Oct 10

d’après les écrits de Grisélidis Réal> Prostituée, artiste, révolutionnaire, Grisélidis Réal (1929 – 2005) est un personnage tellement à part qu’elle mérite à elle seule un spectacle. Maîtresse d’un espace de liberté qui nous manque  aujourd’hui, elle occupe un terrain de lutte et de jouissance. Armée de sa langue sublime et implacable, Réal invite ses contemporains à refuser l’ordre établi, à définir leur propre rapport, libéré et jouisseur, à la morale, au  plaisir et à la marche du monde.> Avec “Et le Respect…”, nous travaillons à poursuivre ce geste simple, cet élan vertical, tissé de douceur et de colère.> Dans “Libération” du 16 février 2006, Eric Loret écrivait au sujet des oeuvres  de Grisélidis Réal : “En réalité, ce sont surtout de la littérature bien forte, bien infusée, un vrai torrent d’écriture, de beauté convulsive, qui vous saute au paf, violente et drôle. (…) Il y a plus de vitalité, d’invention, de  tendresse et de haine dans ces lettres que dans la plupart des romans
ventriloqués, conventionnels d’auteurs qui ont fermé la porte au possible.”> Le dossier de presse est directement téléchargeable sur

http://www.franchement-tu.com/spectacles/docs/dossier-respect.pdf >

Le spectacle se joue> du mardi 16 au samedi 20 octobre 2007 à 20h30,> le dimanche 21 octobre  à 17h00,> à Mains d’Oeuvres, Saint-Ouen.> Réservations / Informations : 01 40 11 52 36 / 01 40 11 25 25 / resa@mainsdoeuvres.org > Tarif réduit : 8 € / Tarif plein : 12 €> Le dimanche 21 octobre, après la représentation, nous organisons une rencontre avec des travailleurs / travailleuses du sexe ; ils/elles viendront échanger en leur nom propre, à visage découvert, sur leur métier,  autour de la thématique : “choisir d’être travailleur du sexe”> Cordialement> Mains d’œuvres> ……Plus d’info sur http://www.mainsdoeuvres.org>
http://www.franchement-tu.com/spectacles/docs/dossier-respect.pdf

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May 31

“Péripatéticienne et écrivain.» Elle tenait à ce que ses deux professions figurent sur les documents officiels. Elle aurait pu ajouter «artiste-peintre», et «révolutionnaire». Emportée par un cancer le 31 mai 2005, Grisélidis Réal s’est battue pour la liberté de se prostituer et la revenducation d’un statut reconnu et respecté. La France ne l’a pas entendu dans les années 70, la Suisse, si.

Griselidis RealAMOUR ET RÉVOLUTION
La Passe imaginaire, Grisélidis parle de son quotidien partagé entre clients et engagement militant. Pour elle, «se prostituer est un acte révolutionnaire». Malgré les années difficiles, les souffrances et la violence, elle a toujours défendu sa liberté et revendiqué pour elle et ses consoeurs de pouvoir pratiquer leur «Art» en jouissant d’un statut reconnu et respecté. Née en 1929 à Lausanne, elle commence à se prostituer dans les années 1960, dans un bordel clandestin de Munich: divorcée, elle doit nourrir ses trois enfants – elle en aura quatre, «tous artistes», écrit-elle fièrement. En 1975, elle est l’une des meneuses de la «Révolution des prostituées» à Paris: 500 filles occupent la chapelle Saint-Bernard et réclament la reconnaissance de leurs droits. Grisélidis amènera sa «Révolution» à Genève en 1977, et ne cessera de se battre contre une société pétrie de morale hypocrite. Elle crée dans son appartement des Pâquis le Centre international de documentation sur la prostitution, et fonde en 1982 l’association de défense des prostitués Aspasie (Qui fête aujourd’hui même ses 25 ans), à Genève. Plus tard, elle combattra avec l’énergie qui lui reste «le Sarkozy» et sa loi régressive.

La reconnaissance dont elle bénéficie – interventions publiques et dans les médias, travaux de diplômes d’étudiants en sciences sociales –, ne l’empêche pas de continuer à pratiquer son métier. Dans les lettres de La Passe imaginaire, Grisélidis raconte aussi comment elle accueille chez elle, avec musique et bougies, ses clients turcs, portugais, suisses ou espagnols. Visiteurs d’un soir ou fidèles depuis des années, ils dessinent un portrait de la solitude masculine et de la misère sexuelle. Mais Grisélidis refuse la vision misérabiliste que les «bourgeois» et les «féministes jalouses et frustrées» ont des prostituées. Si la prostitution use le corps et l’âme, elle lui a donné un immense amour de la vie et des autres – elle connaît leur solitude, leurs échecs, leur besoin de tendresse.

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