Ils réclament également un statut pour les travailleurs du sexe.
Une centaine de personnes, en majorité des prostitués, ont manifesté samedi dans les rues de Paris pour réclamer notamment l’abrogation de la loi réprimant le racolage passif et la création d’un statut pour les travailleurs du sexe.
Sous des parapluies rouges, les prostitués, hommes, femmes et transgenres, ont défilé entre la Place Pigalle et le centre Beaubourg derrière une banderole, rouge aussi, où était écrit «Rendez-nous nos trottoirs», en scandant des slogans comme «Prostitué, c’est un métier, laissez-nous l’exercer», ou «On est belles, on est rebelles, des “salopes” professionnelles».
«Nous demandons l’abrogation de la loi sur la sécurité intérieure (de 2003, ndlr) et un statut de travailleuse du sexe», a déclaré Maîtresse Nikita, perruque noire et hauts talons, de l’association Les Putes et du collectif Droits et prostitution, à l’origine de cette manifestation.
«Nous sommes obligées de travailler sur internet, de nous cacher alors qu’il y a une hypocrisie au niveau législatif car la prostitution n’est pas réprimée mais les moyens pour l’exercer le sont», a-t-elle ajouté.
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«La loi de 2003 n’a fait qu’augmenter l’insécurité en développant les réseaux de proxénétisme et en rendant plus difficile l’accès aux soins. Dans la rue, c’est moins risqué», a déploré Sabrina, jean moulant, veste rose et perruque blonde.
A 71 ans, Claudette, française et prostituée depuis l’âge de 14 ans, travaille dans un salon en Suisse, où la prostitution est légale. «La légalité éloigne le proxénétisme, contrairement à la répression», a-t-elle affirmé. «En légalisant la prostitution en France, bien des problèmes seront résolus», a-t-elle estimé. Cette manifestation, intitulée «Pute pride» et qui avait lieu pour la troisième année consécutive, a fait suite aux «Assises de la prostitution», qui se sont tenues vendredi à Paris.
«C’est un moyen de construire une réflexion qui nous appartient, de croiser les expériences et de contrarier l’impuissance que l’on peut ressentir en tant que travailleuse du sexe», selon Isabelle Schweiger, prostituée toulousaine devenue salariée de l’association Greisélidis.
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