivée-Côté constate lui aussi que les jeux sadomaso sont une façon pour les hommes de pouvoir gérer leur stress et la pression. «Ce rôle de soumission leur donne un certain équilibre avec leur vie quotidienne. Mais c’est utiliser la sexualité de façon malsaine», croit-il. Il rappelle que les hommes, contrairement aux femmes, utilisent leur sexualité pour gérer et évacuer leurs émotions négatives.

Pourquoi tant d’hommes au sommet de l’échelle sociale ont-ils besoin de payer pour assouvir leurs besoins sexuels? «Les hommes de pouvoir, tout comme les grandes vedettes, ont accès à toutes les femmes qu’ils veulent. Mais après avoir eu les plus belles filles, de toutes les nationalités, après avoir multiplié les orgies, il y a un besoin de pousser plus loin, d’essayer autre chose, d’avoir une sensation encore plus forte. Ce sont des gens qui peuvent se le permettre financièrement. Mais ça peut devenir dangereux. Par exemple, dans les jeux sadomaso, si au début ce n’est pas violent, ça peut déraper. Ça devient de la pure consommation de sexe. Il y a quand même des limites à la sexualité. Car tout devient banalisé», déplore-t-il.

Et le Québec?

L’ancien gouverneur de l’État de New York, Eliot Spitzer, et sa femme Silda Wall Spitzer, quelques jours avant l’annonce de sa démission à cause d’un scandale sexuel.
Photo AP

Le Québec est-il à l’abri d’un scandale sexuel impliquant un politicien ou un homme public important? Il y a bien eu quelques cas, mais rien de l’ampleur d’un Eliot Spitzer ou d’un Max Mosley.

«Ici, on est beaucoup plus protecteur de la vie privée des politiciens, constate le directeur du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal, Daniel Marc Weinstock. Pourvu que ce qu’ils font dans leur vie privée n’affecte pas leur jugement, leur capacité à remplir leur fonction et que ce ne soit pas illégal, on ne s’y intéresse pas. On en sait moins sur la vie privée de nos politiciens qu’aux États-Unis et c’est une bonne chose.»

M. Weinstock reconnaît que les politiciens québécois n’ont sans doute pas un comportement sexuel plus socialement acceptable qu’aux États-Unis, «mais on entend davantage parler de scandales sexuels là-bas, donc les journalistes accordent une importance à ce genre de comportement. Ici, il y a une espèce de règle dans les médias, qui fait qu’on n’en parlera pas».

La dominatrice Mistress V affirme, elle, que ses clients sont en grande majorité des hommes de pouvoir. Mais il est impossible de vérifier ses dires. «Des juges, des politiciens - mais pas de tous les partis politiques, précise-t-elle -, des PDG. Ce sont surtout des hommes de pouvoir, très connus et en qui la population a confiance, qui viennent ici et qui veulent être soumis. Ce n’est pas monsieur et madame Tout-le-Monde.»

Elle a évidemment refusé de nous donner des noms, la confidentialité étant la règle première dans son métier, précise-t-elle. «Mais quand je les vois dans le journal ou au bulletin d’information, ça me fait sourire», lance-t-elle. Elle précise qu’il n’y a pas d’échanges sexuels dans son club et que le sadomasochisme n’est pas un acte de violence.

«C’est fait dans le respect. On établit à l’avance les limites de chacun et on respecte ces limites.» Le prix d’une séance varie de 100 à 5000$. Selon Mistress V, 10% de la population pratique le sadomasochisme.

Pris en flagrant délit…

Avril 2008: chef du parti libéral-démocrate en Grande-Bretagne, Nick Clegg a révélé avoir couché avec «pas plus de 30 femmes», dans une entrevue pour le magazine GQ, et de n’être «ni génial ni mauvais» au lit selon ses anciennes conquêtes. Les médias se sont vite emparés de l’histoire.

Mars 2008: une vidéo montrant le patron de la Fédération internationale de l’automobile Max Mosley avec cinq prostituées londoniennes dans une séance sadomasochiste inspirée de rôles nazis, a fait le tour des médias.

Mars 2008: le maire de Detroit, Kwame Kilpatrick, a été inculpé pour avoir menti sous serment au sujet d’une liaison avec son ex-chef de cabinet en 2002 et 2003.

Mars 2008: le gouverneur démocrate de l’État de New York, Eliot Spitzer, a dû démissionner après s’être fait prendre avec la prostituée de luxe Ashley Alexandra Dupré. Il a reconnu avoir couché avec plusieurs prostituées.

Février 2008: le New York Times affirme que le candidat du Parti républicain John McCain a eu une liaison avec la lobbyiste Vicki Iseman, il y a huit ans.

2007: le sénateur républicain de l’Idaho, Larry Craig, démissionne. Il a été arrêté à l’aéroport de Minneapolis après avoir sollicité, dans les toilettes, une relation sexuelle auprès d’un policier en civil.

2006: le député républicain de Floride, Mark Foley, 52 ans, démissionne après avoir reconnu avoir fait des avances à des stagiaires mineurs travaillant au Congrès.

1998: les relations sexuelles du président américain Bill Clinton et Monica Lewinski, 22 ans, alors stagiaire à la Maison-Blanche, éclatent au grand jour. Bill Clinton a failli perdre la présidence en 1998.

1993: Louis Plamondon, député bloquiste, accusé d’avoir demandé les services d’une prostituée du centre-ville d’Ottawa, plaide coupable.

1990: Le juge Claude Léveillé, de la Cour du Québec, remet sa démission après plusieurs plaintes à son endroit, dont l’une pour conduite en état d’ébriété et l’autre pour s’être retrouvé sans excuse légitime dans un salon de massage. Une infraction pour laquelle il avait été reconnu coupable par la Cour du Québec.

1988: après avoir annoncé sa candidature à la présidence des États-Unis, des reporters du Miami Herald ont révélé la relation extraconjugale du sénateur du Colorado, Gary Hart, avec l’actrice Donna Rice (Miami Vice). Ces révélations ont mis un terme à sa carrière politique.

1983 : le député péquiste de Frontenac, Gilles Grégoire, est accusé - et condamné - pour agressions sexuelles sur des mineurs.

Fin des années 50: un député du gouvernement de John Diefenbaker, Pierre Sévigny, avait été vu avec une prostituée allemande. C’était en fait une espionne soviétique.

Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20080404/CPACTUEL/804040760/-1/CPACTUEL

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fev 15

pro_pr_240806.jpg“J’ai vendu mes pieds et mes jambes dans des restaurants et des fast-food pour un smic, j’ai vendu mes mains, mes bras dans des hotels minables et des centres de vacances, j’ai vendu mon dos dans un garage, j’ai vendu tout ça pendant des années pour le smic[…] ben je le vends mon sexe, ça me fatigue moins. Je vends mon sexe parce que le travail me fait vomir, et là je travaille peu pour assez d’argent. Je vends mon sexe parce que le patron ne me coince plus toute seule avec lui dans l’atelier en me faisant comprendre que le contrat de travail sous-entendait autre chose. Je vends mon sexe parce que les hommes dans le travail salarié ont voulu m’humilier et cette violence est incomparable à celle du travail de pute. Je vends mon sexe parce que je ne veux pas mettre mon réveil le matin. Je vends mon sexe parce que si j’ai pas envie d’y aller, j’y vais pas. Je vends mon sexe parce que je suis une libertaire autonome, parce que j’ai parfois fait du sexe sans désir pour autre chose que de l’argent et je crois que c’est utile dans une société libre, parce que comme féministe je veux disposer librement de mon corps et la prostitution m’en laisse plus la possibilité que les autres boulots que j’ai pu faire.”

Source : http://endehors.org/news/lyon-soiree-autour-de-la-prostitution-et-du-travail-du-sexe

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fev 03

Parmi les nombreuses rumeurs qu’aiment lancer les anti-prostitutions, il y a celle, persistante depuis la coupe du monde en Allemagne, que ces messes sportives, qui par définition attirent beaucoup d’hommes venus pour faire la fête, attirent aussi mécaniquement des hordes de prostituées venues des quatres coins du monde, la plupart, bien évidément, forcées par de méchants proxénètes. Hélas pour nos amis anti-prostitutions, les études à ce sujet révèlent le bidonnage. En 1998 à Paris, la police n’a pas constaté un “boum” de l’offre dans la prostitution, et lors du Mondial de 2006 en Allemagne, il n’y a pas eu de hausse de la prostitution (Source 1, source 2), malgré l’incroyable campagne qui avait entourée l’évènement. Reste alors les interprétations sociologico-psychanalitiques tordues, dont les “intellectuels” anti-prostitutions sont friands, comme va vous le démontrer cet article.
François Rigal

Quand vient le temps des foires footballistiques, les supporters convergent par milliers vers le pays organisateur. Cependant, à mesure que ces rencontres prennent de l’ampleur, les femmes deviennent aussi indispensables que ces fêtes elles-mêmes. En effet, toujours présentes, virevoltantes pour apporter « leur soutien » aux sportifs, elles sont surtout prêtes à jouer… Mais ici, elles jouent leurs propres rôles : les prostituées ! Alors l’on s’interroge…Le football et le sexe vont-ils de pair? « Ces deux boîtes de jouissances sont efficaces, dit-on, pour une fascination douce des populations. » Et le royaume des « supportrices » prédatrices s’étend. A perdre haleine…

En 2006 plusieurs milliers de femmes auraient été introduites clandestinement en Allemagne pour la coupe du monde et à des fins de prostitution.
Et étonnamment, elles continuent leur pérégrination à travers le monde.
C’est ainsi qu’actuellement au Ghana, à la faveur de la coupe d’Afrique des nations, on rapporte que des femmes de toute provenance s’y sont données rendez-vous tout en dépliant leurs griffes de sensualité et lâchant leur vaillante meute de plaisir.
Et révélation de taille, l’industrie ghanéenne du sexe aurait créé les villes qui abritent les compétitions sportives, des complexes de prostitution géants.
Exagérée ou pas, une chose est sûre cette situation suffit en tout cas pour s‘interroger : pourquoi donc ces stades prostitutionnels à côté des stades footballistiques ? Pour le Psychologue, « football et prostitution, en tant que pratiques, n’ont a priori rien à faire ensemble ».
Selon lui, « le jeu de balle, comme mythe et comme symbole, est radicalement étranger à la réalité ordurière de la prostitution.
(…).
Toutefois, renchérit-il, « le sportif agissant sous la lumière des stades et la prostituée dans l’obscurité des bas-fonds sociaux, ont, au-delà de leurs différences, et de par leur conversion en spectacles, des fonctionnements pulsionnels communs ».
Car, poursuit-il, « ce sont là deux dispositifs libidinaux qui définissent « la sexualité à la manière dont tout espace sacré est connecté à un espace profane, un lieu saint à un lieu infernal, une pureté à une souillure, une adoration à une détestation.».
En clair, le sport et l’activité sexuelle étant des fêtes, c’est-à-dire des dépenses inutiles et joyeuses, ils sont donc intimement liés.
Par ailleurs, l’aspect, pour ainsi dire euphorique, et qui peut s’apparenter à l’ orgasme du but, marqué par l’ovation du public ou la déception développée et cumulée durant le match, est similaire à la jouissance sexuelle qui trouve un canal d’écoulement dans l’agressivité du rapport prostitutionnel.
En un mot, précise le Psychologue, « l’activité de supporteur de football est prolongée et complétée dans l’ivresse alcoolique, vociférante et… sexuelle ».
Quel rôle jouent alors ces filles de joie ? Elles sont là, justement pour “dispenser des services sexuels” aux fans pendant les compétitions sportives », réplique B.
Zézé, Sociologue.
Avant d’ajouter ces supporteurs quelle que soit l’issue du match (pour refouler leur coup de blues après une défaite ou faire travailler les muscles de la victoire) s’ouvrent une petite fenêtre de loisirs au nombre desquels se situe en bonne place le sexe.
En effet, les populations cherchent toujours l’extase aussi bien dans les stades (où vivent ses Dieux) que dans les camps de consommation prostitutionnels (où trônent les déesses du plaisir).
Ainsi, spectacles de football et prostitution sont donc complémentaires… Et chaque partie est même arrivée à se lancer des fleurs… C’est ainsi que Gertrude, serveuse de bars à Yopougon, une fille pleine de vie et d’assurance, regrette de n’avoir pas pu faire le déplacement du Ghana, à cause d’un problème de famille.
»C’est la traite pour les jolies filles », lance-t-elle.
Elle signale que des individus ont même organisé et financé le séjour pour que des filles se convertissent en prostituées au Ghana pendant la période des Jeux.
Quand O.
Kipré, Opérateur économique, qui est venu seulement le week-end dernier de Takoradi (Ghana), explique que « malgré la présence de la brigade des moeurs dans les rues ou à proximité des bordels, à la nuit tombée, les filles de joie montent une garde infaillible, parées de leurs plus beaux atours ».
Et la coupe d’Afrique de football est aussi celle de la prostitution continentale.
« Voire interplanétaire », rectifie Kipré.
En effet, confie-t-il, avec humour, « il y a des femmes de toutes les nationalités : noires, blanches, rouges et jaunes ».
Et les gradins grouillent de proxénètes… Sous d’autres angles, l’alliance foot- sexe servirait un but plus discret.
De quoi s’agit-il ? Il concerne, semble-t-il, des dirigeants politiques qui organisent d’interminables ballets de prostituées, une façon pour eux de détourner le peuple des réalités de la politique suffocante.
D’où l’acharnement de ceux-ci à abriter ces joutes sportives dans leur pays.
Comment doit-on comprendre une telle attitude ? A en croire le Sociologue, « au cours des grands-messes footballistiques, le désordre du match fait place après le résultat à un ordre certes transitoire, mais stable.
Qui suscite un repos pour l’esprit.
Lequel n’a plus à penser.
Alors, il ne lui reste qu’à exulter ou à pleurer
».
De ce fait, conclut-il, sexe et foot deviennent deux industries des corps, deux dispositifs parallèles de contrôle et de verrouillage des esprits ».
Maintenant que la nécessité de la prostitution pendant les fêtes sportives est démontrée, sa pratique est remise en question.
Mais là, « la polémique risque d’être longue et éreintante ! », prévient-on.
En attendant, les artisanes du rêve poursuivent leurs pérégrinations de compétition en compétition…

http://www.24heuresci.com/art-lettre.php3?action=lire_message&id_mnews=233

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fev 01

On en sait plus sur le projet du PS (Parti Socialiste) d’interdire la prostitution en France. Nous vous avions déjà parlé sur iprostitution.org de leur volonté de rendre le sexe tarifé illégal en pénalisant le client. Depuis l’annonce de ce projet lors des élections présidentielles (c’ était dans le programme de Ségolène Royal), réitéré lors de leur “Forum de la rénovation“, aucun responsable du PS n’a souhaité, à notre connaissance, s’exprimer publiquement sur le sujet. A titre d’exemple, lors du débat sur les maisons closes chez Cauet, la production a essayé en vain de faire venir une personnalité qui pourrait venir parler de ce projet de pénalisation du client… Il y a manifestement une gène du côté des chantres de l’interdiction… Il est en tout cas stupéfiant que sur un tel projet, aussi radical, qui touche aux questions de société, de moeurs, de liberté et des droits de l’homme, aucun responsable du PS ne soit encore venu dans les médias expliquer clairement ce qu’ils veulent faire, pourquoi, comment, etc., et qu’il y ai un débat de société. Qu’on nous explique et qu’on en discute, c’est la base, le minimum qu’on puisse attendre dans une démocratie quand on aborde un sujet comme la prostitution et qu’on propose de telles solutions.

Un militant socialiste qui a participé au “Forum de la rénovation” du PS nous en dit plus aujourd’hui. Nous apprenons trois choses : 1) Cette décision ne fait pas du tout l’unanimité, chez les militants tout du moins, et il est fort probable qu’elle ne fait pas non plus l’unanimité du tout chez les responsables. D’où cette gène, ce mutisme que nous constatons et cette volonté de fuir le débat. 2) Le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), branche influente du PS, est opposé à cette décision unilatérale, et propose exactement l’inverse, c’est à dire la mise en place d’un système de type Allemand, avec “maisons closes”, statut social, etc. 3) La base militante n’a absolument pas été consultée et il semblerai qu’au sein même des grandes figures du PS, ce sujet de l’interdiction de la prostitution n’a fait l’objet d’aucun débat, mais aurait été décidée en petit comité. Par qui, comment, etc. : Mystère et boule de gomme. Mais on le saura bien un jour. Les informations, pour le moment, nous viennent au compte goutte via les militants.

François Rigal

Extrait de ce que dit un militant sur son blog : “3e forum de la rénovation, donc. Je ne cache pas, d’emblée, une nouvelle déception… le programme annonçait des “tables rondes”. Je m’y suis donc déplacé, par acquis de conscience, afin de voir en vrai ce que signifiait cette expression… bien sûr, je m’y attendais. Je ne me suis pas trompé sur la marchandise : contrairement à un discours classique, faisant s’exprimer un orateur face à un public, une “table ronde” veut donc dire qu’un orateur s’exprime devant un public (sans interaction avec celui-ci, évidemment), au nom d’une commission, tandis que les autres attendent, assis derrière lui, sur scène (…)

Sur le point de la prostitution je tique (le MJS vient de noter le contraire dans son texte programmatique), le rejet pur et simple de la prostitution légale, au profit d’une politique de prévention, sur le modèle suédois. (le MJS, lui, prévoit une légalisation des travailleurs du sexe, comme en Allemagne, ceci permettant entre autres une vraie prise en charge des maladies, notamment sexuellement transmissibles, afin de lutter contre des épidémies… j’ai eu du mal à m’y faire, mais finalement je trouve cela raisonnable et pragmatique). (…)

Source : http://jrdf.unblog.fr/2008/02/01/au-ps-rien-de-nouveau-5/

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25

Ce que cherche Vailland, c’est l’amour-plaisir entre partenaires égaux, respectueux l’un de l’autre. Mais souverains.

Roger Vailland, soucieux de son plaisir, s’intéresse aux femmes. Il pose sur elles un oeil attentif, entre l’entomologiste et l’oiseau de proie, autrement dit, comme Sade, « le regard froid du vrai libertin ». Il aime les prostituées et confie volontiers aux professionnelles (qu’il appelle « les jeunes filles ») le soin de son plaisir : « En payant la fille, on lui fait la loi ; en exigeant d’être payée, elle fait la loi ; elle peut donc procurer le double plaisir de faire et de subir la loi dans le même instant ; c’est le comble de la liberté dans l’amour. » Les autres, jeunes ou pas, ce sont « les petites filles » - objets bouleversants, licornes, filles merveilles… Il y a les prédatrices, dont Andrée Blavette, sa première femme, est le modèle. Et les « femmes de qualité », comme Lisina Naldi, autrement dit Élisabeth, sa seconde femme.

On retrouve cette sorte de taxinomie dans toute l’oeuvre de Vailland, un passionné de botanique : dans son roman la Fête, c’est en expert et en amoureux qu’il décrit l’Orchis bifolia, exactement comme il décrit le visage de la petite Lucie dans le plaisir. Vailland est matérialiste jusque dans l’amour.

Milan, le héros des Mauvais Coups, qui vit avec Roberte la fin d’une passion dévorante, s’intéresse à la jeune institutrice Hélène. Elle travaille, elle construit ainsi sa dignité de femme, son égalité avec les hommes, au contraire de la jalouse Roberte qui dépend entièrement de lui. Le mariage bourgeois : la propriété de l’autre. Vailland a cela en horreur : la liberté réside d’abord dans la propriété de son propre corps (ce qu’avaient bien compris les libertins du siècle des Lumières, qui avaient arraché le leur à Dieu). Il a également en horreur les humiliations de la passion et les niaiseries de l’amour fou à la Breton - comme le dit Franck Delorieux dans Roger Vailland : libertinage et lutte des classes (1), « Nadja ne fait pas la vaisselle mais elle ne baise pas non plus ». Ce que cherche Vailland, c’est l’amour-plaisir entre partenaires égaux, respectueux l’un de l’autre, souverains. Il le trouve avec Élisabeth.

On dit souvent d’Élisabeth (on : des femmes qui défendent l’égalité des sexes d’une façon un peu moralisatrice, un peu comptable ; des hommes qui se voient en souverains sans l’ascèse que cela suppose) qu’elle était l’esclave consentante de Roger Vailland. Je préfère l’écouter, elle, dans son autobiographie Drôle de vie (2), merveilleux livre qui est aussi un merveilleux portrait de Vailland : « J’étais sa compagne, son amie, sa confidente, celle à qui on dit tout, celle avec qui on peut souffrir, jouer dans un certain sens, non pas se jouer des autres, mais jouer sur les autres. Je crois que j’étais son port de sauvetage. Et j’acceptais son égoïsme sur lequel, dans une certaine mesure, je fondais mon bonheur. »

Élisabeth est une femme libre, et quand elle rencontre Vailland elle a déjà beaucoup vécu, comme on dit. Entre eux, un partage des tâches : il écrit, il gagne l’argent nécessaire, elle s’occupe de leur vie quotidienne, fait en sorte qu’il soit dans les meilleures conditions pour écrire. Entre eux aussi, le jeu du plaisir. Élisabeth a été actrice, elle sait ce que jouer veut dire. Elle connaît bien le théâtre érotique de Vailland, elle en connaît le règlement, les conditions, elle s’y prête. Vailland, admirateur de Laclos, l’auteur des Liaisons dangereuses, cite son traité De l’éducation des femmes : « La femme naturelle est, ainsi que l’homme, un être libre et puissant ; libre, en ce qu’il a l’entier exercice de ses facultés ; puissant, en ce que ses facultés égalent ses besoins. Un tel être est-il heureux ? Oui, sans doute, et si, dans nos idées, son bonheur nous paraît un paradoxe, un examen plus réfléchi en fait bientôt reconnaître la vérité. » Léone, la femme de Duc, le héros de la Fête, ne se dispute jamais avec lui. Il va à ses plaisirs, elle ne lui pose « aucune question », ils se respectent « comme des rois égaux ».

Et puis, comme le rappelle Élisabeth - et c’est une clef de leur estime mutuelle -, ils ont été tous deux des acteurs de la Résistance, ils sont tous deux communistes : « On militait, Roger écrivait. Le libertinage n’était pas notre occupation essentielle. » Même après le rapport Krouchtchev en 1956, même après qu’ils auront été poussés dehors par le PCF en 1959, l’idée du communisme restera au centre de leur vie. Car le but du communisme est le bonheur, le bonheur de chacun pour le bonheur de tous, le bonheur de tous pour le bonheur de chacun, et ce n’est que dans une société sans classes que « tout homme sera souverain » et que « toutes les bergères seront des reines ».

http://www.humanite.fr

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