Apr 22

Un Sénateur, Richard Yung, encarté Parti Socialiste, s’oppose au projet de loi pénalisant le client et propose qu’on aille vers la légalisation véritable de la prostitution.

C’est cet oubli flagrant – voire cette ignorance – des craintes et revendications légitimes des prostitués qui est le plus choquant dans cette mesure. Les prostitué-e-s ne sont pas toujours des victimes naïves qu’il faudrait protéger d’elles-mêmes. Certain-e-s sont aujourd’hui, et cela depuis des années, organisés. J’ai rencontré beaucoup de membres du STRASS (Syndicat du travail sexuel). Loin de l’image sordide dépeinte par les partisans de la pénalisation, ces prostitué-e-s revendiquent des droits et font des propositions politiques argumentées :

  • Ils/Elles demandent de mettre le droit de leur côté et de les intégrer pleinement à notre société : accès à la justice, liberté d’aller au commissariat sans a priori de la part des forces de l’ordre afin de pouvoir enregistrer une plainte pour viol, droit à une retraite, droit à une sécurité sociale, droit à la formation professionnelle mais aussi le droit de payer des impôts.
  • Ils/Elles souhaitent que la prostitution soit officiellement autorisée, alors qu’aujourd’hui elle est seulement tolérée.
  • Ils/Elles demandent la suppression du  racolage passif qui permet, avec le plus arbitraire, leur garde à vue abusive, voire leur condamnation.
  • Ils/Elles refusent et s’opposent à un proxénétisme d’État ou d’entreprise  les maisons closes – et demandent que les prostitué-e-s soient autorisé-e-s à se regrouper pour exercer leur activité dans des cabinets, coopératives, associations hôtelières à but non lucratif, etc.
  • Ils/Elles appellent ainsi de leurs vœux que le proxénétisme de soutien, c’est-à-dire toute personne qui se livre à une transaction économique avec une personne prostituée, comme un chauffeur de véhicule ou un compagnon, soit autorisée. À l’inverse, le proxénétisme de contrainte doit être fortement réprimé tout comme la prostitution avec un mineur et l’exploitation des autres.

Je pense donc qu’il faut soutenir les personnes au cœur de ce système : les prostitués et refuser la pénalisation du client qui les précarisera. C’est un débat difficile mais l’occasion est bonne pour le faire avancer. Le Parti socialiste a une responsabilité particulière en matière de progrès des mœurs et de la société, nous devons l’assumer.

 
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Apr 07

C’est bien connu, le sexe et la politique ne font pas bon ménage… du moins en public. Pourtant, les scandales sexuels impliquant des hommes haut placés sont de plus en plus fréquents. Trois cas célèbres ont défrayé la chronique ces dernières semaines. Le pouvoir est-il l’ami du vice ? Actuel a interrogé un sexologue, un éthicien et une dominatrice.

Qu’un homme public se retrouve associé à une histoire de sexe, ce n’est pas nouveau. Mais qu’en près d’un mois, trois scandales sexuels et politiques impliquant des gros noms défraient la chronique, voilà qui est déroutant. Le Québec est-il à l’abri d’un scandale à la Max Mosley?

Prostituées de luxe, infidélités, sadomasochisme: depuis quelques semaines, les médias américains et britanniques s’acharnent sur la vie sexuelle peu orthodoxe de leurs dirigeants politiques et hommes d’affaires. Ces révélations, devenues des scandales sexuels, ont vite tourné en scandales politiques.

Mistress V, fondatrice du Club Montréal Fétiche, où des pratiques sadomaso ont lieu en privé, n’est pas du tout surprise de savoir que le président de la Fédération internationale de l’automobile, Max Mosley, s’est payé cinq prostituées et a participé à un jeu de rôle dans lequel il a été traité en prisonnier d’un camp de concentration nazi.

«Tous les jours, ces hommes haut placés donnent des ordres, ont de grandes décisions à prendre, de nombreux employés à gérer et sont très respectés. Pratiquer le masochisme, donc être soumis, c’est une façon pour eux de lâcher prise et de vivre complètement l’opposé de leur quotidien. Ils viennent ici pour être humiliés», explique-t-elle.

Le président de la Fédération internationale de l’automobile, Max Mosley, s’est payé cinq prostituées et a participé à un jeu de rôle dans lequel il a été traité en prisonnier d’un camp de concentration nazi.
Photo Reuters

Des exemples d’humiliation au Club Montréal Fétiche? Recevoir des gifles, se faire insulter, se faire déshabiller et faire rire de soi ou encore jouer le rôle d’un chien à qui on fait porter un masque, qui doit japper et boire dans un bol.

«Très souvent, les épouses ont choisi leur mari justement parce qu’elles voient en eux quelqu’un de fort et de puissant. Il doit alors chercher ailleurs ce besoin de jouer le rôle inverse, de se sentir inférieur. Le sadomasochisme, c’est 80% psychologique et 20% physique», dit Mistress V.

Sexologue clinicien et expert en délinquance sexuelle, Mario Larivée-Côté constate lui aussi que les jeux sadomaso sont une façon pour les hommes de pouvoir gérer leur stress et la pression. «Ce rôle de soumission leur donne un certain équilibre avec leur vie quotidienne. Mais c’est utiliser la sexualité de façon malsaine», croit-il. Il rappelle que les hommes, contrairement aux femmes, utilisent leur sexualité pour gérer et évacuer leurs émotions négatives.

Pourquoi tant d’hommes au sommet de l’échelle sociale ont-ils besoin de payer pour assouvir leurs besoins sexuels? «Les hommes de pouvoir, tout comme les grandes vedettes, ont accès à toutes les femmes qu’ils veulent. Mais après avoir eu les plus belles filles, de toutes les nationalités, après avoir multiplié les orgies, il y a un besoin de pousser plus loin, d’essayer autre chose, d’avoir une sensation encore plus forte. Ce sont des gens qui peuvent se le permettre financièrement. Mais ça peut devenir dangereux. Par exemple, dans les jeux sadomaso, si au début ce n’est pas violent, ça peut déraper. Ça devient de la pure consommation de sexe. Il y a quand même des limites à la sexualité. Car tout devient banalisé», déplore-t-il.

Et le Québec?

L’ancien gouverneur de l’État de New York, Eliot Spitzer, et sa femme Silda Wall Spitzer, quelques jours avant l’annonce de sa démission à cause d’un scandale sexuel.
Photo AP

Le Québec est-il à l’abri d’un scandale sexuel impliquant un politicien ou un homme public important? Il y a bien eu quelques cas, mais rien de l’ampleur d’un Eliot Spitzer ou d’un Max Mosley.

«Ici, on est beaucoup plus protecteur de la vie privée des politiciens, constate le directeur du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal, Daniel Marc Weinstock. Pourvu que ce qu’ils font dans leur vie privée n’affecte pas leur jugement, leur capacité à remplir leur fonction et que ce ne soit pas illégal, on ne s’y intéresse pas. On en sait moins sur la vie privée de nos politiciens qu’aux États-Unis et c’est une bonne chose.»

M. Weinstock reconnaît que les politiciens québécois n’ont sans doute pas un comportement sexuel plus socialement acceptable qu’aux États-Unis, «mais on entend davantage parler de scandales sexuels là-bas, donc les journalistes accordent une importance à ce genre de comportement. Ici, il y a une espèce de règle dans les médias, qui fait qu’on n’en parlera pas».

La dominatrice Mistress V affirme, elle, que ses clients sont en grande majorité des hommes de pouvoir. Mais il est impossible de vérifier ses dires. «Des juges, des politiciens - mais pas de tous les partis politiques, précise-t-elle -, des PDG. Ce sont surtout des hommes de pouvoir, très connus et en qui la population a confiance, qui viennent ici et qui veulent être soumis. Ce n’est pas monsieur et madame Tout-le-Monde.»

Elle a évidemment refusé de nous donner des noms, la confidentialité étant la règle première dans son métier, précise-t-elle. «Mais quand je les vois dans le journal ou au bulletin d’information, ça me fait sourire», lance-t-elle. Elle précise qu’il n’y a pas d’échanges sexuels dans son club et que le sadomasochisme n’est pas un acte de violence.

«C’est fait dans le respect. On établit à l’avance les limites de chacun et on respecte ces limites.» Le prix d’une séance varie de 100 à 5000$. Selon Mistress V, 10% de la population pratique le sadomasochisme.

Pris en flagrant délit…

Avril 2008: chef du parti libéral-démocrate en Grande-Bretagne, Nick Clegg a révélé avoir couché avec «pas plus de 30 femmes», dans une entrevue pour le magazine GQ, et de n’être «ni génial ni mauvais» au lit selon ses anciennes conquêtes. Les médias se sont vite emparés de l’histoire.

Mars 2008: une vidéo montrant le patron de la Fédération internationale de l’automobile Max Mosley avec cinq prostituées londoniennes dans une séance sadomasochiste inspirée de rôles nazis, a fait le tour des médias.

Mars 2008: le maire de Detroit, Kwame Kilpatrick, a été inculpé pour avoir menti sous serment au sujet d’une liaison avec son ex-chef de cabinet en 2002 et 2003.

Mars 2008: le gouverneur démocrate de l’État de New York, Eliot Spitzer, a dû démissionner après s’être fait prendre avec la prostituée de luxe Ashley Alexandra Dupré. Il a reconnu avoir couché avec plusieurs prostituées.

Février 2008: le New York Times affirme que le candidat du Parti républicain John McCain a eu une liaison avec la lobbyiste Vicki Iseman, il y a huit ans.

2007: le sénateur républicain de l’Idaho, Larry Craig, démissionne. Il a été arrêté à l’aéroport de Minneapolis après avoir sollicité, dans les toilettes, une relation sexuelle auprès d’un policier en civil.

2006: le député républicain de Floride, Mark Foley, 52 ans, démissionne après avoir reconnu avoir fait des avances à des stagiaires mineurs travaillant au Congrès.

1998: les relations sexuelles du président américain Bill Clinton et Monica Lewinski, 22 ans, alors stagiaire à la Maison-Blanche, éclatent au grand jour. Bill Clinton a failli perdre la présidence en 1998.

1993: Louis Plamondon, député bloquiste, accusé d’avoir demandé les services d’une prostituée du centre-ville d’Ottawa, plaide coupable.

1990: Le juge Claude Léveillé, de la Cour du Québec, remet sa démission après plusieurs plaintes à son endroit, dont l’une pour conduite en état d’ébriété et l’autre pour s’être retrouvé sans excuse légitime dans un salon de massage. Une infraction pour laquelle il avait été reconnu coupable par la Cour du Québec.

1988: après avoir annoncé sa candidature à la présidence des États-Unis, des reporters du Miami Herald ont révélé la relation extraconjugale du sénateur du Colorado, Gary Hart, avec l’actrice Donna Rice (Miami Vice). Ces révélations ont mis un terme à sa carrière politique.

1983 : le député péquiste de Frontenac, Gilles Grégoire, est accusé - et condamné - pour agressions sexuelles sur des mineurs.

Fin des années 50: un député du gouvernement de John Diefenbaker, Pierre Sévigny, avait été vu avec une prostituée allemande. C’était en fait une espionne soviétique.

Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20080404/CPACTUEL/804040760/-1/CPACTUEL

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Feb 15

pro_pr_240806.jpg“J’ai vendu mes pieds et mes jambes dans des restaurants et des fast-food pour un smic, j’ai vendu mes mains, mes bras dans des hotels minables et des centres de vacances, j’ai vendu mon dos dans un garage, j’ai vendu tout ça pendant des années pour le smic[...] ben je le vends mon sexe, ça me fatigue moins. Je vends mon sexe parce que le travail me fait vomir, et là je travaille peu pour assez d’argent. Je vends mon sexe parce que le patron ne me coince plus toute seule avec lui dans l’atelier en me faisant comprendre que le contrat de travail sous-entendait autre chose. Je vends mon sexe parce que les hommes dans le travail salarié ont voulu m’humilier et cette violence est incomparable à celle du travail de pute. Je vends mon sexe parce que je ne veux pas mettre mon réveil le matin. Je vends mon sexe parce que si j’ai pas envie d’y aller, j’y vais pas. Je vends mon sexe parce que je suis une libertaire autonome, parce que j’ai parfois fait du sexe sans désir pour autre chose que de l’argent et je crois que c’est utile dans une société libre, parce que comme féministe je veux disposer librement de mon corps et la prostitution m’en laisse plus la possibilité que les autres boulots que j’ai pu faire.”

Source : http://endehors.org/news/lyon-soiree-autour-de-la-prostitution-et-du-travail-du-sexe

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Feb 03

Parmi les nombreuses rumeurs qu’aiment lancer les anti-prostitutions, il y a celle, persistante depuis la coupe du monde en Allemagne, que ces messes sportives, qui par définition attirent beaucoup d’hommes venus pour faire la fête, attirent aussi mécaniquement des hordes de prostituées venues des quatres coins du monde, la plupart, bien évidément, forcées par de méchants proxénètes. Hélas pour nos amis anti-prostitutions, les études à ce sujet révèlent le bidonnage. En 1998 à Paris, la police n’a pas constaté un “boum” de l’offre dans la prostitution, et lors du Mondial de 2006 en Allemagne, il n’y a pas eu de hausse de la prostitution (Source 1, source 2), malgré l’incroyable campagne qui avait entourée l’évènement. Reste alors les interprétations sociologico-psychanalitiques tordues, dont les “intellectuels” anti-prostitutions sont friands, comme va vous le démontrer cet article.
François Rigal

Quand vient le temps des foires footballistiques, les supporters convergent par milliers vers le pays organisateur. Cependant, à mesure que ces rencontres prennent de l’ampleur, les femmes deviennent aussi indispensables que ces fêtes elles-mêmes. En effet, toujours présentes, virevoltantes pour apporter « leur soutien » aux sportifs, elles sont surtout prêtes à jouer… Mais ici, elles jouent leurs propres rôles : les prostituées ! Alors l’on s’interroge…Le football et le sexe vont-ils de pair? « Ces deux boîtes de jouissances sont efficaces, dit-on, pour une fascination douce des populations. » Et le royaume des « supportrices » prédatrices s’étend. A perdre haleine…

En 2006 plusieurs milliers de femmes auraient été introduites clandestinement en Allemagne pour la coupe du monde et à des fins de prostitution.
Et étonnamment, elles continuent leur pérégrination à travers le monde.
C’est ainsi qu’actuellement au Ghana, à la faveur de la coupe d’Afrique des nations, on rapporte que des femmes de toute provenance s’y sont données rendez-vous tout en dépliant leurs griffes de sensualité et lâchant leur vaillante meute de plaisir.
Et révélation de taille, l’industrie ghanéenne du sexe aurait créé les villes qui abritent les compétitions sportives, des complexes de prostitution géants.
Exagérée ou pas, une chose est sûre cette situation suffit en tout cas pour s‘interroger : pourquoi donc ces stades prostitutionnels à côté des stades footballistiques ? Pour le Psychologue, « football et prostitution, en tant que pratiques, n’ont a priori rien à faire ensemble ».
Selon lui, « le jeu de balle, comme mythe et comme symbole, est radicalement étranger à la réalité ordurière de la prostitution.
(…).
Toutefois, renchérit-il, « le sportif agissant sous la lumière des stades et la prostituée dans l’obscurité des bas-fonds sociaux, ont, au-delà de leurs différences, et de par leur conversion en spectacles, des fonctionnements pulsionnels communs ».
Car, poursuit-il, « ce sont là deux dispositifs libidinaux qui définissent « la sexualité à la manière dont tout espace sacré est connecté à un espace profane, un lieu saint à un lieu infernal, une pureté à une souillure, une adoration à une détestation.».
En clair, le sport et l’activité sexuelle étant des fêtes, c’est-à-dire des dépenses inutiles et joyeuses, ils sont donc intimement liés.
Par ailleurs, l’aspect, pour ainsi dire euphorique, et qui peut s’apparenter à l’ orgasme du but, marqué par l’ovation du public ou la déception développée et cumulée durant le match, est similaire à la jouissance sexuelle qui trouve un canal d’écoulement dans l’agressivité du rapport prostitutionnel.
En un mot, précise le Psychologue, « l’activité de supporteur de football est prolongée et complétée dans l’ivresse alcoolique, vociférante et… sexuelle ».
Quel rôle jouent alors ces filles de joie ? Elles sont là, justement pour “dispenser des services sexuels” aux fans pendant les compétitions sportives », réplique B.
Zézé, Sociologue.
Avant d’ajouter ces supporteurs quelle que soit l’issue du match (pour refouler leur coup de blues après une défaite ou faire travailler les muscles de la victoire) s’ouvrent une petite fenêtre de loisirs au nombre desquels se situe en bonne place le sexe.
En effet, les populations cherchent toujours l’extase aussi bien dans les stades (où vivent ses Dieux) que dans les camps de consommation prostitutionnels (où trônent les déesses du plaisir).
Ainsi, spectacles de football et prostitution sont donc complémentaires… Et chaque partie est même arrivée à se lancer des fleurs… C’est ainsi que Gertrude, serveuse de bars à Yopougon, une fille pleine de vie et d’assurance, regrette de n’avoir pas pu faire le déplacement du Ghana, à cause d’un problème de famille.
»C’est la traite pour les jolies filles », lance-t-elle.
Elle signale que des individus ont même organisé et financé le séjour pour que des filles se convertissent en prostituées au Ghana pendant la période des Jeux.
Quand O.
Kipré, Opérateur économique, qui est venu seulement le week-end dernier de Takoradi (Ghana), explique que « malgré la présence de la brigade des moeurs dans les rues ou à proximité des bordels, à la nuit tombée, les filles de joie montent une garde infaillible, parées de leurs plus beaux atours ».
Et la coupe d’Afrique de football est aussi celle de la prostitution continentale.
« Voire interplanétaire », rectifie Kipré.
En effet, confie-t-il, avec humour, « il y a des femmes de toutes les nationalités : noires, blanches, rouges et jaunes ».
Et les gradins grouillent de proxénètes… Sous d’autres angles, l’alliance foot- sexe servirait un but plus discret.
De quoi s’agit-il ? Il concerne, semble-t-il, des dirigeants politiques qui organisent d’interminables ballets de prostituées, une façon pour eux de détourner le peuple des réalités de la politique suffocante.
D’où l’acharnement de ceux-ci à abriter ces joutes sportives dans leur pays.
Comment doit-on comprendre une telle attitude ? A en croire le Sociologue, « au cours des grands-messes footballistiques, le désordre du match fait place après le résultat à un ordre certes transitoire, mais stable.
Qui suscite un repos pour l’esprit.
Lequel n’a plus à penser.
Alors, il ne lui reste qu’à exulter ou à pleurer
».
De ce fait, conclut-il, sexe et foot deviennent deux industries des corps, deux dispositifs parallèles de contrôle et de verrouillage des esprits ».
Maintenant que la nécessité de la prostitution pendant les fêtes sportives est démontrée, sa pratique est remise en question.
Mais là, « la polémique risque d’être longue et éreintante ! », prévient-on.
En attendant, les artisanes du rêve poursuivent leurs pérégrinations de compétition en compétition…

http://www.24heuresci.com/art-lettre.php3?action=lire_message&id_mnews=233

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Feb 01

On en sait plus sur le projet du PS (Parti Socialiste) d’interdire la prostitution en France. Nous vous avions déjà parlé sur iprostitution.org de leur volonté de rendre le sexe tarifé illégal en pénalisant le client. Depuis l’annonce de ce projet lors des élections présidentielles (c’ était dans le programme de Ségolène Royal), réitéré lors de leur “Forum de la rénovation“, aucun responsable du PS n’a souhaité, à notre connaissance, s’exprimer publiquement sur le sujet. A titre d’exemple, lors du débat sur les maisons closes chez Cauet, la production a essayé en vain de faire venir une personnalité qui pourrait venir parler de ce projet de pénalisation du client… Il y a manifestement une gène du côté des chantres de l’interdiction… Il est en tout cas stupéfiant que sur un tel projet, aussi radical, qui touche aux questions de société, de moeurs, de liberté et des droits de l’homme, aucun responsable du PS ne soit encore venu dans les médias expliquer clairement ce qu’ils veulent faire, pourquoi, comment, etc., et qu’il y ai un débat de société. Qu’on nous explique et qu’on en discute, c’est la base, le minimum qu’on puisse attendre dans une démocratie quand on aborde un sujet comme la prostitution et qu’on propose de telles solutions.

Un militant socialiste qui a participé au “Forum de la rénovation” du PS nous en dit plus aujourd’hui. Nous apprenons trois choses : 1) Cette décision ne fait pas du tout l’unanimité, chez les militants tout du moins, et il est fort probable qu’elle ne fait pas non plus l’unanimité du tout chez les responsables. D’où cette gène, ce mutisme que nous constatons et cette volonté de fuir le débat. 2) Le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), branche influente du PS, est opposé à cette décision unilatérale, et propose exactement l’inverse, c’est à dire la mise en place d’un système de type Allemand, avec “maisons closes”, statut social, etc. 3) La base militante n’a absolument pas été consultée et il semblerai qu’au sein même des grandes figures du PS, ce sujet de l’interdiction de la prostitution n’a fait l’objet d’aucun débat, mais aurait été décidée en petit comité. Par qui, comment, etc. : Mystère et boule de gomme. Mais on le saura bien un jour. Les informations, pour le moment, nous viennent au compte goutte via les militants.

François Rigal

Extrait de ce que dit un militant sur son blog : “3e forum de la rénovation, donc. Je ne cache pas, d’emblée, une nouvelle déception… le programme annonçait des “tables rondes”. Je m’y suis donc déplacé, par acquis de conscience, afin de voir en vrai ce que signifiait cette expression… bien sûr, je m’y attendais. Je ne me suis pas trompé sur la marchandise : contrairement à un discours classique, faisant s’exprimer un orateur face à un public, une “table ronde” veut donc dire qu’un orateur s’exprime devant un public (sans interaction avec celui-ci, évidemment), au nom d’une commission, tandis que les autres attendent, assis derrière lui, sur scène (…)

Sur le point de la prostitution je tique (le MJS vient de noter le contraire dans son texte programmatique), le rejet pur et simple de la prostitution légale, au profit d’une politique de prévention, sur le modèle suédois. (le MJS, lui, prévoit une légalisation des travailleurs du sexe, comme en Allemagne, ceci permettant entre autres une vraie prise en charge des maladies, notamment sexuellement transmissibles, afin de lutter contre des épidémies… j’ai eu du mal à m’y faire, mais finalement je trouve cela raisonnable et pragmatique). (…)

Source : http://jrdf.unblog.fr/2008/02/01/au-ps-rien-de-nouveau-5/

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Jan 25

Ce que cherche Vailland, c’est l’amour-plaisir entre partenaires égaux, respectueux l’un de l’autre. Mais souverains.

Roger Vailland, soucieux de son plaisir, s’intéresse aux femmes. Il pose sur elles un oeil attentif, entre l’entomologiste et l’oiseau de proie, autrement dit, comme Sade, « le regard froid du vrai libertin ». Il aime les prostituées et confie volontiers aux professionnelles (qu’il appelle « les jeunes filles ») le soin de son plaisir : « En payant la fille, on lui fait la loi ; en exigeant d’être payée, elle fait la loi ; elle peut donc procurer le double plaisir de faire et de subir la loi dans le même instant ; c’est le comble de la liberté dans l’amour. » Les autres, jeunes ou pas, ce sont « les petites filles » - objets bouleversants, licornes, filles merveilles… Il y a les prédatrices, dont Andrée Blavette, sa première femme, est le modèle. Et les « femmes de qualité », comme Lisina Naldi, autrement dit Élisabeth, sa seconde femme.

On retrouve cette sorte de taxinomie dans toute l’oeuvre de Vailland, un passionné de botanique : dans son roman la Fête, c’est en expert et en amoureux qu’il décrit l’Orchis bifolia, exactement comme il décrit le visage de la petite Lucie dans le plaisir. Vailland est matérialiste jusque dans l’amour.

Milan, le héros des Mauvais Coups, qui vit avec Roberte la fin d’une passion dévorante, s’intéresse à la jeune institutrice Hélène. Elle travaille, elle construit ainsi sa dignité de femme, son égalité avec les hommes, au contraire de la jalouse Roberte qui dépend entièrement de lui. Le mariage bourgeois : la propriété de l’autre. Vailland a cela en horreur : la liberté réside d’abord dans la propriété de son propre corps (ce qu’avaient bien compris les libertins du siècle des Lumières, qui avaient arraché le leur à Dieu). Il a également en horreur les humiliations de la passion et les niaiseries de l’amour fou à la Breton - comme le dit Franck Delorieux dans Roger Vailland : libertinage et lutte des classes (1), « Nadja ne fait pas la vaisselle mais elle ne baise pas non plus ». Ce que cherche Vailland, c’est l’amour-plaisir entre partenaires égaux, respectueux l’un de l’autre, souverains. Il le trouve avec Élisabeth.

On dit souvent d’Élisabeth (on : des femmes qui défendent l’égalité des sexes d’une façon un peu moralisatrice, un peu comptable ; des hommes qui se voient en souverains sans l’ascèse que cela suppose) qu’elle était l’esclave consentante de Roger Vailland. Je préfère l’écouter, elle, dans son autobiographie Drôle de vie (2), merveilleux livre qui est aussi un merveilleux portrait de Vailland : « J’étais sa compagne, son amie, sa confidente, celle à qui on dit tout, celle avec qui on peut souffrir, jouer dans un certain sens, non pas se jouer des autres, mais jouer sur les autres. Je crois que j’étais son port de sauvetage. Et j’acceptais son égoïsme sur lequel, dans une certaine mesure, je fondais mon bonheur. »

Élisabeth est une femme libre, et quand elle rencontre Vailland elle a déjà beaucoup vécu, comme on dit. Entre eux, un partage des tâches : il écrit, il gagne l’argent nécessaire, elle s’occupe de leur vie quotidienne, fait en sorte qu’il soit dans les meilleures conditions pour écrire. Entre eux aussi, le jeu du plaisir. Élisabeth a été actrice, elle sait ce que jouer veut dire. Elle connaît bien le théâtre érotique de Vailland, elle en connaît le règlement, les conditions, elle s’y prête. Vailland, admirateur de Laclos, l’auteur des Liaisons dangereuses, cite son traité De l’éducation des femmes : « La femme naturelle est, ainsi que l’homme, un être libre et puissant ; libre, en ce qu’il a l’entier exercice de ses facultés ; puissant, en ce que ses facultés égalent ses besoins. Un tel être est-il heureux ? Oui, sans doute, et si, dans nos idées, son bonheur nous paraît un paradoxe, un examen plus réfléchi en fait bientôt reconnaître la vérité. » Léone, la femme de Duc, le héros de la Fête, ne se dispute jamais avec lui. Il va à ses plaisirs, elle ne lui pose « aucune question », ils se respectent « comme des rois égaux ».

Et puis, comme le rappelle Élisabeth - et c’est une clef de leur estime mutuelle -, ils ont été tous deux des acteurs de la Résistance, ils sont tous deux communistes : « On militait, Roger écrivait. Le libertinage n’était pas notre occupation essentielle. » Même après le rapport Krouchtchev en 1956, même après qu’ils auront été poussés dehors par le PCF en 1959, l’idée du communisme restera au centre de leur vie. Car le but du communisme est le bonheur, le bonheur de chacun pour le bonheur de tous, le bonheur de tous pour le bonheur de chacun, et ce n’est que dans une société sans classes que « tout homme sera souverain » et que « toutes les bergères seront des reines ».

http://www.humanite.fr

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Jan 11

Une architecture spécifique s’intégrant dans le paysage urbain et offrant un lieu (sécurité, contrôle, solidarité…) dédié aux professionnel(le)s du sexe. L’objectif est d’apporter une nouvelle réponse aux besoins et règlements actuels. Le projet apporte une architecture significative, symbolique et discrète, jouant sur plusieurs domaines tels que le rapport jour/nuit, les séquences, les perspectives, etc. Il permet aussi de répondre à l’organisation possible d’un équipement dédié au commerce vénal pouvant accueillir les prostitué(e)s sous le statut de coopérative, s’inspirant des différents lieux qui composent la prostitution aujourd’hui. Cette proposition cherche à trouver la fusion entre le monde de la prostitution et la civilisation actuelle, entre la mise en scène d’un univers fantasmagorique et la volonté moraliste de faire disparaître les attributs visibles.

Répondre à cette problématique demandait, comme beaucoup de thèmes tels que la religion, la mort…, un travail en amont sur cet univers secret. Certains projets d’architecture répondent malheureusement au sujet par une application catégorique d’idées préconçues. La valeur de la recherche et de la force du concept architectural disparaît souvent et ne laisse que l’égo du concepteur s’exprimer. L’architecture est un Art, au même titre que la musique, la peinture, la sculpture, le stylisme, etc. et elle doit puiser à travers ces références voisines pour apporter toute sa richesse. Le sujet de la prostitution démontre cette importance de l’interprétation d’un univers uniquement après avoir analysé et compris son histoire, ses acteurs, son langage, etc. L’intégration d’une architecture ne tient pas alors seulement de son paysage, de sa hauteur, de ses couleurs mais elle fusionne dans un contexte.

La prostitution doit trouver sa place juridiquement comme géographiquement ; la question de son intégration devient un élément important dans l’élaboration du projet. Cet univers de fantasmes recherchés impose aussi la mise en scène, le parcours, le décor, la surprise et développe le jeu de séquences, de perspectives, de lumières… à travers une organisation particulière.

La prostitution, au-delà de la relation finale que l’on sait, développe un vocabulaire identifiable par une série d’éléments permettant une reconnaissance de l’activité. La lumière, la couleur, la matière font ainsi partie d’un jeu théâtral favorisant la transposition du spectateur vers un univers différent. Mais la notion la plus importante tient dans la progression, dans l’accompagnement du spectateur à franchir le pas… et de passer d’un monde réel à un monde fantasmagorique. Le parcours et l’évolution développent l’imagination de ce qui va se passer ; et bon nombre de clients détaillent leurs sensations sur cette partie, considérant que le coït final n’est pas si exceptionnel après tout. De là vient l’image de l’escalier qui symbolise véritablement ce parcours étape par étape où chaque marche accélère le battement cardiaque. Dans de nombreux lieux, le franchissement des deux univers ne tient qu’à un simple rideau, ridiculisant l’univers pornographique ou prostitutionnel jusqu’à se cacher et justifiant ce caractère de vice, ‘glauque’ et amoral décrit par les citadins.

Paris fut choisi, comme lieu du projet, parmi Strasbourg pour sa situation européenne et Nice pour sa vie nocturne. La capitale offrait, au-delà de l’image d’Epinal de la ‘cité de l’amour’ depuis les années folles, la problématique de différents secteurs en centre urbain ou en périphérie. Le choix s’est porté sur la Rue Saint-Denis : son histoire, sa localisation, son état actuel correspondent au retour des lieux de plaisir. Bien que la majeure partie de la prostitution se concentre en bordure parisienne, elle reste un lieu distinct par sa présence en centre ville et sa qualité d’activités mixtes. Cependant, elle présente une désaffection à certains endroits, soulevant ainsi le problème de la cohabitation. Elle est un couloir et cela contribue au côté sordide par cette confusion entre la chaussée et les trottoirs. Elle manque de lisibilité et de continuité urbaine : aspect dégradé des revêtements de sols et de façades, éparpillement du mobilier urbain. Le caractère promenade disparaît et retire toute appropriation de la rue. Les commerces du quartier se sont transformés pour s’adapter à leur clientèle, qui est constituée à 95% de gens de passage, en s’orientant de plus en plus vers de la fripe ou des restaurants bon marché. Cette évolution crée elle-même une spirale qui attire toujours plus ce type de clientèle et contribue à la dégradation de la qualité des commerces du quartier.

L’arrivée de nouveaux habitants, si elle se fait de façon conjointe avec une amélioration de l’aspect physique du quartier, contribuera nécessairement à accroître la qualité et la diversité des commerces. Par ailleurs, il est tout à fait illusoire d’espérer faire disparaître le commerce érotique de ce quartier, alors qu’il y est implanté depuis des siècles. La requalification de cette rue pourrait servir de vitrine, un quartier vivant et plein d’habitants en plein coeur de Paris, en référence à la réhabilitation du quartier du Marais.

C’est donc à travers le vocabulaire développé tout au long de l’analyse et le fruit d’une réflexion historique, sociologique, phénoménologique, sémantique qu’est établie une charte pour recréer cette partie de rue en un lieu dynamique, coloré, vivant, lumineux dans une harmonie sociale.

Le fil conducteur du projet, regroupant l’ensemble du vocabulaire prostitutionnel, est apporté par la traduction architecturale d’une séquence musicale en séquence urbaine en référence entre autres, aux travaux de Iannis Xénakis. ‘Flawless’, de George Michael, fut retenue comme musique pour établir le projet. Découverte lors du concert effectué à Paris au Stade de France en 2006, elle illustrait une conclusion de cette recherche, l’analyse du monde de la prostitution à travers : ses couleurs, son dynamisme, ses séquences, ses lumières, ses rythmes… Ainsi, le parcours du spectateur s’inspirant de cette partition amène cette progression sensorielle recherchée par les clients, dès le secteur public vers le lieu intime. Aussi, le projet se développe à plusieurs échelles ; de l’espace urbain au mobilier. La portion de rue sélectionnée intègre un ensemble d’éléments transposant le spectateur dans un lieu différent. Bancs, lampadaires, bandes ralentisseurs, végétation… participent à l’élaboration du parcours. Ces éléments suivent alors une règle de composition musicale ; basse, rythmes, voix, samples, etc. à l’échelle humaine où le déplacement du spectateur devient l’élément sine-qua-non de la lecture du lieu.

Le projet veut requalifier cette partie de rue en lieu dynamique en évitant une ghettoïsation par une mixité sociale et commerciale. L’ensemble collabore dans un milieu ouvert, polychromique et abstrait cherchant à se défaire de l’image figurative ‘kitsch’ souvent utilisée comme réponse systématique des lieux vénaux actuels.

Indiquer sans montrer. La problématique tient dans l’équilibre entre les deux univers. Conscient qu’il n’est pas possible d’exhiber l’activité, le projet se réfère à certaines astuces employées dans l’histoire de la prostitution. Plusieurs éléments signalent ainsi alors dans une seconde lecture les espaces spécifiques par une identification particulières entre autres : les spots de sol encastrés (colorés selon le type de service) éparpillés, qui viennent se concentrer à l’entrée des lieux. Les seuils des passages où l’activité vénale exercée est identifiée par la présence de panneaux translucides sérigraphiés. Leurs dispositions signalent, tout en ne dévoilant l’intérieur qu’au fur et à mesure que l’on entre dans le passage… Cette approche stratifiée de la découverte progressive permet de plus de protéger la vue de l’espace public, sans avoir recours à un ‘cache’ tel que le rideau…

La rue devient un lieu aéré et cinématique. Sa lecture d’origine, froide par ses trottoirs et sa voirie, disparaît au profit d’une voie semi piétonne, où la circulation automobile est filtrée par des bornes d’entrée autorisant principalement la livraison pour les commerces sur des zones à 30km/h.

La prostitution est un monde d’illusion, d’imagination, de transposition vers un autre univers. Aussi, la vision de la rue se transforme la nuit, offrant un spectacle d’interprétation. L’éclairage général de la rue transgresse les codes pour jouer sur la perte de repères et la disparition d’éléments : certains mobiliers urbains s’illuminent (borne signalétique), la végétation change de couleur, la luminosité ambiante provient du sol, etc. Cette mise en scène cherche à stimuler le spectateur en se référant aux différents travaux d’Op’Art, du Spatiodynamisme, de Space Writting, etc.

Le parcours se poursuit en entrée dans l’un des passages réservés à l’activité vénale. Toujours en référence au tempo d’une séquence musicale, l’entrée se fait très sourde, pesante, un instant confinée, qui prépare l’effet de surprise de la galerie. Ce lieu semi-public conserve le principe de vitrine employée à Bruxelles ou à Amsterdam. Mais sa particularité offre aux spectateurs l’anonymat recherché, par la luminosité faible provenant principalement des vitrines. Marquant l’effet répétitif, le couloir est accompagné par une succession de cadres lumineux. Ils se reflètent sur un espace brillant noir pour venir marquer une perspective virtuelle tridimensionnelle.

Chaque vitrine est un espace privatif. Organisé comme un studio en duplex, il contient entre autres un petit salon où la travailleuse se présente, une kitchenette, un rangement et une chambre à l’étage avec salle de bain. Le projet reprend par ailleurs les différentes techniques de sécurité ; cellule de police à proximité, sonnette d’alarme dans chaque pièce, accès sécurisé par code… Le client s’avance vers la vitrine pour communiquer puis rentre une fois le marché accepté. Le croisement de clients n’étant pas accepté, une issue par l’arrière sur un couloir plus sombre dirige la personne vers une sortie.

Parmi les différentes boutiques, restaurants, ateliers, les commerces vénaux s’intègrent en acceptant la sobriété de leurs espaces. Ainsi, ils suivent une règle de déontologie de ne pas exhiber ou de cacher maladroitement derrière un élément les artifices pornographiques. Suivant toujours le principe de séquence, d’évolution et de parcours, ils conservent cette progression qui rapproche peu à peu le spectateur de son désir (accentuant ses fantasmes). Les bars et restaurants par exemple peuvent alors accueillir une large clientèle ne cherchant pas obligatoirement une relation intime.

Le bâtiment au numéro 195 est une proposition d’un bar dans la mode ‘lounge’. Le rez-de-chaussée, secteur public, reçoit la clientèle, le sous-sol fait office d’espace transitoire où le spectateur peut s’infiltrer discrètement afin de faire connaissance plus intimement avant d’atteindre les étages. L’image de l’escalier suit une mise en scène en figurant véritablement comme lien vertical du bâtiment dans une enveloppe translucide qui ne laisse apparaître que des silhouettes. Aux étages, chaque espace relié entre eux par un jeu de circulation donne lieu à une spécificité d’ambiance. Le patio, illuminé principalement par le jet lumineux provenant des niveaux inférieurs accueille une forêt de piliers ‘aléatoires’ qui viennent supporter deux passerelles se croisant aux niveaux supérieurs.

Le bâtiment au numéro 163 est un complexe qui propose bar, restaurant, salon de relaxation en plus d’espaces liés à la prostitution. Aux allures d’un “hôtel international de type Costes” comme l’a souligné P. Chavannes, cet équipement veut éviter une stigmatisation de la prostitution en proposant un lieu hétéroclite. Une grande salle commune permet entre autres aux professionnels du sexe de rencontrer, discuter sans équivoque. Faisant office de filtre ou d’espace de transition, plusieurs alcôves, intégrées à l’espace commun, offrent un lieu plus intime. Elles permettent d’accéder à la partie intime du projet par une issue séparée. Comme l’autre bâtiment, le complexe propose une gamme d’ambiance différente et transpose le spectateur vers des univers échappant à une réalité conventionnelle.

Outre la description orientée à la vision d’un spectateur-client, ce projet assure naturellement les éléments constitutifs d’un fonctionnement hôtelier, de restauration, de sécurité. Il apporte un équilibre entre ‘prostitution’ et ‘morale’, où les acteurs ne se confrontent pas. Il est un lieu ouvert évitant tout stigmatisation d’un ‘vice’ poussé aux bordures de villes à l’abri de la vision citadine. Les professionnel(le)s du sexe peuvent alors exercer sans oppression et les passants peuvent se promener sans avoir à craindre le préjugé. Les actions actuelles ne cherchant pas à comprendre la problématique de deux univers opposés, n’intègrent en aucun cas la prostitution ou la pornographie. Les commerces s’isolent, cachés par de vulgaires artifices et contribuent à la censure d’un milieu mal connu. Sans afficher, sans exhiber, l’architecture peut signaler subtilement le domaine de la prostitution en respectant le milieu public, le milieu privé, les passants, les spectateurs, les clients, les travailleur(ses) du sexe. La prostitution organise un secret et s’organise à partir d’un secret… et l’architecture construit ses sens.

Hans Lefèvre

Le 21 septembre 2007, Hans Lefèvre, étudiant à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne a présenté sa soutenance de TPFE (Travail Personnel de Fin d’Etudes). Il a obtenu les félicitations du jury avec un sujet choisi qualifié de “courageux” par le jury du diplôme. Le titre original du TPFE est ‘Eclairons la lanterne sur un sujet qui voit rouge - le retour des lieux de plaisir en France’.

Source : http://www.cyberarchi.com/dossier/projets/index.php?dossier=76&article=11329

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Jan 08

Le point faible du massage français c’est de faire reconnaître son massage comme un vrai exercice de relaxation et non une prostitution déguisée.
Mais est-ce que c’est un point faible que de rejoindre le combat d’autres minorités ? Il en est un autre, plus conséquent celui-ci, mais tout aussi minoritaire que la prostitution, le masculinisme. On le voit, des questions techniques, des revendications peuvent dépasser l’objectif initial de la Fédération Nationale et Écologique du Massage Français qui se réserverait à la seule la défense du massage. La mise à jour de certaines questions peut s’avérée de nature à servir des dessins plus généraux, dépassant de loin les seuls nécessités corporatistes pour rejoindre des causes plus larges, plus complexes qu’on ne le pensait. Ainsi, si masser un sexe est de la prostitution, des oppositions viennent en nombres étayer notre combat. Si masser un sexe est prostitutif alors cela signifie que l’État considère que le masseur que je suis mais aussi l’ensemble des masseurs que nous sommes sont des prostitués potentiels. Il considère aussi que mon client ou ma cliente sont de fait des consommateurs de prostitution par le simple fait qu’ils se laisser masser entièrement. Cela veut dire que sans intention délibérer, sans recherche clairement définie des services affichés d’un professionnel du sexe, l’État s’octroie le droit de leur appliquer derechef le statut d’usagés de la prostitution. Le délit devient dès lors une question de zoom corporel. Je deviens un délinquant à partir du moment où je me laisse masser le sexe par un masseur professionnel. Le problème là n’est pas un souci de législation mais de statut-bonnet-d’âne. En effet, seul dans ma boutique je fais ce que je veux même comme prostitué, j’en ai le droit, mais seul. Dès que je suis accompagné je deviens non plus prostitué mais aussi proxénète parce que je lie mon exercice à un tiers soit-il mon conjoint sans activité déclarée. Le professionnel se confond tout à coup à l’intime par ce qu’il suggère de frauduleux et de complicités supposées de la part de l’autre.
Il serait amusant que la Fédération Nationale et Écologique du Massage Français demande à l’État de nous fournir un POS, plan d’occupation des sols de la moralité française. Il nous faudrait, estampillée par l’Assemblée une cartographie de ce qui est no man land corporel. Est-ce que masser un pubis est du massage ou de la prostitution ? Quid des bourses, des testicules, de l’anus… Plus sérieusement, la question en amont à poser est : quel est le statut d’un masseur massant le sexe d’un client sans éjaculation en France ? Si la réponse est “c’est de la prostitution” même autorisée, tolérée par l’État, je ne suis donc pas dans l’illégalité au vu de la loi mais je me découvre professionnel du sexe à mon insu et ma clientèle se retrouve usagère fréquente de rapports sexuels rémunérés. Pire, les personnes massées par un tiers du même sexe se trouvent qualifiées, par l’État, d’homosexuelles délictueux dès lors que je suis en couple ou travaillant avec un autre masseur. Comme citoyen je deviens de fait un immature qui ne sait pas se faire masser sans penser au sexe. Ce qui veut dire que ce sexe est vecteur d’immaturité et accessoirement hors la loi dès qu’on me le touche dans une enceinte professionnelle. Le problème devient alors sociétal. Un État a t-il la légitimité populaire et même légale pour interdire à ses citoyens de se faire masser l’ensemble du corps tout en le qualifiant d’immature, d’in-abouti en un mot, de délinquant sexuel malgré lui ?

Qu’est-ce qui défini l’acte de prostitution ? En quoi masser un sexe est-il punissable ? On ne peut pas en effet définir que mon massage français organique est vraiment un massage sans intention prostitutive mais on ne peut pas davantage définir que mes cours de poterie ne se transforment pas en cours de fellation appliqué.

En tant que fédération du massage français, en temps qu’hommes, femmes, citoyens nous nous devons de penser avec nos législateurs le devenir du contra social du XXIème siècle. L’État n’est pas par nature contre nous mais juste la résultante de multiples organisations qui ne correspondent plus forcément toutes aux attentes d’aujourd’hui selon les urgences des combats. La lecture qui est faite du massage aujourd’hui par la loi est celle d’un gramophone alors que celle que les gens en font est celle d’un lecteur laser. Comment comprendre ce à quoi nous astreint le 78 tours législatif quand les conditions de lecture sont devenues ce qu’elles sont actuellement ?
C’est là que l’on voit que de simples revendications socio-professionnelles deviennent de vraies questions de fond. Quel est la place du corps aujourd’hui, en France en 2008 et quel accès peut-on, collectivement lui accorder dans le massage. Ce n’est pas seulement “est-ce que le massage peut tout masser dans un corps” mais aussi “est-ce que l’État, ou une autorité politique peut légiférer sur le corps et interdire aux citoyens qu’il représente de se lasser masser complètement” ? Le massage pourrait-il être bridé ? Est-ce que toucher l’autre pourrait relever du pénal ? C’est déjà la cas mais c’est l’expression d’un corpus de loi désuètes qu’il nous revient de faire réformer.
C’est derrière la personne morale d’une fédération armée pour cela que nous seront en mesure d’obtenir satisfaction. Encore une fois cela dépasse de loin des intérêts catégoriels pour devenir ceux d’une Nation toute entière. La raison de la France n’est pas dans ses lois mais dans l’ensemble des citoyens que nous sommes unis autour d’un même but, une France moderne dans une Europe dynamique pour un monde unique. Cette Europe ce doit de légiférer la-dessus. Quel corps pour quelles Nations ? Quelle crédibilité peut avoir une organisation des Etats si un pays de l’Union autorise et même organise législativement ce qu’un autre puni ? La place du toucher fait partie intégrante de notre histoire des communications, sources d’échanges.

Source : Fédération Nationale et Ecologique du Massage Français

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Jan 07

Un peu d’histoire.

La prostitution a toujours existé elle ne date pas d’hier. De la courtisane, la gourgandine, les prostituées, les escortes-girls ou les call-girls. L’appellation à changé mais pas le but. L’homme a toujours disposé du corps de la femme ou est-ce la femme qui dispose de son corps ?

POUR OU CONTRE L’ABOLITION DE LA PROSTITUTION

Si nous admettons que depuis quelques années la femme dispose de son corps (car je ne voudrais pas lever un débat judéo-chrétien sur le mariage) donc la femme disposant de son corps à cette liberté d’utiliser son propre corps à des fins lucratives.

Ainsi, le droit de se prostituer est acquis parce que le droit d’avoir des relations sexuelles relève strictement du droit au respect de la vie privée. La prostitution n’est donc pas un délit.

Cependant le droit de se prostituer a des limites notamment depuis la loi du 13 avril 1946 dite loi Marthe Richard. (Fermeture des maisons dites de Tolérance, mais (et là on en parle le moins) abrogation des dispositions réglementaires. (Tolérance des maisons closes), mais aussi inscription des prostituées sur un registre, privation éventuelle de liberté des prostituées.

Conséquences : elle atténue considérablement le contrôle de l’Etat sur la prostitution, et elle autorise l’exercice de la prostitution dans d’autres lieux, notamment sur la voie publique.

Suite à la fermeture des maisons closes de nombreuses filles se retrouvent sur les trottoirs.

Un autre décret du 25 novembre 1960 définit le racolage :

« Attitude affichée sur la voix publique au vue de provoquer la débauche. » Le fait par tout moyen de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles est puni d’une amende de 10 000 F, 20 000 F en cas de récidive. (Nouveau code pénal 1993).

Mais la loi sur la sécurité intérieure du 21 janvier 2003 change radicalement la donne.

Les députés adoptent le texte du Ministre de l’intérieure (M. SARKOZY) créant le délit de racolage passif : deux mois de prison et 3 750 € d’amende pour fait de racolage. Tout en étendant aux personnes qui mettent à disposition des prostituées : des véhicules, les firmes hôtelières. Mais aussi de placer les prostituées dans des centres d’hébergement de droit commun afin de faciliter leur réinsertion.

Loi applicable depuis mars 2003.

Cela signifie que la cohabitation, la location d’un studio ou d’une chambre d’hôtel peut être sanctionné.

Par contre la seule autorisation de la prostitution est le FISC (celui-ci considère que la prostitution est un revenu donc à déclarer). Car le FISC reconnait les personnes prostituées comme Agents Economiques.

Concernant la mise des prostituées dans des centres d’hébergement commun. Je voudrais rappeler que des SRPS (Service de Prévention et de Réinsertion Sociale) avaient été crée par la loi de 25 novembre 1960 et qu’une vingtaine de centre avaient vu le jour. Faute de moyen ces centres ont été fermés. (Pourtant la démarche était intéressante mais l’Etat s’en est désintéressé).

Autre contradiction.

Les personnes prostituées (en FRANCE) sont confrontées à l’interdit et à l’autorisé. En effet l’interdiction totale de se prostituer n’est pas interdite. C’est l’interdiction d’exploiter la personne prostituée qui est interdit.

Donc nous faisons ici référence aux proxénètes. Mais la loi précise que la notion du proxénète se définit ainsi :

Sera considéré comme proxénète, un homme qui contraint par la menace, la violence, la tromperie ou tout autre moyen une femme à avoir des relations sexuelles.

Mais la notion de « tout aide apportée à la prostitution (hébergement provisoire par exemple) peut être condamné pour proxénétisme » Pour être plus clair si vous voulez dépanner ou héberger une prostituée vous pouvez être condamné pour proxénétisme.

Et le client : La politique de lutte contre la prostitution en FRANCE depuis 1946 ne l’a jamais conduite à prendre la moindre mesure qui s’intéresse aux clients. Sauf la loi du 4 mars 2002 ou des mesures répressives sont prises à l’égard des clients qui vont voir les prostituées de moins de 15 ans.

LA FRANCE UN REGIME ABOLITIONISTE.

En avril 1997, pendant la conférence de la Haye, le gouvernement JUPPE réaffirmait la position du strictement abolitionniste de la FRANCE.

On peut faire aujourd’hui le constat que l’abolition de la prostitution ne fonctionne pas.

Pourquoi ? Les contradictions et confusions sur la prostitution et le proxénétisme. Ensuite l’aire de l’informatique via internet.

Des nouvelles formes de prostitution « moins visibles » que la prostitution ont vu le jour (internet, salon de massage, serveurs télématiques, petites annonces presse) « masquée » bien entendu.

Pourquoi n’interdit-on pas ces pratiques ?

La prostitution rapporte-t-elle de l’argent à l’Etat ?

Grace à elles des personnes s’enrichissent : les sites web, les serveurs télématiques, etc.…

Alors voilà pourquoi, je pense que l’abolition de la prostitution est un leurre.

Par contre l’abolition du proxénétisme oui, mais là c’est un autre sujet.

Voilà quelques lignes qui je l’espère nous permettrons d’ouvrir un débat et d’échanger intelligemment.

Le but ici n’est pas de condamner ou approuver la prostitution, mais d’y réfléchir et pourquoi pas ouvrir un vrai débat (non pas entre professionnels, politiques ou autres, non simplement des citoyens qui s’intéressent à la société et aux problèmes sociétaux).

http://www.millebabords.org/spip.php?article7497

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Dec 19

Figure de proue du féminisme radical suédois, Petra Östergren oppose le libre-arbitre des travailleuses du sexe à la politique du gouvernement.

La Suède fait depuis longtemps figure de modèle en matière de féminisme et de droits des femmes. En 1999, le gouvernement suédois a adopté une loi criminalisant les clients et non pas les prostituées. Une mesure révélatrice : dans le pays, les femmes liées à la prostitution ou à la pornographie sont généralement considérées comme des femmes-objets, soumises à la violence masculine. Du même coup, l'égalité des sexes ne peut être atteinte tant qu'un homme peut avoir l'idée "d'acheter le corps d'une femme". Loin des sculpturales et angéliques ingénues de Bergman, Petra Östergren ne l'entend pas de cette oreille. Cette brune à la crinière féline veut briser l'image d'Epinal selon laquelle les femmes sont naïves, réifiées et dominées dans leurs rapports avec les hommes. Elle revendique leur droit à l'autodétermination sexuelle.

Le corps, outil de travail

Et les arguments sont nombreux. Le sexe est une affaire privée et les rapports sont conclus entre adultes consentants. Les femmes sont des sujets qui ont le droit de choisir leurs partenaires sexuels. Elles sont dotées d'une "volonté libre" et peuvent choisir de faire l'amour devant une caméra ou de se prostituer, c'est-à-dire utiliser leurs corps comme outil de travail. Pour la figure de proue du féminisme radical suédois, la prostitution devrait être considérée comme une prestation de services, et non comme une domination de l'homme sur la femme.

Dans son livre intitulé Pornographie, putes et féministes, publié en 2006, Petra donne la parole aux travailleuses du sexe : elles sont fortes, aiment leur travail, ne subissent pas de violence, mais se sentent stigmatisées par la morale sexuelle suédoise.

Car sexe et politique ne font pas bon ménage. Les prostituées se disent victimes de l'attitude adoptée par le gouvernement. En effet, les clients effrayés osent de moins en moins les aborder dans la rue. Elles ne peuvent plus exercer leur activité aussi facilement, et doivent ainsi rejoindre des réseaux ou aller sur Internet pour trouver des clients.

"Prostitution d'appartement"

Petra soutient que la loi, censée protéger les prostituées, les discrimine. La Suède, qui se félicite de la diminution de la prostitution de rue, voit en réalité la "prostitution d'appartement" augmenter fortement. Quant aux femmes qui vendent leurs services sur Internet, elles ne peuvent plus sélectionner leurs clients comme avant. Ainsi, elles sont davantage sujettes aux violences, car la prostitution se fait dans l'ombre.

Anticonformiste et engagée, Petra participe au débat sur la pornographie et la prostitution depuis une dizaine d'années. Elle s'attire les foudres d'autres féministes car sa conception de la sexualité ne cadre pas avec les idéaux du féminisme traditionnel. Qu'on l'aime ou qu'on la déteste, une chose est sûre : Petra ne restera pas enfermée dans un moule Ikea.

http://www.journaleuropa.info/article/n321t0j0d0.html

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