mar 27

En France, un site Internet hébergé en Suisse offre des dizaines d’annonces de logements contre services sexuels ou des emplois pour secrétaires prêtes à passer sous le bureau.
«Propose à jeune fille libertine une colocation contre services (massage, câlins, cuisine)». «Recherche assistante-secrétaire, toujours en jupe et talons. Très coquine. Contrat à durée indéterminée. Très bon salaire.» «Homme délicat, discret, apporte aide financière régulière à jolie jeune étudiante sans tabous pour des soirées régulières.»

Voilà quelques-unes des petites annonces que l’on trouve aux rubriques «emploi», «job étudiants» ou encore «à louer» des pages françaises de Missive, un site international de petites annonces gratuites en ligne.

Ce type d’offres est interdit en France: il expose les sites ou les publications à des poursuites pour proxénétisme. Les concurrents de Missive en France s’efforcent de les éliminer au fur et à mesure de leur apparition. Un laissez-faire qui a valu à Missive d’être dénoncé dans la presse française.

Des profiteurs
En effet, derrière la toile et ces petites annonces, des hommes profitent de la détresse de femmes pour assouvir leurs pulsions. A l’approche de la quarantaine, ce responsable de communication propose de partager son studio de 50 m² dans un quartier chic de Paris. Prix à payer: «un rapprochement physique par jour». Il trouve cela «ludique» et n’y voit aucun problème moral. «J’ai des copines qui vont et qui viennent, je ne suis pas un cas social. Mais les Parisiennes sont névrosées et casse-bonbons!», se justifie-t-il.

En général, celles qui répondent sont poussées par la détresse: «A 23 ans, j’étais au chômage et je cherchais un studio. Comme je ne pouvais même pas avancer la caution, le propriétaire m’a fait comprendre que je pouvais avoir ce studio contre arrangement», témoigne une jeune femme contactée par e-mail. Une mère célibataire de deux enfants, sans logement, s’est-elle aussi décidée à répondre à ces annonces. «Par trois fois, des propriétaires m’ont demandé de coucher après m’avoir fait visiter un appartement, mais ensuite ils ne me rappelaient pas.»

Coucher pour loger. (Miyuki Droz Aramaki)Une dérive propre à la France
Sur les pages suisses, belges et canadiennes de Missive, aucune annonce de ce type. «La France est beaucoup plus répressive que ses voisins en matière de prostitution. Ici, il n’y pas de maisons closes ou de quartiers rouges comme en Belgique. Ceux qui ont créé Missive ont sans doute voulu explorer ce marché d’une clientèle frustrée», analyse Me Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste du droit d’Internet.

Le quotidien Libération a été le premier journal à dénoncer Missive – un site que le webmaster, Pierre Allain, reconnaît être suisse. L’information a depuis été reprise par les principales radios et télévisions françaises. Du côté de Missive, la seule réaction a été une mise en garde («attention aux annonceurs peu scrupuleux: refusez tout échange de logement contre services») apparue au-dessus des annonces qui continuent quand même de proposer ce genre de deal!

Contacté par e-mail, le webmaster prétend avoir réglé le problème de ces messages en éliminant la rubrique «colocation» de son site. Depuis que nous lui avons fait remarquer que c’était faux, il refuse de répondre à nos questions.

Des sites basés à l’étranger
Pourquoi la Suisse? Parce qu’en France, le proxénétisme est un délit grave, passible de 10 ans de prison. De plus, les lois concernant la prostitution sont interprétées de manière très large: «On a déjà jugé un coiffeur qui laissait les prostituées se réchauffer quelques minutes dans son salon. L’argument: il soutenait la prostitution, rappelle Emmanuel Pierrat. Souvent des individus sont persuadés de ne pas être proxénètes, mais la jurisprudence les condamne.»

Les sites Internet sont donc eux aussi dans la ligne de mire de la justice. En 1997 déjà, Le Nouvel Observateur a été condamné pour proxénétisme aggravé, parce qu’il gérait le Minitel rose 3615 Aline, où l’on trouvait des annonces de prostituées.

Du coup, comme la plupart des sites francophones d’escort girls ou de prostitution, Missive est basé à l’étranger. Une nationalité suisse bien dissimulée, car Missive est enregistré aux Etats Unis, via une entreprise américaine, Domains by Proxy, dont la spécialité est de servir de prête-nom pour cacher l’identité et la nationalité du fondateur.

Y mettre fin
Quant à des poursuites contre le webmaster, elles sont possibles en théorie, même lorsque le site est basé à l’étranger. Dans la pratique, c’est assez rare: les procédures sont longues et coûteuses.

En effet, il faut faire appel à Interpol et passer par une collaboration internationale, parfois refusée. Dernière éventualité: porter plainte pour pornographie, comme le propose Me Sébastien Fanti, avocat suisse spécialisé sur les questions Internet : «Tout internaute, en France ou en Suisse, peut se plaindre du contenu de ce site, accessible sans avertissement, même à des mineurs!».

swissinfo, Miyuki Droz Aramaki, Paris

Source :  http://www.swissinfo.ch/fre/a_la_une/Un_site_suisse_ose_suscite_la_polemique_en_France.html?siteSect=105&sid=8892349&cKey=1206539072000&ty=st

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mar 17

Les mésaventures d’Eliot Spitzer, l’ex gouverneur du New Jersey obligé de démissionner en raison de son intérêt pour les réseaux de call-girls révèlent que la prostitution en est à sa phase 2.0 et confirment le rôle des bases de données dans le contrôle social.

Jusqu’où la technologie ne va-t-elle pas se fourrer?

Plusieurs sites , dont The Erotic Review , My Red Book et Big Doggie , permettent aux prostituées d’offrir leurs services (comme NicoleCMT dont vous pouvez voir la photo) et aux clients de dire ce qu’ils en pensent. La reconnaissance exprimée par des clients extatiques permet d’en attirer d’autres qui se fient aux recommandations de leurs pairs. Comme les vendeurs d’eBay, les prostituées comptent maintenant sur le web pour promouvoir leur réputation . Pourquoi pas?

Le second aspect mis en valeur par le scandale Spitzer est en fait beaucoup plus inquiétant. Il concerne la façon dont le système conçu pour repérer les opérations de blanchiment d’argent, qu’il s’agisse de narcos, de terroristes ou d’autres activités jugées illicites, a permis de choper l’ex-gouverneur.

Le FBI s’est intéressé au réseau de prostitution parce qu’il avait procédé à des transferts d’argent important (jusqu’à 400.000 dollars). A l’inverse, il s’est intéressé à Spitzer parce qu’il avait multiplié les virements juste en dessous de 10.000 dollars (le seuil à partir duquel les banques américaines sont obligées de rendre compte d’une transaction bancaire). Considérée comme statistiquement suspecte, cette donnée mise en valeur par les ordinateurs a poussé les inspecteurs à s’intéresser à l’homme politique.

On apprend dans la foulée que le Financial Crime Enforcement Network du FBI (FinCEN) avait enregistré près de 5 millions d’activités suspectes au 30 juin 2007. Un nombre indéterminé provient en fait d’activités légitimes réalisées par des citoyens ordinaires (ayant les moyens).

La partie vraiment inquiétante c’est que le FBI réunit des données (près de 700 millions d’entrées en août 2006) en provenant de plus de 50 sources dans ce qu’ils appellent leur hangar à données (Investigative Data Warehouse ). Les policiers affirment que 40% des individus suspectés d’activités terroristes sont apparus dans les données ainsi emmagasinées entre le 1er janvier 2000 et le 30 juin 2006.

L’envers de cette médaille c’est qu’un tel croisement de bases de données différentes permet de savoir énormément de choses sur énormément de personnes. C’est d’ailleurs pour cela que le Sénat avait fait capoter un projet du même ordre (à l’échelle internationale), le Total Information Awareness de l’amiral Poindexter .

A l’heure du data mining, nous devrions être particulièrement attentif à toute tentative de réunir de multiples bases de données et de croiser les informations dont elles disposent.

Qu’en pensez-vous?

http://pisani.blog.lemonde.fr/2008/03/17/prostitution-20-et-controle-tic/

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mar 15

Ashley Alexandra Dupre, la call-girl impliquée dans le scandale Spitzer.

Ashley Alexandra Dupre, la call-girl impliquée dans le scandale Spitzer.

C’est le syndrome «Jérôme Kerviel». Depuis que son nom a été révélé mercredi par le New York Times, Ashley Alexandra Dupre, la call-girl au centre du scandale Spitzer est la cible des internautes qui essayent de trouver la moindre trace de sa vie sur le Web.

Première découverte: sa page MySpace, où l’on peut voir plusieurs photos de la jeune fille, dont une à Saint-Tropez en 2007 (y aurait-il un Spitzer français?). Mais la surprise est que la call-girl est avant tout une chanteuse de mauvais R’n’B qui revendique dans ses «friends» Madonna, Mary J Blige… et Céline Dion. Les fans peuvent même acheter sa musique sur le site amiestreet.com. «Je suis toute entière pour ma musique et la musique est tout pour moi», déclare t-elle pour se présenter, oubliant de mentionner ses activités avec Eliot Spitzer.

«Ashley Alexandra Dupre était dans ma classe!»

Comme Jérôme Kerviel au temps de sa splendeur, Ashley Alexandra Dupre est devenue une véritable star de Facebook. Déjà 10 groupes ont été créés en son honneur, du classique «Ashley Alexandra Dupre is the next American Idol» au prospectif «Ashley Alexandra Dupre was in my class!» La call-girl a aussi son propre profil Facebook. Et elle répond aux internautes qui la sollicitent, comme ce blogueur ravi de discuter avec la star médiatique de la semaine.

Les réseaux sociaux font une nouvelle fois la démonstration de leur formidable capacité à dévoiler l’intimité des personnes qui atterrissent au cœur de l’actualité. Grâce à Facebook et MySpace, il est déjà possible de visionner un beau diaporama des photos d’Ashley Alexandra Dupre. Ou d’admirer cette petite séquence récapitulative (photo+chansons)…

Si vous voulez laisser un petit message à Ashley, seule solution, passer par son blog MySpace qui est commentable sans avoir besoin d’être son ami. Déjà près de 1000 commentaires de soutien, d’insultes ou de moqueries.

Même CNN n’a rien d’autre à montrer sur la jeune fille que sa page MySpace (regardez leur reportage). Un conseil: si vous envisagez de devenir une star sulfureuse dans les mois qui viennent, fermez par prévention vos blogs et tous vos profils sociaux.

Source : http://www.myspace.com/ninavenetta

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fev 28

Lagardère a annoncé le rachat de 53,38% du capital de Doctissimo, site internet spécialisé dans les informations sur la santé. Lagardère offre 30,50 euros par action, valorisant l’ensemble du groupe 138 millions d’euros. Doctissimo reste sur un dernier cours de 28,40 euros.

Doctissimo est un site web important dans le secteur de la prostitution, en particulier grâce à son forum spécialisé très actif, où prostituées et clients s’expriment librement. Qu’en sera t’il à l’ ère de l’ami-du-président ?

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fev 13

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C’est encore un phénomène peu étudié, aux contours flous. À Nantes, Médecins du monde mène une action unique en France.NANTES. - En quelques clics, tout y est. Le numéro de téléphone, les horaires de travail, le prix à l’heure (en moyenne 150 €, hors promotion), parfois les photos et naturellement le message. Bref et direct… Même si aucune donnée chiffrée fiable n’est disponible, la prostitution explose sur Internet.

On rencontre des femmes qui préfèrent se dire « escorts ». Aline (1) sourit au téléphone. « C’est pour embellir. Prostituée, c’est pareil. Sauf qu’on fait davantage de psycho. Et c’est pas n’importe qui, qui paye 150 ». Elle a 35 ans, une formation d’aide médico-psychologique en poche et pas de travail. « C’est une période de transition. Je me suis donné un an. Mettre de l’argent de côté et acheter un appartement. »

Sur la Toile, les hommes aussi offrent leurs services. La trentaine, Fred raconte avoir « mis l’annonce, il y a un mois. J’avais perdu mon boulot. C’était financier, mais aussi par curiosité ». L’homme glisse qu’il ne s’est pas prostitué. « Faute d’appels, mais je ne le regrette pas. C’est sans doute mieux comme ça. »

Dans l’appartement ou à l’hôtel

À Nantes, les travailleurs sociaux recensent environ soixante prostitué(e) s sur les trottoirs, trois fois plus sur le Net. C’est un refuge pour les filles, chassées de la rue depuis la loi sur le racolage. Et pour les étrangères sans papiers. Et puis, il y a tous ceux et celles qui se sont improvisés vendeurs de charmes. À l’hôtel ou dans leur appartement, mais qui n’auraient jamais osé séduire un client sur un bout de trottoir.

Anonyme, plus discret que la rue, apparemment plus facile, le Net « facilite » les choses, confirme Cécile Condominas, intervenante sociale à Nantes, à Médecins du Monde, pour la mission prostitution. Qui sont ces escorts ? Le font-ils tous les jours ou de temps en temps ? Est-ce lucratif ? Plus sécurisant que la rue ? Beaucoup de questions et beaucoup de tâtonnements. Le phénomène n’a guère été fouillé.

Depuis un an, cinq salariés et bénévoles de Médecins du Monde explorent ce qu’ils appellent la « prostitution indoor ». Une première expérience en France, suivie à la loupe par d’autres villes. La nuit, ils continuent de circuler à bord de leur bus et, le jour, ils tentent de nouer contact par téléphone avec les escorts. « Ça prend énormément de temps et c’est très compliqué. Les gens sont surpris et méfiants. Nous sommes là pour leur proposer - sans juger -, une écoute, un accès aux soins, aux droits », explique Nicole Neyrat, bénévole et corresponsable de la mission prostitution. Très rapidement, elle et les autres ont réalisé qu’un gigantesque travail les attendait.

Sans préservatif

« Nous avons été alertés par des annonces qui proposent très clairement des rapports sans préservatif. Dans la rue, ça existe, mais c’est plutôt le client qui demande et il négocie. Là, sur le Net, c’est affiché », s’inquiète Nicole Neyrat.

Internet isole aussi. « Les gens n’en parlent à personne. Et entre escorts, on parle peu. Ce n’est pas comme dans la rue, on n’a pas les conseils des plus anciennes ni parfois l’entraide », insiste Cécile. Comme la copine qui relève la plaque d’immatriculation de la voiture du client, au cas où la collègue tarderait à revenir. Alex confirme qu’elle est souvent inquiète. Mais nuance : « On filtre avec le téléphone. Et je refuse aussi les appels masqués. »

Isolées, vulnérables, exposées aux proxénètes, les femmes - celles surtout qui ont noué contact avec Médecins du Monde - se sont révélées bien démunies en cas de problème. Après une relation sans protection, où aller pour un dépistage, où rencontrer un médecin en urgence ? « Il y a cette jeune femme qui n’osait pas porter plainte. Elle pensait que se prostituer était interdit. »
Marylise COURAUD.

(1) Prénoms d’emprunt.

Ce que dit la loi. La prostitution n’est pas interdite. Sont punissables le proxénétisme, l’exhibition et le racolage.

http://www.ouest-france.fr/La-prostitution-explose-sur-Internet-/re/actuDet/actu_3636-558638——_actu.html

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