Le tribunal correctionnel d’Anvers a acquitté mardi deux prostituées impliquées dans une affaire de séance sado-masochiste où un homme d’affaires de 38 ans avait perdu la vie. Selon la veuve de la victime, les prostituées n’avaient pas aidé son mari alors qu’il était en danger, mais le juge a estimé qu’elles avaient fait leur possible pour lui sauver la vie.
Le 23 décembre 2005, la victime s’était rendue vers 19h00 à la Villa Tinto, dans le Schipperskwartier, le quartier “chaud” d’Anvers. Il y avait participé pendant 6 heures à une séance sado-masochiste en compagnie de deux prostituées, le tout arrosé de champagne et de cocaïne. Un de ses jeux préférés était de se faire envoyer des chocs électriques dans des pinces positionnées sur ses mamelons. Une des prostituées a quitté les lieux vers 1h00. A ce moment, la victime semblait en pleine possession de ses moyens. Elle aura d’ailleurs encore des relations sexuelles avec l’autre prostituée. A un certain moment, l’homme se plaindra d’avoir trop chaud avant de commencer à ronfler quelques instants plus tard. Ce qui a fait croire à la prostituée qu’il s’était endormi.
Comme celle-ci n’arrivait pas à le réveiller, elle a téléphoné à sa collègue qui lui a conseillé de poser une serviette humide sur sa nuque, avant de revenir à la Villa Tinto. Dans l’impossibilité de réveiller l’homme, elles ont fait appel au concierge qui a alors alerté les services de secours. Ceux-ci ont tenté sans succès de réanimer la victime. Selon le médecin légiste, l’homme est mort car sa consommation trop élevée de drogue a provoqué un déficit d’oxygène dans le myocarde, les effets ayant sans doute été aggravés par les chocs électriques.
Les deux prostituées étaient poursuivies pour négligence coupable, mais le ministère public avait déjà lui-même requis l’acquittement. Le tribunal a également estimé que les faits n’étaient pas concluants. Les deux femmes ne savaient pas que l’homme se trouvait dans un état grave, et leur manque de connaissances médicales ne peut leur être reproché. A partir du moment où elles ont remarqué quelque chose d’anormal, elles ont fait tout ce qu’il leur était possible de faire, a estimé le tribunal. A la suite de cet acquittement, la veuve n’obtiendra pas les 1,4 million d’euros de dommages et intérêts qu’elle réclamait.
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