mar 18

Pas encore ouvert, un salon de massage soulève la polémique. Le salon coquin occupera le 2e étage d’un locatif genevois. Les voisins s’insurgent, alors que la police des constructions se fâche

Au 30, rue Malatrex, à Genève, le long des voies CFF, c’est l a grogne! Dans cet immeuble plutôt glauque doit s’ouvrir, aujourd’hui, un salon de massage de 300 m 2 , avec hôtesses triées sur le volet. Mais l’espace coquin, qui occupera tout le deuxième étage, soulève doublement la polémique. Non seulement des locataires s’insurgent contre l’arrivée des futures filles de joie, mais, de plus, aucune demande d’autorisation spécifique n’a été faite. Du coup, la police des constructions exige l’arrêt des travaux!

Demande de réduction
«Nous ne sommes ni d’accord ni contents de l’ouverture d’un salon de massage ici», lance une locataire du 4e étage. Au 3e, Flavia aura la vue directe sur la porte palière du salon: «J’ai un enfant de 2 ans et demi et une belle-fille de 9 ans. Qu’est-ce que je vais leur dire? J’envisage de déménager. D’autant que je suis certaine qu’il y aura du bruit…» Au 5e, une jeune locataire a trouvé une parade qui devrait faire grincer la régie. «Normalement, on a droit à une réduction de 35% sur le loyer avec l’installation d’un tel salon. Ma demande est déjà partie à la régie.» Elle pourrait faire des petits… Mais, au fait, il n’est pas interdit d’ouvrir un salon de massage dans un locatif si les locaux sont prévus pour des activités commerciales? «En effet, il n’y a pas de problème concernant l’affectation des locaux, relève Edi Da Broi, directeur de l’Office des autorisations de construire. En revanche, nous aurions dû recevoir une demande d’autorisation pour ce salon et pour les travaux qui y sont liés. Or rien n’a été fait. Nous avons donc envoyé, le 13 mars, une décision d’arrêt immédiat des travaux.» Pourtant, hier encore, un essaim d’ouvriers s’en donnait à coeur joie au 2e étage

«Nous serons très attentifs à l’évolution de cette surface, mais tout est en ordre», promet, au nom de la régie Bernard Nicod, le gérant de l’immeuble. Mais qu’en est-il de l’arrêt des travaux? De l’absence de demande d’autorisation? «Nous n’avons fait que des travaux intérieurs, peinture et parquets!» Donc pas d’insonorisation spéciale? Et les locataires parlent d’une caméra dans le hall? «Je n’entre pas en matière là-dessus», réplique notre interlocuteur. Quant à l’exploitant du futur salon, le GClub, annoncé comme un superbe espace VIP - les tarifs et les photos suggestives des hôtesses figurent déjà sur son site Internet -, il n’a pas souhaité nous rappeler.

Source : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/masseuses-indesirables_9-117549

Tags: ,

08

Le point faible du massage français c’est de faire reconnaître son massage comme un vrai exercice de relaxation et non une prostitution déguisée.
Mais est-ce que c’est un point faible que de rejoindre le combat d’autres minorités ? Il en est un autre, plus conséquent celui-ci, mais tout aussi minoritaire que la prostitution, le masculinisme. On le voit, des questions techniques, des revendications peuvent dépasser l’objectif initial de la Fédération Nationale et Écologique du Massage Français qui se réserverait à la seule la défense du massage. La mise à jour de certaines questions peut s’avérée de nature à servir des dessins plus généraux, dépassant de loin les seuls nécessités corporatistes pour rejoindre des causes plus larges, plus complexes qu’on ne le pensait. Ainsi, si masser un sexe est de la prostitution, des oppositions viennent en nombres étayer notre combat. Si masser un sexe est prostitutif alors cela signifie que l’État considère que le masseur que je suis mais aussi l’ensemble des masseurs que nous sommes sont des prostitués potentiels. Il considère aussi que mon client ou ma cliente sont de fait des consommateurs de prostitution par le simple fait qu’ils se laisser masser entièrement. Cela veut dire que sans intention délibérer, sans recherche clairement définie des services affichés d’un professionnel du sexe, l’État s’octroie le droit de leur appliquer derechef le statut d’usagés de la prostitution. Le délit devient dès lors une question de zoom corporel. Je deviens un délinquant à partir du moment où je me laisse masser le sexe par un masseur professionnel. Le problème là n’est pas un souci de législation mais de statut-bonnet-d’âne. En effet, seul dans ma boutique je fais ce que je veux même comme prostitué, j’en ai le droit, mais seul. Dès que je suis accompagné je deviens non plus prostitué mais aussi proxénète parce que je lie mon exercice à un tiers soit-il mon conjoint sans activité déclarée. Le professionnel se confond tout à coup à l’intime par ce qu’il suggère de frauduleux et de complicités supposées de la part de l’autre.
Il serait amusant que la Fédération Nationale et Écologique du Massage Français demande à l’État de nous fournir un POS, plan d’occupation des sols de la moralité française. Il nous faudrait, estampillée par l’Assemblée une cartographie de ce qui est no man land corporel. Est-ce que masser un pubis est du massage ou de la prostitution ? Quid des bourses, des testicules, de l’anus… Plus sérieusement, la question en amont à poser est : quel est le statut d’un masseur massant le sexe d’un client sans éjaculation en France ? Si la réponse est “c’est de la prostitution” même autorisée, tolérée par l’État, je ne suis donc pas dans l’illégalité au vu de la loi mais je me découvre professionnel du sexe à mon insu et ma clientèle se retrouve usagère fréquente de rapports sexuels rémunérés. Pire, les personnes massées par un tiers du même sexe se trouvent qualifiées, par l’État, d’homosexuelles délictueux dès lors que je suis en couple ou travaillant avec un autre masseur. Comme citoyen je deviens de fait un immature qui ne sait pas se faire masser sans penser au sexe. Ce qui veut dire que ce sexe est vecteur d’immaturité et accessoirement hors la loi dès qu’on me le touche dans une enceinte professionnelle. Le problème devient alors sociétal. Un État a t-il la légitimité populaire et même légale pour interdire à ses citoyens de se faire masser l’ensemble du corps tout en le qualifiant d’immature, d’in-abouti en un mot, de délinquant sexuel malgré lui ?

Qu’est-ce qui défini l’acte de prostitution ? En quoi masser un sexe est-il punissable ? On ne peut pas en effet définir que mon massage français organique est vraiment un massage sans intention prostitutive mais on ne peut pas davantage définir que mes cours de poterie ne se transforment pas en cours de fellation appliqué.

En tant que fédération du massage français, en temps qu’hommes, femmes, citoyens nous nous devons de penser avec nos législateurs le devenir du contra social du XXIème siècle. L’État n’est pas par nature contre nous mais juste la résultante de multiples organisations qui ne correspondent plus forcément toutes aux attentes d’aujourd’hui selon les urgences des combats. La lecture qui est faite du massage aujourd’hui par la loi est celle d’un gramophone alors que celle que les gens en font est celle d’un lecteur laser. Comment comprendre ce à quoi nous astreint le 78 tours législatif quand les conditions de lecture sont devenues ce qu’elles sont actuellement ?
C’est là que l’on voit que de simples revendications socio-professionnelles deviennent de vraies questions de fond. Quel est la place du corps aujourd’hui, en France en 2008 et quel accès peut-on, collectivement lui accorder dans le massage. Ce n’est pas seulement “est-ce que le massage peut tout masser dans un corps” mais aussi “est-ce que l’État, ou une autorité politique peut légiférer sur le corps et interdire aux citoyens qu’il représente de se lasser masser complètement” ? Le massage pourrait-il être bridé ? Est-ce que toucher l’autre pourrait relever du pénal ? C’est déjà la cas mais c’est l’expression d’un corpus de loi désuètes qu’il nous revient de faire réformer.
C’est derrière la personne morale d’une fédération armée pour cela que nous seront en mesure d’obtenir satisfaction. Encore une fois cela dépasse de loin des intérêts catégoriels pour devenir ceux d’une Nation toute entière. La raison de la France n’est pas dans ses lois mais dans l’ensemble des citoyens que nous sommes unis autour d’un même but, une France moderne dans une Europe dynamique pour un monde unique. Cette Europe ce doit de légiférer la-dessus. Quel corps pour quelles Nations ? Quelle crédibilité peut avoir une organisation des Etats si un pays de l’Union autorise et même organise législativement ce qu’un autre puni ? La place du toucher fait partie intégrante de notre histoire des communications, sources d’échanges.

Source : Fédération Nationale et Ecologique du Massage Français

Tags: , ,

Close
E-mail It