Jun 13

Deux Roms hongrois, arrêtés récemment, faisaient venir de Hongrie des femmes de leur communauté pour les faire travailler sur les trottoirs du Sihlquai, à Zurich. Pour Peter Rüegger, le chef des enquêteurs de la police municipale, l’affaire est grave. «Nous ne savons pas encore combien exactement de prostituées roms ont été amenées à Zurich, mais leur nombre est élevé.»

Bilatérales en cause
Conséquence: les prostituées roms cassent encore les prix dans une zone de la prostitution zurichoise occupée traditionnellement par les toxicomanes, qui étaient déjà prêtes à tapiner bien en dessous des 100 francs demandés habituellement pour le prix d’une passe. «De plus, l’arrivée des «Hongroises» a eu pour conséquence de chasser les autres prostituées à l’intérieur des zones d’habitation, où la prostitution est interdite.»

«Les «Hongroises» ont chassé les autres prostituées à l’intérieur des zones d’habitation, où la prostitution est interdite»

Peter Rüegger, chef des enquêteurs de la police municipale
Avec des tarifs tellement bas - notre enquête a révélé que certaines filles étaient prêtes à descendre au-dessous de la barre des 50 francs - pratiqués sur le Sihlquai et la présence des souteneurs, la situation s’est considérablement dégradée. Sans parler du danger constant dû aux risques d’infection aux MST, VIH compris, avec des filles qui acceptent de plus en plus de «travailler» sans préservatif. «Nous avons même dû intervenir dans des cas de viol», rapporte encore l’officier de police.

Principale cause de cette invasion, les accords bilatéraux avec l’Union européenne: en 2005, la police n’a recensé aucune prostituée hongroise sur le Sihlquai. Depuis l’extension au 1er avril 2006 de la libre circulation des personnes pour les nouveaux Etats membres de l’UE, le nombre de Hongroises a passé de 26 en 2007 à 44 au premier semestre 2008. «La plupart d’entre elles appartiennent à la minorité des Roms.»

Source : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/roms-a-prix-casses_9-175035

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Nov 23

Un article très orienté “anti-prostitution” qui nous en apprend beaucoup sur la politique Hongroise en la matière… à suivre… 

Environ 40 000 prostituées exercent en Hongrie [10 millions d'habitants]. En 2005, la moyenne des dépenses pour la consommation dans ce secteur sur l’ensemble de la population masculine de plus de 15 ans (3,9 millions d’hommes) était de 32 000 forints [124 euros] par personne.

La prostitution n’est ni un travail ni un service, la prostituée n’est pas un entrepreneur mais un article de vente“, a affirmé l’Association pour une Hongrie sans prostitution (PNMM) dans sa campagne “Cherche l’homme !”. La PNMM a collé des affiches dans les toilettes des hôtels et des bars de Budapest dénonçant le rôle des proxénètes. Pourtant, le gouvernement (social-démocrate) hongrois s’apprête à taxer la prostitution comme n’importe quelle autre activité.

Cette nouvelle loi va permettre aux représentantes du “plus vieux métier du monde” de faire le trottoir comme entrepreuneuses individuelles et de bénéficier ainsi des conseils d’experts-comptables pour leur bilan ou leurs investissements. Elles pourraient toucher une retraite ou contracter des crédits. Comble de l’absurde : l’Association des prostituées de Hongrie, qui sera chargée d’organiser des formations pour les familiariser avec les règles comptables, pourrait se voir attribuer une subvention de 15,2 millions de forints [59 100 euros] au titre du programme de “Retour des femmes sur le marché du travail”.

D’après ce projet qui frise l’absurde, les prostituées hongroises pourraient inclure dans leurs frais de fonctionnement les frais de publicité, de voiture et les factures de téléphone mobile, mais pas les achats de préservatifs, les frais d’esthéticienne, de coiffure ou de lingerie sexy. L’Association des prostituées doute cependant que les péripatéticiennes puissent établir des factures en bonne et due forme. Elles devraient en effet y faire figurer les nom et adresse des clients. Elles ne devraient donc fournir que de simples reçus.

L’imposition des prostituées accentue le caractère hypocrite des mesures juridiques tentant de réguler la prostitution en Hongrie. La loi de 1999 a imposé des zones de tolérance qui auraient permis aux municipalités de confiner la prostitution dans certains immeubles, mais les municipalités, ne souhaitant pas s’en mêler, se sont séparées des immeubles en question. Or, permettre à des financiers liés à la prostitution d’acquérir ces immeubles n’est pas non plus la solution, puisque c’est contraire aux accords de New York (1955) et à la loi hongroise, qui interdisent toute prise de bénéfice issu de la prostitution. En les assujettissant à l’impôt, l’Etat devient de fait un proxénète, un maquereau.

On devrait surtout se demander qui sont ces clients qui pensent pouvoir acheter le corps d’une femme. D’après le psychothérapeute Péter Szil et la sociologue Anna Betlen, les films pornographiques, diffusés sur les télévisions hongroises, font l’apologie du règne de l’homme sans partage et incitent les Hongrois à mener une double vie : fuyant le monde où les femmes ont une vie sexuelle autonome, ils en cherchent un nouveau où la relation humaine n’est pas nécessaire. La prostitution institutionnalise donc le viol : le client obtient quelque chose qu’il ne pourrait acquérir qu’au prix d’une violence. Tant que l’Etat œuvre pour institutionnaliser la domination d’un sexe sur l’autre, il est vain de parler de quotas et de parité.

Source : http://www.courrierinternational.com/

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