mai 08

Encadrer les prostituées au lieu de pénaliser les clients, telle est, en résumé, la proposition présentée hier par l’ADR et son nouvel allié, l’AHL. Une proposition basée en large partie sur ce qui se pratique en Allemagne, avec notamment des «Eros-Center».
De notre journaliste Liliana Miranda

Les prostituées, que des victimes? À en croire Jacques-Yves Henckes (ADR), les clients devraient, eux aussi, bénéficier d’un statut similaire.
«Il faut en finir avec cette chasse aux sorciers», s’indigne le député, faisant ainsi allusion aux campagnes de sensibilisation lancées par le ministère de l’Égalité des chances. Se concentrant désormais plus sur la demande que sur l’offre, l’exécutif souhaite faire comprendre que la prostitution contribue à «financer le commerce d’êtres humains». Un message largement diffusé à coup d’affiches. Et accompagné de deux initiatives au niveau législatif.
Le 19 mars, quatre députés socialistes, dont Lydie Err, déposent une proposition de loi qui vise à infliger des travaux d’intérêt général aux clients. C’est un mois plus tard que Marie-Josée Jacobs, ministre du ressort, finalise un autre texte, qui prévoit notamment l’interdiction d’utiliser les services d’une victime de la traite humaine. La coalition gouvernementale penche donc vers une version allégée du modèle suédois.
Au-delà des moyens qu’il faudrait investir afin d’enquêter sur les clients, l’AHL critique, de son côté, les méthodes employées à Stockholm. «Les poursuites se traduisent par des écoutes téléphoniques et des caméras dans les rues. Les clients reçoivent des lettres, qui finissent par être ouvertes par leurs épouses ou conjointes. Ce qui provoque de véritables drames familiales», explique Fernand Kartheiser, président. Contrôles médicaux et resocialisation

Selon une étude menée par TNS-Ilres, 12% des hommes résidant au Luxembourg «consomment de la prostitution». Jacques-Yves Henckes ne conçoit pas comment ces personnes pourraient être occupées dans le cadre de travaux d’intérêt général, ne serait-ce que d’un point de vue logistique. Vient s’y ajouter une autre difficulté pour les autorités, à savoir la prostitution clandestine favorisée par certains sites Internet.
L’ADR ne croit pas à l’efficacité d’une attitude répressive. D’autant plus qu’aucune législation - aussi sévère soit-elle - n’aurait réussi à éradiquer la prostitution.
Alors quelle alternative le parti et l’association préconisent-ils? En fait, leur modèle se trouve à quelques kilomètres du Grand-Duché, et plus précisément en Allemagne. À Trèves, par exemple, prostituées et clients se retrouvent, en toute légalité, dans des «Eros-Center».
«Les contrôles médicaux seraient obligatoires, et nous lutterions contre le proxénétisme. En plus, les prostituées qui veulent sortir de ce milieu seraient mieux resocialisées», précise Jacques-Yves Henckes. Et d’ajouter: «Il s’agit de reconnaître la prostitution en tant que réalité, et de l’encadrer sans aucun jugement moral».

http://www.le-quotidien.lu/edition/article.asp?ArticleId=18148

Tags: ,

avr 11

L’inspectrice de 29 ans, qui se plaignait de harcèlement, avait osé dire “non” à son commissaire

Nous avons révélé, jeudi, que des policiers des Moeurs au Luxembourg avaient signalé à leurs collègues belges leur surprise d’avoir constaté la présence d’une policière du Brabant wallon dans un établissement pratiquant le massage rue Glesener à Luxembourg-Ville. L’info est exacte. Mais voici la suite de l’histoire.

L’inspectrice est jolie femme. Elle a atterri, voilà dix-huit mois, dans une zone de police où les collègues ont appris très vite qu’elle traversait de graves problèmes de couple. Ce sont ces collègues, outrés, qui nous racontent la suite. Assez vite, un commissaire a voulu un peu profiter de la situation. L’inspectrice a dû marquer ses frontières. Pas question, par exemple, de faire la bise au gradé.

Nous avons retracé le parcours de cette jeune femme qui a laissé les meilleurs souvenirs à la police de Bruxelles, une école de vie pourtant. Partout la même réponse : une excellente policière avec la passion de son métier, le sens du service à la population et le respect de l’uniforme.

Après son refus face à l’insistance du commissaire, sa position est devenue difficile. Le passé de son mari auquel on voulait l’associer, son divorce, ses charges comme femme seule, l’inspectrice s’est trouvée dans une situation extrême de vulnérabilité. Des collègues tirent leur chapeau. D’autres auraient craqué; elle n’a pas cédé. Le harcèlement n’a pas cessé. Au final, elle s’est adressée au comité P. On ne le lui a jamais pardonné. Dans son commissariat, l’inspectrice de 29 ans était patrouilleuse. L’attendait-on au tournant ?

Une amie tient un établissement de relaxation à Luxembourg-Ville. Selon nos infos, lors du contrôle, aucun préservatif n’a été trouvé au First Wellness. Par contre, les Moeurs ont curieusement contrôlé l’établissement au moment où la policière s’y trouvait avec sa copine : était-ce un pur hasard ?

Toujours est-il, selon nos infos, qu’à l’arrivée des Moeurs, la policière belge était attablée dans la partie restauration du First où elle mangeait un hamburger. La policière ne massait pas. Elle portait un pull à col roulé, et les autres filles, pas du tout vêtues en prostituées, portaient jupes et débardeurs.

À un moment, elle a ouvert la porte du First à un client qui a supposé qu’elle faisait partie du personnel. C’était la porte de rue, pas une porte de cabine par exemple. Mais cela a suffi au collège de police de la zone à la suspendre pour 4 mois. Décision justifiée ? Pour ses collègues de la police qui la défendent, poser la question est y répondre.

Source : http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/204558/policiere-masseuse-la-suite.html

Tags: , , ,

23

Plaque tournante de la prostitution, le quartier de la Gare s’apparente à une véritable cour pour les grands. Entre jalousies, pressions et, bien sûr, beaucoup d’argent, passage nocturne dans un milieu probablement moins dangereux que le veut sa réputation, à condition de ne pas y plonger.

Jugée trop belle par la concurrence, S. est régulièrement contrainte à jouer avec le feu, et sa propre vie. En effet les habituées l’ont chassée des rues Wenceslas Ier et d’Alsace, seul coin où le racolage est toléré. Ainsi livrée à elle-même, la jeune femme d’origine albanaise se rabat sur le «Ale Stréch», où personne ne l’avertit de clients potentiellement agressifs.
«C’est toujours la même chanson», dit-elle, sur un ton agacé. Car en plus du danger évident que représente son activité, elle risque une sanction pour «s’exposer sur la voie publique en vue de la prostitution».
Si cette fois elle s’en sort avec un simple avertissement, la police conduit, quelques minutes plus tard, une jeune Bulgare au commissariat de proximité. Malgré l’amende de 500 euros, elle ne perd pas le sourire.
«Je suis passée par l’Allemagne. Et là, ça fait 3 ans que je travaille ici», raconte cette prostituée de27 ans. Si elle visite régulièrement son pays d’origine, elle n’envisage pas vraiment de retourner y vivre.
Pour l’inspecteur Christiane Schortgen, le procès-verbal relève de la routine, puisque les prostituées «ont toutes déjà payé au moins une fois».

Veiller au calme du quartier

Le rôle des forces de l’ordre ne se limite toutefois pas à la répression. Par sa simple présence, la police rassure et évite, dans la mesure du possible, les dérapages.
«Ce n’est pas seulement une question d’argent, confirment deux prostituées dominicaines. Au Luxembourg, il n’y a pas autant de dangers. Grâce à la police, le pays est tranquille, et les clients plutôt gentils, puisqu’ils ne veulent pas avoir de problèmes».
Au-delà de veiller au calme du quartier, le commissariat ne dispose toutefois pas des moyens nécessaires pour venir en aide aux prostituées. «Il y a très souvent des hommes derrière tout ça. Mais c’est la section de recherche qui s’en charge. En tout cas, les femmes ne se plaignent absolument jamais», précise Christiane Schortgen.
Cette pression, subie par nombre de prostituées, explique en partie le silence que certaines s’imposent. Parfois, elles invoquent aussi leurs enfants ou leur toxicomanie, qu’elles refusent d’étaler au grand jour.
En marge de la prostitution plus traditionnelle, quelques travestis et transsexuels font, eux aussi, le trottoir. «Au moins, je peux m’offrir le luxe que je veux, relate «Vanessa», petite starlette du milieu. Le prix d’un écran plasma, c’est fait en trois ou quatre jours».
Plus tard dans la soirée, il avouera que les relations ne lui procurent aucun plaisir, «sauf quand le client est mignon». Mais en tant que Luxembourgeois, il ne souhaite pas vivre aux dépens de l’État : «Si nous arrêtions, il y aurait trop de personnes à vivre du RMG».
Sans cesse confronté à cette couche de la population, le commissariat de proximité a su trouver sa place au sein du quartier, et instaurer une «bonne relation» avec les filles de rue.
«Au début, je croyais que je devais jouer à Mère Teresa», confie l’inspecteur Schortgen. Entretemps, la jeune femme fait surtout en sorte que le règlement soit respecté, et ce, dans un souci d’ordre public.

Source : http://www.le-quotidien.lu

Après de très nombreuses réclamations et la constitution du comité SOS Gare, le règlement général de police a été modifié, le 26 mars 2001.
Depuis, le racolage est interdit dans les rues formant le «Ale Stréch», à savoir les rues du Fort Wedell, de Reims, du Commerce et d’Epernay. Ces endroits continuent toutefois à être fréquentés par les prostituées à la recherche de la clientèle des cafés et autres établissements. Les amendes peuvent, dans le pire des cas, s’élever à 2 500 euros.
La prostitution se déroule donc de manière officielle dans les rues d’Alsace et Wenceslas Ier, mais uniquement de 20h à 3h et à condition que «ni la sécurité et la commodité du passage ni la salubrité et la tranquillité publiques ne s’en trouvent affectées».
Au-delà de ce cadre bien défini, «il est défendu de paraître en public dans une tenue indécente ou pouvant donner lieu à scandale».

Tags: ,

nov 14

Tout le monde s’exprime et aborde tous les sujets concernant la vie quotidienne dans la Ville. Prévoyant, le député-maire Paul Helminger confie en aparté «on discute mais ce soir on marche au pas».

Face à la levée de boucliers contre une Fixerstuff dans Bonnevoie, il avait été prévu que se mette en place un groupe de travail qui aurait dû rendre ses premières conclusions à l’occasion du conseil communal de la capitale, réuni hier.
Or, entre-temps, la question a été discutée devant la Chambre des députés. Si bien que le débat, avant tout local, a pris une portée nationale. Et tout le temps que cette instance ne sera pas prononcée, la commune entend garder un prudent silence.
Armand Drews (LSAP) était prêt à le briser afin d’expliquer les raisons pour lesquelles sa fraction avait décidé de retirer sa question. «Cette intervention n’est pas prévue», rétorque le bourgmestre.
Et bien décidé à remettre toutes les pendules à l’heure au cours de cette séance qui a toutes les chances de partir dans toutes les directions, il n’hésite pas à, aussi discrètement que fermement, remonter les bretelles à l’échevin Xavier Bettel.

Une présence policière qui sera accrue

En tant que député, celui-ci s’était fait l’apôtre au Parlement d’un modèle scandinave visant à donner aux prostituées un certain statut. À condition que les femmes exerçant le plus vieux du monde acceptent de passer des visites médicales régulières, à condition qu’elles soient fichées en mentionnant leur adresse, elles auraient pu bénéficier d’une carte professionnelle. «Cette intervention est intervenue pendant le trou de l’été, c’était au début du mois d’août et le sujet a été amplifié par les médias qui en ont fait leurs gros titres», constate Paul Helminger.
À l’en croire, cette prise de position à la Chambre ne va dans le sens de la politique communale. En réponse à Ben Fayot, il est précisé que ce genre d’activité va strictement rester limité à une portion de la rue d’Alsace et de la rue Wenceslas 1er. «Il n’est pas question d’élargir ce périmètre et, bien au contraire, de le circonscrire avec des contrôles de la police encore plus fréquents pour rendre ces deux rues encore moins attractives».

http://www.le-quotidien.lu/edition/article.asp?ArticleId=8188

Tags: ,

oct 23

Le 14 juin, la ministre Marie-Josée Jacobs a présenté la «cartographie de la prostitution au Luxembourg» et une enquête sur ce sujet confiée à TNS ILReS. (lire aussi http://www.iprostitution.org/2007/08/04/luxembourg-debat-parlementaire-reglementaristes-vs-prohibitionistes/) Elle avait, à cette occasion, évoqué sa préférence pour le «modèle suédois». Elle pourra s’en expliquer cet après-midi à la Chambre.
Alain Kleeblatt

Suite à la conférence de presse de la ministre de l’Égalité des chances, Viviane Loschetter (Déi Gréng) avait sollicité l’été dernier une interpellation au sujet de la prostitution. La voilà à l’ordre du jour, qui précise, entre parenthèses : modèle suédois.
Que pense la députée écolo de ce modèle basé sur les poursuites… contre le client des travailleuses et travailleurs du sexe?
«Ce n’est pas moi, mais bien la ministre qui a évoqué ce modèle suédois. À travers mon interpellation, je souhaite avant tout “recadrer” le sujet. Il faut plus de clarté au niveau de notre législation actuelle et de son application dans les faits. Et savoir quelles sont les conclusions que la ministre et le gouvernement entendent tirer de la cartographie et de l’enquête présentée», nous a indiqué, hier, Viviane Loschetter dans un entretien téléphonique.

Problème complexe

Contrairement à Xavier Bettel (DP) qui, le 1er août, à présenté quelques propositions «simples» pour régler le problème, telle l’introduction de «cartes professionnelles» pour les prostituées. Viviane Loschetter avoue ne pas disposer de solutions toutes faites face à ce problème complexe. «La prostitution se présente sous de nombreuses facettes. Qui se prostitue au Luxembourg? Pourquoi? Ces questions risquent souvent d’aboutir à des réponses dramatiques», note la députée.
Selon Viviane Loschetter, la ministre de l’Égalité des chances ne peut à elle seule résoudre le problème, répondre à toutes les questions : «Les ministres de la Justice et de la Police, celui de l’Immigration ainsi que les autorités compétentes au niveau des relations de la Grande Région sont également directement sollicités».
Quant aux solutions proposées de-ci de-là, allant des maisons de passe plus ou moins placées sous le contrôle de l’État aux méthodes abolitionnistes appliquées en Suède, la députée constate comme beaucoup d’autres : «Elles ont toutes des avantages… et de gros désavantages».
«Je ne présenterais pas à la Chambre des propositions radicales : le sujet ne s’y prête pas», a conclu l’interpellante qui résumera aujourd’hui ses conclusions dans une motion.

Source : www.le-quotidien.lu

Tags: , ,

Close
E-mail It