Oct 03

La prostitution est autorisée en Suisse, où les prostituées sont considérés comme des travailleurs indépendants. Cependant, de nombreuses règles encadrent la profession. L’une d’elle précise que l’incitation à la prostitution est interdite. On ne peut pas passer de petites annonces de recrutement ou proposer spontanément un job de prostituée à une fille. Cette affaire en est une illustration :

Courant 2005, des policiers de la brigade des moeurs de Genève informaient leurs collègues de la police judiciaire d’Annecy (l’information aurait circulé en sens inverse, corrige un défenseur) que des ressortissants français recrutaient (sur le territoire français) des jeunes femmes pour exercer leurs charmes dans un salon de massages érotiques rue du Lièvre à Genève. Les écoutes téléphoniques avaient abouti à l’interpellation de Jacques Moretti (32 ans), Christian Loubet (38 ans) et Philippe Le Coarer (38 ans), jamais condamnés.
Tous nient formellement les faits qui leur sont reprochés. Jacques Moretti et Philippe Le Coarer admettent avoir (sous le prête-nom de 2 proxénètes suisses patentés) effectivement géré, 3 mois durant, le salon de massages de la rue du Lièvre, une activité parfaitement légale en Suisse.
« C’est vrai que je connaissais des gens dans ce milieu, mais je n’ai jamais poussé personne à la prostitution » clame Moretti, à l’unisson avec son cousin Loubet.
« Quel serait l’intérêt de ces femmes de vous dénoncer ?» s’étonne Martine Imberton, présidente.
« Je ne comprends pas» répond Jacques Moretti, avançant l’hypothèse du dépit amoureux de l’une d’elles.
Prostitution et proxénétisme, des activités légales en Suisse

«Malgré les écoutes téléphoniques, tout le monde ment ?» interroge Valérie Escallier, vice-procureur. Pour l’accusation, perpétré sur le territoire français, le délit d’incitation à la prostitution est bien constitué, même si l’activité est effectivement légale en Suisse. Le parquet a requis 18 mois de prison dont 12 avec sursis contre Jacques Moretti, 18 mois dont 8 avec sursis à l’encontre de Christian Loubet et 1 an dont 8 mois avec sursis contre Philippe Le Caorer, désigné comme «le financier» de l’entreprise.
Les défenseurs parlent d’un «dossier qui ne tient pas la route». Conseil de Jacques Moretti, Me Annick Hingrez relève l’absence totale de plainte et souligne la démarche volontaire des jeunes femmes recrutées.
Au regard des conventions liant la France et la Suisse, des faits perpétrés en Suisse par un ressortissant français ne peuvent être poursuivis par l’autorité judiciaire française que dans la mesure où ceux-ci constituent un délit en Suisse… Ce qui n’est le cas ni pour la prostitution, ni pour le proxénétisme rappelle Me Hingrez. Rien ne démontre que les appels téléphoniques visés ont été émis de France, renchérit Me Régine Ciccolini.
Les défenseurs ont unanimement demandé la relaxe. Le jugement a été mis en délibéré au 22 octobre.

Source : http://www.ledauphine.com/index.jspz?chaine=19&article=60100&xtor=RSS-19

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Aug 06

PROSTITUTION - Zappelli fixe le coût des passes

Par Charles-André Aymon, 2 août 2007

Pour 100 balles t’as plus rien? Pas à Genève où le procureur général a décidé du coût journalier des prostituées en salon.

Le document intitulé Usure et autres infractions liées à la prostitution mérite de devenir un best-seller. Signés par la Brigade des mœurs, ces deux feuillets, dont GHI a obtenu copie, fixent rien moins que le coût officiel d’une journée de prostitution dans les salons érotiques du canton: c’est 100 francs!

Croisade calviniste

Les tenanciers de salons de massages érotiques sont donc priés de ne plus louer aux prostituées de chambres à la journée au-delà de ce prix sous peine de se voir poursuivre pour usure. Seules des charges comme la publicité, certains aménagements, la sécurité, les mesures sanitaires, etc. pourront augmenter le tarif, pour autant qu’elles soient dûment justifiées.

«L’application stricte de ce règlement signifiera la mort de notre commerce», commente, amère Lisa, propriétaire d’un des plus grands salons de la place. «On agit comme s’il s’agissait d’éradiquer la prostitution en salon. C’est une croisade calviniste, rien de plus»

Liberté

Daniel Zappelli nie pourtant tout arrière-fond moral. Pour le procureur général, «il s’agit d’encadrer un marché dans lequel des abus ont été commis. Des prostituées sont forcées de payer toujours plus pour exercer. Certaines chambres sont sous-louées 500 francs par jour, alors que l’exploitant les loue 1000 francs par mois. Une poignée de personnes retire des bénéfices exorbitants et les filles ne sont plus libres de fixer elles-mêmes leurs tarifs. C’est cette liberté que le texte vise à préserver»

Champ-Dollon

«On ne peut pour autant parler d’usure», affirme, sans confirmer les chiffres, Me Jean-Pierre Garbade, avocat d’un salon de massage genevois. «Chacun est libre d’accepter le prix proposé, même s’il est élevé. On parle ici de prostituées en règle avec l’administration et n’étant pas endettées. Elles ont la possibilité de faire leur travail en indépendantes, voire même d’aller exercer ailleurs.»

Des propos qui ne rassurent pas cet autre exploitant de salon: «Ce texte sera invalidé par les tribunaux. Mais comptez sur les flics pour nous faire pourrir un moment à Champ-Dollon avant tout procès. Et ça, ça vaut toutes les intimidations du monde». La Brigade des mœurs, très occupée comme on l’a vu, n’a pas pris le temps de retourner nos appels.

Sources : http://www.ghi.ch/live/1/home/infos/au_sommaire/geneve/geneve.php?pf_lat=40653&CNSACTION=VIEW_ARTICLE&selected_article_id=4644&selected_section=8

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