La maîtresse d’ Edouard Stern, comparaît pour la première fois en audience publique. On évoque les dérives sexuelles d’un couple maudit.
Vêtue de blanc de la tête aux pieds, cheveux dénoués, c’est une Cécile Brossard diaphane et réservée qui a comparu, hier, pour la première fois en audience publique devant la Chambre d’accusation. Le prétoire a été pris d’assaut par les journalistes suisses et étrangers.
La meurtrière du banquier français Edouard Stern n’a pas dit un mot. Le regard calme, impassible, malgré des propos parfois outrageants. Elle n’a craqué qu’une seule fois en deux heures trente d’audience. Au moment où ses avocats ont évoqué une dispute entre elle et son amant. «On ne quitte pas Edouard Stern!» lui aurait asséné ce dernier avant de planter un couteau à côté d’elle… Le souvenir l’a visiblement bouleversée.
Qui est-elle? Un ange? Un démon? Une femme ordinaire plutôt. Aspirée avec son amant dans une histoire extraordinaire dans laquelle, comme on a pu l’entendre, les paroles blessantes succédaient aux doux messages et l’humiliation à la tendresse.
Lorsqu’un homme s’ennuie
«Un million de dollars, c’est cher pour une pute…» Voici la phrase qui, selon elle, aurait signé l’arrêt de mort de son amant. Un amant de 50 ans «comblé» sur le plan professionnel et amoureux lequel, explique Me Marc Bonnant, avocat de la partie civile, n’avait peur que d’une chose: l’ennui. C’est à cause de cet ennui qu’il a fait le choix de la «subversion charnelle», c’est à cause de cet ennui «qu’une cocotte blonde a été capable d’attiser ses fantasmes de déraison» et a pu l’entraîner dans une «dépendance dont il ne se sortira pas». Qu’est-ce qu’elle a pour elle? «Son cul», répond Me Bonnant.
Cette femme de 38 ans qui traîne une enfance cabossée aime relever des défis. La conquête d’Edouard Stern en était un. Après quatre ans d’une liaison tumultueuse à caractère sadomasochiste, on le retrouvera mort chez lui à Genève, le 1er mars 2005, encagoulé, enserré dans des liens et une combinaison en latex: «Malgré sa force, il est le dominé, elle est le maître.»
La partie civile évoque ce million de dollars que le défunt a donné à sa maîtresse en acceptant de l’épouser. Puis, il a bloqué la somme. Elle en a été furieuse. Alors, dit Me Bonnant, elle a préparé son petit matériel de combat: le collier de chien, la combinaison de latex, le talc, afin de l’assassiner.
Elle n’est peut-être pas un ange, mais lui non plus. A la défense, Mes Pascal Maurer et Alec Reymond ont brossé un portrait assez sombre du banquier. Cet homme que certains proches surnommaient «Doudou», a laissé 700 messages vocaux sur le mobile de Cécile B.: parmi eux «Qu’est-ce que je t’aime! J’ai le coeur qui explose dans la poitrine. Je ne savais pas qu’on pouvait aimer autant.» Mais aussi: «Tu es une merde. Je n’ai pas confiance en toi, je n’ai confiance en personne. Je vomis sur toi, je vais te faire du mal…» Pour la défense, Cécile B. a été victime d’un «harcèlement moral très sophistiqué. Elle a été entraînée dans un tango mortel rythmé par Edouard Stern.» La Chambre va-t-elle accepter les recours des avocats demandant des actes d’instruction supplémentaires? La décision sera rendue ultérieurement.
Source : http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/recherche/recherche_3_2_1/(contenu)/173245
Tags: Edouard Stern, scandale, Suisse
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