Alain Agostini comparaissait hier devant la cour d’appel de Nîmes
Alain Agostini, ancien élu RPR de l’opposition à la mairie d’Orange, comparaissait à nouveau hier devant la cour d’appel de Nîmes pour des faits de proxénétisme aggravé dans son salon de massage de Sorgues entre 2004 et 2006. Déjà condamné à deux ans de prison avec sursis et à 100000 d’amende en novembre 2007 par le tribunal correctionnel d’Avignon, il avait interjeté appel sur le montant des dommages et intérêts dus à deux anciennes prostituées s’étant portées parties civiles.
Un risque de peine alourdi
“Cindy Ferrand était déjà une prostituée notoire quand elle a travaillé pour lui. C’est elle qui a recruté et formé Leïla Sale pour travailler au salon, elles se livraient même à des prestations en duo pour gagner plus d’argent sans en reverser. Sur les douze personnes interrogées, aucune ne dit avoir été battue ou insultée: seules deux d’entre elles, pitoyablement, se sont portées parties civiles” déclarait Me Gontard, défenseur des époux Agostini. “Ces deux femmes sont des victimes. Elles sont tombées dans le piège tendu par Agostini, un manipulateur qui avait de l’emprise psychologique sur elle,” a tenté de contrecarrer maître Casile pour les parties civiles. Mais c’est bien l’avocat général Plantard, représentant du parquet qui avait aussi formé un appel contre Agostini, qui a le plus enfoncé l’ancien politique. “Votre salon de massage était un vrai claque. Mais aujourd’hui, vous n’êtes là que pour une histoire de fric!” lui a-t-il reproché en l’accusant de s’être, avec son épouse Carmen née Ramirez, “foutu complètement des valeurs de la République.”Il lui a aussi fait remarquer que son look “de proxénète” (costume noir à rayures blanches avec une chemise blanche à large col et cheveux gominés) était “relativement incorrect pour venir au tribunal”. L’avocat général a requis une peine de cinq ans de prison fermes à l’encontre d’Alain Agostini, ainsi que la confiscation des biens ayant servi à commettre l’infraction, autrement dit la villa avec piscine payée en partie grâce à l’argent du salon de massage.
“Nous ne sommes pas riches: nous avons beaucoup travaillé pour en arriver là, sans jamais prendre de vacances” a pleurniché Carmen Agostini, ancienne permanente syndicale à l’hôpital d’Avignon. Elle qui avait écopé d’une peine d’un an de prison avec sursis risque désormais deux ans fermes de plus (trois ans dont un avec sursis), car elle touchait aussi un pourcentage sur les “massages” pratiqués aux clients. “Le salon a été ouvert en toute légalité, puis M.Agostini est entré petit à petit dans la prostitution. Mais cela n’avait rien à voir avec un réseau organisé. Le couple ne s’est pas rendu compte assez vite et n’a pas réussi à y mettre fin” concluait maître Gontard avant d’ajouter: “Alain Agostini est totalement écarté de la vie politique et ne risque pas de se représenter.”. Le jugement est mis en délibéré au 4 juillet.
Tags: Nîmes, Orange, politique, salon de massage
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