Quand on surfe sur des sites d’escort-girls, on ne peut qu’être frappé par le nombre de femmes russes, tchèques, roumaines, hongroises…
Sur Internet, on trouve des annuaires de milliers de filles qui vendent leurs services très explicites aux hommes.
Mais on remarque rapidement que beaucoup de filles sont “en tournée”. Ce 5 décembre, on en compte 150 en France, sur le seul annuaire en ligne d’escort-girls Escort-Annonce.
Parmi elles, une majorité de Russes, et d’autres femmes d’Europe de l’est, même si on trouve aussi des Brésiliennes, des Malaisiennes, des Espagnoles ou des Italiennes (et de rares Françaises, en “tournée” hors de leur ville d’origine).
Généralement, elles ne restent que quelques jours. Et peuvent enchaîner 7 villes en 15 jours, comme cette Brésilienne annoncée à Bordeaux, Lille, Rennes, Paris, Dijon, Grenoble, Nice, entre le 5 et le 21 décembre.
“Escorte en tournée à Toulouse - FRANCE - Depuis 3 Décembre 2007 jusqu’à 8 Décembre 2007 - Courriel de la tournée: (l’email est donné, NDLR) - Téléphone de la tournée: +420-77…(le numéro est donné, NDLR).” Voilà un exemple d’annonce de passage.
Le numéro de réservation renvoie à Prague, dans une “agence”. Cette entreprise s’appelle Prague Passions, si l’on en croit son site Internet, qui affirme que ses escort-girls se déplacent dans le monde entier (à la charge du client). L’agence revendique au moins 14 filles. Les prix? 250 euros les deux heures à Prague, mais plus à l’étranger. Prague Passions affirme qu’elle a actuellement 4 escort-girls en tournée… toutes en France.
Le phénomène semble massif. Sur le seul site Internet Escort-Annonce, sont inscrites 451 “agences”, dont certaines n’ont certes que quelques membres.
“Delphine”, escort-girl à Grenoble, voit les filles de l’est passer: le cliché de l’invasion de femmes d’Europe de l’est? “Il y a une part de vérité là-dedans…”, nous répond la jeune femme, qui par ailleurs ne veut pas que son job d’escort “gêne sa vie privée. “Elles ne restent pas longtemps. Elles vont de ville en ville.” Mais elle estime qu’elle n’a pas “eu affaire à elles”.
“Moi, je m’en fous, Je peux vous assurer que vu la demande, y’a du travail pour tout le monde…”, ironise Delphine (prénom changé), quand on lui demande s’il y a une tension à cause de la concurrence entre filles de l’est et française, entre escorts “indépendantes” et escorts “d’agence”.
“Les réseaux de filles de l’est ont investi Internet après la loi Sarkozy de 2003″, regrette Jeanine Mossuz-Lavau, chercheuse au Cevipof. “A cause de la répression du racolage passif, on a eu une reconversion de toutes les filles de l’est qui étaient arrivées en France au début des années 2000. Les réseaux se réorganisent.”
“Le mois dernier, un propriétaire a découvert qu’une fille de l’est se prostituait dans son appartement”, raconte Samuel Prieur, de l’association Le Nid, contre la prostitution, qui a reçu cet appel de détresse. “Il y avait sans cesse du va-et-vient dans l’appartement et ce n’était pas la fille qui payait…” Jeanine Mossuz-Lavaud évoque aussi des témoignages selon lesquels la mafia russe a acheté en France des immeubles et des appartements pour la prostitution, mais estime surtout qu’on ne connait pas assez bien le problème.
“La technique des tournées rend les flagrant délits beaucoup plus difficiles, car le temps passé par la prostituée en France est très court”, estime le responsable de l’association Le Nid.
Tags: Escort, Fille de l' Est, internet
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