Fausses promesses, enlèvements, privations de liberté, sévices… la traite moderne des humains touche particulièrement les femmes et les enfants. Courrier International tire la sonnette d’alarme et expose en couverture ce nouvel esclavage.
«Le seul souvenir que Nita garde du jour où des miliciens serbes l’ont arrachée de chez elle, à Pristina, pour la conduire dans un camp où ils l’ont violée est qu’il faisait froid et que le sol était couvert de neige. Elle a oublié si c’était juste avant ou après Noël 1996, l’année où les combats ont éclaté entre les forces serbes et l’Armée de libération du Kosovo. Elle a vécu tellement d’horreurs au cours de la dernière décennie que son esprit, dit-elle, est embrouillé. En 1996, Nita avait 18 ans, elle était mariée et mère d’une fillette de huit mois, et elle vivait à proximité de son père, veuf, et de sa sœur de 7 ans», relate The New York Review of Books dans l’article qui ouvre le dossier de Courrier International cette semaine.
L’histoire de Nita mêle la guerre au trafic des êtres humains. Ce sinistre épisode ne sera malheureusement pour elle qu’un prélude à sept ans de prostitution forcée. Elle sera emmenée à son insu en Italie où «elle devra travailler», lui dit-on.
On estime à 100 000 par an le nombre de femmes placées sur le «marché des services sexuels» par les pays de l’ex-URSS. Mais en dépit de ces estimations il est impossible d’arriver à des chiffres fiables. Seule certitude, pour The New York Review of Books, «Bien qu’il y ait eu des précédents au XIXe siècle avec la traite des Blanches, le trafic d’êtres humains n’a pris les dimensions d’un problème international qu’au milieu des années 1990.»
http://www2.canoe.com/infos/international/archives/2008/05/20080530-125034.html
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