nov 07

Entretien . Jérôme Expuesto, membre de Cabiria, association lyonnaise d’aide aux prostitué(e)s, détaille les raisons de la manifestation devant le Sénat.

Pourquoi cet appel à protester de la part de plusieurs associations de soutien aux prostitué(e)s ?

Jérôme Expuesto. Ce rassemblement marque la date anniversaire des manifestations qui ont eu lieu en 2002, lors des débats parlementaires sur le projet de loi de sécurité intérieure qui visait, entre autres, à pénaliser le racolage passif de deux mois de prison et de 3 750 euros d’amende. Le but est tout simplement de réclamer l’abrogation du texte du 18 mars 2003. Et de rappeler aux politiques que des associations de terrain ne se sont pas laissé endormir par les messages rassurants de l’époque : « Nous allons faire cette loi pour lutter contre les réseaux. » In fine, cette disposition législative a complètement désorganisé la prostitution et ses conditions d’exercices.

Justement, soi-disant créée pour lutter contre le proxénétisme et l’exploitation des femmes, quelles sont en réalité les conséquences de cette loi proposée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur ?

Jérôme Expuesto. Immédiatement sur le terrain, on a constaté des arrestations à répétition des prostitué(e)s. Il n’y a pas du tout d’histoire de démantèlement de réseaux. Ces personnes sont arrêtées, mises en garde à vue plusieurs fois par semaine. Aujourd’hui, on les interpelle avant tout pour vérifier la régularité de leur carte de séjour. Depuis 2002, ce n’est plus seulement la police des moeurs qui travaille sur les questions de prostitution, la police municipale, la BAC, les CRS et bien évidemment la police aux frontières sont mises à contribution. Les vraies victimes de la loi de 2003 sont les prostituées, et notamment les étrangères. Autre conséquence : auparavant, l’exercice de la prostitution et celui de notre action de prévention se faisaient dans des conditions relativement pacifiées, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En termes de prévention, on pouvait alors faire comprendre aux prostituées qu’elles étaient véritablement des actrices de la santé. Maintenant ce discours est plus difficile à faire passer. De plus, le déplacement de ces populations et leur regroupement dans des lieux « mal famés » ont accru l’insécurité.

Quelle serait une bonne politique en termes de prévention et d’accompagnement ?

Jérôme Expuesto. Une bonne politique publique ne peut fonctionner qu’à partir du moment où l’on considère ces personnes comme des citoyens. Ce débat est clos en France, et ceux qui veulent l’ouvrir - comme nous - sont traités de « pro-proxénètes » ou de « pro-réseaux ». Tant que les prostitué(e)s seront considérées comme des victimes et non comme des citoyens, on ne pourra jamais y arriver. Il faut leur accorder des droits. Notre association existe uniquement parce que le côté victimaire a fait perdre le lien avec les gens qui se prostituent.

Entretien réalisé par Sophie Bouniot

http://www.humanite.fr/2007-11-06_Societe_Les-prostituees-victimes-de-la-loi-sur-le-racolage

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oct 27

Le 12 septembre 2007, Nathalie Bordes-Prevost était convoquée par la police après que le préfet de Dordogne, où elle habite, ait décidé de faire dissoudre son association. Le prétexte invoqué est que l’ADEP, l’association pour le droit d’exercer la prostitution qu’elle a créée en juin, cacherait des délits de racolage et de proxénétisme et constituerait une atteinte aux “bonnes moeurs”. Cette nouvelle affaire s’inscrit dans la campagne de répression qui s’est accrue depuis l’élection du président Sarkozy.

Rappelons que, depuis le début de juillet, le nouveau préfet du Rhône et ami du président ordonne des rafles de prostituées à Lyon et fait envoyer leurs camionnettes à la fourrière. De plus, la directrice de Cabiria a récemment été convoquée par la préfecture du Rhône pour dénoncer les prostituées migrantes qui fréquentent l’association, et a été menacée de poursuites pour aide au séjour illégal. Début août, c’est le procureur de Nice qui décidait d’interpréter la loi sur le racolage pour faire condamner leurs clients.

Ces mesures d’intimidation et menaces d’interdiction cachent mal une volonté politique bien réelle de casser le mouvement de défense des droits des travailleuses du sexe et de faire taire ses leaders, telle que Nathalie qui fait partie de la nouvelle génération de prostituées qui ont le courage de parler à visage découvert.

Le pouvoir en place sait que le loi qui pénalise le racolage est impopulaire et craint un mouvement d’opposition. Le préfet de Dordogne a cru pouvoir faire taire Nathalie en s’attaquant à une personne isolée. Il n’en est rien car elle a le soutien de l’ensemble des associations de travailleuses du sexe.

Contre toute cette hypocrisie et contre la répression de notre métier, nous appelons à un rassemblement le 5 novembre devant le Sénat.

Sources : Nathalie Bordes-Prevot de l’ADEP, Thierry Schaffauser membre de Les Putes, et Cabiria, 24.10.2007

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oct 18

 Non aux pressions à l’encontre des personnes prostituées à Lyon

AIDES et Sidaction dénoncent les mesures d’intimidation des pouvoirs publics à Lyon à l’encontre des personnes prostituées et exigent que les associations lyonnaises engagées dans la prévention et la lutte contre le sida puissent continuer leur travail sans pression.

L’association Cabiria, association lyonnaise de santé communautaire avec les personnes prostituées, est soutenue par Sidaction depuis 1997 pour la qualité de son travail de prévention et de suivi auprès des personnes prostituées à Lyon.

La directrice de Cabiria a été convoquée par un Officier de Police Judiciaire de la Police aux Frontières la semaine dernière. Celle-ci s’est vue proposer de dénoncer les personnes sans papiers connues de l’association, mais aussi d’aider la police à les arrêter. L’officier de police a pris le soin de mettre en garde la directrice sur les conséquences d’un refus : gardes à vue répétées des salariés, inculpation pour aide au séjour irrégulier pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Cette tentative d’intimidation est inacceptable et ce d’autant plus qu’elle vient s’ajouter au climat de répression qui règne auprès des associations engagées dans la lutte contre le sida auprès des personnes prostituées. Malgré de nombreuses tentatives de dialogue avec la municipalité lyonnaise et le préfet du Rhône, aucune solution alternative n’a été proposée. Les personnes prostituées exerçant en camionnette ont dû quitter le quartier Charlemagne fin juillet suite à un arrêté municipal leur interdisant le stationnement.

Les conséquences pour la santé publique sont dramatiques. Les contraventions adressées aux personnes prostituées les amènent à travailler dans la clandestinité et à s’isoler. Le travail de prévention est donc plus difficile. La loi sur le racolage passif entraîne certaines prostituées dans la délinquance. Lors des gardes à vue, les prostituées ne peuvent pas suivre normalement leur traitement. La prise régulière du traitement anti-VIH est pourtant l’une des conditions nécessaires pour assurer son efficacité.

Aides, Sidaction et Cabiria demandent aux pouvoirs publics de cesser toute pratique d’intimidation envers Cabiria et les personnes prostituées à Lyon et proposent d’entamer un dialogue avec l’ensemble des pouvoirs publics concernés pour améliorer la situation des personnes prostituées.

 http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=12360

 

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sep 17

Emission “Du grain à moudre” sur France Culture du lundi 17 septembre 2007, sur le thème “Faut il exclure les prostituées du Centre Ville ?”

Avec l’intervention de

Denis Broliquier.  Maire du 2ème arrondissement de Lyon
(Mouvement : Unir pour Lyon)  
 
Jean-Louis Touraine.  Député du Rhône (3ème circonscription)
Premier adjoint PS du maire de Lyon
Professeur de médecine 
 
Florence Garcia.  Directrice de l’association CABIRIA 
 
Lilian Mathieu.  Sociologue au CNRS, rattaché à l’université de Paris 1

Ecouter l’emission :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/

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sep 06

Les prostituées de Gerland sur la sellette
A deux jours du premier match au stade Gerland opposant l’Australie au Japon, les abords du stade sont sous surveillance… (Metrofrance.com)
Le préfet a indiqué avoir donné des consignes pour renforcer le contrôle des stationnements interdits, du trouble à l’ordre public ou du racolage

La quarantaine de prostituées de Perrache, aujourdhui implantées près du parc de l’Artillerie, font l’objet de contrôles de plus en plus réguliers.

Le préfet a indiqué mardi avoir donné des consignes pour renforcer le contrôle des stationnements interdits, du trouble à l’ordre public ou du racolage. Il n’ a pas envisagé d’ actions plus répressives, mais la menace plane.

Dans ce secteur, après une plainte d’une résidente, la police municipale s’est déplacée mardi matin pour exiger des prostituées qu’elles quittent l’arrondissement.

“Cacher la misère”
Pour Jérôme Expuesto, de Cabiria, association de santé qui  travaille avec les prostituées, “les Roms, les SDF, les prostituées feront les frais de la Coupe du monde”.

Médecins du Monde a diffusé un communiqué dans le même sens : “La France veut cacher la misère des Roms avant la Coupe du Monde avec des politiques à court terme”, comme l¹évacuation des Roms de Vénissieux.

La Préfecture a fait savoir qu’elle ne voulait pas entrer dans cette polémique. Le cas des Roms relevait, selon elle, uniquement d’ une question sanitaire.

 http://www.metrofrance.com/fr/article/2007/09/05/19/1345-48/index.xml

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