Le proxénète Michel Giguère, dont le réseau de prostitution générait un chiffre d’affaires annuel d’un quart de million de dollars, a été condamné à deux ans de prison. Les affaires roulaient rondement depuis au moins six ans lorsque les policiers de Québec ont arrêté l’homme de 64 ans en mars 2005.
Giguère a bien tenté de convaincre le juge Alain Morand que son réseau lui rapportait de maigres revenus, parfois même des pertes financières, afin d’obtenir une peine à purger dans la collectivité. Ce fut peine perdue.
En plus de six mois d’enquête, 16 jours de filature et l’analyse des relevés téléphoniques de l’accusé, les policiers de Québec avaient amassé une preuve solide. Entre juin 1999 et mars 2005, le proxénète a payé comptant 200 000 $ pour faire paraître dans Le Journal de Québec une publicité annonçant les services de son réseau, selon les factures saisies au quotidien.
L’analyse des registres téléphoniques démontre qu’en 60 jours, Giguère a eu 21 211 communications avec des clients, deux chauffeurs, 10 prostitués, hommes et femmes, et 49 établissements hôteliers, dont surtout quatre motels du boulevard Hamel où des chambres sont louées pour une courte durée.
«C’est du jamais-vu, les motards ne font pas ça», a dit l’enquêteuse Nathalie Lord, au sujet des 350 appels par jour.
Au moment de son arrestation, Giguère avait sur lui 27 fiches descriptives contenant tous les renseignements sur les prostitués, dont les mensurations pour les femmes, et la longueur du pénis pour les hommes.
La police a saisi le luxueux véhicule utilitaire de marque Lincoln avec lequel le proxénète transportait parfois lui-même les prostitués. Une somme de près de 87 000 $ a aussi été saisie.
L’analyse des comptes bancaires permet de constater que Giguère a transféré des fonds de plusieurs milliers de dollars à sa conjointe. Il a aussi rapidement remboursé une hypothèque de 97 000 $.
Le tarif des prostitués variait entre 120 $ et 200 $, selon les services rendus. Le chauffeur gardait 20 $ et le reste était partagé à parts égales entre le travailleur du sexe et son proxénète.
À la peine de prison s’ajoute deux amendes de 500 $, l’une pour possession de 2,1 grammes de cocaïne, et l’autre pour entreposage illégal de deux armes à feu.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080503/CPSOLEIL/80502279/6585/CPSOLEIL02
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