
L’attente

Le client

Au lit

Le repos
Edgar Degas
Source : http://lemateurdart.wordpress.com/2007/11/15/les-riches-heures-en-maison-close/
Tags: art, edgar degas

L’attente

Le client

Au lit

Le repos
Edgar Degas
Source : http://lemateurdart.wordpress.com/2007/11/15/les-riches-heures-en-maison-close/
Tags: art, edgar degas
C’est un évènement, une collection unique d’objets et oeuvres touchant à la prostitution sera mise en vente vendredi 9 novembre à Drouot !!! Peintures, objet récupérés dans les bordels, accessoires de prostituées, etc, etc. Jean Feixas, ancien flic iconoclaste vend tout !
Amateur d’histoire de la prostitution ou des curiosas, c’est à ne pas rater !
Prostitution et Maisons Closes : Collection Jean Feixas
Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris
Vendredi 9 novembre 2007 à 14h
Exposition Le 08/11 de 11h à 18h et le 09/11 de 11h à 12h Informations :
Expert :
Arnaud Thomasson
Tel : 06 77 33 34 35
Pour tout renseignement, veuillez contacter la maison de ventes au 01 58 18 39 05.
Le catalogue avec photos des objets est disponible sur le site http://www.auction.fr/ Possibilité d’enchérir à distance.
En guise de bureau du festival, une table sur tréteaux. La carte d’accréditation est en papier recyclé, l’affiche si moche que l’on croirait un flyer annonçant une promo chez Conforama et les films éparpillés aux quatre coins de Berlin. Soit ceux qui ont organisé ça sont complètement à côté de la plaque, soit ils vont dans la bonne direction.
A les voir, ils pourraient être aussi bien profs dans une université ou tenir un resto d’altitude. A la place, ils ont choisi de faire exister sur quatre jours, avec un budget riquiqui, un festival de film porno à Berlin, le deuxième du nom. A quoi ça peut bien servir, le Porn film festival, à l’heure d’Internet et qui plus est à Berlin, seule ville en Europe où fleurissent les sex kino, salles spécialisées où des «ouvreuses» vous proposent en sus un visionnage manuellement assisté ? Ne se tient-il pas déjà tout au long de l’année des gros «salons» de l’industrie porno, avec starlettes, distributions de prix et tournages en extérieurs ?
Justement, le Porn film festival berlinois est l’antidote des salons, une attaque de l’underground lancée en direction de l’industrie. Le festival d’une génération qui voit dans le porno un compagnon de jeu, une source d’inspiration, une culture, une boîte à cul en même temps qu’une boîte à idées, un miroir identitaire (hétéros, gays, lesbiennes, filles-pédés, garçons-gouines, trans, fétichistes, accros à la Net pornographie…). Une génération qui en a marre de n’avoir sous la dent que des pornos affligeants de préjugés sexistes et raciaux à consommer. Et qui cherche dans les marges de l’industrie quelque chose de contemporain qui ressemble plus à un fantasme et non à des stéréotypes : plus dark, plus libres, plus drôles aussi. «Reclaim your porn» (à la fois «réclame» et «revendique ton porno») est le mot d’ordre d’un festival parti du principe que l’image de la sexualité appartient à chacun.
Fantasme hiérarchique
Les réponses sont venues de toutes parts : féministes, étudiants en école d’art, cinéastes expérimentateurs de formes, labels indépendants. Comme si tout à coup, plus personne ne se retrouvait dans le porno en l’état. Il suffisait de lire les intitulés des conférences glissées dans les mêmes salles que les films (deux par jour) : «Culture Web et politique sexuelle» ; «Good Porn for Good Girls» ; «Modifications du corps et sexe transgenre» ; «la Créativité est-elle possible dans le porno mainstream ?» ; «Représentation des tabous politiques et sociaux dans le porno : le Moyen Orient comme cas d’étude». Cette dernière conférence a sans conteste été le gros morceau du festival, qui a eu la bonne idée, cette année, de lancer un coup de projecteur sur la production israélienne et de demander à Liad Kantorowicz d’en contextualiser les problèmes.
Palestinienne, ancienne travailleuse du sexe qui, en 2002, fit connaître médiatiquement la situation proche de l’esclavage des prostituées en Israël, Kantorowicz est depuis l’activiste la plus visible de la région, s’improvisant porte-parole tout à la fois des mouvances queer, féministes et porno. Devenue journaliste, elle envisage de tourner le premier hard féministe en Israël. Elle a le goût de la mise en scène des codes et a compris deux, trois trucs décisifs pour forcer les portes de la société du spectacle. Ainsi, vendredi soir, la jeune femme portait sur la scène d’un cinéma de Kreuzberg (quartier berlinois à forte majorité turque) un foulard léopard et une ceinture de balles. A la fois en guerre et en séduction avec chaque symbole, elle évaluait à Berlin l’avancée du dialogue israélo-palestinien au travers du prisme porno.
Encore tâtonnante du point de vue artistique («le principal intérêt à mater un porno israélien, c’est encore la possibilité de tomber sur quelqu’un que l’on connaît : avantage des pays étroits»), la toute jeune industrie porno de Tel-Aviv (cinq ans d’existence, cinq boîtes de prod) devient passionnante dans sa façon de jouir des codes sociaux, politiques et des tabous entourant le Moyen-Orient. Deux tiers des vidéos sont situées dans des compagnies militaires mixtes, ce qui permet aux réalisateurs de tirer sur le vieux filon du fantasme hiérarchique, donc de jouer avec le harcèlement sexuel (pratique qui a récemment entaché l’appareil politique israélien), et de tirer le constat d’une société en guerre qui, dixit Liad Kantorowicz, «assiste à la militarisation totale de son espace intime».
Racisme semi-avoué.
Comme tout ce qui peur fait aussi un jour ou l’autre fantasmer, le porno israélien a un deuxième thème de prédilection : l’Arabe. La fille voilée (détournement du fichu religieux en ornement fétichiste), à qui un hardeur demande en hébreu de jouir dans la langue arabe, ou le sombre mâle, grimé en dangereux fedayin (les rôles sont tenus par des actrices et acteurs israéliens). Quand elle ne veut pas trop taper sur les nerfs des autorités ou y aller doucement avec le champ de pénétration érotique des territoires occupés, les prods lancent des séries touristiques avec des pays arabes qui ne posent aucun problème diplomatique : ainsi le carton récent de la série tel-avivienne Tunisian Sandwich. Si tout cela avance sur une fantasmatique ambiguë, tirant plus du côté du racisme semi-avoué, Kantorowicz, optimiste, y voit «une avancée paradoxale : le X comme un espace qui échappe au réel, à la politique et aux lois. Des Arabes et des juifs faisant l’amour».
Pour nuancer cet angélisme, le festival avait décidé de programmer juste après AfroDite Superstar, nouveauté du label américain Femme chocolat, 100 % black, (prod, réal, acteurs) monté en réponse aux kyrielles de films interraciaux où des gangs de blancs tombent sur des nanas blacks. Ici, le film se moque des propres archétypes gangsta que l’on prête aux princesses hip-hop, les démonte tout en jouant avec comme on joue à la poupée.
L’ironie envers sa propre communauté sexuelle et ses prétendus signes de reconnaissance fit le lit de ce festival underground : tous les films lesbiens de la compétition Cum2cut avaient une longueur de sarcasme d’avance et même le plus beau film du festival, V.O., de l’Américain William E. Jones, montage élaboré à partir de films gays new-yorkais des années punk, n’y échappait pas : l’effeuillage d’un giton qui, surprise !, porte un tatouage «Tom of Finland» sur les deux fesses est à se tordre. Mais V.O., distillant un chromo louche, proche des premiers Scorsese, avec ces images d’errance dans le métro new-yorkais, monte en intensité dès qu’il superpose à ces séquences sauvées des décombres du sex-shop une bande-son empruntée à Jean Genet, à la Mort de Maria Malibran de Werner Schroeter ou à la Chienne de Jean Renoir. Le mur de résistance entre culture haute et pornographie de caniveau vient de tomber.
L’autre surprise est venue du Ave.X de Joe Gallant. Ancien hardeur passé à la réalisation, Gallant ne prétend pas travailler contre l’industrie, mais la prendre de l’intérieur. Ave.X, produit par Black Mirror productions et distribué par le mastodonde VCA pictures, est un film d’infiltré total : «Vous donnez aux grosses productions leurs cinq scènes anales et pour le reste, vous pouvez faire ce que vous entendez.» A savoir une fiction paranoïaque tournée dans Los Angeles la nuit, à mi-chemin entre Orwell et Burroughs : excité, notre cerveau reçoit plus d’informations, donc de messages subliminaux, et une organisation voudrait détourner les pornos à des fins de contrôle. La question du film est au fond celle qui a fouetté les sangs de tout le festival : que faire de toute cette énergie ?
http://www.liberation.fr/culture/cinema/288410.FR.php
Tags: allemagne, art, berlin, manifestation

Depuis le 22 septembre et jusqu’au 31 décembre prochain, le Musée de l’Armée présente Amours, guerres et sexualité. Cette exposition est étymologiquement terrible. Elle vient casser la vision habituelle des conflits, y compris ceux qui se déroulent actuellement. Les images et les mots des deux grandes focales des conflits au XXè siècle, le grand reportage et le cinéma, décrivent souvent de façon totalement séparée deux mondes, celui du front et celui de l’arrière. Pourtant deux liens forts les unissent jusqu’à l’obsession : la nourriture et le sexe. Les deux sont en général tabous. Aucun gouvernement en temps de guerre ne peut se glorifier ou se vanter des restrictions alimentaires, il se contente de les organiser, en ajoutant parfois, afin de faire taire les ventres qui crient famine et de mieux faire passer ces restrictions, une ode sur l’indispensable pointe de culpabilité que le civil doit éprouver à l’égard du soldat.
Le sexe est tout aussi tabou. Il n’en est pas moins organisé, en tout cas en ce qui concerne la chose militaire. C’est vrai pour les fameux “BMC”, bordel militaire de campagne, indissociables des conflits depuis 1914. Cela l’est également de la relation entre le sexe faible et le renseignement militaire.
Devant la profusion de documents qui témoignent tout au long de l’exposition et du livre des amours interdits, de la prostitution, des viols ayant jalonnés les deux conflits mondiaux et des millions d’êtres séparés, on est pris d’un vertige à l’idée que le tabou demeure.
Il ne s’agit pas d’être alimenté en détails graveleux sur la condition sexuelle des GI’s engagés en Irak, mais de traiter ce genre d’informations, qui ne le sont habituellement jamais. Certes, les amours cachés hétérosexuels (à défaut d’être paritaires, les unités US engagées en Irak sont bien mixtes) ou homosexuels de la seconde guerre du Golfe, ne donneraient pas lieu à des sujets hauts en couleurs comme les reportages dans les rues chaudes de Cholon à Saïgon en 1970. Quant aux massacres à symboliques sexuelles et ethniques (voulues et organisées) dans certaines régions d’Afrique, ils sont noyés dans l’horreur de l’information. Il en est ainsi des viols des mères auxquelles les tortionnaires coupent ensuite le bout des seins afin qu’elles ne puissent plus allaiter leurs bébés. Le politiquement correct a banni ce type de photos des newsmagazines, y compris ceux qui mettaient en “Une” un cliché d’un petit biafrais affamé aux yeux exorbités et au ventre difforme.
Ce n’est pas le moindre des mérites de cette exposition et du livre que de montrer et de narrer sans aucun voyeurisme à quel point la guerre, vécue à la première personne, civile ou militaire, est à la fois terriblement sale et compliquée. Parmi les femmes tondues, il n’est pas difficile d’imaginer que certaines éprouvèrent une passion authentique, au même titre que d’autres tombèrent réellement amoureuse d’un GI sans pour autant se “vendre” pour une tablette de chocolat ou une paire de bas.
Puisque la presse d’actualité qui suit les conflits contemporains ne veut ou ne peut faire son travail, puisque le cinéma continue à produire d’un côté des remakes de Tant qu’il y aura des Hommes et de l’autre L’Ennemi intime - la qualité cinématographique n’est pas ici en cause -, puisque l’historien est parfois impuissant à exprimer les dommages collatéraux de la bête humaine – c’est plus aisé pour un romancier –, il faut courir voir cette exposition et acheter cette récente livraison de la rue Sébastien Bottin. Elle touche à l’histoire, mais parce qu’il s’agit de celle du temps présent ou presque , elle concerne également l’actualité.
L’ouvrage donne ainsi des clefs pour comprendre les actuelles relations diplomatiques entre les deux Etats coréens et le Japon. La vague d’émotions soulevée par le Premier Ministre japonais en mars 2007, Shinzo Abe, qui a affirmé qu’il n’y avait eu aucune prostitution imposée à 200.000 femmes par les forces armées japonaises, a atteint les rizières le plus éloignées. En japonais, cela s’appelait des “femmes de réconfort “…
Amours, guerres et sexualité comble ainsi un vide à propos d’un sujet que n’abordent jamais nos journaux quotidiens et remet en cause la naïveté de notre vision de plus en plus aseptisée de la guerre. Elle n’est pas propre, mais elle est parfois la cause et le décor d’histoires d’amours improbables. Pourtant, à la fin de l’ouvrage, on a l’impression de voir écrit, en lettres de sang, “Pourquoi tant de haine ?”
L’exposition Amours, guerres et sexualité 1914-1945, se tient à l’Hôtel national des Invalides, du 22 septembre au 31 décembre 2007
Tous les jours de 10h-17h.
Fermée le premier lundi de chaque mois, les 1er novembre et 25 décembre.
Source : http://www.nonfiction.fr/article-125-ares_et_eros.htm
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