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La sortie du livre de Laura D., Mes chères études, révèle ce drame contemporain : Laura, comme 40 000 autres étudiant(e)s selon le syndicat Sud-Etudiants, se prostitue pour pouvoir poursuivre ses études. Un témoignage magnifique, d’une très violente réalité.
Il y a près d’un an, Contrepoint mettait en lumière, à la une de son deuxième numéro, ce « phénomène méconnu ou ignoré ». L’auteur de notre article, Marion Kirat, a collaboré ensuite à ce témoignage très remarqué de Laura D., espérant qu’un jour, on arrête de fermer les yeux sur la prostitution étudiante.

Laura a 19 ans, elle s’inscrit en première année de licence de langues. Ses parents appartiennent à ces classes moyennes trop riches pour obtenir des bourses, et trop pauvres pour subvenir totalement aux besoins de leur fille. Même si elle habite avec son petit ami et travaille à mi-temps dans une société de télémarketing, Laura ne parvient pas à régler son loyer et manger à sa faim. Prise dans un affreux mécanisme, elle va se prostituer, « juste une fois » dit-elle, avant de recommencer à gagner cet « argent rapide ». L’engrenage commence et le rythme impeccable du texte décrit, pas à pas, le calvaire dans lequel Laura a fini par tomber.

Ce livre n’est pas là où on l’attend. Ni larmoyant, ni obscène, il revêt la forme d’un roman d’initiation moderne, adapté au monde d’Internet et des facilités à communiquer. L’auteur décrit avec réalisme ce à quoi elle s’est tristement livrée, mais aussi avec beaucoup de mesure, sans redite, sans exagération. Choquer ? Éventuellement. Faire comprendre et réagir ? Oui, surtout.

Mais Laura est aussi étudiante. Elle est jolie, elle aime apprendre. Il y a dans ce personnage beaucoup de justesse. eva.jpgLoin d’être un ange, il faut voir en elle une fille comme les autres, amoureuse, brillante et rêveuse. On aime Laura dans cette histoire dérangeante grâce à une écriture féminine, pleine d’émotion et d’ironie. Elle vit, voit des amis, fête Noël : ce témoignage montre, sans être si sombre, comment la vie d’une jeune fille peut devenir absurde et lui être insupportable.

Le courage de Laura D. est très grand. Sans hurlements, elle montre comment la société n’aide souvent en rien ces étudiant(e)s à s’en sortir. L’enquête d’Eva Clouet, jeune sociologue, dont le même éditeur que Laura D., Max Milo, publiera le même jour La Prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies de communication, apporte les preuves de l’aggravation de ce phénomène. Espérons qu’elles soient entendues.

Les études doivent être les plus belles années de la vie. Laura ne demande que ça.

http://www.contrepoint.info/?p=1281

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dec 18

Polyglotte et globe-trotter, dotée d’un excellent sens de l’organisation, Cornelia S., une Autrichienne de 44 ans, recrutait sous couvert de concours de beauté pour un réseau international de prostitution. Plus de 150 jeunes femmes, majoritairement originaires d’Europe de l’Est, tombées dans ses filets, auraient été contraintes à la prostitution.

Avec son arrestation le 15 novembre, la police autrichienne estime avoir démantelé un réseau international. En août la police française arrêtait dix proxénètes dans de luxueux établissements de Nice et Cannes. Les escort girls mises à disposition de riches clients en villégiature sur la côte d’Azur pour des tarifs allant jusqu’à 10 000 euros avaient été engagées par les services de Cornelia S.

Une partie de ces jeunes femmes, âgées de 20 à 25 ans, venues d’Ukraine, de Lituanie ou d’autres pays d’Europe, mais aussi d’Amérique latine, débarquaient en Europe de l’Ouest avec la promesse d’un contrat de modèle ou pour se présenter à un concours de beauté. Elles se trouvaient bien vite dépouillées de leur passeport et livrées aux proxénètes.

MISE SUR ÉCOUTES

Couverte par ses fonctions exercées dans le passé pour l’élection de Miss Autriche et sa collaboration à un autre concours, Queen of the World, Cornelia S. avait constitué un réseau parallèle de franchiseurs qui enrôlaient pour elle en Allemagne, aux Etats-Unis, en France, au Liban ou au Venezuela.

Arrêtée par la police française en 1997 pour son implication dans le viol d’une miss autrichienne à Monaco, cette Madame Claude cosmopolite avait d’abord renoué, une fois libérée et revenue en Autriche, avec le milieu légal des concours de beauté. A partir de 2002, elle aurait monté à Vienne une agence d’escort girls puis mis en place son réseau parallèle de recrutement des miss. Sa mise sur écoutes en mars a permis à la police autrichienne d’accumuler assez d’éléments pour motiver son arrestation et celle d’une complice pragoise par la police tchèque le même jour.

Source :http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-990610,0.html

Lire aussi : http://www.iprostitution.org/2007/12/14/une-autrichienne-recrutait-des-miss-et-les-contraignait-a-la-prostitution/

http://www.iprostitution.org/2007/08/17/operation-anti-prostituees-de-luxe-a-cannes/

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dec 10

Pamela est une étudiante française de 22 ans. Claudia, un mannequin français de 21 ans. Et Barbara, 25 ans, est une jeune fille au pair polonaise. Des parcours très différents, mais un point commun: elles sont escort girls à Genève.

– Vous avez toutes déjà un métier. Pourquoi être escort girls?

Pamela. – D’abord j’étudie dans une école privée. Elle coûte cher. Ensuite, j’aime prendre soin de moi. J’aime le luxe. Et être escort me permet d’acheter des produits de marque, tels que du maquillage haut de gamme, des vêtements haute couture, de belles voitures. Je suis ainsi totalement indépendante financièrement. Si je veux partir un week-end au soleil, je pars. Je gagne vraiment bien ma vie sans y laisser ma santé.

Claudia. – Je suis escort girl pour pouvoir réaliser mon rêve: entrer dans l’école d’hôtesses de l’air en mars prochain. Cela me permet de gagner vite les frais d’écolage. Avec comme seul revenu le mannequinat, je ne m’en sortais pas.

Barbara. – Je n’ai pas besoin d’argent. Si je fais ce métier, c’est par solitude. Cela fait six ans que je vis à Genève. J’ai été déçue par des prétendus amis et par les hommes aussi. Je me suis retrouvée seule. A l’agence, j’ai retrouvé une petite famille.

– Comment êtes-vous arrivée dans ce monde?

P. – Je suis arrivée à Genève il y a trois mois. J’ai vu une annonce de l’agence Escort VIP International. ça m’a paru sérieux et je me suis lancée. ça faisait un moment que j’y pensais, mais je n’avais jamais oser franchir le cap.

C. – Moi aussi, j’ai vu une petite annonce dans un journal. Cela ne fait qu’un mois que je fais ça.

– Votre famille et vos amis sont-ils au courant?

P. – Oui. Et j’assume. il n’y a rien de dégradant. On travaille dans un cadre luxueux avec une clientèle aisée, avec des hommes d’affaires, des hommes importants, des banquiers et même des personnalités parfois. C’est limite une fierté.

C. – Tout le monde est au courant. J’ai des rapports un peu spéciaux avec mes parents. De toute manière, je fais ce que je veux de ma vie!

– Combien de clients voyez-vous par jour ou par semaine?

P. – Je travaille uniquement le soir, car la journée, je suis en cours. J’ai en moyenne trois clients par soir. Mais je ne travaille pas tous les jours. Parfois, je fais des extras le week-end.

C. – Je travaille tous les jours, car mon but est de me faire le maximum d’argent le plus vite possible. En mars, je compte arrêter pour me consacrer à mes études d’hôtesse de l’air.

– Vous arrive-t-il de refuser des clients si ces derniers ne vous plaisent pas?

P. – Bien sûr. Je vais me gêner! Si un client me dégoûte, s’il est trop vieux ou s’il me manque de respect, même s’il allonge 15 000 fr. sur la table, je me barre.

C. – Moi pas. Je passe au-dessus. J’assume le fait d’être une prostituée. Je ne refuse donc pas les clients. Mais, jusqu’à maintenant, je n’en ai jamais eu un qui m’a manqué de respect.

– Au fond, avez-vous l’espoir de rencontrer le prince charmant chez l’un de vos clients?

P. – Jamais de la vie. Je n’ai besoin de personne. Je suis totalement indépendante financièrement et mentalement.

C. – Un client reste un client.

B. – Moi, je rêve de rencontrer un mari et de fonder une famille. Mais je ne pense pas qu’un de mes clients puisse être le futur père de mes enfants.

– Etes-vous déçues par les hommes?

P. – Au fond, on est déçue par les hommes. J’aime me mettre en valeur. Et, pour moi, un homme qui paie pour passer du temps avec moi, ça me met en valeur. Et pour coucher avec moi autant qu’il paie. Et cher tant qu’à faire!

Source : http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/24201950

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dec 05

Quand on surfe sur des sites d’escort-girls, on ne peut qu’être frappé par le nombre de femmes russes, tchèques, roumaines, hongroises…

Sur Internet, on trouve des annuaires de milliers de filles qui vendent leurs services très explicites aux hommes.

Mais on remarque rapidement que beaucoup de filles sont “en tournée”. Ce 5 décembre, on en compte 150 en France, sur le seul annuaire en ligne d’escort-girls Escort-Annonce.

Parmi elles, une majorité de Russes, et d’autres femmes d’Europe de l’est, même si on trouve aussi des Brésiliennes, des Malaisiennes, des Espagnoles ou des Italiennes (et de rares Françaises, en “tournée” hors de leur ville d’origine).

Généralement, elles ne restent que quelques jours. Et peuvent enchaîner 7 villes en 15 jours, comme cette Brésilienne annoncée à Bordeaux, Lille, Rennes, Paris, Dijon, Grenoble, Nice, entre le 5 et le 21 décembre.

“Escorte en tournée à Toulouse - FRANCE - Depuis 3 Décembre 2007 jusqu’à 8 Décembre 2007 - Courriel de la tournée: (l’email est donné, NDLR) - Téléphone de la tournée: +420-77…(le numéro est donné, NDLR).” Voilà un exemple d’annonce de passage.

Le numéro de réservation renvoie à Prague, dans une “agence”. Cette entreprise s’appelle Prague Passions, si l’on en croit son site Internet, qui affirme que ses escort-girls se déplacent dans le monde entier (à la charge du client). L’agence revendique au moins 14 filles. Les prix? 250 euros les deux heures à Prague, mais plus à l’étranger. Prague Passions affirme qu’elle a actuellement 4 escort-girls en tournée… toutes en France.

Le phénomène semble massif. Sur le seul site Internet Escort-Annonce, sont inscrites 451 “agences”, dont certaines n’ont certes que quelques membres.

“Delphine”, escort-girl à Grenoble, voit les filles de l’est passer: le cliché de l’invasion de femmes d’Europe de l’est? “Il y a une part de vérité là-dedans…”, nous répond la jeune femme, qui par ailleurs ne veut pas que son job d’escort “gêne sa vie privée. “Elles ne restent pas longtemps. Elles vont de ville en ville.” Mais elle estime qu’elle n’a pas “eu affaire à elles”.

“Moi, je m’en fous, Je peux vous assurer que vu la demande, y’a du travail pour tout le monde…”, ironise Delphine (prénom changé), quand on lui demande s’il y a une tension à cause de la concurrence entre filles de l’est et française, entre escorts “indépendantes” et escorts “d’agence”.

“Les réseaux de filles de l’est ont investi Internet après la loi Sarkozy de 2003″, regrette Jeanine Mossuz-Lavau, chercheuse au Cevipof. “A cause de la répression du racolage passif, on a eu une reconversion de toutes les filles de l’est qui étaient arrivées en France au début des années 2000. Les réseaux se réorganisent.”

“Le mois dernier, un propriétaire a découvert qu’une fille de l’est se prostituait dans son appartement”, raconte Samuel Prieur, de l’association Le Nid, contre la prostitution, qui a reçu cet appel de détresse. “Il y avait sans cesse du va-et-vient dans l’appartement et ce n’était pas la fille qui payait…” Jeanine Mossuz-Lavaud évoque aussi des témoignages selon lesquels la mafia russe a acheté en France des immeubles et des appartements pour la prostitution, mais estime surtout qu’on ne connait pas assez bien le problème.

“La technique des tournées rend les flagrant délits beaucoup plus difficiles, car le temps passé par la prostituée en France est très court”, estime le responsable de l’association Le Nid.

http://www.lepost.fr/article/2007/12/05/1063067_les-reseaux-de-filles-de-l-est-ont-investi-internet.html

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dec 05

C’est la formule d’un client habitué des escort-girls, ces femmes qui vendent leurs services via Internet. Une idée fausse selon l’association Le Nid.

Qu’est-ce que c’est que les “escorts girls”? C’est la question que se posent certains internautes en découvrant les plateformes Internet sur lesquelles des milliers de filles louent leur corps à l’heure. Une activité potentiellement illégale mais qui a dépassé la prostitution dans la rue…

Voici la réponse d’un habitué, qui répond en des termes crus à un nouveau venu sur le forum d’Escort-Annonce.com, un des annuaires d’escort-girls qui permet aux clients d’”évaluer” les filles. Un témoignage pour mieux comprendre l’état d’esprit de ceux qui consomment.

“En gros, pour les escort girls, c’est toujours de la prostitution bien sûr. Mais elles sont aux putes de rue (type Strasbourg St-Denis) ce que la haute gastronomie est au fast food.”

“Bien sûr, on peut aussi avoir de mauvaises surprises (mais cela ne m’est arrivé qu’une fois sur dix expériences maintenant - je suis un “punter” modéré, pour ne pas me fâcher avec ma banque - [les punters, c’est le mot anglais utilisé pour désigner les clients des escorts girls, NDLR]). Bon : un ratage sur dix rdv , c’est tout de même peu. Plus un rdv avorté car il y avait un type devant la chambre d’hotel.”

“Haute gastronomie dis-je : tu as tout intérêt à être très propre sur toi, voir bien looké… les nanas de l’est sont sensibles à l’argent, au pouvoir, il faut faire passer intuitivement l’idée, faire sentir, que tu n’as ‘pas de problème’.”

“Sur le plan relationnel : il ne faut pas attendre que tout vienne d’elle. Y ‘aller’ : cuni, DFK… (cunilingus et “deep french kiss”, c’est-à-dire un baiser profond avec la langue, NDLR). Oui elles embrassent et en principe les services sont précisés sur les sites. Les caresser, normal, comme avec une copine.”

“Venir avec ses préservatifs préférés est également bien vu (mais évidemment, elles sont équipées!).”

“Elles sucent ’sans capote’ pour la plupart, sinon c’est précisé. Pas de risque de contamination pour le punter si tu te fais sucer. Par contre pour le cuni, cela peut craindre.”

“Rapport sexuel sensu stricto toujours protégé, bien sûr.”

“Certaines arrivent à nous faire croire que nous sommes leur petit ami.
Le problème, c’est qu’elles sont gentilles avec tout le monde (qui les paient!), sauf les gros bourrins.”

“Toujours payer à l’arrivée.
Se lâcher.
Et bonne bourre.”

L’avis d’une association d’aide aux prostituées: “Il n’y a pas de prostitution ‘haut de gamme’… les escorts girls, ça reste de la prostitution”, nous dit Samuel Prieur, de l’asso Le Nid, qui lutte pour une “société sans prostitution”.

“C’est une fausse idée de distinguer d’un côté les ‘pauvres’ femmes âgées qui travailleraient sur le trottoir et de l’autre des femmes plus glamour, qui se prostitueraient des hôtels de luxe…”

“Les dégâts sur les femmes sont les mêmes…
il n’y a pas de différence de fond entre prostitution de rue et de ‘luxe’ ou prostitution ‘libre’ et prostitution ‘forcée’… La prostitution reste subie.”

http://www.lepost.fr/article/2007/11/26/1058428_les-escort-girls-c-est-la-haute-gastronomie-de-la-prostitution.html

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