Une journaliste de l’ AFP est allée interroger les prostituée de la rue Saint Denis à propos du projet de loi anti-client…
Tags: anti-client, débat
Une journaliste de l’ AFP est allée interroger les prostituée de la rue Saint Denis à propos du projet de loi anti-client…
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L’Institut Turgot, est un think-tank libéral. Il entend jouer un rôle décisif dans la production et la défense des idées libérales en France et en Europe. Il s’est prononcé pour une libéralisation de la prostitution en France et un rejet des lois Bachelot en projet. Il explique sa position à travers un long article
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Le philosophe PHILIPPE HUNEMAN pose la question dans Libération : “Payer pour jouir, est-ce mal ?”
Sa conclusion :
L’équation «dignité de la personne = sexe» était déjà au cœur du diagnostic de Michel Foucault dans l’Histoire de la sexualité : pour nous modernes, postfreudiens, ou post-kinseyiens, la vérité du sujet se trouve dans son sexe. Reste que c’est là une explication historique de la thèse («pourquoi semble-t-elle aller de soi ?»), et non un argument en sa faveur. En quoi donc mon sexe est-il tellement moi-même que consentir à le louer reviendrait, logiquement, à me faire volontairement esclave ? En l’absence d’une réponse évidente, la charge de la preuve est à celui qui soutient la proposition ; nul parmi les tenants de la loi ne l’a fournie. Je tiens donc pour l’instant la thèse morale pour infondée.
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Dans Libération, l’écrivain et journaliste Mathieu Lindon revient sur le projet de loi anti-prostitution qui se met en place, et y exprime son ras-le-bol.
Contre la prostitution, il s’agit de protéger la dignité de la femme à laquelle attente la traite des êtres humains. Mais le pouvoir ne devrait pas tirer argument de son incompétence : comme sa lutte contre la traite des êtres humains est un fiasco, il lutte contre la prostitution. On pourrait aussi foutre en taule les usagers du métro qui donnent quelques sous aux petits Roumains alors qu’on sait que les pauvres sont contraints à cette indigne mendicité (quand ce n’est pas au vol) par des adultes ? Faut-il fermer les banques pour interdire les hold-up ? Les touristes qui engraissent les dictatures de leur présence ne sont-ils pas juridiquement condamnables (surtout quand, comme en Tunisie, ils ne se précipitent pas pour soutenir la démocratie) ? Contre le racket au lycée, une mesure simple : ne pas laisser faire les parents irresponsables qui envoient leurs enfants au lycée.
Lire cette chronique sur le site Libération
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Le site de la chaîne de télé TV5 diffuse un article qui résume les différents systèmes, “prohibitionnistes”, “abolitionnistes” et “réglementaristes” qui existent pour définir la politique de la prostitution. Un résumé intéressant pour qui découvre cet aspect du débat…
A l’ INP, nous considérons que l’ “abolitionnisme” est un concept d’interdiction, donc un prohibitionnisme qui ne se l’avoue pas. Il n’y a donc selon nous que deux systèmes : le prohibitionnisme et le réglementarisme. La France est dans un système prohibitionniste qui hésite, qui tâtonne.
Un Sénateur, Richard Yung, encarté Parti Socialiste, s’oppose au projet de loi pénalisant le client et propose qu’on aille vers la légalisation véritable de la prostitution.
C’est cet oubli flagrant – voire cette ignorance – des craintes et revendications légitimes des prostitués qui est le plus choquant dans cette mesure. Les prostitué-e-s ne sont pas toujours des victimes naïves qu’il faudrait protéger d’elles-mêmes. Certain-e-s sont aujourd’hui, et cela depuis des années, organisés. J’ai rencontré beaucoup de membres du STRASS (Syndicat du travail sexuel). Loin de l’image sordide dépeinte par les partisans de la pénalisation, ces prostitué-e-s revendiquent des droits et font des propositions politiques argumentées :
- Ils/Elles demandent de mettre le droit de leur côté et de les intégrer pleinement à notre société : accès à la justice, liberté d’aller au commissariat sans a priori de la part des forces de l’ordre afin de pouvoir enregistrer une plainte pour viol, droit à une retraite, droit à une sécurité sociale, droit à la formation professionnelle mais aussi le droit de payer des impôts.
- Ils/Elles souhaitent que la prostitution soit officiellement autorisée, alors qu’aujourd’hui elle est seulement tolérée.
- Ils/Elles demandent la suppression du racolage passif qui permet, avec le plus arbitraire, leur garde à vue abusive, voire leur condamnation.
- Ils/Elles refusent et s’opposent à un proxénétisme d’État ou d’entreprise – les maisons closes – et demandent que les prostitué-e-s soient autorisé-e-s à se regrouper pour exercer leur activité dans des cabinets, coopératives, associations hôtelières à but non lucratif, etc.
- Ils/Elles appellent ainsi de leurs vœux que le proxénétisme de soutien, c’est-à-dire toute personne qui se livre à une transaction économique avec une personne prostituée, comme un chauffeur de véhicule ou un compagnon, soit autorisée. À l’inverse, le proxénétisme de contrainte doit être fortement réprimé tout comme la prostitution avec un mineur et l’exploitation des autres.
Je pense donc qu’il faut soutenir les personnes au cœur de ce système : les prostitués et refuser la pénalisation du client qui les précarisera. C’est un débat difficile mais l’occasion est bonne pour le faire avancer. Le Parti socialiste a une responsabilité particulière en matière de progrès des mœurs et de la société, nous devons l’assumer.
Telle est la question…
Le site Terra Femina résume l’ampleur du débat en donnant la parole à deux associations, la fondation Scelle, qui a un positionnement prônant l’interdiction la prostitution, et le Bus des Femmes, qui a un positionnement prônant un cadre légal à l’exercice de la prostitution. Un bon résumé des antagonismes, deux visions qui semblent inconciliables.
Pour notre part, nous considérons que la solution légaliste convient mieux, obéissant à un certain pragmatisme, à des retours d’expériences, et surtout, prend acte du bilan calamiteux de la solution dite “abolitionniste” en vigueur depuis des décennies en France, et qui est aussi appliquée par des modèles de sociétés dans lesquels nous ne voulons pas vivre. On peut comprendre que certains veulent vivre en France comme dans des société scandinaves, musulmanes ou communistes, où la prostitution est souvent fortement condamnée, socialement et légalement, ce n’est pas notre positionnement. Les solution basée sur l’utopie et l’idéalisme nous font peur. Nous avons retenu les leçons du 20e siècle.
La rédaction
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