Alice, une masseuse de 28 ans, a été poignardée dans son studiode la rue Jean-Antoine Gautier. Le meurtrier est introuvable.Les habitants de l’immeuble décrivent leur quotidien avec la victime. Le débat sur la sécuritédes péripatéticiennes à Genève est relancé.
Elle avait 28 ans. Un joli petit bout de femme. Brune plantureuse, élégante selon le voisinage. Mercredi après-midi, la police l’a retrouvée vidée de son sang dans son appartement de la rue Gautier, aux Pâquis. Cette prostituée française a reçu plusieurs coups de couteau avant d’être sauvagement égorgée.
Pour l’heure, le meurtrier est introuvable. Règlement de comptes dans le milieu du sexe? Client déséquilibré? Crime passionnel? Le juge Vincent Fournier planche sur cette enquête. Il se refuse à tout commentaire.
La police a été alertée par la personne qui louait le studio à la victime, explique un inspecteur. Elle avait, dit-il, rendez-vous avec la prostituée mercredi. Coups de sonnette répétés. Pas de réponse. A 15h30, les forces de l’ordre découvrent le corps sans vie de la malheureuse. Selon les premiers éléments de l’enquête, «Alice, son surnom dans la profession, ne faisait pas le trottoir ni de la prostitution de luxe. Elle était plutôt active dans le milieu du salon de massage, probablement à son domicile.» (lire plus bas)
«J’ai entendu des bruits»
Que s’est-il passé? Le juge auditionnera à coup sûr cette voisine intriguée par «des sons mardi vers 22h. Comme quelqu’un qui tape contre un mur ou sur le sol.» Pour imiter le bruit sourd entendu ce soir-là, elle cogne sur la paroi de bois luisant du corridor. «Je ne m’étais pas inquiétée», dit-elle en ajustant son imperméable gris. Avant de partir sous la pluie, elle ajoute: «Ça arrive que des locataires fassent du bruit. Non?»
Presque tout l’immeuble est au courant de la mort d’Alice. Dans le vestibule baigné d’une lumière froide, chacun y va de son anecdote.
La plupart des habitants disent avoir rencontré la victime «çà et là», qui dans l’ascenseur, qui sur son pas-de-porte. Jamais chez elle. «On la voyait comme ça», résume un locataire accompagné de son chien. «Avec elle, c’était bonjour, au revoir…»
Aucun d’entre eux ne dit avoir eu de vrais contacts avec cette mystérieuse femme vivant seule dans son studio, à deux pas de l’Hôtel Wilson. «Je voyais souvent des clients arabes défiler chez elle, avance le voisin de palier. Elle était très gentille, portait toujours des hauts talons et des vêtements de marque. Il y a quelques jours, une locataire l’a croisée devant les boîtes aux lettres. Je la revois en train de se refaire une beauté devant la glace du rez-de-chaussée. Elle était très souriante. Vous savez, dans cet immeuble anonyme, il y a beaucoup de studios et donc un grand roulement de locataires. On voit passer les gens sans vraiment faire attention. Je crois qu’elle ne vivait pas là depuis longtemps. Elle venait, elle partait!»
La concierge, qui n’habite pas sur place, ne l’a croisée que de rares fois dans les corridors pavés de faux marbre.
Voilà qui n’aide pas les enquêteurs…
Métier risqué
Les prostituées sont régulièrement victimes d’agressions. Voici les plus graves survenues ces dernières années.
Juillet 2005. Une femme de 27 ans est retrouvée morte dans sa baignoire à Carouge. Pieds et poings liés. La tête dans un sac plastique. Un client, âgé de 30 ans, est suspecté de l’avoir assassinée.
June 11th, 2008 at 10:27 am
[...] Source : http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/prostituee-egorgee-aux-paquis-la-police-a-flaire-deux-pistes_9-173527 Lire aussi : http://www.iprostitution.org/2008/05/30/une-prostituee-est-egorgee-aux-paquis/ [...]