Sep 30

Petit rapelle des faits : Noël Mamère, du parti écologiste Les Verts, a pris l’initiative d’écrire à Nicolas Sarkozy, qui préside actuelement l’ Europe, afin que ce dernier initie une politique commune sur la prostitution européenne. Lire la lettre et l’article sur cette affaire.

Une initiative qui a fait réagir les associations de prostituées, pour qui les positions des Verts au sujet de la prostitution apparait  souvent comme bizarre. Difficile de savoir si ce parti est “réglementariste” ou “abolitioniste”, tant il semble ménager à la fois la chèvre et le choux (logique toute écologiste, huhuhu).

Thierry Schaffauser, du collectif de prostituéEs “Les Putes” et de l’association “Droit et Prostitution” réagit en écrivant à Noël Mamère :

A l’attention de Noel Mamère, député de Gironde,

Monsieur,

Je m’appelle Thierry Schaffauser. Je suis adhérent des Verts et j’ai été candidat lors des dernières municipales sur la liste du XVIe arrondissement de Paris même par Pascale Ourbih. Je suis également travailleur du sexe depuis plus de 6 ans. J’ai commence à travailler dans la rue Place de la porte Dauphine, lieu de la prostitution masculine dans Paris, et travaille à présent via Internet pour des services d’escortes mais aussi pour des services de shows sexuels via webcam et dans l’industrie du porno gay britannique, résidant à Londres depuis plus d’un an, la situation politique française m’étant faite insupportable.

Je suis militant au sein du mouvement des travailleurs du sexe depuis octobre 2005, après avoir participé à la conférence européenne des sex workers de Bruxelles, alors que j’étais alors militant à Act Up-Paris sur d’autres questions. Je suis membre du collectif français Droits et Prostitution regroupant la dizaine d’associations françaises de travailleurs du sexe et de sante communautaires www.droitsetprostitution.org ainsi que de l’ICRSE, réseau de travailleurs du sexe en Europe regroupant des centaines d’activistes et organisations dans plus de 20 pays européens www.sexworkeurope.org Je travaille de plus, depuis peu, en tant que research assistant pour la Metropolitan University de Londres sur les travailleurs du sexe migrants au Royaume-Uni.

Je vous écris en réaction d’un article paru sur le site Aqui.fr, dans lequel j’apprends votre décision d’écrire au Président de la République afin de mettre en place au niveau européen une meilleure lutte contre la prostitution: mon travail.

http://www.aqui.fr/politiques/noel-mamere-demande-a-nicolas-sarkozy-de-mettre-en-place-une-politique-europeenne-pour-lutter-contre-la-prostitution,1359.html

A la lecture de cet article, j’aimerais vous faire part de mes réactions qui sont de 5 ordres :

1. Serait il possible de connaitre plus en détails le contenu de cette lettre au Président de la République ? et d’en remettre une copie aux associations et activistes travailleurs du sexe de France afin que nous vous fassions part de nos remarques.

2. Pourquoi demander au Président la République de lutter contre la prostitution quand chacun sait que nous n’avons pas grand chose à attendre de lui si ce n’est davantage de répression ? Il n’est en effet malheureusement pas connu pour être un allié des travailleurs du sexe et son modèle de lutte contre la prostitution a déjà mené en France à la pénalisation du racolage que vous avez vous même combattu. La présidence française de l’UE s’arrête dans trois mois et il y a sans doute d’autres partenaires et institutions qui nous seraient plus favorables.

3. Pourquoi ne pas consulter les organisations et activistes du mouvement des travailleurs du sexe qui existent pourtant en France depuis le 2 juin 1975 avec l’occupation des églises St Nizier a Lyon ? Nous sommes également organisés au niveau européen et tentons de faire entendre notre voix sur ce que sont nos revendications. Par exemple, un Manifeste et une Déclaration des droits des travailleurs du sexe en Europe a été rédigé pendant la conférence européenne de Bruxelles et nous appelons le Parlement européen à la reconnaitre par un vote et des mesures en appliquant ses principes. Des principes qui sont simplement puisés des textes internationaux sur les droits humains. Vous en trouverez des exemplaires dans les différentes langues européennes sur le site www.sexworkeurope.org et ici dans sa version française :

Manifeste http://droitsetprostitution.org/manifeste_fr.pdf

Déclaration http://droitsetprostitution.org/declaration.htm

4. Dans l’article de l’Aqui.fr vous semblez prendre a votre compte le chiffre de 80% de victimes de trafic en France: ” 80% des prostituées sont des victimes de la traite des êtres humains : des hommes et des femmes à qui l’on a confisqué leurs papiers, qu’on a fait venir ici pour se prostituer, qui ont vécu l’enfer du « dressage »…”

Si les chiffres alarmistes permettent à certaines associations abolitionnistes d’obtenir l’émoi nécessaire afin de justifier leur existence et leurs subventions, ils n’en sont pas moins faux. En France, il est déjà très difficile d’obtenir un chiffre exact du nombre de prostituées sur tout le territoire. L’OCRETH parle depuis des années de 15 000 a 20 000 prostituées en France, chiffre qui n’évolue jamais et qui n’est jamais justifié puisque personne ne pose de questions. Or, c’est l’un des chiffres les plus bas d’Europe comme si en France on se prostituait 20 fois moins qu’en Allemagne ou 400 000 travailleurs du sexe sont enregistres (sans compter ceux qui ne le sont pas).

Sachez que toute une partie de la prostitution en France est invisible, et qu’à l’heure des nouvelles technologies la prostitution de rue ne concerne de plus en plus que des personnes vieillissantes ou les plus précaires, souvent migrants, qui n’ont pas les moyens de l’Internet et/ou de la téléphonie mobile, ainsi que d’un espace approprié en intérieur où exercer pour se protéger de la répression et garantir leur anonymat.

Jusqu’a présent la préfecture de police de Paris nous parlait d’environ 60% de prostituées étrangères en France. Le chiffre a peut être augmenté. Il ne concerne en tout cas toujours que le travail de rue, celui qui est visible. Si 80% des prostituées en France sont victimes de la traite des êtres humains, quand bien même toutes les étrangères seraient des victimes de la traite, cela voudrait dire que même la moitie des françaises le seraient aussi. Or, il me parait difficile d’être trafiquée de France à France…

L’amalgame qui est fait entre migration et trafic est là encore une manipulation abolitionniste pour susciter l’émotion et qui est validé dans toutes les instance internationales traités après traités parce que sous l’influence du lobby abolitionniste, la prostitution ne pouvant être que contrainte, toute migration à fortiori ne peut être que du trafic.

Ainsi, le protocole de Palerme de 2000 qui a pour but la lutte contre le trafic d’êtres humains, énonce dans sa définition que le consentement de la victime est inopérant. Cette formulation a été pensée comme toujours avec de bonnes intentions. Le but étant de protéger les victimes de pressions et tortures afin de leur extorquer des aveux de consentement.

Or, cela signifie qu’aujourd’hui, les chiffres cites sur la traite des êtres humains ne fait que reprendre le nombre de migrants clandestins. Quand les ONG toutes sous influence abolitionnistes au niveau international reprennent en chœur le chiffre de 500 000 victimes de la traite chaque année en Europe, elles ne semblent pas gênées par le fait qu’il s’agisse du même chiffre que celui du nombre d’entrées illégales en Europe. Peut on sérieusement imaginer que tous les migrants sans papiers sont des prostituées victimes de la traite ? Même la moitie d’entre eux qui sont des hommes ?

Le problème de la traite est suffisamment grave et sérieux pour qu’il ne justifiasse pas en réalité des politiques anti-migratoires à peine dissimulées. Quelque soit le pays, abolitionniste ou réglementariste, tous se servent de la traite pour expulser davantage, souvent vraies victimes comprises comme en France.

Autre conséquence néfaste de ces discours et politiques anti-traite, ils permettent l’existence de “raids and rescues” dans les pays du sud, où la police kidnappe les travailleurs du sexe des karaokés ou bordels où elles et ils travaillent pour les envoyer travailler de force dans des camps de réhabilitation, avec vols et viols au passage de la part des forces de l’ordre. Au Cambodge, en juin dernier, les travailleurs du sexe ont manifeste contre les lois anti-trafic qui ont été votées sous pression de l’administration Bush et de sa croisade contre la prostitution. http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2008/06/cambodge—les.html

Le mouvement des travailleurs du sexe préfère accentuer sur l’accès et le respect des droits migratoires qui sont le seul moyen d’éviter de tomber dans les pièges des trafiquants, de nos jours confondus légalement avec n’importe quel réseau de passeurs et donc criminalisés de la même manière. En effet, certaines communautés d’entraides voire familiales sont souvent condamnées comme trafiquants, faisant au passage monter les statistiques du ministère de l’Intérieur, quand elles tentent de nouer des solidarités dans leur parcours migratoire. Nous ne pensons pas lutter contre les violences dans les parcours migratoires en luttant contre l’immigration, de même que la lutte contre la prostitution n’est pas efficace contre les violences dans le cadre du travail clandestin.

5. Enfin, sur l’usage du terme de “travailleur du sexe/sex worker”. C’est un terme qui a été invente en 1975 par Carol Leigh, une des premières activistes du mouvement pour deux raisons:

D’une part pour que le travail du sexe soit reconnu comme un travail. Non pas, parce que nous adorons travailler en tant que tel, mais parce que la reconnaissance de notre activité comme travail est un préalable à l’accès aux droits du travail. Aujourd’hui en France, c’est parce que nous ne sommes pas reconnus comme des travailleurs que tous les syndicats que nous avons contactes refusent de nous accepter dans leurs rangs. Nous ne pouvons pas nous défendre comme les autres travailleurs et bénéficier des luttes sociales de nos aines quand nous sommes un des secteurs qui subit le plus d’exploitation. A titre d’exemple j’ai contacte l’Inspection du travail lorsque j’étais militant à Act Up pour leur demander d’intervenir sur les conditions de sécurité pour les acteurs porno en imposant aux productions le port du préservatif lors des tournages. Je n’ai reçu qu’un silence gêné et une promesse de réponse de la part de la direction qui n’est jamais venue.

D’autre part, la seconde raison de l’invention du terme “sex worker” a été de développer la solidarité entre tous les travailleurs du sexe quelque soit le secteur d’activité, regroupant ainsi les strip-teaseurs, acteurs porno, téléphone opératrices, danseuses, hôtesses de bars, prostituées de rue, escortes, etc…

Je suis bien d’accord que le terme est aujourd’hui aussi utilise par des Etats et des patrons peu scrupuleux dans les pays qui ont réglementé le travail du sexe et que cette réglementation a davantage servi les intérêts des patrons que des travailleurs mais rejeter le terme pour cette raison, c’est effacer aussi toute une histoire de lutte.

Pour conclure, j’espère que vous comprendrez que le discours à la première personne est plus légitime que celui de personnes prétendant représenter nos intérêts même si leurs intentions sont louables, c’est à dire sauver des “victimes”. Mais personne ne peut définir à notre place qui nous sommes et de quoi nous sommes victimes. Réduire notre identité à une identité de victime, c’est effacer notre capacité à agir et délégitimer notre parole comme adulte et responsable.

Oui, nous avons des tas de problèmes et des parcours souvent difficiles étant le plus souvent des femmes ou des minorités déjà discriminées. Mais le travail du sexe a pu représenter au cours de nos vies une ressource, afin de migrer, d’étudier, de veiller au bien de sa famille et de ses enfants, d’être indépendant économiquement, bref de progresser socialement. Cela ne plait peut être pas que nous utilisions notre sexe, mais l’usage de son sexe ne veut pas dire qu’on perd l’usage de son cerveau.

Nous sommes capables d’être des acteurs politiques légitimes. Nous le sommes dans le cadre de la lutte contre le sida et sommes reconnus par les pouvoirs publics comme tels puisqu‘ils subventionnent les associations de sante communautaires qui ont été créées à l‘initiative des travailleurs du sexe pour lutter contre le sida.

J’espère que vous rencontrerez rapidement des représentants du collectif Droits et prostitution en France et de l’ICRSE au niveau européen afin de développer une politique en faveur des travailleurs du sexe et de nos droits migratoires et une politique de lutte contre le trafic en accord avec nos droits et non l’inverse comme c’est le cas actuellement en Europe.

Pour ma part, j’essaierai d’être à Paris le week-end du 10 au 12 octobre, pour participer aux rencontres des Verts européens à Montreuil et à l’Existrans’, marche de la fierté trans’.

Je vous envoie ce mail avec en copie,

Le collectif Droits et prostitution,

Anne Souyris, porte parole des Verts

Thierry Schaffauser, travailleur du sexe,

0044+ 7 526 998 654

47 Fulham Broadway

SW6 1AE London

Réponse du cabinet de Noël Mamère :

Bonjour,

Je me permets de répondre à votre mail afin de rectifier les raccourcis pris par le site Aqui! pour relayer l’information quant à la lettre de Noël Mamère à Nicolas Sarkozy:

Pour répondre point par point à votre mail:

1- Noël Mamère a effectivement écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander de lancer une vaste réfléxion, avec les associations, pour une politique commune en matière de prostitution, mais certainement pas “contre la prostitution”. Je  vous joins une copie de la lettre afin que vous puissiez  juger de son contenu par vous-même.

2- Pourquoi écrire à Sarkozy: car il est justement “coupable” de la loi française de 2003, qui n’a fait qu’aggraver les choses, puisqu’elle a “criminalisé” les prostitué-e-s; L’obliger, lui, à avancer sur le sujet de la prostitution, c’est l’obliger à reconnaître les erreurs de la loi française, car toutes les associations dénoncent cette loi, et à regarder ce qui se fait ailleurs en Europe pour essayer de dégager les meilleures mesures (car s’il n’est Président de l’UE que pour 3 mois encore, il le sera encore 4 ans en France, ce qui veut dire encore 4 ans avec la loi de 2003!)

3- Pour rédiger sa lettre, Noël Mamère a étudié les sites des associations, notamment des travailleurs du sexe. Cette lettre a, d’ailleurs, été suscitée par une tournée que Noël Mamère a faite avec l’association IPPO (Information Prévention Proximité Orientation): c’est une association bordelaise, dont la suppléante de Noël Mamère, Naïma Charaï, est co-fondatrice, qui intervient auprès des personnes en situation de prostitution, que ce soit pour des soins, une aide psychologique, une recherche de logement ou d’emploi…, et dont Noël Mamère est proche depuis sa création.

4- Les chiffres: en effet, les chiffres sont probablement inexacts puisqu’il n’existe aucune étude globale. Le but de cette lettre est de profiter de la présidence française de l’Union européenne pour amorcer une politique commune après discussion avec les associations, les personnes concernées par la prostitution…, avec une vraie étude des avancées/reculées dues aux politiques nationales. Aujourd’hui les analyses existantes sont partielles, certaines politiques nationales (la France par exemple) vont à l’encontre des traités internationaux, et la question de la prostitution n’est résumée en politique que sous le double aspect: abolition ou régularisation. C’est donc justement pour encourager une politique qui dépasse cette question et se pose les vraies questions que Noël Mamère a saisi Nicolas Sarkozy:

- quelles sont les différentes forme de prostitution, et donc qui sont les prostitué-e-s?

- doit-on répondre aux différentes formes de prostitution par les mêmes mesures?

- est-il cohérent de faire des politiques nationales en la matière alors que l’Europe autorise la libre circulation des personnes?…

5- Enfin, pour le terme de travailleur du sexe, comme le montre la lettre ci-jointe, ce n’est pas l’expression qui est réjétée; l’accent est est bien mis sur les Etats qui ont repris à leur compte cette expression pour justifier leur politique.

Pour terminer, Noël Mamère est convaincu que les prostitué-e-s et les associations sont des acteurs politiques légitimes, et qu’il est nécéssaire de construire une politique européenne avec eux.

C’est ce vers quoi tend son initiative. Il espère que cette lettre lancera un mouvement obligeant Nicolas Sarkozy à accepter l’échec de la loi de 2003, et à chercher ce qui existe déjà en Europe, ce que les associations préconisent…

Ce qui est sûr; c’est qu’aujourd’hui, le constat est loin d’être satisfaisant: la régularisation, si elle a apporté des meilleures conditions de vie et de travail à certaines prostitué-e-s, n’a pas résolu le problème de la traite; à l’inverse, on sait tous qu’une politique abolitionniste ne fait que dégrader la situation. Doit-on alors rester dans le statu quo? N’est-il pas temps d’obliger les dirigeants des différents pays européens à se mettre face à leur contradiction et à tenter de trouver des solutions acceptables par tous, à commencer bien sûr par les prostitué-e-s et les associations de terrains?

J’espère que cette réponse vous satisfera.

Cordialement,

Anne-Laure Fabre-Nadler

Assistante parlementaire de Noël Mamère en circonscription

Réponse de Thierry Schaffauser

Cette reponse me satisfait un peu, en partie. Je suis surpris que Monsieur Mamere ose reprendre un chiffre de 80% de victimes de la traite et parler de dressage (pour 80% des prostituees en France), reprenant les fantasmes des mouvements abolitionnistes. La traite existe oui, mais elle existe egalement dans la construction, le travail domestique, le textile, l’agriculture, bref partout. Et encore faut il savoir de quoi on parle quand on parle de traite.

- Considere t’il lui aussi tous les migrants clandestins comme des victimes de la traite ?

- Fait il une difference entre les reseaux de passeurs et les reseaux de trafiquants ?

- Pourquoi focaliser ainsi sur la prostitution avec un chiffre faux ?

- Comment a t’il consulte les sites des travailleurs du sexe ? A t’il au moins rencontre des travailleurs du sexe ? Ou uniquement les personnes avec plein de detresse dans le regard qu’on a selectionne pour sa visite organisee par IPPO ?
- Qu’a t’il a dire sur les revendications portees par le mouvement des travailleurs du sexe et qui existent depuis plus de 30 ans dans le monde entier ?

- Que pense t’il du manifeste et de la declaration des droits des travailleurs du sexe en Europe qui pourrait etre une bonne base de travail ?

- Est ce qu’IPPO sera son interlocutaire privilegie dans sa demarche ou est ce que la voix des travailleurs du sexe sera consideree a egalite ?

- Est ce que l’analyse politique portee par les travailleurs du sexe sera autant prise en compte que celle de ceux qui parlent a notre place ?

Pour repondre a vos questions, non je ne suis pas favorable au statut quo, on ne peut l’etre face a la situation. Mais je suis inquiet sur la tournure que va prendre son initiative, car chaque fois qu’une nouvelle politique a ete mise en oeuvre, cela a toujours ete sans les putes, au nom du bien des putes et contre les putes. Oui il y a plusieurs formes de prostitution, oui les putes sont tres differentes les uns/unes des autres avec des parcours varies. Oui imposer une reglementation unique pour tout le monde serait sans doute une erreur quand la loi devrait s’adapter a chaque situation. Oui je serais favorable a une harmonisation europeenne mais au profit des travailleurs, ni des patrons, ni de la morale anti-sexe. Oui il faut accorder la libre circulation de tous, et c’est son entrave qui est d’ailleurs la principale cause de la traite.

Puis je avoir les contacts de sa suppleante SVP ? pour connaitre directement ses positions et savoir a quelle sauce nous allons etre manges.

Bien cordialement,

Merci d’avoir repondu assez vite.

Thierry Schaffauser, travailleur du sexe

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Sep 30

C’était jour de représentations sur sentence lundi au procès de l’ex-avocat Luc Dumont, reconnu coupable cet été de trafic de stupéfiants, d’homicide involontaire et de négligence criminelle pour la mort par surdose de cocaïne d’une prostituée, Nadia Caron.

L’avocat de Luc Dumont, Me Michel Boudreault, réclame pour son client une peine de prison de moins de deux ans à purger dans la collectivité. Selon Me Boudreault, la prison n’est pas la solution pour Luc Dumont.

L’avocat souligne que son client a passé les 900 derniers jours en respectant toutes ses conditions de remise en liberté. Il affirme également que Luc Dumont affiche un respect total du processus judiciaire, qu’il a exprimé ses regrets profonds et qu’il n’est plus un danger pour la société.

Me Boudreault déclare aussi que Luc Dumont a déjà payé pour ce qu’il a fait, ayant démissionné du Barreau, perdu sa profession, perdu sa dignité et ses amis.

La Couronne beaucoup plus sévère

La poursuite réclame quant à elle de 7 à 10 ans de pénitencier pour Luc Dumont. L’avocat de la Couronne, Me Éric Simard a répété deux fois lundi, comme il l’avait fait au cours du procès, que Luc Dumont avait recommencé à fournir et à consommer de la cocaïne avec des prostituées après la mort de Nadia Caron.

Pour l’avocat, ce seul fait révèle l’état d’esprit pervers de Luc Dumont et son absence de remords. Me Simard a également souligné que Luc Dumont n’a jamais reconnu son entière responsabilité dans cette tragédie et affirme qu’il est très loin de la réhabilitation.

Me Michel Boudreault est scandalisé par la demande de la Couronne, qui est selon lui beaucoup trop près d’une sentence pour meurtre au deuxième degré.

Le juge Valmont Beaulieu doit rendre son jugement le 5 novembre.

Nadia Caron est morte d’une surdose de cocaïne le 18 août 2005, dans la maison close où elle travaillait. La prostituée venait de recevoir Luc Dumont comme client. Celui-ci avait réclamé de la cocaïne toutes les 45 minutes.

Source : http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2008/09/29/003-luc-dumont.shtml

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Sep 30

Les frontières littéraires de l’économie (XVIIe-XIXe siècles)
Martial Poirson , Yves Citton , Christian Biet , Elsa Marpeau , Collectif

Paru le : 01/08/2008
Editeur : Desjonquères
Collection : littérature & idée

EAN : 9782843211089
Nb. de pages : 217 pages

Prix éditeur : 25,00€

La pensée économique a destin lié avec l’invention de la modernité, depuis son émergence à l’aube du XVIIIe siècle jusqu’à son triomphe contesté de nos jours.

Elle s’est progressivement imposée comme le modèle dominant de représentation du monde à travers le langage, l’imaginaire collectif et les consciences individuelles. De cette évolution, la littérature a présenté à la fois des symptômes, des réflexions critiques et des dépassements poétiques. Le présent volume regroupe une douzaine d’études explorant quelques zones frontières où s’entrecroisent, depuis quatre siècles, discours économiques et discours littéraires.

De Scarron à Proust, en passant par le théâtre du XVIIIe siècle, André Chénier, Isabelle de Charrière ou Zola, les questions posées relèvent d’une éminente actualité : comment articuler valeurs morales et valeurs financières, économie domestique et marchés spéculatifs ? Comment juguler la marchandisation de l’humain et de ses affects ? Comment gérer le commerce des biens culturels et symboliques ? Comment mettre en spectacle la vente de la chair - celle de l’esclave ou de la prostituée ? Dans les regards croisés qui s’échangent ainsi entre théories et fictions, il apparaît que la parole littéraire avait déjà mis en place, depuis plusieurs siècles, des sensibilités et des savoirs qui sont aujourd’hui encore largement en avance sur la discipline économique qui guide - souvent en aveugle et peut-être vers l’abîme - le destin de nos sociétés.

REPRESENTATIONS DE L’ECONOMIE
“Quand l’économie politique était sur les planches : Argent, morale et intérêt dans la comédie à l’Age classique”
“La circulation de l’argent dans L’Héritier ridicule de Scarron : désordre social et confusion sexuelle”
“La Dot de Suzette, ou la science des bienfaits à l’épreuve romanesque”
“La Bourse ou le temps : l’imaginaire financier de Marcel Proust”

ECONOMIES DE LA REPRESENTATION
“Redonner cours à d’anciennes espèces : Guez de Balzac et l’économie politique de la gloire”
“Mais où voit-on ce désintéressement parfait ? L’embarras des échanges dans les dédicaces du Chevalier de Mouhy”
“La propriété poétique, c’est le vol de l’abeille ; Eloge du copillage chez André Chénier”
“Emile Zola : de l’argent de l’écriture à l’écriture de l’argent”

REGARDS AUTRES SUR L’ECONOMIE
“Richesse, redistribution, commerce, pitié : Isabelle de Charrière dans la Révolution”
“Les fuites de l’économie coloniale dans les représentations littéraires du marronnage”
“Argent contre chair”, “Argent contre plaisir” ; Le théâtre actualisation, figuration et dépassement de l’échange économique”

Source : http://www.fabula.org/actualites/article25872.php

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Sep 30

GENEVE. Une escort girl, promue maquerelle, et un ex-avocat sont accusés d’avoir livré des filles et de la drogue au producteur français Thomas Langmann avant de le faire chanter.

Fati Mansour
Mardi 30 septembre 2008

Sexe, drogue et petits secrets. Le procès d’une prostituée de luxe et d’un ex-avocat, accusés d’avoir usé de toutes les turpitudes pour gagner de l’argent, pourrait bien venir tourmenter une riche et parfois célèbre clientèle soucieuse de discrétion. Ce d’autant plus que le Tribunal de police de Genève a décidé de contraindre certains témoins récalcitrants à se présenter à une future audience non sans promettre à la défense d’autoriser l’audition publique des écoutes téléphoniques sous la forme de morceaux choisis.

Pas franchement glamour, ce monde de la nuit décrit par les premiers témoins. Un vrai nid de vipères où, à en croire l’accusation déclinée par le procureur Claudio Mascotto, celle qui se faisait appeler Maïté tenait le rôle principal. Derrière ce visage angélique, la femme, âgée aujourd’hui de 37 ans, en aurait fait voir de toutes les couleurs à ses clients et aux autres filles qui gravitaient dans le milieu.

Défaillances

Plaignants ou parties civiles, tous se sont faits discrets à l’approche du procès. Une attitude qui ne manquera pas d’aiguiser l’ironie d’un Jacques Barillon prêt à dénoncer, du côté de la défense, ce genre de pirouettes.

Parmi les célèbres clients de Maïté, il y a un banquier et aussi le producteur français Thomas Langmann à qui l’on doit Astérix aux Jeux olympiques. C’est justement lorsque ce dernier tournait ce film à Alicante que Maïté lui a adressé plusieurs filles et fait parvenir de l’héroïne pour sa consommation personnelle. Les rapports se sont vite dégradés entre le producteur et l’accusée. Le premier reprochant à la jeune femme d’avoir abusé de sa carte de crédit. La seconde lui reprochant des arriérés pour les prestations sexuelles fournies.

Finalement, en automne 2006, Maïté aurait menacé Thomas Langmann de le dénoncer pour viol et contrainte, trafic de drogue et autres escroqueries. Le texte de cette missive au procureur de la République à Paris a été écrit avec le concours de B., un ex-avocat genevois radié du barreau en raison d’une série de dérapages, et représenté ici par Me Yaël Hayat.

C’est la police genevoise qui est tombée sur cette fausse dénonciation lors de l’arrestation de Maïté et la fouille de son appartement. Car le producteur ne serait pas la seule victime de cette escort girl promue maquerelle de très jeunes filles. Un ancien client, dont elle a finalement dévoilé la double vie à son épouse, non sans user de sa carte de crédit pour vider les boutiques de luxe, s’est finalement décidé à porter plainte avant de se retirer de la procédure par gain de paix. Le Tribunal, bien décidé à l’entendre, le fera venir par la force si nécessaire.

Certains témoins sont venus à cette première audience. Comme cette assistante de recherche dans une société financière qui avait connu Maïté dans les boîtes de nuit de la place. Elle affirme avoir travaillé pour l’accusée à qui elle devait reverser 50% de ses gains. Non sans ajouter que cette dernière mettait la pression pour qu’elle s’implique davantage et se rende notamment à Alicante sur le fameux tournage. Incitation à la prostitution? La défense s’amuse. «Ce témoin n’a rien d’une sainte», explique Maïté.

Photos et célébrités

Cité à comparaître, Alain Delon a allongé la liste des témoins défaillants et non excusés. Il avait joué dans le film de Thomas Langmann et des photos de lui - on n’en saura pas davantage en l’état - on été trouvées au domicile de l’accusée. Etait-ce pour le faire chanter comme le prétend une des filles? Durant l’enquête, Alain Delon a fait savoir par l’entremise de son avocat genevois, Me Dominique Warluzel, que ces clichés, retirés depuis du dossier, avaient été pris avec son consentement.

Le jugement de cette affaire, que d’aucuns auraient sans doute apprécié le classement, reprendra à une date encore inconnue.

Source : http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=240728

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Sep 29

Le procès d’une escort girl débute aujourd’hui à Genève. Particularité : elle avait fait chanter le producteur d‘Astérix.

L’ambiance devait être sympa sur le tournage d’Astérix aux Jeux olympiques, mais la suite l’a été un peu moins pour Thomas Langmann. Selon Le Parisien, le producteur a admis qu’il avait eu recours au services de Maria-Antonietta Bertolini, une escort girl. Celle-ci avait été chargée en 2006 de lui founir douze prostituées de luxe et 25 grammes d’héroïne lors du tournage des aventures du dernier Astérix, en Espagne.

Pour en arriver à admettre devant des enquêteurs, Thomas Langmann a eu une bonne raison : il a porté plainte contre la « maquerelle » pour extorsion de fonds et chantage. Car Maria Antonietta Bertolini, alias Maïté, lui avait demandé 50 000 euros pour qu’elle ne révèle pas publiquement son recours aux services de prostituées. Le producteur lui en avait déjà remis 10 000, lorsque Maïté a été arrêtée par la police suisse dans le cadre d’une autre affaire de chantage. Incarcérée quelques mois puis remise en liberté, la prostituée maître chanteuse va devoir s’expliquer dès aujourd’hui lors de son procès, à Genève.

Drôle de scénario pour l’un des producteurs majeurs du cinéma français…

Souce : Voici

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