Sep 25

Deux ans après «Mister Bones», comédie décapante, l’Américain Seth Greenland revient avec une satire réjouissante du monde de l’entreprise aux États-Unis.

Dans la banlieue de Los Angeles, il y a les sublimes villas des stars de cinéma, et puis la petite maison de Marcus Ripps, dont il peine à rembourser les traites. Il a étudié la philosophie, ce qui, dans l’univers impitoyable de Beverly Hills, le range dans la catégorie des médiocres et des gagne-petit. En cas de coup dur, il relit des passages de Nietzsche, espérant renflouer son compte en banque. Après quinze ans de bons et loyaux services dans une usine de jouets, qui fabriquait des figurines de présidents des États-Unis en prière, Marcus se retrouve au chômage. Zarathoustra et les stoïciens ne lui sont d’aucun secours pour payer la bar mitzvah, les cours de clarinette de son fils Nathan, l’opération du glaucome de sa belle-mère, et les déficits du commerce de son épouse Jan. Mais le destin a pitié de Marcus et de ses hypothèques, et lui offre une situation sur un plateau d’argent. La mort de son frère, un type pas très fréquentable qui lui lègue sa blanchisserie, va faire de lui un homme de bien, il en est certain.

Marcus Ripps reprend donc les clés de « Shining City », une boutique où les blanchisseuses travaillent la nuit en jupes de vinyle, et parlent un anglais mâtiné de russe. Julian, son frère, était proxénète. Et alors ? se dit ­Marcus. Pour ce père de famille endetté, c’est l’occasion de s’en mettre plein les poches, de passer enfin du monde des perdants à celui des gagnants. Marcus Ripps devient donc le saint patron des maquereaux, il offre une couverture sociale et un plan épargne retraite aux prostituées de la blanchisserie. Il est enfin heureux, en affaires comme en amour, jusqu’à ce qu’un cadavre lui tombe sur les bras…

Seth Greenland est scénariste pour la télévision et le cinéma. À l’écran, Un patron modèle est une comédie à suspense. Les jeux de mots habiles de Greenland sentent parfois le rire enregistré et ses délires romanesques sont bien balisés, mais ce « gagman » a le don des répliques qui font mouche et le sens du détail incongru qui rehausse les traits de ses personnages.

Un patron modèle de Seth Greenland, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch, Liana Levi, 397 p., 21 €.

Source : http://www.lefigaro.fr/livres/2008/09/25/03005-20080925ARTFIG00433-l-impossible-monsieur-ripps-.php

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Sep 22

«Les Inséparables» fait le portrait de Léa, amie chère de la romancière, qui met sa vie en jeu dans la drogue et la prostitution. Conversation autour d’un livre.

Marie Nimier. Les Inséparables. Gallimard. 264p.

«Les autres pouvaient dire ce qu’ils voulaient, Léa et moi, c’était pour la vie.» Elle le dit comme ça dans son roman, mais elle le répète aussi en vrai, avec une espèce de force et d’énergie joyeuses. Marie Nimier débarque de Normandie, passe par Paris pour quelques entretiens, repart en train vers les siens mais aussi vers des salons du livre, des lieux de culture, des scènes, où ses textes seront lus, joués, chantés, dansés peut-être, puisque, romancière, elle écrit bien sûr des romans - comme ces Inséparables qu’elle vient de publier - mais aussi, depuis quelques années, des chansons, des pièces de théâtre, des livres pour enfants et sur la danse. Son écriture s’incarne de plus en plus, la chair s’en empare et fait danser ses mots, comme dans son livre précédent, Vous dansez?

Lorsqu’elle parle des Inséparables, on sent affleurer quelque chose de passionné pour son amie, pour l’écriture et pour la vie tout simplement, même dans ce qu’elle a de plus dur. C’est d’ailleurs bien une passion qu’elle raconte, celle qui naît entre deux fillettes à Paris, Léa aux cheveux de flamme, et elle, enfant. La romancière décrit un lien très fort qui, de l’enfance - Marie Nimier est née en 1957 et «Léa» est une copine de classe - dure encore aujourd’hui, dans le roman comme dans la vie. C’est une passion, aussi, au sens presque religieux du mot. Car, tandis que le personnage de Marie en grandissant s’en va vers le spectacle et l’écriture (Marie Nimier a été comédienne, a créé un groupe baptisé Les Inconsolables), Léa, l’amie chère, accueillera dans sa chair, avec la drogue, la délinquance et finalement la prostitution où elle s’installe, les malheurs du monde. «Elle a pris sur elle, dit-elle, pour nous deux, peut-être pour toute la classe, pour tout le monde. Comme si dans un groupe de gens, il y avait une personne peut-être plus sensible, et qui va au front.»

Les Inséparables arrive après un très grand succès de Marie Nimier, La Reine du silence, publié en 2004, et qui obtint, cette année-là, le prix Médicis. Les Inséparables est son neuvième roman et, avec lui, elle s’est aventurée comme jamais dans l’écriture du réel. Au début, avec Sirène, La Girafe, ou Domino, les livres de Marie Nimier étaient de pure fiction. «Je ne jurais que par la fiction», dit-elle et d’avouer même une espèce de «dédain ou plutôt, un sentiment de n’être pas à ma place dans l’autofiction». Rien ne valait, explique-t-elle, la liberté de l’imaginaire, où l’on avançait sans être «encombré» de réalité. Mais, «tout d’un coup, cette réalité est devenue un moteur: c’est maintenant un véritable défi que de finement tirer du réel et de l’expérience, des mots et de l’écriture».

Cette quête du réel a commencé vraiment avec La Reine du silence, même si, dans le roman qui l’a précédé, La Nouvelle Pornographie, une certaine «Marie Nimier» se trouvait mise en scène: une première inscription qui, explique la romancière, tenait plus du logo, du jeu de lettres que d’autre chose. «Ce n’était pas vraiment moi, c’était comme une fissure, une petite ouverture vers la réalité.» L’étape fut importante pourtant, car ce nom, «Nimier», portait en lui l’écho douloureux d’un deuil et d’un héritage. Ceux d’un père célèbre, Roger Nimier, doué pour l’écriture mais peu pour la paternité. Ce père a disparu tôt dans un accident de voiture aux côtés d’une belle et jeune romancière qui n’était pas la mère de Marie. Dans La Reine du silence, Marie Nimier écrit pour la première fois, la petite fille de cinq ans qu’elle fut qui interroge ce monde où, désormais, le père manque. En termes d’écriture, dit-elle, «la faille qui s’était ouverte vers la réalité, s’est écartée».

Il n’empêche qu’il a peut-être fallu attendre Les Inséparables - écrit pour partie et pour la première fois, avoue Marie Nimier, sous l’emprise d’une sorte d’urgence passionnée - pour que le réel s’engouffre vraiment dans l’écriture de la romancière. «Je crois que je n’écris pas différemment, mais juste tout à coup j’accepte d’être vivante aujourd’hui dans une génération. Je m’inscris. Avant j’écrivais et maintenant, en plus d’écrire, je me suis inscrite.» Elle a gagné en liberté, dit-elle.

Au départ, Les Inséparables - qui ne s’appelait pas encore ainsi - devait être roman social, dominé par des questions: comment et pourquoi la prostitution? la drogue? Qu’est-ce que cette «affection» qui, comme une maladie s’empare de certains êtres, les décime tandis que tant d’autres s’en sortent? Comment se peut-il que ce destin si dur soit celui d’une amie toute proche? Qu’il nous soit si voisin? En commençant d’écrire, elle s’est risquée, dit-elle, à emprunter la voix de Léa. «C’était elle qui parlait, qui racontait sa vie. Très vite, je me suis sentie un peu gênée. J’avais le sentiment d’une usurpation. Je me suis dit: la seule façon de parler d’elle, c’est de parler de moi; d’elle à partir de moi. C’était plus honnête. Je me sentais mieux. A ce moment-là, est arrivée l’idée que ce n’était peut-être pas un livre sur des problèmes de société, mais qu’il portait peut-être sur notre relation.»

La relation entre les deux amies est fusionnelle dans l’enfance. C’est le temps du «nous», de l’école, des passages mystérieux, des familles recomposées où les petites filles se passionnent pour les animaux, dont le merveilleux fennec Rommel. Puis, à mesure que Léa grandit et s’enfonce socialement, c’est le regard d’une femme sur l’autre qui l’emporte; un regard sans jugement, sans pitié non plus mais interrogateur mais aimant et présent.

Sous l’œil de la romancière, le personnage de Léa, prostituée et droguée, prend une ampleur étonnante, s’étend peu à peu, maternel et courageux dans sa souffrance, jusqu’aux dimensions d’une sorte de déesse martyre. Mais Marie Nimier le répète, malgré les chemins divergents pris par les deux amies, le lien entreelles n’a pas faibli. Elles se ressemblent insiste-t-elle, dans leur part d’ombre, même si l’une d’entreelles a pris apparemment plus de risques: «C’est un rapport étrange à la vie qui nous garde ensemble, dit la romancière. Comme si on avait besoin, l’une comme l’autre, d’aller toucher l’extrême, d’aller toucher la mort pour bien prouver qu’on est vivantes.»

L’histoire de Léa et de son amie est linéaire, chronologique, mais les mots du livre, eux, tissent d’autres correspondances, plus fines, plus souterraines, plus poétiques peut-être. En parallèle à l’histoire des deux femmes, se déroule un autre drame, celui du sens, que, découvre l’enfant, le mot ne recoupe pas toujours exactement. Comment se fait-il qu’un lieu nommé «impasse» puisse être, en fait, une «rue»?

«Peut-être que, comme tous les enfants, on croit ce qu’on nous dit, suggère Marie Nimier. Et moi, peut-être plus que d’autres, j’étais dans la foi totale du mot et de ce qu’il recouvrait.» Pour la romancière, le mot est resté ce matériau dont il faut à la fois se défier - d’où certains silences - et jouer: «Les mots c’est à la fois mon véhicule et mon frein, la désillusion et l’enchantement dans un même endroit.»

Dans ce mouvement vers le corps, vers la scène, vers le corps de Léa, vers l’écriture du réel, Marie Nimier cherche aussi désormais plus de simplicité, une écriture qui, dit-elle, vise à la transparence: «J’ai vraiment envie de laisser de la place au lecteur. Que les mots ne soient pas trop visibles pour qu’il puisse rentrer dans le livre et les dépasser. Il faut des phrases précises, pas trop d’adjectifs, un univers qui, même s’il est très noir ne doit jamais plonger dans la noirceur. Il faut conserver de l’espace pour que l’œil du lecteur puisse s’y inscrire…»

Source : http://www.letemps.ch/samedi/affichearticle.asp?artid=240044

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Apr 13

Aujourd’hui, nous célébrons le 62 e anniversaire d’une France sans maison close. Le 13 avril 1946, le décret Marthe Richard mettait fin au lupanar légal. Pas plus mal, à l’époque, les maisons closes étaient gangrénées par le “milieu” si bien que la plupart des prostituées ne voulaient plus y mettre les pieds. Marthe Richard, dans les années 70, admit que la “fermeture” n’était pas une fin en soi, et considérait le système des eros centers allemands comme une référence en matière du droit de la femme. C’est l’occasion pour vous offrir à voir ce film :

Attention chef d’oeuvre !!! “La fermeture” est un cours metrage de Gilles Grangier tiré du film à sketches “Un grand Seigneur” (aussi titré “Les bons vivants”). Dialogué par un Michel Audiard au top de sa forme et joué par un Bernard Blier épatant, ce court métrage est drôle, instructif, sensible, élégant, subtil, sexy, etc. Les qualificatifs ne manquent pas, c’est une pépite cinématographique française !

Le “pitch” : Le 13 avril 1946, une maison close parisienne met définitivement la clé sous la porte… Durée 26 minutes. Bon film !



(cliquez sur la video pour démarrer le film, attendre le temps que ça charge le début)

Ce court métrage n’est qu’une partie du film, qui comporte deux autres joyaux de la comedie, avec comme fil conducteur ; la prostitution. On y croise De Funes, Carmet, Mirelle Darc, Jean Richard, Castelli, et bien d’autres…

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Apr 05

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Mar 11

Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.

Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !

Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !

La 27e lettre (D : Will, S : Stephen Desberg) chez Dupuis, Collection « Aire Libre », juin 1990, 56 pages

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Feb 27


Arlette Farge et Laurent Turcot (ed.),

Flagrants délits sur les Champs-Elysées (1777-1791)Les dossiers de police du gardien Federici.
Édition présentée et annotée par Arlette Farge
Postface de Laurent Turcot

Mercure de France, Coll. “Temps retrouvé”, Paris, 2008

Présentation:

En 1777, quand la promenade des Champs-Elysées devient un lieu public et que « tout Paris y est », le comte d’Angiviller, directeur des Bâtiments du roi, décide de la doter d’un gardien, fort d’une petite troupe de quatre soldats. Il les choisit parmi des militaires sûrs, les troupes suisses, et nomme à leur tête Ferdinand de Federici, originaire des Grisons, homme dévoué, zélé, d’extraction modeste, qui va faire de cette promenade sa « chose ».
Chaque semaine, Federici écrit un « rapport », décrivant ses actions de police et son lien de plus en plus affectif à cet endroit entre ville et campagne, fréquenté par les aristocrates comme par les pauvres hères, lieu des jeux, des loisirs, des promenades et des parades, espace de la séduction, de la convoitise, du voyeurisme, mais aussi de l’émeute et de la violence. Les querelles, les duels à l’épée ou au pistolet, les batailles collectives, les jeux de barres interdits, les chapardages, les émeutes d’étudiants, les ventes à la sauvette, les attroupements autour des carrosses, les dragues de prostituées et les « agissements des pédérastes », sont le pain quotidien de la garde des Champs-Elysées.
Federici et ses hommes sont les rois du flagrant délit: ils surprennent la vie de Paris sur le vif, la ville la plus populaire comme la plus mondaine. A chaque rapport, de son écriture vive, colorée, réaliste, Federici croque des scènes qui ressemblent à des esquisses de peintre, aux zébrures de la vie quotidienne du XVIIIe siècle, nous donnant des informations à la fois banales et captivantes.

http://www.mercuredefrance.fr/titres/federici.htm
Url de référence :
http://www.mercuredefrance.fr/titres/federici.htm

http://www.fabula.org/actualites/article22648.php

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Feb 25

UN FILS
Drame - de Amal BEDJAOUI

Avec Mohamed HICHAM, Hammou GRAIA, Isabelle PICHAUD, Aurélien RECOING, Licino DA SILVA, Olivier RABOURDIN, Philippe CARTA, Walid AFKIR

Selim, jeune homme à la dérive, se prostitue. Il cherche désespérément à se faire aimer de son père, Omar, qui vit enfermer dans le deuil depuis la disparition de sa femme

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Feb 21

«Tout Paris y est.» Sur les Champs-Élysées, en cette fin du XVIIIe siècle, on commence à prendre la mesure de ce que sera « la plus belle avenue du monde ». Les Parisiens s’y affairent et la promenade va vite devenir l’un des lieux de plaisir les plus courus de la capitale. Le garde des Champs, un certain Federicci, nommé par M. d’Angiviller, le directeur des Bâtiments, a fort à faire. Dans les rapports qu’il laisse chaque semaine, et qui viennent d’être récemment réédités, c’est un univers bigarré qui revit sous sa plume originale. Les « agissements des pédérastes », les prostituées qui font les allées, les « jeunes ouvrières accrocheuses », etc., témoignent, s’il en était besoin, que Paris n’a pas attendu le réalisme et la Belle Époque pour être la capitale des plaisirs… graveleux. Dès le Directoire, ce sont des « merveilleuses » qu’on retrouve à moitié nues en train de faire scandale dans les allées élyséennes. Mais, indéniablement, la réputation internationale de Paris, la Ville Lumière, celle des plaisirs et des « petites femmes », des « cocottes », des « catins », des « gueuses » ou autres « grisettes », atteint son paroxysme à l’heure du Second Empire puis de la République des Jules. À croire que l’esprit prude appelle son contraire.

Ce que nous en disent Zola et Maupassant

On peut s’en convaincre à la lecture du bel ensemble publié par Daniel Grojnowski et Mireille Dottin- Orsini qui, pour la première fois, a réuni les romans et nouvelles qui ont illustré la prostitution dans le siècle où triomphe la vertu bourgeoise. « Le plus vieux métier du monde », disent les esprits courts. Le droit romain définissait déjà la prostitution : offrir son corps « publiquement, sans choix, pour de l’argent ». Après une époque médiévale assez tolérante à l’égard de la prostitution, le regard se durcit. Le XIXe siècle ne fait que la tolérer, d’où le surnom de « maison de tolérance ». Il faut lire les auteurs réunis dans cette anthologie comme un bel avertissement : les virus de l’amour n’ont pas la belle figure qu’on leur prête. En ces temps où triomphe M. Prudhomme, le libertinage séduit mais mieux vaut ne pas soulever le couvercle de la marmite. Ce que nous en disent les romanciers comme Zola, Huysmans, Maupassant, les Goncourt ou d’autres auteurs oubliés (comme Paul Adam) provoque un certain malaise. Ces auteurs rompent avec l’idéalisation de la « courtisane » dans son gynécée. Fini, l’érotisme de pacotille version siècle des Lumières et boudoir style Parc-aux-Cerfs. Sade est de retour mais ce n’est pas seulement pour la galerie. Les dérives sexuelles font des ravages. L’auteur de Nana et ses amis décrivent les bas-fonds de la sexualité avec crudité, ne cachent nullement la violence et le cynisme de ce milieu sans âme, miroir d’une société malade de ses contradictions et de son hypocrisie. La prostituée sert, comme le jeune Oliver Twist pour Dickens, à illustrer les dysfonctionnements d’une époque qui, du fait de la religion du progrès, se rêve parfaitemais entretient avec le sexe tarifé une étrange relation de faux-semblants.

Cette anthologie littéraire s’accompagne de documents plus rares et, peut-être pour cette raison, plus passionnants encore. On lira par exemple les extraits de la fameuse étude sur La Prostitution à Paris au XIXe siècle d’un médecin philanthrope, Alexandre Parent-Duchâtelet, qui, sous la Restauration, a enquêté pendant huit ans pour essayer de comprendre la situation des prostituées parisiennes.

Une enquête sous la Restauration

L’auteur, avec pudeur, essaye de sensibiliser ses congénères sur les raisons qui conduisent une fille sur le trottoir. Les riches « Messalines » se prostituant sont fort rares. La plupart des « filles à partie » sont de condition modeste et, ajoute Parent-Duchâtelet, ce sont leurs modestes salaires de couturière qui les obligent à sauter le pas. Un thème aujourd’hui à nouveau d’actualité avec la prostitution dans le milieu étudiant. L’enquête de Parent-Duchâtelet, cette « bible de la prostitution » comme on l’a parfois qualifiée, constituera pourles écrivains une formidable source d’inspiration (en décrivant les filles, leurs mœurs, leurs rivalités, en citant les multiples sobriquets avec lesquels elles se désignent, en pénétrant dans les maisons closes, etc.). Les « filles de joie » sont-elles des criminelles qu’il faut emprisonner pour racolage ? Plutôt des boucs émissaires, nous dit Parent-Duchâtelet…
Un joli monde. Romans de la prostitution Édition établie par M. Dottin-Orsini et D. Grojnowski Robert Laffont, Bouquins, 1 117p., 30€.
Flagrants délits sur les Champs-Élysées (1771-1791) Édition présentée et annotée par Arlette Farge Mercure de France, 398p., 20€.

Source : http://www.lefigaro.fr/livres/2008/02/21/03005-20080221ARTFIG00193-filles-de-joie-grisettes-et-accrocheuses-.php

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Feb 08

Magdalaine, la bâtarde (A mortal bane) par Roberta Gellis, chez 10/18

En 1139, en Angleterre, meurtriers et comploteurs prolifèrent dans le pays, livré à l’anarchie et à la guerre civile. Mais Magdalaine la Bâtarde, femme au passé trouble devenue patronne de l’Old Priory Guesthouse, une maison close très privée, ne compte pas se laisser marcher sur les pieds. Protégée par deux des hommes les plus puissants du royaume, dont l’évêque de Westminster, et entourée de ses ” filles “, elle mène sa maisonnée avec autorité et tendresse. Lorsqu’un émissaire du pape est assassiné devant sa maison, l’occasion est trop belle pour les moines du prieuré tout proche de se débarrasser de leurs encombrantes voisines. Aidée de ses belles pensionnaires et de son chevalier servant, sire Bellamy d’Itchen, Magdalaine va se battre bec et ongles, sur fond d’intrigues politiques et religieuses, pour faire éclater la vérité.

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Jan 27

Séquence du film “Vivre sa vie” de Jean Luc Godard, utilisé dans un clip du duo “Crystal Castles”

Godard annonce ainsi son nouveau film : « Un film sur la prostitution qui raconte comment une jeune et jolie vendeuse parisienne donne son corps mais garde son âme alors qu’elle traverse comme des apparences une série d’aventures qui lui font connaître tous les sentiments humains profonds possibles. » Joués par Anne Karina.

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