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Nov 18

Les policiers marseillais ont commencé à fouiller les appartements de la famille du tueur en série présumé alors que celui-ci se murait dans le silence

seul homme qui sache où sont passées les trois prostituées qu’il a accueillies à son domicile c’est Patrick Salameh et il reste muet comme une tombe ». Roland Gauze, le patron de la police judiciaire de Marseille, préférerait que le repris de justice varois soit plus coopératif avec les policiers et les juges Franck Lagier et Carole Sayouz, co-saisis de l’enquête sur ses agissements présumés, mais il ne peut que se rendre à l’évidence : « chaque fois que nous entrons dans le dur, que nous lui demandons à quoi lui servaient ses gants de chirurgien, sa matraque, son couteau, que nous lui présentons les traces ADN de l’Ukrainienne Irina, 42 ans, et de l’Algérienne Zineb, 28 ans, dont on a retrouvé une culotte et un bracelet à son domicile de Saint-Mitre à Marseille, il reste prostré et se tait… »

Seize ans en prison

Bref, Patrick Salameh, 51 ans, qui a passé seize ans en prison, connaît les codes et usages du milieu : c’est motus et bouche cousue.

« Mutisme ne veut pas dire culpabilité automatique », rétorque son avocat Me Jean-Jacques Campana, qui a rencontré son client hier après-midi à 15 heures aux Baumettes. « Il conteste formellement la matérialité des faits qui lui sont reprochés, explique son défenseur, il ne peut certes pas nier qu’il a rencontré ces prostituées et qu’il les a amenées chez lui, mais il nie tout meurtre et tout assassinat. Quand je lui ai fait part des fouilles (qui devaient être) entreprises par les policiers sur son terrain de Saint-Julien, il m’a répondu qu’ils peuvent toujours chercher ils ne trouveront rien pour la bonne et simple raison qu’il n’y a rien… »

Les policiers marseillais ont commencé à fouiller les caves des nombreux appartements de la famille Salameh (le frère Georges, dit « Geo Le Libanais » est un proxénète notoire, le frère aîné est le consul de Syrie à Marseille), mais ils ont fait chou blanc.

Ils n’ont cependant pas renoncé à dénicher les corps des malheureuses disparues, soit emmurés dans un immeuble construit par Patrick, qui se disait « chef de chantier », soit dissimulés dans un squat, un puits ou une cache en pleine nature. « Nous allons faire appel à des chiens renifleurs et à des pelleteuses sophistiquées, mais ce matériel n’est pas disponible pour l’instant à Paris… », confie un policier. Les enquêteurs s’affairent aussi sur la personnalité très étrange d’un homme reconnu mercredi dernier et pris en chasse en haut de la Canebière.

« Attrapez-le ! C’est un danger public ! »

Trois motards de la police municipale étaient alors en poste, et leur attention a été attirée par les cris d’un homme qui en poursuivait un autre en criant : “Attrapez-le ! Attrapez-le ! C’est un danger public !»

«Ils ont donc prêté main-forte à cet homme et ont stoppé la course folle de Patrick Salameh… lequel a été aussitôt plaqué au sol, menotté et remis à la PJ ».

Il n’avait pas vraiment la conscience tranquille Patrick Salameh pour s’enfuir ainsi à toutes jambes : « Nous savons que le tortionnaire des prostituées, c’est lui, les traces de sang en cours d’exploitation ne pourront que confirmer ses viols et ses actes pervers, explique Roland Gauze, la question est à présent de savoir s’il les a tuées et où il a caché les cadavres ».

Un étrange manuscrit

Peut-être la clef de l’énigme se trouve-t-elle dans le manuscrit découvert chez lui et intitulé bizarrement : « Les tueurs en série » ? « J’ai chargé deux policiers de lire attentivement son livre et d’en décrypter le contenu afin de me livrer un diagnostic au plus vite », ajoute Roland Gauze.

La PJ a également l’intention d’interroger le psychiatre qui a suivi durant un an et demi Patrick Salameh à sa sortie de prison en 2005, car lui aussi doit en savoir assez long sur les fantasmes sexuels de cet individu « intelligent » doté probablement d’une « double personnalité » : le gentil se doublant, la nuit venue, d’un fauve en quête de proies sexuelles !

Reste une divergence d’appréciation entre le parquet et la police sur la stratégie à tenir : les deux juges ne souhaitent pas diffuser massivement dans la presse la photo du suspect - ce qui pourrait susciter de nombreux témoignages - alors que la police serait assez favorable à cette tactique d’effervescence médiatique !

varmatin

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