Une petite lanterne est allumée sur le tableau de bord. L’occupante de la fourgonnette est vraisemblablement avec un client. Garés quai Deschamps depuis plus d’un mois, une dizaine de ces véhicules, appelés « camping-car love », sont alignés le long de la Garonne. Depuis qu’elles ont été expulsées du quartier de Brienne, fin février, après de nombreuses plaintes de riverains, les prostituées qui officient de cette manière ont changé de rive. Mais là aussi, leur présence dérange : « Nous ne les acceptons pas, martèle une mère de famille. Même si ce sont des femmes qu’on ne voit pas. » De ses fenêtres, elle suit malgré elle le manège des clients. « Certains arrivent à 7 h 45 le matin. On entend les voitures freiner… C’est la première fois qu’on voit ça dans le quartier et il a fallu que j’explique à mon fils de 11 ans ce que c’était », déplore-t-elle. Une pétition circule depuis plusieurs jours et les habitants espèrent voir appliquer le même arrêté municipal pour « pollution et gêne de la circulation » qui a permis aux riverains de Brienne de retrouver leur tranquillité. Mais le problème se posera ailleurs. « La prostitution en tant que telle n’est pas un délit, mais notre rôle est de tenir compte des réclamations des habitants », justifie Alain Moga, élu du quartier sud de Bordeaux, qui renvoie la balle à la préfecture et aux services de police. Pour les associations qui oeuvrent aux côtés des prostituées, leur éloignement progressif du centre-ville constitue « une mise en danger aggravée ». « Les liens que nous avons tissés avec ces personnes sont aujourd’hui fortement mis à mal », s’inquiètent-elles.
http://www.20minutes.fr/article/223261/Bordeaux-Les-prostituees-en-sursis-rive-droite.php
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