Actualité de la prostitution en France et dans le monde. Etude de la prostitution feminine, masculine et du proxenetisme. Dossiers,videos et articles sur le sexe tarifé.
C’est de cette manière que des prostituées de la capitale espagnole ont choisi de manifester, pour convaincre les habitants du quartier qu’elle ne leur font courir aucun risque : “La vérité c’est que nous pensons pouvoir faire plus encore, explique Cristina. Notre travail n’est pas reconnu socialement. Le cliché de la femme fatale nuit à notre image. On veut juste montrer que nous pouvons faire autre chose que ce travail. Nous avons choisi la prostitution, et nous devrions avoir le droit de choisir où nous voulons travailler”.
Et voilà bien le coeur du problème : les bâtiments dans lesquels elles travaillent sont la cible de promoteurs immobiliers. Si le projet de rachat se concrétise, les prostituées seraient contraintes de déménager d’un quartier dans lequel elles exercent leur profession depuis plusieurs années. Une profession tolérée, mais officiellement illégale.
Après Soho à Londre, Red Light District à Amsterdam, le coin des prostituées de Madrid est en passe de se transformer en zone commerçante branchée. A quand la boboification totale de la rue Saint-Denis ?
Un groupe de commerçants de Madrid a fait le pari du commerce branché pour éliminer l`un des derniers points visibles de prostitution et de drogue dans le coeur de la capitale espagnole.
C`est l`exemple du Soho londonien, ancien “quartier rouge” de prostitution devenu chic zone à la mode dem l`hyper centre de Londres, qui vient d`abord à l`esprit de Javier Garcia-Renedo pour décrire ce projet.
“Nous souhaitons l`ouverture de magasins de vêtements à la mode, de restaurants et bars alternatifs, galeries d`art et de salles de concert”, explique à l`AFP, Garcia-Renedo qui dirige la société Consultores Grove qui conseille ce groupe de commerçants.
Avec ses sex-shops, ses prostituées postées au bas d`immeubles délabrés et ses drogués, le quartier fait pour l`heure figure de verrue en plein centre de Madrid.
Conscients du grand potentiel commercial de la zone, nichée entre la grande artère commerçante de Gran Via et la très alternative calle Fuencarral, des entrepreneurs du cru ont formé une association pour racheter les locaux commerciaux et les mettre en location.
“Fuencarral est devenue la rue commerçante la plus connue de Madrid et jusqu`à 4.000 clients potentiels circulent par heure sur la Gran Via” qui abrite toutes les grandes chaînes de vêtements, de Zara à H&M, souligne M. Garcia-Renedo.
Des prostituées attendent des clients, des hommes les abordent, d’autres franchissent, dix mètres derrière l’une d’elles, une porte cochère menant à une maison de passe clandestine. Ce va-et-vient quotidien de la rue de la Montera, située au coeur du Madrid touristique, est visible depuis quelques jours sur le site d’échanges et de partage de vidéos YouTube. Il a été mis en ligne par des habitants excédés par ce qu’ils jugent être de l’inaction de la part des pouvoirs publics face aux trafics et à l’exploitation sexuelle qui s’étalent à leur porte.
A toute heure du jour et de la nuit, la rue de la Montera offre, depuis fort longtemps, une animation qui excède largement celle de ses voisines de la Puerta del Sol, tout entières vouées à un commerce plus présentable. Les femmes - plus d’une centaine selon les voisins - qui travaillent dans cette artère bordée de sex-shops témoignent des pays d’origine du récent mouvement d’immigration arrivé en Espagne au cours de la dernière décennie.
CAMÉRAS DE SURVEILLANCE
Depuis quelque temps, les riverains se sont émus de la permanence de cet îlot équivoque, résistant à la vague de rénovations qui a accompagné la vigoureuse hausse des prix de l’immobilier madrilène. Estimant que la municipalité ne tenait pas ses promesses d’endiguer le phénomène, quelques riverains ont empoigné leurs caméras, ils ont filmé ce qu’ils voient de leurs fenêtres et ont diffusé cette trentaine de vidéos sur Internet.
Cela fait six mois qu’ils menaçaient de le faire, comptant sur l’effet dissuasif que pourrait avoir, auprès des clients potentiels des prostituées du quartier, une telle publicité. La mairie les avait mis en garde contre ce qu’elle juge être contraire à la législation sur la protection de l’image et de l’intimité. Néanmoins, pour répondre à l’inquiétude des associations du quartier, le maire, le conservateur Alberto Ruiz-Gallardon, avait annoncé l’implantation prochaine de trente et une caméras de surveillance rue de la Montera et dans les rues adjacentes. Mais ces riverains exaspérés n’ont pas été convaincus de l’efficacité de cette initiative et ont mis leur menace à exécution, activant leur propre réseau de caméras.
L’Agence espagnole de protection des données a aussitôt ouvert une enquête et les a mis en garde : si les personnes sont reconnaissables, les auteurs des films risquent jusqu’à 600 000 euros d’amende. Du coup, les riverains ont évité les gros plans et les zooms. Qu’ils soient ceux de prostituées ou de clients, les visages ne sont pas identifiables.
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