Vendredi 20 Mars 2009 ASSISES DE LA PROSTITUTION
Au regard de la situation de grande précarité sociale et sanitaire des prostituéEs, et à l’occasion de la date anniversaire de l’entrée en vigueur de la LSI (Loi pour la Sécurité Intérieure), se tiendront pour la troisième année consécutive les Assises de la prostitution le vendredi 20 mars 2009, à l’Odéon- Théâtre de l’Europe à Paris.
Répression = insécurité, abus, augmentation des risques sanitaires
Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour la sécurité intérieure en mars 2003, les prostituéEs restent difficiles à atteindre, en dépit des actions de santé communautaire et de l’existence de nombreux opérateurs de prévention.
Depuis cette date, nous constatons aussi une dégradation des conditions de vie des prostituéEs, une augmentation des prises de risque du fait de pressions multiples (économique, policière et de la part de certains clients). De plus, de nombreuses associations ont constaté une augmentation du nombre d’IST (Infections Sexuellement Transmissibles) chez les prostituéEs les plus marginaliséEs (transgenres, usagers de drogues, migrants).
Nous observons aussi l’émergence de nouveaux modes de prostitution (internet, bars, etc) qui rendent plus complexe le travail de prévention.
Les acteurs : l’UNALS, « Droits et Prostitution », l’ICRSE, les prostituéEs et leurs alliéEs
L’Union Nationale des Associations de Lutte contre le Sida et le collectif « Droits et Prostitution » , l’International Committee on the Rights of Sex Workers in Europe, les prostituéEs, les acteurs politiques, les associatifs, les chercheurs en sciences sociales et les intervenants de l’action publique sont impliqués dans l’action.
PROGRAMME
9h00 : Accueil café
9h30 -13h : Ateliers
Les ateliers thématiques développeront les bonnes pratiques de prévention VIH/Sida-IST et d’accès aux droits fondamentaux des prostituéEs.
15h00 -16h45 : Restitution des ateliers
Lors de la restitution des ateliers, les intervenants aborderont également la question de la nécessaire participation des prostitués à l’élaboration de la politique de prise en charge dans les structures d’accès aux soins et d’accès aux droits.
17h00 -18h00 : Conférence de presse
Synthèse des travaux et présentation de la déclaration commune face à la presse.
18h00 -19h00 : Lecture de textes de Grisélidis Réal
Lecture de textes choisis de Grisélidis Réal. ProstituéE genevoise, écrivain et militante, Grisélidis Réal (11 août 1929 - 31 mai 2005) était auteur et poète. Elle a notamment écrit et publié aux Editions Verticales, Le noir est une couleur, Carnet de bal d’une courtisane et suis-je encore vivante ?
Exposition photographique ‘Prostituées d’Europe’ de Mathilde Bouvard
Projet européen, à la fois artistique et sociologique. A la rencontre de personnes prostituéEs (prostitution choisie) dans 15 villes d’Europe
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu : Odéon-Théâtre de l’Europe - place de l’Odéon - 75006 Paris.
Accès : Métro ligne 4 Odéon ou RER B Luxembourg
Informations et réservations : assisesprostitution2009@gmail.com
21 mars : marche pour la défense de nos droits : rendez vous Place Pigalle à 13 h avec un parapluie rouge.


les clients peuvent ils participer a la manif pour apporter leur soutien?
Commentaire du passage :
“Depuis cette date, nous constatons aussi une dégradation des conditions de vie des prostituéEs, une augmentation des prises de risque du fait de pressions multiples (économique, policière et de la part de certains clients)”
C’est grotesque. Depuis la loi sur la sécurité intérieure, jamais les prostituées ne se sont aussi portées - si les chasser de la rue les a repoussées vers Internet, elles y pratiquent une prostitution dite “de luxe”, pratiquant des tarifs très élevés (atteignant facilement plusieurs centaines d’euro), et recevant en appartement ou en hotel.
Le drame, c’est que cette prostitution dite “de luxe” (de luxe, certes, si c’est par opposition à la précarité extrême du trottoir ou du périf) attire, par la facilité de sa mise en oeuvre (simples annonces internet) et modulo un appât du gain énorme, des dizaines de milliers de jeunes femmes françaises vers la prostitution, qui ne se seraient pas trouvé une telle vocation aux temps du trottoir. On change donc totallement de paradigme, celles que l’on voie sur internet ne sont pas celles qui arpentaient auparavant les Boulevards - plus saines, plus jeunes, gagnant énormément d’argent (il n’est pas rare qu’elles gagnent 1000 Euros par jour, et il est commun qu’elles ammassent 10 000 Euros par mois, de manière foncièrement illégale puisque rien n’est déclaré, ou lorsque c’est le cas, ce qui est rarrissime, elles ne déclarent que ce qu’elles veulent puisqu’il n’existe pas de factures), plus saines, dis-je, et mieux portantes et nanties que jamais, ce ne sont pas celles-ci qui ont des chances de fréquenter les “Assises de la prostitution”, mais l’infime pourcentage de l’ancienne génération (ayant connu la rue). Je ne pense pas, toutefois, qu’on aura la chance d’entendre évaluer cet état de choses de la bouche d’un politicien, la nouvelle prostitution étant une prostitution de riche, d’hommes bien en place, c’est une prostitution protégée au sujet de laquelle personne ne veut de scandale, surtout pas journalistes et hommes politiques. Cette forme moderne de prostitution implique également des réseaux gigantesques - brésiliens, russes, et d’Europe de l’est - contre lesquels la seule chose à faire serait d’appliquer strictement la loi. Nul besoin de nouvelles lois pour la prostitution moderne. L’internet n’est pas une chose si singulière qu’il faudrait un nouveau droit et de nouveaux juristes pour l’appréhender. Il suffit d’appliquer la loi, rigoureusement, la moindre passe en apppartement - pour lesquelles certains sites contiennent des milliers d’annonces - devrait entraîner au moins une comparution immédiate pour proxénétisme hôtelier, visant le locataire et/ou le propriétaire. L’article de la loi Sarkosy II concernant le raccolage passif devrait être appliquée à la lettre, ce qui n’est pas fait : y est considéré comme raccolage toute attitude même passive invitant le citoyen à la débauche. C’est sans commentaire, lorsqu’on voit le contenu textuel des annonces, d’une clarté et d’une vulgarité des plus extrêmes, sans parler des images littéralement pornographiques.
Il est bon que ces assises aient lieu pour les véritables victimes de la prostitution, se trouvant des situations de grave précarité. Mais si la prostition en France se limitait à cette population, on pourrait quasiment considérer la prostitution comme innexistante. Le fait qu’elles pratiquent sur internet leur permet de travailler de manière infiniment plus sûre, infiniment moins violente, et pour des tarifs littéralement décuplés.