Note INP : Si le but est de faire baisser la prostitution, alors bravo la France. Bravo aussi à l’ Iran, à l’ Egypte, au Laos, et à tous ces grand pays merveilleux où l’ Etat se met en tête de “lutter contre la prostitution” en rendant la vie des prostituées impossible. Nous suggérons l’envoie de casque bleu en Suisse, au Danemark, en Allemagne, et dans 80% des Etats Européens qui ont eu l’idée folle de légaliser les maisons closes, et où des milliers d’esclaves sexuels attendent d’être délivrées par “le pays que le monde entier envie”.
Pour la police et les associations, le constat est le même : les prostituées sont moins nombreuses dans les rues de Toulouse depuis cinq ans, date de la promulgation de la loi sur la sécurité intérieure et la répression du racolage passif. Entre 2006 et 2007, les forces de l’ordre ont même enregistré « une baissse de 50 % du nombre de prostituées ».
Mais derrière ces chiffres, les acteurs de terrain dénoncent des effets pervers. Pour Isabelle Schweiger, de l’association Grisélidis, « la loi n’a fait que stigmatiser les prostituées, pour des motifs vagues. Mais tant que ça ne touche qu’elles, personne ne dit rien ». Et la militante attire l’attention sur le cas de ces « prostituées sans papiers arrêtées pour racola-ge et reconduites à la frontière ».
Moins virulente, l’Amicale du Nid n’en est pas moins critique. « La loi a des effets négatifs. On voit moins de prostituées dans les rues car elles ont peur d’être verbalisées. Elles sont inaccessibles pour nous et les autres acteurs sociaux et donc plus à la merci de la violence des proxénètes, mais aussi des clients. Ces derniers savent qu’elles n’iront plus se plaindre en cas de violences », explique Rosine Baron, directrice de l’association à Toulouse. « Beaucoup travaillent désormais dans des lieux reculés et dangereux », poursuit-elle. Ou à leur domicile : le racolage sur Internet est en augmentation. Une prostitution moins évidente à réprimer.
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