Un couple sado-masochiste était jugé hier pour proxénétisme à Paluds-de-Noves

Un couple a comparu hier pour proxénétisme. A Paluds-de-Noves, pendant plus d’un an, il faisait payer des rendez-vous sado-maso.
© Photo d’illustration La Provence
L’univers d’un couple aux moeurs “sado-maso”, dans lequel avait à entrer hier le tribunal correctionnel du président Testud, n’avait rien de simple. Elle, 50 ans, née Patricia, se fait appeler Marie-Brigitte à la barre et a pour surnom “Maîtresse Nina”. Lui, 34 ans, se prénomme Boris, mais lorsqu’il “encadre” les parties SM, en bon agent de sécurité qu’il a longtemps été, il devient “Maître Bruce”.
Marie-Brigitte a trois enfants, majeurs, dont un, transexuel, né Jonathan, s’appelle aujourd’hui Déborah… Avec sa soeur Jessica, il a participé aux frasques de sa mère. C’est une amie des enfants, Magali, volontiers partante dans les “jeux de rôle” particuliers organisés sur les 100m² du donjon, situé aux Paluds-de-Noves, qui est à l’origine de la poursuite. Elle n’a pas du tout apprécié de découvrir des photos d’elle, un sexe d’homme à la main. Et elle a tout déballé sur le donjon.
A la barre, sa version est contestée par “Maîtresse Nina”, petite femme aux cheveux blonds décolorés, aux yeux très soulignés de noir, portant un “simple” pantalon kaki et des baskets. “Maître Bruce”, à ses côtés, a laissé le cuir. C’est lui, plutôt rondouillard, regard fixé sur le tribunal, aujourd’hui chaudronnier, qui fabriquait les croix et autres accessoires utilisés, à partir de 2004 et jusqu’en septembre 2005, au donjon.
Des personnes étrangères au couple, repéré pour ses “qualités” dans des soirées privées, lui avaient conseillé de s’installer à son compte. Des annonces dans la presse locale, un site Internet, l’instruction relève plus de 6900 appels sur le téléphone fixe de “Maîtresse Nina”, 5900 sur son mobile. Si les soirées sont gratuites (et ne font pas l’objet de l’audience), les rendez-vous sont payants. Le président Testud mentionne 150€ l’heure, 200€ s’il est fait appel à un travesti.
Et, autour de “Maîtresse Nina” il y avait une petite dizaine “d’intervenants”. S’agissait-il de proxénétisme ? Répréhensible par le code pénal de 10 ans de prison. “Nous devons dire le droit et ne pas déraper vers l’appréciation morale de ce qui se faisait dans le donjon” a tenu à préciser le Parquet, insistant aussi sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un réseau mais en qualifiant les faits de proxénétisme. “Même sans rapport sexuel, le corps était employé à la satisfaction. Le couple vivait de ces revenus.” Toutefois, le couple ayant réalisé déjà un mois de détention, la substitut a requis 10 mois de prison dont 9 avec sursis.
Tags: Libertin, Paluds-de-Noves
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