Feb 12

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Nov 07

Reportage sur le tourisme sexuelle d’ Européenne en Gambie

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Oct 22

Elles sont quinquagénaires, cadres d’entreprises. Une semaine par année, elles entretiennent leurs idylles tarifées avec de jeunes Egyptiens. Enquête sur les bords de la Mer Rouge.

Hurghada, ses plages, sa mer, ses hôtels et son tourisme sexuel féminin. Il y a seize ans, cette petite ville de la côte égyptienne n’était rien. Aujourd’hui, elle vit au rythme des ballets des vols charters : Paris, Düsseldorf, Genève, Amsterdam, Moscou ou Bruxelles, le tourisme de masse est roi. Ce séjour n’aura d’égyptien que le climat. Le reste n’est que touristes français, suisses, belges, canadiens et britanniques. J’en fais partie. Martine* aussi.

Martine est suissesse, elle a 53 ans. Lausannoise divorcée, elle est cadre dans une grande entreprise de la Côte vaudoise, au bord du Lac Léman. Je ne le sais pas encore, mais cette quinquagénaire, plutôt discrète et bien mise, sera l’objet de mon enquête hebdomadaire. Martine, c’est ce qu’on appelle une adepte du all inclusive : vol, hôtel, transfert et parties de jambes en l’air. Voilà cinq ans qu’elle y vient annuellement vivre une idylle tarifée.

Lundi 29 septembre. Un hôtel club comme il en existe des centaines. Au bord de la piscine, un Coca Zéro dans la main, je rencontre Martine pour la première fois. A la table d’à côté, elle murmure des « je t’aime habibi » au téléphone : « Tiens-moi au courant quand tu seras arrivé à la gare routière et je t’envoie un taxi. » Au bout du fil, Sofiane*, célibataire, 26 ans et étudiant en ingénierie au Caire. Une semaine par année, ils forment un couple. Lui ne paie rien. Elle lui paie tout.

Intrigué par la conversation téléphonique, j’engage la discussion : « Votre mari habite l’Egypte ? » Bravo Mehdi ! Elle est pertinente, ta question. « En quelque sorte », me répond-elle d’un air pressé. Le cours d’aquagym l’attend : « Joignez-vous au groupe, on pourra discuter. » Dix minutes après, me voilà parmi quinze quinquagénaires à sculpter mes abdos fessiers. Ça, c’est du journalisme de terrain ! Mais bon, si ça peut me permettre de mener mon enquête. Plus tard, au bar, toujours pas de traces de Sofiane. Martine s’impatiente. Je lâche l’affaire.

Le lendemain du côté de la plage. Il est là ! Dix transats plus loin, j’aperçois ce couple qui s’adonne à de chaudes embrassades. Je trouve un prétexte aussi fin que celui de la veille pour les saluer et discuter. Sofiane, elle l’a rencontré à l’automne 2006. « C’était dans une boîte à touristes d’Hurghada. » S’en est suivie une folle semaine passée dans la chambre d’hôtel. Quelle confession face à cette femme qui pourrait être ma mère et celle de Sofiane.

Cette relation m’intrigue. Mes questions se font de plus en plus précises. Martine, elle, est de plus en plus évasive. J’insiste. J’y vais franco. J’en suis certain, cette relation est tarifée : « Je ne suis pas une salope. On n’est pas en République Dominicaine. » C’est sûr. Ici, pas de drague agressive sur la plage. Le contact se fait discrètement. Faut-il rappeler que la prostitution est fortement réprimée en Egypte ?

Prostitution ? A ce mot, Martine s’agace, mais à y regarder de plus près, ça y ressemble: « Je ne lui verse pas d’argent. Ma contribution se limite à payer son voyage aller-retour, l’hôtel et… 200 euros pour l’écolage universitaire. » Soudain elle se tait, comme si elle s’était rendue compte de sa propre contradiction, puis continue tout en se justifiant : «Avec Sofiane, c’est l’amour parfait. Il est beau, grand, mais surtout très serviable et me câline. En fait, je crois que c’est ça qui me plaît chez lui et chez les Egyptiens. Ce sont les hommes les plus dociles du monde. Et puis, il faut le dire, ils sont bien membrés. »

Du discours passionné du début, celui-ci devient vite colonialiste et raciste. Martine ne semble pas s’en rendre compte. Son débit de parole se fait de plus en plus rapide. Je l’observe scrupuleusement. Je l’imagine dans son environnement, hyper active, travaillant plus de cinquante heures par semaine, tailleur, maquillage soigné, avec cette classe qui caractérise souvent ces femmes cheffes d’entreprises.

Je propose un autre verre. Martine ne semble pas m’entendre. Le décolleté rougit par le soleil, les cheveux asséchés par le sel, elle continue : « Vous savez, en Europe nous avons tout. Eux, ils n’ont rien. J’aime la simplicité et la docilité des Egyptiens. Ils sont toujours heureux de nous accueillir. Nous sommes un peu le poumon économique du pays. Ma relation avec lui a, par certains côtés, une vocation humanitaire. » Quelle belle mission ! Ses propos me mettent mal à l’aise. J’essaie de ne pas la juger, de combattre mes a priori. Difficile, mais je lutte. Ce discours, Martine le justifie par ses nombreux voyages à travers le pays : « Il n’a plus de secrets pour moi. » Entre l’hôtel Mövenpick de Sharm El Sheikh, le Club Med d’Hurghada et l’Hilton du Caire, l’Egypte la vraie, elle la connaît.

Sofiane, lui, nous a déjà quittés. Dans la suite de Martine, il se prépare pour l’Aïd, la fin du Ramadan. Le couple sera de sortie : « Toujours un moment inoubliable. » Martine y est habituée. Comme chaque année, elle veille à réserver sa semaine égyptienne pour les derniers jours du jeûne musulman : « Un mois sans manger, boire, fumer et baiser, il ne peut qu’être content de me voir. » Un plaisir pour lequel elle aura déboursé quelques 2000 euros…  All inclusive. Sur cette relation, je n’aurai que quelques mots de Sofiane. Pas moyen de connaître son opinion, ni ses motivations. Et puis, la fin du séjour approche.

L’œil humide, Martine quitte Sofiane: « A l’année prochaine habibi ! Je t’aime ! Prends soin de toi et étudie, c’est important. » Lui, ne rejoindra le Caire qu’après-demain. Mi-novembre, il retournera du côté de Sharm El Sheikh. Une nouvelle semaine balnéaire l’attend, en compagnie de Nathalie, 48 ans, une responsable des ressources humaines d’Ile-de-France. Mais ça, Martine ne le sait pas.

bondyblog.fr

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Oct 07

« Tu es une pute ! », s’écrie Isabelle Carré, dégoûtée, lorsqu’elle découvre que son mari (Eric Caravaca) vend ses charmes dans “Cliente”, de Josiane Balasko. Même si la prostitution féminine est plus courante à l’écran, on peut dénombrer quelques gigolos dans l’histoire du cinéma. Petit panorama d’hommes à femmes friquées.

Richard Gere dans American Gigolo, de Paul Schrader (1980) : le plus narcissique

Dans des costards sur mesure qui mettent en valeur ses charmes, Julian (Richard Gere) est un pro manucuré qui sait donner le plaisir qu’on attend de lui. Très mâle et juste vulgaire ce qu’il faut, il se prostitue comme d’autres sont trader ou agent immobilier. Mais chez ce moralisateur de Schrader, on ne peut pas vendre son corps sans payer un jour ou l’autre…

Gad Elmaleh dans Hors de prix, de Pierre Salvadori (2006) : le plus romantique

Comment subvenir, quand on est sur la paille comme Jean, à tous les caprices d’Irène (Audrey Tautou), la cocotte de luxe qui se tape des vieux ? En se tapant des vieilles. Dans cette comédie sentimentale toute de caviar et de soie, on ne tapine pas. On se fait entretenir avant de découvrir le grand amour, celui qui n’a pas de prix.

David Bowie dans Gigolo, de David Hemmings (1979) : le plus dandy

Dans cette réalisation de l’acteur de Blow-up, d’Antonioni, Bowie incarne un jeune noble qui préfère coucher avec des rombières plutôt que de trouver un boulot dans le Berlin de la république de Weimar. Le film, faussement sulfureux et décadent, est vraiment mauvais, mais, autour du bellâtre en smoking, le casting féminin est surprenant : Sidney Rome, Kim Novak et Marlène Dietrich pour sa dernière apparition à l’écran dans le rôle d’une baronne qui chante Just a gigolo!

John Voight dans Macadam Cow-boy, de John Schlesinger (1969) : le plus gamin

Pauvre Joe Buck, (bien) monté à New-York de son Texas natal pour faire fortune en faisant « la pute »… Pathétique cow-boy qui découvre que même vendre son seul bien (son corps) n’est pas si facile… En étalon un peu neu-neu, John Voight est poignant.

Daniel Auteuil dans Mauvaise Passe, de Michel Blanc (1999) : le plus concret

Un gigolo agrégé et écrivain ! Venu à Londres pour écrire un roman, Pierre devient escort boy parce qu’il a 40 ans et a besoin de changement ! Et il aime ça, l’inconnu, les nuits moites, le plaisir qui rapporte… avant de découvrir que la chair est d’autant plus triste quand elle est tarifée.

William Holden dans Sunset boulevard, de Billy Wilder (1950) : le plus cynique

Un cadavre dans une piscine : voilà comment on finit quand on a cru pouvoir profiter des faveurs d’une vieille star recluse dans sa villa et ses souvenirs. C’est l’occasion qui fait le gigolo dans ce chef-d’œuvre de Billy Wilder où la « cliente » est folle à lier.

Jude Law dans AI, Intelligence artificielle, de Steven Spielberg (2001) : le moins humain

Et pour cause, puisque ce gigolo là est un robot ! Un « Mecano d’amour » pour être plus précis, conçu pour donner du plaisir comme un mixeur l’est pour mixer. Un sex-toy grandeur nature ainsi que l’indique son nom, Gigolo Joe, comme on dirait Action Joe. Il faut de la chair pour être humain, mais chez Spielberg même les robots ont un cœur.

Source : Télérama

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Sep 29

Il y a de la vie derrière Millet, Angot et Abecassis. Les romancières qui monopolisent les médias en ce mois de rentrée littéraire savent-elles que palpitent derrière l’écho de leurs vacarmes médiatiques de véritables perles ?… Des romans pour de vrai, de grandes œuvres aux plumes aussi jeunes que, déjà, pourtant, superbement maîtrisées. La rentrée littéraire ne vaut-elle d’ailleurs pas que par les talents qu’elle aide à mettre au monde, pépites rendues par la marée, petits joyaux dont on s’empare avec gourmandise et ce plaisir de la surprise, d’une très bonne surprise. À côté de cela, Catherine, Christine et Eliette, usurpatrices premières de la classe, ne brillent que d’un éclat bien petit et si terne.

On espère seulement que les prix de l’automne n’iront pas à celles-là mais à des écrivains comme Jean-Baptiste Del Amo, jeune auteur – 26 ans - d’un premier roman bon à couper le souffle. Une plume au classicisme assumé et parfaitement dompté sert une histoire dense, prenante, originale (même si l’on pense ici aux Liaisons dangereuse, là au Parfum, ailleurs à d’autres grands romans) : celle de Gaspard, jeune paysan ayant fui Quimper pour connaître dans le Paris du XVIIIe siècle une ascension digne d’un Rastignac.

Sur une année, nous suivons l’itinéraire insolite de ce bouseux devenu courtisan au prix de sacrifices certes consentis mais pas moins difficiles, sinon abjects. Il rencontre d’abord Lucas, du bas peuple comme lui, avec qui il travaille à charrier du bois dans la Seine. Mais l’ambition le ronge et Paris a déjà entamé en lui sa gangrène. Il franchit le fleuve, entité pour lui anthropophage, comme la cité : «Gaspard avait eu la certitude que Paris le happait, l’ingérait sans qu’il pût s’extraire de son labyrinthique estomac» (p.224). Du côté des faubourgs cossus, où il entre comme apprenti chez un maître perruquier, il rencontre son destin sous les traits d’Etienne, noble libertin qui le fascine d’emblée. Mais… «Si envoûtant que fût Etienne de V., son appel était celui du vide» (p.116)…

Car Etienne est un Pygmalion vampire, un être dangereux. À trop vouloir lui ressembler, Gaspard fait le choix du soufre. D’une rive à l’autre du fleuve, le jeune homme connaît la misère et l’abandon, l’ascension et la splendeur, la prostitution dans les bouges de Montmartre et un commerce non moins compromettant auprès d’aristocrates concupiscents et tout à fait prêts à l’entretenir : hétaïre aux traits mâles, il se vend, s’annule pour monter…

Dès lors, le seul défaut du roman est son titre, trop fade quand l’histoire et le style, eux, sont tellement envolés ; et peut-être, aussi, sa quatrième de couverture, qui s’attarde sur Etienne quand tout ici, tourne autour de Gaspard, être complexe, torturé, avide, hanté des fantômes de son bercail (Quimper, le temps de courts paragraphes, ramène comme une mauvaise bile le souvenir de ses origines à cet enfant assoiffé d’avenir) et de ce qu’on n’appelle pas encore des névroses…

L’écriture opère comme un charme, fluide mais cisaillée, jouant avec maestria de l’organique. Car tout est chair ici : Paris est un organisme soumis au métabolisme des saisons, avec ses odeurs, sa chaleur et ses crasses ; Gaspard est un autre ventre dans cette histoire. Tout y est ventre, gouffre, absorption, métamorphose, destruction, plaie, lieu à la fois du plein et du vide, terrible vide, souffrance aiguë et jouissance ineffable.

Assurément, Jean-Baptiste del Amo a devant lui une grande et belle œuvre. On se le souhaite.

Thomas Roman

Source : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=9931

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Sep 24

Tales of an Osaka Love Theft est un documentaire sur le monde des clubs d’hôtes japonais.

Le manga (Host Club, Blood Hound...) et les dramas/films (Yaoh, Waters) entretiennent avec une grande constance une image idéalisée du club d’hôte (et le traditionnel “nous sommes là pour rendre ces femmes heureuses”…). Les clubs d’hôtes sont perçus comme un lieu un peu paradisiaque rempli de plein de beaux bishis qui sont là pour te servir le champagne. Ce film documentaire remet les choses dans le réel.

Réalisateur : Jake Clennell
Date de sortie au Japon : 2006
Durée : 1h15

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Le réalisateur Jake Clennell a planté pour ce documentaire sa caméra dans un des clubs les plus réputés d’Osaka, le Cafe Rakkyo, où règne en maître le Number 1 du club, Issei.
La caméra filme les soirées qui se déroulent dans le club et alterne avec des interviews tantôt des clientes tantôt des hôtes.

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The Great Happiness Space - Tales of an Osaka Love Thief - vostfr - partie 1
The Great Happiness Space - Tales of an Osaka Love Thief - vostfr - partie 2

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Sep 24

Interview Josiane Balasko.

Vous avez écrit et publié un roman, « Cliente », qui a très bien marché, puis vous en avez fait un film. Pourquoi cette démarche, plutôt à contre-courant pour une réalisatrice ?

Josiane Balasko : En réalité, j’avais d’abord écrit un scénario mais je n’ai pas réussi à le monter. Tous les producteurs auxquels je me suis adressée ont trouvé le sujet choquant.

Choquant ?
Josiane Balasko : Oui, choquant. Une femme de 50 ans, riche et équilibrée, qui a des relations sexuelles tarifées avec des hommes plus jeunes qu’elle, ça ne passait pas. Je sentais bien en écrivant le scénario que je touchais à quelque chose d’un peu tabou. Mais en essayant de le produire, je me suis rendue compte que mon sujet était encore plus tabou que je ne le pensais. Cela dit, je crois que ce n’était pas seulement un problème de censure, mais aussi un problème économique : personne ne voulait prendre de risques. On me répondait que ce n’était pas un sujet populaire, que ça ne marcherait pas…

Comment l’idée vous est-elle venue ? Vous connaissiez des femmes qui payent des escorts ? Vous aviez lu des articles, des enquêtes ?
Josiane Balasko : En général, les copines ne racontent pas ce genre d’histoires. J’en ai peut-être autour de moi, mais j’ignore qui. J’avais lu quelques papiers, vu des émissions à la télévision, mais je n’ai pas fait d’enquête particulière. Je suis d’abord partie sur les sentiments pour bâtir mon histoire. Il se trouve que j’ai un certain nombre d’amies, autour de la cinquantaine, qui se retrouvent seules. Soit parce qu’elles n’ont jamais rencontré d’homme avec qui bâtir une relation durable, soit parce qu’elles sont divorcées. Beaucoup de gens se séparent après quarante ou quarante-cinq ans. Les hommes refont leur vie, ont d’autres enfants. Ce que ne peuvent pas faire les femmes ! Elles n’ont plus qu’à fermer boutique ou bien commencer un autre type de relation. Ce n’est pas évident surtout dans notre société qui reste fondée sur l’apparence. Et encore, ça a beaucoup évolué depuis une trentaine d’années. C’est douloureux pour elles. Parallèlement à ça, j’ai remarqué qu’on ne parlait jamais d’un certain nombre de questions vues du point féminin. J’avais écrit « Gazon maudit » parce qu’on ne traitait pratiquement jamais de l’homosexualité féminine au cinéma. De la même façon, il existe pas mal de films masculins sur les prostituées, sur les types qui en tombent amoureux, mais on ne décrit jamais l’inverse.

C’est vrai qu’on a de la prostitution une idée très masculine…
Josiane Balasko : Une femme ne va pas simplement tirer un coup, il lui faut quand même un minimum de mise en scène… Le peu que j’ai lu sur les escorts, c’est que les préliminaires sont plus longs que l’acte lui même, qu’il s’agisse d’une invitation ou d’autre chose. D’ailleurs, au début du film, quand Judith et Marco se rencontrent pour la première fois, il lui offre une rose. Une fois que j’ai essuyé tous ces refus, je me suis dit que cette histoire devait quand même voir le jour d’une façon ou d’une autre. Ce n’était pas un sujet de pièce, alors je l’ai transformée en roman. Le livre a été un vrai succès, en librairie et en poche. Et puis, le temps a passé, quatre ans en fait. Les choses ont évolué et j’ai trouvé des jeunes producteurs, Jean-Baptiste Dupont et Cyril Colbeau-Justin, intéressés par l’idée d’un long-métrage. En écrivant le bouquin, j’avais suivi le déroulement du scénario. En le reprenant pour le film, j’ai mélangé les deux. Un livre vous permet de creuser plus à fond les personnages, d’écrire un tas de choses que vous ne garderez pas forcément à l’écran. J’avais fait plusieurs versions du premier film, écrit des scènes que j’ai supprimées et dans le livre et dans ce film-ci.

Quelles ont été les réactions de vos lecteurs ? Vous avez eu l’impression d’avoir touché quelque chose d’important ?
Josiane Balasko : Le roman a sans doute touché les femmes parce que j’abordais aussi la question du plaisir féminin, sans que ce soit choquant. Pas d’une manière technique mais en m’aventurant sur un territoire masculin. Finalement ce sont toujours les hommes qui contrôlent le plaisir des femmes. Dans un film je ne sais pas montrer des gens rouler sur un lit et faire l’amour, ça m’ennuie ; je ne peux le faire que dans la comédie. Dans la seule scène du film où on voit Marco et sa femme faire l’amour, ils parlent de fric…. Même s’il y a des scènes de tendresse entre eux.

Dans le roman, c’est plus explicite ?
Josiane Balasko : Je raconte… Il m’est plus facile de l’écrire. Judith raconte sa première aventure avec des gigolos en disant que ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas joui de cette manière.

Vous abordez aussi un aspect important de la liberté des femmes : celle de se dire quand elles arrivent à un certain âge : « Je fais ce que je veux de mon argent, je me paye un homme si je veux ».
Josiane Balasko : Elles payent surtout pour ne pas souffrir. Payer vous protège des sentiments et de l’amour. Judith, le personnage joué par Nathalie Baye, est une femme qui est passée à un stade supérieur : elle utilise les hommes. Elle va peu à peu découvrir qu’elle ne doit pas utiliser Marco car il est différent. Ce n’est pas un pro.

Judith est-elle seulement une femme de pouvoir, que la vie a endurcie ? Ou paye-t-elle parce qu’elle a déjà pas mal « payé » avec ses sentiments ?
Josiane Balasko : Les deux. Elle a du pouvoir, du fric, mais elle a été mariée et ça a mal tourné. Son mari, joué par Richard Berry l’a quittée pour une femme plus jeune. On le voit dans une petite scène et sans beaucoup de paroles, on comprend ce qui s’est joué entre eux. Elle a souffert et elle s’est blindée. Elle a essayé de s’imperméabiliser aux souffrances, de dire non aux chagrins d’amour. Sa sœur Irène, dont je joue le personnage et qui a sensiblement le même âge, n’a pas changé malgré quelques déconvenues amoureuses. Elle rêve toujours de LA rencontre. Il doit être ethnologue, anthropologue… Un intello…

Elles sont pourtant très proches.
Josiane Balasko : Oui, elles le sont malgré leur point de vue différent sur l’amour. Irène continue de rêver. Et même si elle tombe sur des imbéciles ou sur des types qui ne lui conviennent pas, elle vit ses histoires à fond. Judith a décidé qu’elle ne voulait plus tout ça, elle n’y croit pas. Pourtant Irène, qui attend le prince charmant, finit par le rencontrer. Un Indien qui vient de l’Arizona, un endroit lointain, improbable. Mais elle quitte tout pour le rejoindre et vivre ce grand amour. J’y ai mis un bout de ma propre histoire d’autant que Jim, l’amoureux d’Irène, est joué par l’acteur George Aguilar, mon mari. Mais moi, je ne suis pas allée vivre aux Etats Unis…

Les deux sœurs représentent-elles les deux facettes d’une même personne? Et plus encore, les comportements des femmes d’aujourd’hui qui ont 50 ans et des poussières ?
Josiane Balasko : Tout ce que dit Irène, Judith pourrait se le dire. Irène est le double optimiste de Judith. L’important à la fin, c’est que Judith n’est pas perdante malgré tout. Elle reste libre. Même si cette liberté est à double tranchant… Elle vit parce qu’à partir du moment où on souffre, on vit. Si on ne souffre plus du tout on est mort. Je pense qu’elle va continuer, elle le dit d’ailleurs. Et puis la relation des deux reste forte. J’avais envie de raconter ce lien particulier entre ces deux sœurs, complices et proches et pourtant si différentes. On ne voit pas souvent ce genre de relation au cinéma.

Pourquoi n’ont-elles pas eu d’enfants ?
Josiane Balasko : Je voulais les rendre libres de leurs faits et gestes. Si elles n’ont ni l’une ni l’autre eu d’enfant, c’est que Judith n’a pas vu le temps passer tant qu’elle était une femme active. Ensuite, c’était trop tard, son mari a voulu divorcer. Pour Irène, la machine n’a pas marché. Le livre est plus détaillé sur leurs vies passées.

Qui est vraiment Marco ? C’est un personnage double.
Josiane Balasko : C’est un garçon très généreux. Il fait vivre tout le monde autour de lui, c’est-à-dire qu’il fait le tapin pour tout le monde. Son boulot d’escort permet à sa femme de payer les traites de son salon de coiffure, à sa belle-famille et à sa grand-mère, de survivre. Il est très organisé avec sa double vie mais il n’a aucun remords à la mener, parce qu’il le fait pour une bonne raison. La première fois que j’ai essayé de monter le film, je pensais déjà à Eric Caravaca. Là encore, les producteurs trouvaient cette idée bizarre. Pour eux, un escort était un garçon avec un physique de beau gosse à faire la couverture de « Têtu »… Pour moi, non. Le personnage de gigolo professionnel, Judith le rencontre à un moment du film. Ce n’est pas Marco. Moi je voulais un jeune homme charmant. Et je trouve qu’Eric a un charme fou, un peu féminin. Les femmes y sont d’autant plus sensibles qu’il n’y a pas de dangerosité en lui. Il a aussi de la grâce dans ses manières, de la tendresse. On comprend tout à fait son succès auprès d’elles.

Mais le jour où sa femme découvre la vérité et qu’il décide d’être honnête, il ne peut plus assurer pour la famille, payer les traites du salon de coiffure. C’est là que les problèmes commencent…
Josiane Balasko : Fanny, sa femme, est sincèrement affligée par ce qu’elle apprend de son mari. Ça la fait beaucoup souffrir. Par amour pour elle, il s’excuse, renonce à cette vie. Elle, c’est quelqu’un d’un peu primaire : elle pense au jour le jour, elle ne se projette pas loin dans l’avenir contrairement à Marco. Le jour où elle se rend compte que la survie du groupe est en danger, depuis qu’il a arrêté le tapin, il n’y a pas d’autre solution que de lui demander de recommencer, elle le fait, sans états d’âmes. Elle ne veut pas partager mais elle le fait quand même. Dans le livre Judith la qualifie de « petite guerrière ». Elle n’hésite pas à aller affronter Judith quand se pose un problème de planning dans l’organisation. Elle a un culot formidable, elle est comme un petit animal instinctif.

La morale de l’histoire est terrible, si morale il y a : comment l’absence de sentiment chez les uns génère la survie chez les autres, comment fonctionne ce petit monde.
Josiane Balasko : Et en même temps, Judith est honnête : elle ne va pas garder cet homme au moment où il est prêt à rester avec elle.

On ne s’attend pas à ça d’une femme aussi dure et aussi protégée.
Josiane Balasko : Elle sait très bien que ce genre d’aventure est voué à l’échec. Elle peut très bien avoir du bon temps. Mais entre un type de 30 ans et une femme de 50 ans… C’est compliqué.

Elle s’est payé aussi l’illusion d’être aimée ?
Josiane Balasko : L’illusion d’être aimée, oui. Mais Marco est aussi séduit, ce n’est pas que du chiqué. Ce n’est pas juste parce qu’il joue son rôle de gigolo

Il est séduit par le raffinement de Judith.
Josiane Balasko : Et puis par le côté amusant. Judith c’est quelqu’un qui existe aussi, par son métier, le télé-achat, un truc hors du commun, même si c’est le degré zéro de l’animation. Elle a ce côté « vu à la télé ». Aux yeux de Marco, elle a un petit prestige. J’aimais bien aussi l’idée qu’elle achète mais aussi qu’elle vende, comme elle le fait sur le petit écran.

Qu’est-ce qui est le plus vraisemblable ? Que Marco soit amoureux de Fanny ? Ou de Judith ?
Josiane Balasko : Je pense qu’il est profondément amoureux de sa femme et le fait qu’elle l’ait trahi, qu’elle l’ait utilisé, lui fait beaucoup de mal.

Vous excellez, comme toujours, dans la description de ce milieu populaire.
Josiane Balasko : Probablement parce que je viens moi-même d’un milieu populaire. Mes parents tenaient un bistrot, on côtoyait plein de gens différents. Du coup, je n’ai pas de problèmes à faire s’exprimer et à faire vivre des personnages qui leur ressemblent. Ce film parle d’amour mais aussi d’argent : les pauvres parlent tout le temps d’argent parce qu’ils n’en ont pas. Mes personnages ne sont pas des SDF, mais des pauvres ordinaires, des gens qui vont chez Lidl faire leurs courses et qui ont du mal à joindre les deux bouts, ce qui est le cas de beaucoup de Français. La famille de Fanny passe son temps à s’engueuler, c’est en quelque sorte une famille à l’italienne, où tout le monde souffre de la promiscuité. Moins on est riche et plus l’espace de la vie privée est restreint. A l’opposé, Irène et Judith vivent dans de grands appartements, sont des femmes actives qui ont réussi, qui viennent certainement d’un milieu bourgeois, mais qui ne sont pas des caricatures de grandes bourgeoises. Judith a gagné seule son argent, il n’est pas tombé du ciel, elle dirige une petite entreprise.

Au fond, quel que soit leur milieu, leurs activités, ces femmes ont les mêmes problèmes de solitude.
Josiane Balasko : Oui, le film parle de la solitude des femmes. De toutes ces femmes seules à différents âges et pour différentes raisons. La mère de Fanny, jouée par Catherine Hiégel, s’est retrouvée seule avec ses deux filles, son mari l’a abandonnée. Fanny se retrouve seule à un moment. Son associée, Rosalie, vit seule avec son fils. Les clientes du salon de coiffure ont toutes des problèmes avec leurs maris. Les deux sœurs, Judith et Irène, vivent seules. Leur petite assistante, Bérénice, tombe à chaque fois amoureuse de crétins… Mais Marco aussi est très seul. Il n’a personne sur qui s’appuyer, à qui se confier. Judith, elle a sa sœur. Lui, il s’en sort comme il peut.

Mais rien n’est glorieux pour personne, ils sont tous insatisfaits, si on met Irène à part.
Josiane Balasko : Ils ont du mal, ils peinent un peu, comme dans la vie.

Certes Marco retourne avec sa femme parce qu’il l’aime, mais comment et dans quelles conditions ?
Josiane Balasko : On ne sait effectivement pas comment leur histoire va se poursuivre, si leur couple va durer. La vie, en général, n’est pas forcément rose. Là, c’est vraiment un film où je n’ai pas fait de « Happy End » et à la fois il n’y a rien de tragique.

Il y a quand même un mini Happy End…
Josiane Balasko : Oui, mais pas au sens classique. Dans le bouquin, Marco et Fanny se remettaient ensemble mais je n’ai pas eu envie d’une fin aussi évidente. En revanche, Fanny lui manquerait plus que Judith si jamais elle le lâchait.

Source : http://www.senioractu.com/Cliente-de-Josiane-Balasko-quand-les-femmes-quinquagenaires-s-offrent-des-escorts-boys-(film)_a9768.html

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Feb 25

UN FILS
Drame - de Amal BEDJAOUI

Avec Mohamed HICHAM, Hammou GRAIA, Isabelle PICHAUD, Aurélien RECOING, Licino DA SILVA, Olivier RABOURDIN, Philippe CARTA, Walid AFKIR

Selim, jeune homme à la dérive, se prostitue. Il cherche désespérément à se faire aimer de son père, Omar, qui vit enfermer dans le deuil depuis la disparition de sa femme

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Dec 02

Le phénomène des gigolos au Japon est en plein boom.

Voir aussi : http://www.iprostitution.org/2007/06/28/the-great-happiness-space-la-vie-dun-gigolo-japonais-video/

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Nov 20

Réalisé par James Bidgood
Avec Bobby Kendall, Charles Ludlam
Film américain.
Genre : Drame, Erotique
Durée : 1h 15min.
Année de production : 1971
Interdit aux moins de 16 ans

Seul dans son appartement, un jeune gigolo s’invente un monde dont il est le héros.

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