Apr 17

Le magazine Sept à Huit sur TF1 du 17 avril fait sa Une sur la prostitution à Limoges. Rien de nouveau dans le traitement, si ce n’est de nous faire découvrir cette scène provinciale peu connue.
Comme d’habitude, on y découvre les “traditionnelles” touchées de plein fouet par la concurrence étrangère, les voisins qui se plaignent, les policiers qui vident l’océan à la petite cuillère, la question de l’exploitation qui laisse circonspect : La Bulgare qui se dit sans souteneur dit elle vrai ? L’Africaine qui demande la protection de l’Etat (et donc des papiers) dit elle vrai aussi ? Tout ça parait complètement absurde, et même les prostituées n’ arrivent pas à comprendre le pourquoi de cette situation.
Le constat que le système actuel, plutôt prohibitionniste, laisse les filles dans un no man’s land juridique anarchique - le monde de la débrouille - et l’absence de volonté de réglementer, comme si les pouvoirs publics ne savaient que punir, fabrique une sorte de bordel ambiant où les filles sont précipitées vers la marginalité et la clandestinité, à la merci à la fois des mafias et de l’arbitraire policier, capable d’embarquer telle ou telle fille parmi d’ autres sur des critères que personne ne connait.
Un immense gâchis, quand on sait que la plupart des problèmes soulevés dans ce reportage pourraient être réglés avec une réglementation simple.

Tags: ,

Apr 15

Affaire de prostitution ordinaire :

“Des policiers ont constaté mardi soir, vers 19 heures qu’une prostituée exerçant avenue Jean Gagnant à Limoges aguichaient des clients devant le groupe scolaire (…)La jeune femme sera convoquée le 19 mai devant la justice.”

Note INP :  Quand on cherche des affaires de prostitution pour essayer de se rendre compte de l’ampleur de la traite et de l’exploitation, on tombe essentiellement sur ce genre d’affaire. En France, on lutte contre l’exploitation des prostituées en leur mettant la pression via des procès et des amendes. Par contre, des histoires d’exploitation et d’esclavagisme sexuel, on cherche encore. De là à imaginer que ce dernier phénomène serait exagéré pour justifier le pénalisation de la prostitution …

Tags:

Dec 29

Réfugié en Israël depuis cinq ans, un Moldave vient d’être condamné pour proxénétisme aggravé par le tribunal de Limoges. Pensant que la justice l’avait oublié, il s’était déplacé en Hongrie en octobre dernier où le mandat d’arrêt international délivré contre lui a pu être exécuté.

Coulant des jours heureux en Israël où il dirigeait une agence de publicité, Oleg Vikhrov, un Moldave de 38 ans, pensait avoir définitivement échappé à la justice française. En août 2002, lorsque les policiers de Limoges décident d’arrêter les responsables d’un réseau de prostitution international qui s’était, petit à petit, installé dans la capitale limousine, Oleg avait déjà pris la poudre d’escampette.

Lors des interrogatoires, ses complices, tout autant que les filles qu’il avait mises sur le trottoir, n’ont pourtant pas tardé à donner le nom du chef de ce réseau. Oleg Vikhrov surveillait les opérations de l’embarquement des filles dans le bus jusqu’à leur descente dans une station-service près de Narbonne. « Oleg et Igor nous attendaient à bord d’une 205 rouge. Ils nous ont emmenées à Limoges », a expliqué l’une des prostituées. Arrêté en Hongrie en octobre, Oleg a comparu devant le tribunal correctionnel de Limoges la semaine dernière.

L’occasion de rouvrir le dossier de cette filière mafieuse qui organisait la prostitution en France, notamment à Limoges, « ville réputée pour sa tolérance envers les prostituées », comme l’a souligné le ministère public.

« Emplacements de travail »

Pour quitter leur pays à destination de l’eldorado français, les filles devaient payer 5.000 dollars. « Nous devions rembourser cette somme une fois en France et verser, en plus, une partie de nos revenus », a précisé l’une des prostituées. C’est Oleg qui s’occupait de tout. Il installait les filles dans une chambre voisine de la sienne, dans un hôtel situé près du Champ-de-Juillet, un parc proche de la gare de Limoges-Bénédictins où Oleg trouvait même les emplacements de travail de ses filles et réglait les éventuels différends. C’est aussi lui qui fournissait les faux passeports roumains et qui accompagnait les filles à la maison des droits de l’homme et à la préfecture en vue de leur régularisation. « Il nous promettait un emploi de serveuse, mais il nous faisait comprendre que nous pourrions parfois monter avec un client », a déclaré l’une des filles.

Mauvais concours de circonstances

Dans son box, Oleg nie tout ou prétend ne pas se souvenir de faits plus précis lorsqu’ils lui sont opposés par la présidente. Il savait que ces filles se prostituaient, mais il n’a rien organisé. « C’est un mauvais concours de circonstances », lance-t-il, avant d’ajouter à propos des chefs qui lui ont demandé d’aller à Limoges pour installer les filles : « Je ne pouvais pas me permettre de leur dire non, ce sont des gens sérieux, on ne peut rien leur refuser. »

Le dossier de l’accusation prouve qu’Oleg a reçu de nombreux mandats et les nombreuses surveillances policières ont confirmé les déclarations des prostituées qui déposaient l’argent dans des paquets de cigarettes vides, abandonnés aux endroits convenus quelques minutes avant qu’Oleg ne les récupère discrètement. Le substitut du procureur ne veut d’ailleurs pas croire qu’Oleg « n’était au courant de rien ». Avant de réclamer sept ans de prison ferme, peine à laquelle Oleg avait été condamné par contumace en avril 2003 par ce même tribunal.

Son avocat a eu beau plaider que l’accusation « a voulu faire endosser à Oleg un manteau bien trop gros pour lui », le tribunal a décidé qu’il resterait en prison pour les cinq prochaines années. A sa sortie, il lui sera interdit de revenir en France durant cinq autres années. Quant à ses victimes, elles sont sorties de la rue et essayent de reconstruire leur vie dans d’autres carrières.

francesoir

Tags: ,

Oct 27

Les policiers avaient remonté et démantelé la filière de prostitution dite de « l’Est ». Les jeunes femmes étaient originaires de la même ville.

« Le démantèlement de cette filière, c’est du lourd, du sérieux, de l’international » insiste le vice-procureur Georges Borg au terme d’un  réquisitoire un tantinet chantant, et au verbe imagé. 

Trois prévenus de « proxénétisme aggravé » sont présents ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Limoges. Deux d’entre d’eux comparaissent détenus : Guyner Muradov, 34 ans, et sa compagne, Snezhana Yordanova, 29 ans, dite « Gulka » ; le troisième Saban Yagci, 52 ans se présente libre après avoir accompli trois mois de détention provisoire.

Georges Borg se veut aussi didactique et dresse « un tableau de la prostitution à Limoge ». « Il y a deux grandes filières, résume-t-il. L’une africaine, avec des sortes d’amazones, au proxénétisme tournant, les filles les plus anciennes faisant payer leur droit d’entrée aux plus jeunes. La seconde, c’est la filière de l’Est, bulgare, en fait, et beaucoup plus organisée ».

L’affaire du jour vise cette dernière ; et selon l’expression du vice-procureur elle a été mise au jour en juin 2007 grâce à la pugnacité de la brigade des m?urs du commissariat, et du GIR.

Confidence de prostituée, surveillance, écoutes téléphoniques ont permis aux policiers de comprendre comment fonctionner le réseau. Pour l’accusation, la tête de la filière se nomme Gulka. Originaire de Peshtera, petite ville du Sud Ouest de la Bulgarie, la jeune prostituée s’est installée à Limoges vers 2005 à l’issue d’un parcours, digne d’un « roman à la Zola », selon les mots de Georges Borg.

Gulka accueille régulièrement à Limoges, d’autres jeunes femmes, toutes viennent de Peshtera… tout comme Guyner Muradov. Lui, vit avec Gulka et sert de chauffeur. Avec son minibus, il fait deux fois par mois le voyage Limoges Peshtera. À bord de son minibus, il convoie des jeunes femmes à Limoges, mais aussi Bordeaux ou Toulouse.

Pourquoi Limoges ? « Parce ce qu’on y est moins embêté qu’ailleurs », dit-on à Peshtera.

Les bulgares racolent sur le Champ de Juillet. Mais pas seulement. Et c’est l’autre particularité du dossier. Les policiers ont découvert en effet que nombre de ces jeunes femmes ont également leurs habitudes dans un bar associatif turc avenue du Général-Leclerc, tenu par Saban Yagsi.

Devant le tribunal, les trois prévenus qui ne parlent que le turc, nient être des proxénètes. Seule Gulka Snezhana reconnaît se prostituer, mais refuse de porter le chapeau de “mère maquerelle”. Elle s’est occupée de ses compatriotes mais seulement par “solidarité villageoise”.

Pour le représentant du parquet, la prostitution sur le Champ de Juillet pose « un vrai problème d’ordre public ». « Limoges, tonne-t-il, ne ne doit pas être une poubelle sociale. Il n’est pas acceptable que l’on puisse dire que s’y prostituer y est plus facile. ».

Sur le banc de la défense, trois femmes, Mes Édith Verger-Morlighen, Sylvie Ranger-Peyrot et Nathalie Préguimbeau. Elles s’efforcent de démonter le dossier, avancent l’absence d’éléments tangibles prouvant que leurs clients sont des proxénètes.

S’il les a écoutées, le tribunal ne les a pas entendues et prononcé des peines proches de celles requises par le parquet.

lamontagne.fr

Tags: ,