Feb 18

Film coréen
titre original: Nabbeun namja
Réalisé par Kim Ki-duk
genre: Drame
durée: 1.55

Han-gi travaille pour une proxénète. Un jour, pendant qu’il traîne dans le centre ville, son regard est attiré par une jeune femme du nom de Jim Sun-hwa, assise sur un banc. Alors qu’elle retrouve son petit ami, le couple est surpris par Han-gi qui embrasse brutalement la demoiselle. Repoussé par le petit ami de cette dernière, il est humilié par des agents le contraignant à s’excuser. Et comble de l’humiliation, Sun-hwa lui crache au visage… Profitant de la malhonnêteté de celle-ci, Han-gi et ses deux associés la font passer pour une pickpocket pour se venger. Mais Han-gi ne compte pas s’arrêter là et contraint celle-ci à se prostituer… Malgré cette haine farouche pour la jeune femme, il semble éprouver quelque chose de spécial pour elle, jusqu’à tabasser violemment à coup de batte de base-ball le premier client de cette dernière…

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Dec 29

Doit-on voir dans la prostitution un lieu d’affirmation de soi ou le lieu suprême de l’humiliation ? Est-ce un métier respectable ou une forme moderne d’esclavage ? Et les clients, ne font-il, finalement, rien de mal ; ou, au contraire, doivent-ils faire l’objet de poursuites pénales ? Qui a raison ? Depuis des décennies les pouvoirs publics pataugent. Pour tenter d’y voir plus clair, le point de vue de la philosophie peut être une solution de “sortie de crise”, comme l’on entend dire en ce moment …

Ce livre interroge donc la prostitution de la manière la plus radicale possible. Pour cela il remontera jusqu’à ce qui constitue, en quelque sorte, l’essence même du rapport prostitutionnel, mais dans le contexte sexuel uniquement. Et dans le cadre d’un apport spécifiquement philosophique pour tenter de comprendre le phénomène de la prostitution.
Il incombe alors au philosophe de chercher à cristalliser une définition du phénomène dont toutes les autres disciplines tendent à déterminer les causes. En cela ce livre ira dans le sens de la clarification conceptuelle, car toute investigation empirique présuppose un certain découpage conceptuel du réel. Ledit ne se fait pas toujours de manière consciente, ni sans certains à priori … En philosophie, on cherchera donc à articuler de la façon la plus claire et distincte possible ; sans oublier ces fameux à priori qui pourraient l’influencer.

Il faut donc analyser les différents discours et s’arrêter sur certaines notions non empiriques qui les émaillent. Par exemple, ces affirmations péremptoires qui veulent que dans la prostitution les notions de liberté, d’autonomie, de dignité, de moralité soient systématiquement mises en avant. Mais tout ne peut se résumer en une seule phrase. Si certains affirment que personne ne choisit librement de se prostituer, d’autres disent, tout aussi sûrement, que le choix de se prostituer peut être un choix parfaitement libre.

Ce livre ne prétend nullement dire le dernier mot sur la question du caractère moral – ou immoral – de la prostitution ; mais il apporte des arguments qui peuvent convaincre que la prostitution n’est pas moralement condamnable. En alimentant ainsi le débat, Norbert Campagna veut dépassionner le débat. Ce docteur en philosophie, professeur-associé à l’Université du Luxembourg, ne veut nullement légitimer le traitement souvent irrespectueux des personnes prostituées par leurs clients ; mais il veut s’interroger sur l’acte pris isolément.

Pour ce faire, cinq chapitres s’articulent autour de sa pensée. Dans le premier, il tente de clarifier le concept de prostitution pour simplifier ce qu’il implique. Dans le second est abordé la question relative à ce qui peut être vénal et à ce qui ne doit pas le devenir. Le troisième chapitre s’interroge sur l’impact de la sexualité en général et des rapports prostitutionnels en particulier sur la dignité humaine. Dans le quatrième chapitre sont étudiés les différentes manières de comprendre l’affirmation selon laquelle personne ne se prostitue librement. Quant au cinquième et dernier chapitre, il analyse les différentes politiques pouvant être mises en œuvre par une société confrontée à l’existence de rapports prostitutionnels.

Bref, et quoi qu’on en pense, il demeure certaines vérités et certains faits qui ne nous dispensent pas de nous interroger sur la compatibilité éventuelle de la prostitution, de la liberté et du respect de la dignité. C’est à une telle interrogation que ce livre procède ; mais il ne justifie en rien la situation dans laquelle se trouver aujourd’hui de nombreuses prostituées. Il ne fait pas non plus l’apologie de la prostitution … Car elle n’est ni un élément constitutif de la société idéale, ni un élément qui lui serait radicalement antithétique.
L’acte prostitutionnel n’est ni un bien en soi, ni un mal en soi.
La prostitution, la liberté et le respect de la dignité sont compatibles au niveau des concepts. Il dépend des êtres humains de les rendre compatibles également au niveau de la réalité.

Source Lemague

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Nov 18

Frédéric Ciriez est un auteur bien dans sa tête et dans ses mots. Avec « Des néons sous la mer », son premier livre de fiction, il joue avec les formes littéraires, à travers l’univers d’un bordel situé dans la baie de Paimpol. Fascinant. La critique est sous le charme.

Loufoque Frédéric Ciriez ? Farfelu, assurément. L’histoire de son premier roman est belle, sa génèse tout autant. « L’idée première était de faire un faux document scientifique sur la prostitution », confie-t-il. Les mots ont entraîné les mots et l’auteur a finalement mis en scène un sous-marin de la Marine nationale échoué dans la baie de Paimpol, le Fascinant, reconverti en maison close par douze prostituées pleines d’allant et rebaptisé Olaimp, « anagramme bancale de Paimpol ».
Beau Vestiaire

C’est un certain Beau Vestiaire qui a envoyé le manuscrit « Des néons sous la mer » aux éditions Verticales, en 2007. La réponse, positive, lui a été signifiée en seulement quinze jours ! Mais, derrière ce pseudonyme se cache un homme attachant, né à Paimpol il y a 37 ans, Frédéric Ciriez, qui a toujours été sensible à la littérature, travaillant en tant que chroniqueur littéraire sur internet, à Paris. « Ma période d’adolescence est viscéralement liée à la cité des Islandais », raconte-t-il.

« Rock’n’roll ! Mais, à chacun son Paimpol. J’avais envie d’écrire quelque chose qui prenne corps et cadre dans la région. Ça m’a rassuré. Mon père était administrateur des affaires maritimes et mon grand-père, fusilier marin. Chez nous, c’est beau ! ». Beau Vestiaire, c’est aussi le nom du narrateur, si touchant, qui fait écho au dandysme du plus célèbre des « Beau », George Bryan Brummel, arbitre britannique de la mode. La fonction esthétique prédomine dans le roman de Frédéric Ciriez. Il transporte le lecteur dans un futur proche où la prostitution a été légalisée depuis 2011. Le Paimpolais joue efficacement avec les styles et les genres. « Le sujet du livre est un bordel ; le livre est un bordel de formes et de significations. Chacun entre et navigue comme il veut à l’intérieur : on peut lire le livre comme un carnet ethnographique imaginaire, un roman noir, et par moments, comme une tentative de poésie lyrique ». L’écriture est tonique, poétique et on plonge dans ce lupanar, peinard, avec joie.

Hommage émouvant à Patrick Dewaere

Frédéric souligne que son roman, paru le 25 août aux éditions Verticales (3.000 exemplaires et 2.000 en retirage), n’est pas un manifeste pro-bordel. Livre vitaminé et mélancolique, il y a la scène du sous-marin, « à l’extérieur un phallus géant, à l’intérieur un grand vagin » et une autre d’un bout du littoral exploré à moto, de Paimpol au Légué, en baie de Saint-Brieuc. Avec, notamment, un hommage émouvant à Patrick Dewaere, « Briochin d’origine et acteur magnifique du film Série noire, d’Alain Corneau ». Des renvois de notes, des anecdotes sorties de l’imagination de l’auteur, intriguent. « Le plus grand bordel du monde, c’est le langage. Mon bordel, qui multiplie les formes narratives, est un bordel de langage ».

Les prix ? Rien à Ciriez !

Le livre « Des néons sous la mer » plaît, encensé par la critique : Le Monde, Libération et un article de Philippe Lançon, L’Humanité, mais aussi Le Temps, quotidien suisse et un passage sur la RTBF (Belgique). « J’étais étonné d’avoir autant de presse pour un premier livre, relativement bizarre dans sa forme ». L’imaginaire du sujet fait mouche et le chroniqueur bien chroniqué est en lice pour de nombreux prix, dont celui du Premier roman, décerné demain, et le Wepler, attribué lundi prochain. Mais Frédéric Ciriez ne court pas après les éloges ou les « titres ». « Je n’ai jamais cherché à me faire connaître. Je ne me considère pas comme un écrivain, tout ça parce que j’ai publié un livre. Je le dis sans fausse modestie. Écrire a toujours été mon espace, mon étrangeté. Je suis davantage un amateur de langage. Une œuvre littéraire est un objet de jouissance ».

François Le Fur

Le Télégramme

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Nov 16

Jack l’Éventreur
31 août 1888 : une prostituée est sauvagement assassinée dans un quartier chaud de Londres. L’enquête est confiée à l’inspecteur Abberline, une vieille gloire de la police peu appréciée de sa hiérarchie. Mais d’autres meurtres, tout aussi abominables, ont lieu. Abberline va alors devoir déployer des trésors d’ingéniosité pour débusquer celui que la presse populaire a surnommé Jack l’Éventreur…
Inspiré des archives de Scotland Yard, ce téléfilm britannique millésimé 1988 - cent ans après les faits ! - est généralement considéré comme l’une des tentatives les plus fidèles à la réalité des faits (avec From hell, joué par Johnny Depp, qui lui est postérieur d’une dizaine d’années). C’est aussi l’une des plus plausibles quant à l’explication de ce mystère qui a donné lieu à une importante littérature. Pour une œuvre télévisée, le réalisateur David Wickes a bénéficié d’un budget conséquent, et la reconstitution du Londres de l’époque victorienne s’en ressent. Le suspense est particulièrement prenant, jusqu’au dénouement de l’affaire. Et c’est l’immense Michael Caine qui campe Abberline : un atout de plus pour cette indéniable réussite déjà diffusée à la télé.
Sony - 2 DVD - VO/VOST - 20 €.

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Oct 30

Paimpol, chef-lieu de canton des Côtes-d’Armor. Huit mille habitants. Son port, son église, sa falaise, ses bistrots, ses pêcheurs de morue, son cidre, ses huîtres et… son bordel flottant. “J’aime surtout la Paimpolaise/Qui m’attend au pays breton !”, chantait naguère Théodore Botrel (1868-1925). Mais la situation a changé “au sein d’une société française nihiliste et athée, perdue dans une mondialisation perverse comme une éducation à l’anglaise, et uniquement guidée par la consommation de technologies numériques et de fétiches culturels hypnotiques”.

Citation : “J’aime, au petit jour, voir les prostituées froisser des liasses de billets neufs entre leurs doigts bagués d’améthyste. J’aime aussi le jeu. J’aime défier les casinos et provoquer la fatalité de perdre en compagnie d’une jolie femme capable de rire. J’aime le néant sidéral. J’aime la nuit. Les après-midi me terrassent, la suspension de l’énergie de l’aube et de l’angoisse du crépuscule. J’aime les prostituées, toutes, auxquelles, humainement, je me sens attaché par des soies naturelles.”

Nous sommes en 2014 et, “après le déclin de sa marine, après le choix d’une politique touristique contre nature, après l’échec sans gloire de plusieurs festivals rock et même du festival du film d’amour de la Saint-Valentin, avorté dès 1998 (et si l’on fait bien sûr exception du festival aoûtien des Chants de marin, succès éthylique transnational)”, Paimpol a hérité d’un lupanar “au-delà de ses espérances” : une SARL composée de péripatéticiennes associées. Aucune subvention. Santé financière sereine, rentabilité moyenne comparée à celle de L’Hymen de Saint-Malo, le claque phare de Bretagne.

Car depuis 2011, année de la réouverture des maisons de joie sur tout le territoire, la France est entrée dans l’ère d’une nouvelle prostitution ; et à Paimpol, on n’a pas perdu de temps. Rien de mieux pour oublier les dégâts de la crise économique “réelle” ou le problème de la répartition des richesses qu’une “copulation directe, franche, saine et iodée” : l’orgie pour tous, l’incontinence démocratique ! Ce qu’il faut noter, “c’est la rémanence, chez le genre humain, d’une indestructible vitalité sexuelle, même par temps de dépression de masse. S’il fallait, dans les rayons du shopping paradise européen, établir une hiérarchie des objets de consommation courante, la prostitution arriverait en tête, et de loin”.

COMMERCE DU CHARME

Atout majeur : le bordel paimpolais est établi dans Le Fascinant, un ancien bâtiment militaire, un sous-marin rebaptisé - pour l’exercice de ce commerce de “première nécessité” - Olaimp, anagramme approximative de Paimpol et suggestion mythologique. L’Olaimp est “ce mouvant phallus de deux cents mètres de long s’adaptant aux capacités d’accueil d’un ancien sous-marin de la Marine nationale passé de la sodomie intermatelots à la médecine sexuelle libérale”. Cet établissement portuaire, dont le périscope devient l’emblème de la ville, brille dans la baie : son immense enseigne rose pin-up illumine le quai. Ainsi la culture de l’huître et le commerce du charme se lancent-ils “d’invisibles regards”. Aussi bien, peut-on déguster dans les soutes du vaisseau - pour 150 euros, en trente minutes seulement, et un par un - une douzaine de corps comme autant de plaisirs. C’est à la carte ! “Le bordel est un luxe, comme le temps.” Bref, il faut comprendre que “la mutation organique d’un sous-marin militaire en un bordel lacustre témoigne de la volonté de l’Etat de donner une chance entrepreneuriale inespérée aux prostituées indépendantes non précarisées (avec des objectifs connexes bien sûr, comme l’innovation politique, le progrès social, la reconnaissance d’une liberté philosophique et pratique minimale de la prostitution, etc.) ainsi que de redonner du baume au coeur à des concitoyens qui ne votent pas”.

Nous tenons tous ces détails d’un employé de L’Olaimp, lequel nous livre rien de moins que son approche économique du bordel lacustre, mais encore son approche topologique du vaisseau, ethno-corporelle du personnel de bord, marketing de la clientèle et textuelle du folklore érotique de l’anse de Kerarzic. C’est dire si nous sommes renseignés sur la vie quotidienne de ses “femmes vulvivagues”.

Beau Vestiaire, car tel est le nom du narrateur de Néons sous la mer, est un jeune as du baby-foot, titulaire d’un master I en histoire du cinéma, qui, en dehors de ses heures de service, promène sa mélancolie “comme un désespoir qui n’a pas les moyens” sur un monocylindre à explosion (XT 500), courant sur les tissus noirs des lacets du GR 34 - les pages consacrées aux paysages bretons sont admirables. Beau Visage est la voix de Frédéric Ciriez, qui nous torpille le coeur avec ce premier roman satirique, baroque, parfois drôle et curieusement pudique. Car ce qui reste à quai, pour Ciriez, c’est la tendresse, dont il n’est jamais en rade.


DES NÉONS SOUS LA MER de Frédéric Ciriez. Ed. Verticales, 300 p., 19 €.

Le Monde

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Oct 07

« Tu es une pute ! », s’écrie Isabelle Carré, dégoûtée, lorsqu’elle découvre que son mari (Eric Caravaca) vend ses charmes dans “Cliente”, de Josiane Balasko. Même si la prostitution féminine est plus courante à l’écran, on peut dénombrer quelques gigolos dans l’histoire du cinéma. Petit panorama d’hommes à femmes friquées.

Richard Gere dans American Gigolo, de Paul Schrader (1980) : le plus narcissique

Dans des costards sur mesure qui mettent en valeur ses charmes, Julian (Richard Gere) est un pro manucuré qui sait donner le plaisir qu’on attend de lui. Très mâle et juste vulgaire ce qu’il faut, il se prostitue comme d’autres sont trader ou agent immobilier. Mais chez ce moralisateur de Schrader, on ne peut pas vendre son corps sans payer un jour ou l’autre…

Gad Elmaleh dans Hors de prix, de Pierre Salvadori (2006) : le plus romantique

Comment subvenir, quand on est sur la paille comme Jean, à tous les caprices d’Irène (Audrey Tautou), la cocotte de luxe qui se tape des vieux ? En se tapant des vieilles. Dans cette comédie sentimentale toute de caviar et de soie, on ne tapine pas. On se fait entretenir avant de découvrir le grand amour, celui qui n’a pas de prix.

David Bowie dans Gigolo, de David Hemmings (1979) : le plus dandy

Dans cette réalisation de l’acteur de Blow-up, d’Antonioni, Bowie incarne un jeune noble qui préfère coucher avec des rombières plutôt que de trouver un boulot dans le Berlin de la république de Weimar. Le film, faussement sulfureux et décadent, est vraiment mauvais, mais, autour du bellâtre en smoking, le casting féminin est surprenant : Sidney Rome, Kim Novak et Marlène Dietrich pour sa dernière apparition à l’écran dans le rôle d’une baronne qui chante Just a gigolo!

John Voight dans Macadam Cow-boy, de John Schlesinger (1969) : le plus gamin

Pauvre Joe Buck, (bien) monté à New-York de son Texas natal pour faire fortune en faisant « la pute »… Pathétique cow-boy qui découvre que même vendre son seul bien (son corps) n’est pas si facile… En étalon un peu neu-neu, John Voight est poignant.

Daniel Auteuil dans Mauvaise Passe, de Michel Blanc (1999) : le plus concret

Un gigolo agrégé et écrivain ! Venu à Londres pour écrire un roman, Pierre devient escort boy parce qu’il a 40 ans et a besoin de changement ! Et il aime ça, l’inconnu, les nuits moites, le plaisir qui rapporte… avant de découvrir que la chair est d’autant plus triste quand elle est tarifée.

William Holden dans Sunset boulevard, de Billy Wilder (1950) : le plus cynique

Un cadavre dans une piscine : voilà comment on finit quand on a cru pouvoir profiter des faveurs d’une vieille star recluse dans sa villa et ses souvenirs. C’est l’occasion qui fait le gigolo dans ce chef-d’œuvre de Billy Wilder où la « cliente » est folle à lier.

Jude Law dans AI, Intelligence artificielle, de Steven Spielberg (2001) : le moins humain

Et pour cause, puisque ce gigolo là est un robot ! Un « Mecano d’amour » pour être plus précis, conçu pour donner du plaisir comme un mixeur l’est pour mixer. Un sex-toy grandeur nature ainsi que l’indique son nom, Gigolo Joe, comme on dirait Action Joe. Il faut de la chair pour être humain, mais chez Spielberg même les robots ont un cœur.

Source : Télérama

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Oct 01

9h30. Paris 6è, éditions Liana Lévi.

Rendez-vous avec l’un des auteurs les plus désopilant des Etats-Unis, Seth Greenland.

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Au sous-sol des éditions Liana Lévi, autour d’un bureau très bureau, rencontre avec le scénariste, dramaturge et romancier Seth Greenland, auteur d’une farce politique désopilante nommée « Un Patron modèle. » Son anti héros, Marcus, marié deux enfants, est salarié d’une usine qui fabrique des jouets à l’effigie du président Bush. Une délocalisation en Chine le contraint au chômage. Une maison à crédit, la boutique de mode de sa femme, le quotidien financier de la classe moyenne et voilà les ennuis qui frappent à la porte. Et voici le macabre hasard qui sonne à sa porte: un avocat porteur du testament de son frère, mort pour cause d’abus de pizzas, de call-girls et de cocaïne. Il ne laisse que des dettes sauf une blanchisserie. Marcus, ex-étudiant en philosophie, y voit l’occasion de retravailler. Problème: le commerce dissimule un réseau de prostitution. Et voilà notre symbole des classes moyennes qui se transforme en maquereau humaniste.

Il ouvre des plans épargnes à chacune des filles, instaure un club de lecture afin de les éduquer ( « Anna Karénine » sera le seul livre à faire les frais de cette tentation pédagogique. Les billets verts affluent, Marcus prend goût à son job, permet à sa famille de vivre dans l’opulence. Le pépin, avec ce genre de métier, fait parti de la routine. Quand un client succombe à un crise cardiaque lors d’une passe, Marcus se voit contraint d’emporter le corps – exercice difficile, pénible, lent, long et douloureux – dans une forêt qui surplombe Los Angelès. Le succès de son management humain attire les filles et froisse la concurrence. Les flingues font leur apparition. Et l’histoire n’est qu’à mi chemin.

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Si Seth Greenland n’a pas encore les honneurs de la presse littéraire parisienne – le Monde des Livres l’a jugé amusant mais pas à sa place dans un automne romanesque rébarbatif forcément rébarbatif ; Libération hésite texto « à se lancer dans cette traversée », par traversée entendez la lecture dudit livre - cela est purement et simplement scandaleux. L’esprit de sérieux est en train de tuer toute curiosité chez une partie de la critique professionnelle. Bref.

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Shinning City, la version originale du Patron modèle.

Autour d’un café fait maison, l’homme – crâne impeccablement et volontairement déplumé, vêtement de sport, décontraction sans ostentation, cet écrivain multiforme s’avère un excellent camarade de conversation.

Comment êtes-vous perçu aux Etats-Unis?

Je bénéficie de beaucoup d’attention de la part des critiques, mais je ne suis pas un auteur dit de best seller. Comparé au public, les critiques me préfèrent.

« Mister Bones » et « Un patron modèle » font penser à une mécanique proche des meilleures séries de HBO. Vrai ou faux?

J’ai travaillé pour des shows télé. Nous étions sept scénaristes assis autour d’une table à écrire chacun un bout d’une histoire. Puis à la réécrire, deux fois, trois fois. Dans notre jargon, nous appelions ça un gang bang, comme un viol répété plusieurs fois sur un scénario. Auparavant, j’ai étudié la littérature puis le cinéma à UCLA avec Jim Jarmusch et Spike Lee qui étaient dans ma promotion. En tant que scénariste, j’étais nourrit de François Truffaut et de Woody Allen. J’ai écrit mes premières pièces, dont « Jungle Rat » une comédie à propos de la CIA qui tentait de tuer Patrice Lumumba, le chef d’état africain. Avec les majors, j’ai commencé a éprouver un sentiment de frustration. J’ai alors commencé à écrire un roman. Depuis, je vis loin d’Hollywood, dans les montagnes.

De quelles matières avez-vous besoin pour démarrer l’écriture d’un roman? Un personnage, une situation, une idée?

Un personnage. Il y a cinq ans, j’avais lu un article qui racontait comme un couple de la classe moyenne de Los Angelès avait une prostituée à la maison afin de gagner de l’argent. En fait, le mari était venu à L.A afin de devenir acteur, il avait échoué, et lui et sa femme avait trouvé comme solution de devenir maquereau. De ce fait divers est né mon personnage de Marcus. J’en un fait un maq’ intéressant. Puisqu’il a étudié la philosophie, il se replonge dans Aristote et consors pour enduire d’une patine intellectuelle son infamie morale.

Le propos principal, outre l’humour et le divertissement, semble politique. Marcus est, par ricochet, victime du capitalisme fou.

Absolument. Les américains refusent de lire mon livre sous cet aspect, car il n’y a que le divertissement qui compte pour eux. T.S.Eliot disait que « les américains ne voulaient pas regarder trop de réalités en face. » Je ne peux pas dire mieux. L’histoire de Marcus et de sa famille est celle de tous les américains qui sont endettés, avec des crédits immobiliers très importants sur le dos. Le livre pressent la crise, même si je ne suis pas un voyant. Il suffisait de regarder les faits – les crédits accordés à des taux d’intérêt faramineux, sans garantie, à des gens non solvables – pour appréhender ce futur qui est devenu réalité.

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Sarah Palin, elle est une insulte pour les valeurs américaines.”

Cela veut dire que depuis l’écriture de ce « patron modèle », il y a des millions de Marcus potentiel?

On peut le craindre! ( Rires) La crise, la pauvreté poussent les gens à franchir la ligne jaune pour survivre. Ce m’a donné une merveilleuse matière pour écrire une histoire drôle.

A quelques semaines des élections, Barack Obama peut-il gagner?

Oui. Parce que je le veux! John McCain ne connaît rien à l’économie quand à sa colistière Sarah Palin, elle est une insulte pour les valeurs américaines. Elle n’a aucune pensée, gouverne l’Alaska en redistribuant les dividendes du pétrole et du gaz a ses électeurs, ce qui est facile. Lorsqu’elle a rencontré Henry Kissinger, ils n’ont rien eu à se dire. Alors, Kissinger a fait le show en la prenant sur ses genoux. C’était la seule possibilité pour lui de ne pas la ridiculiser. Pour moi, scénariste et romancier, elle est irrésistible comme personnage de comédie. Elle est le fruit d’une hallucination. Elle me fait penser au personnage que jouait Frances McDormand, cette femme flic prénommée Marge, dans « Fargo ».

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A propos, ou en est la culture américaine?

Paradoxalement, il y a beaucoup de livres, de pièces, de films intéressants. Mais la culture est marginalisée. Les américains ne lisent pas, préfèrent regardent les courses de voiture à la télévision, bref le néant. Le problème les plus grave est que nous faisons maintenant une culture pour le plus grand nombre. Difficile alors de faire un livre sérieux ou un film exigeant…

Il lève sa longue carcasse, salue sympathiquement et repart vers d’autres entretiens. Son roman Mister Bones devait être réalisé et adapté par David Mamet. Produit par Sony, le projet a capoté. Ils ont viré Mamet! Quant à ce patron modèle, la Warner « dépense beaucoup d’argent pour le développer, ce qui est bon signe » s’amuse-t-il. « Plus ils dépensent, plus ils sont obligés de le produire » conclut-il, en fin observateur du dress code hollywoodien.

UN PATRON MODELE, de Seth Greenland. Editions Liana Levi.

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MISTER BONES, de Seth Greenland, est disponible dans la délicieuse collection de poche « Piccolo », toujours chez Mlle Liana Levi.

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The Bones, en V.O.

Lire aussi : http://www.iprostitution.org/2008/09/25/livre-un-patron-modele-de-seth-greenland/

Source : http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/09/30/coffee-with-seth-greenland.html

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Oct 01

Deuce exerce la profession de nettoyeur d’ aquarium. Il lui faut trouver rapidement une somme plutôt rondelette pour réparer les dégâts commis dans l’ appartement de luxe de l’ un de ses clients à Malibu ! Deuce décide que l’unique manière de résoudre son problème est d’opérer un changement de carrière… en louant ses « charmes » à la gent féminine.

Redevenu nettoyeur professionnel d’aquariums, Deuce Bigalow croyait son éphémère carrière de gigolo définitivement enterrée. Mais lorsque T.J. Hicks, son ancien entremetteur et ami, se retrouve impliqué en Europe dans les meurtres des plus séduisants gigolos, Deuce doit reprendre du service… Décidé à prouver l’innocence de T.J., Deuce réendosse son rôle de séducteur, mais il est toujours aussi peu doué et l’enquête vire au cauchemar. Pour percer le secret de la très puissante Société Européenne des Beaux-mecs-à-louer, Deuce va devoir se faire passer pour l’un d’eux et devenir le chevalier servant d’un tas de clientes toutes plus déjantées les unes que les autres. Parmi elles, la très belle Eva et son trouble obsessionnel compulsif du comportement…

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Sep 30

Les frontières littéraires de l’économie (XVIIe-XIXe siècles)
Martial Poirson , Yves Citton , Christian Biet , Elsa Marpeau , Collectif

Paru le : 01/08/2008
Editeur : Desjonquères
Collection : littérature & idée

EAN : 9782843211089
Nb. de pages : 217 pages

Prix éditeur : 25,00€

La pensée économique a destin lié avec l’invention de la modernité, depuis son émergence à l’aube du XVIIIe siècle jusqu’à son triomphe contesté de nos jours.

Elle s’est progressivement imposée comme le modèle dominant de représentation du monde à travers le langage, l’imaginaire collectif et les consciences individuelles. De cette évolution, la littérature a présenté à la fois des symptômes, des réflexions critiques et des dépassements poétiques. Le présent volume regroupe une douzaine d’études explorant quelques zones frontières où s’entrecroisent, depuis quatre siècles, discours économiques et discours littéraires.

De Scarron à Proust, en passant par le théâtre du XVIIIe siècle, André Chénier, Isabelle de Charrière ou Zola, les questions posées relèvent d’une éminente actualité : comment articuler valeurs morales et valeurs financières, économie domestique et marchés spéculatifs ? Comment juguler la marchandisation de l’humain et de ses affects ? Comment gérer le commerce des biens culturels et symboliques ? Comment mettre en spectacle la vente de la chair - celle de l’esclave ou de la prostituée ? Dans les regards croisés qui s’échangent ainsi entre théories et fictions, il apparaît que la parole littéraire avait déjà mis en place, depuis plusieurs siècles, des sensibilités et des savoirs qui sont aujourd’hui encore largement en avance sur la discipline économique qui guide - souvent en aveugle et peut-être vers l’abîme - le destin de nos sociétés.

REPRESENTATIONS DE L’ECONOMIE
“Quand l’économie politique était sur les planches : Argent, morale et intérêt dans la comédie à l’Age classique”
“La circulation de l’argent dans L’Héritier ridicule de Scarron : désordre social et confusion sexuelle”
“La Dot de Suzette, ou la science des bienfaits à l’épreuve romanesque”
“La Bourse ou le temps : l’imaginaire financier de Marcel Proust”

ECONOMIES DE LA REPRESENTATION
“Redonner cours à d’anciennes espèces : Guez de Balzac et l’économie politique de la gloire”
“Mais où voit-on ce désintéressement parfait ? L’embarras des échanges dans les dédicaces du Chevalier de Mouhy”
“La propriété poétique, c’est le vol de l’abeille ; Eloge du copillage chez André Chénier”
“Emile Zola : de l’argent de l’écriture à l’écriture de l’argent”

REGARDS AUTRES SUR L’ECONOMIE
“Richesse, redistribution, commerce, pitié : Isabelle de Charrière dans la Révolution”
“Les fuites de l’économie coloniale dans les représentations littéraires du marronnage”
“Argent contre chair”, “Argent contre plaisir” ; Le théâtre actualisation, figuration et dépassement de l’échange économique”

Source : http://www.fabula.org/actualites/article25872.php

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Sep 29

Il y a de la vie derrière Millet, Angot et Abecassis. Les romancières qui monopolisent les médias en ce mois de rentrée littéraire savent-elles que palpitent derrière l’écho de leurs vacarmes médiatiques de véritables perles ?… Des romans pour de vrai, de grandes œuvres aux plumes aussi jeunes que, déjà, pourtant, superbement maîtrisées. La rentrée littéraire ne vaut-elle d’ailleurs pas que par les talents qu’elle aide à mettre au monde, pépites rendues par la marée, petits joyaux dont on s’empare avec gourmandise et ce plaisir de la surprise, d’une très bonne surprise. À côté de cela, Catherine, Christine et Eliette, usurpatrices premières de la classe, ne brillent que d’un éclat bien petit et si terne.

On espère seulement que les prix de l’automne n’iront pas à celles-là mais à des écrivains comme Jean-Baptiste Del Amo, jeune auteur – 26 ans - d’un premier roman bon à couper le souffle. Une plume au classicisme assumé et parfaitement dompté sert une histoire dense, prenante, originale (même si l’on pense ici aux Liaisons dangereuse, là au Parfum, ailleurs à d’autres grands romans) : celle de Gaspard, jeune paysan ayant fui Quimper pour connaître dans le Paris du XVIIIe siècle une ascension digne d’un Rastignac.

Sur une année, nous suivons l’itinéraire insolite de ce bouseux devenu courtisan au prix de sacrifices certes consentis mais pas moins difficiles, sinon abjects. Il rencontre d’abord Lucas, du bas peuple comme lui, avec qui il travaille à charrier du bois dans la Seine. Mais l’ambition le ronge et Paris a déjà entamé en lui sa gangrène. Il franchit le fleuve, entité pour lui anthropophage, comme la cité : «Gaspard avait eu la certitude que Paris le happait, l’ingérait sans qu’il pût s’extraire de son labyrinthique estomac» (p.224). Du côté des faubourgs cossus, où il entre comme apprenti chez un maître perruquier, il rencontre son destin sous les traits d’Etienne, noble libertin qui le fascine d’emblée. Mais… «Si envoûtant que fût Etienne de V., son appel était celui du vide» (p.116)…

Car Etienne est un Pygmalion vampire, un être dangereux. À trop vouloir lui ressembler, Gaspard fait le choix du soufre. D’une rive à l’autre du fleuve, le jeune homme connaît la misère et l’abandon, l’ascension et la splendeur, la prostitution dans les bouges de Montmartre et un commerce non moins compromettant auprès d’aristocrates concupiscents et tout à fait prêts à l’entretenir : hétaïre aux traits mâles, il se vend, s’annule pour monter…

Dès lors, le seul défaut du roman est son titre, trop fade quand l’histoire et le style, eux, sont tellement envolés ; et peut-être, aussi, sa quatrième de couverture, qui s’attarde sur Etienne quand tout ici, tourne autour de Gaspard, être complexe, torturé, avide, hanté des fantômes de son bercail (Quimper, le temps de courts paragraphes, ramène comme une mauvaise bile le souvenir de ses origines à cet enfant assoiffé d’avenir) et de ce qu’on n’appelle pas encore des névroses…

L’écriture opère comme un charme, fluide mais cisaillée, jouant avec maestria de l’organique. Car tout est chair ici : Paris est un organisme soumis au métabolisme des saisons, avec ses odeurs, sa chaleur et ses crasses ; Gaspard est un autre ventre dans cette histoire. Tout y est ventre, gouffre, absorption, métamorphose, destruction, plaie, lieu à la fois du plein et du vide, terrible vide, souffrance aiguë et jouissance ineffable.

Assurément, Jean-Baptiste del Amo a devant lui une grande et belle œuvre. On se le souhaite.

Thomas Roman

Source : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=9931

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