Adieu quartier délicieusement humain. Adieu petit business. Adieu offre du producteur au consommateur. Bonjour, monde de demain, avec ses boutiques de design en franchise, ses chaines de restauration diététiques et ses enseignes de fringues planétaires. Quand on vous dit que la prostitution c’est la marchandisation des âmes, vous le croyez vraiment ? Ou vous aussi vous avez tendance à penser à l’inverse, que c’est l’absence de prostitution qui laisse place nette à un monde froidement libéral, purement utilitaire, déconnecté de l’humain.
Les néons rouges d’Amsterdam vont s’éteindre progressivement dans les années qui viennent. Après des hésitations, la mairie travailliste va finalement mettre à exécution son plan pour une “nouvelle ville”. Les prostituées et les marchands de souvenirs des “Wallen”, le quartier chaud de la ville, devraient progressivement évacuer les lieux pour faire place à des hôtels, des restaurants et des boutiques de luxe. Les sans-domicile-fixe dans les abris et les toxicomanes dans les centres d’accueil devraient, eux aussi, être expulsés car la mairie espère faire revenir des habitants aisés dans cette quinzaine de rues bordées par des canaux.
Quant aux touristes enfiévrés qui se pressaient jour et nuit pour découvrir les professionnel(le)s du sexe dans leurs vitrines et autres salons, ils pourront visiter désormais la demi-douzaine d’églises que compte le quartier, souligne-t-on à la mairie. Humour néerlandais ? Pas vraiment. Car les élus de la ville agissent d’abord, expliquent-ils, pour lutter contre les trafics d’êtres humains que la législation sur la prostitution, en 2000, n’a pas permis d’endiguer. Les quelque 200 “entreprises” du sexe de la capitale ne disparaîtront pas, mais seront rendues moins visibles. L’honneur de la “nouvelle ville” est sauf.
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Tags: Amsterdam, hollande, Quartier Rouge

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