Huit sex-shops sur quarante-trois ont déjà fermé. Mais les nouveaux commerçants ne se bousculent pas dans cette rue à la mauvaise réputation…
QUI VIENDRA remplacer les devantures rouges criardes des sex-shops, les peep-shows qui disparaissent les uns après les autres et les cinémas érotiques de la rue Saint-Denis ? Réponse de la Ville de Paris, qui a lancé en 2004 une opération de réaménagement pour lutter contre la mono-activité dans cette artère à cheval sur les I e r et II e arrondissement : des commerces de proximité. Cette mission confiée à la Semaest, société d’économie mixte d’aménagement de l’est parisien, commence à porter ses fruits. Grâce à l’achat de locaux vacants ou à des préemptions, huit commerces liés au sexe sur les quarante-trois que compte la rue sont partis et ont été remplacés.
Au total, la Semaest « contrôle » aujourd’hui quinze locaux.
Un cordonnier s’est installé au 175, des fruits et légume bio au 179, un centre de bronzage au 180, un restaurant est en travaux au 147 et une épicerie a ouvert rue de la Grande-Truanderie, juste à côté… Mais ces nouveaux venus ne sont pas toujours faciles à trouver.
« C’est vrai que les sex-shops s’en vont et que le quartier s’améliore, note Philippe Tarabella, le président de l’Association des riverains de la rue Saint-Denis. Mais il est très difficile de trouver des repreneurs. » Ceux qui s’installent peuvent en effet rencontrer des problèmes. Une fleuriste avait pris un bail ici. Elle n’est restée que deux mois… « pour cause d’ennuis avec la faune du quartier », selon les habitants. Même problème au centre de bronzage. « Nous avions une fille à l’accueil au début, explique le gérant. Et quand elle sortait fumer sa cigarette dehors, les passants la prenaient pour une prostituée. » Maintenant, il n’y a plus que des garçons.
Le sujet ne laisse aucun candidat aux municipales indifférent. Le nombre de réunions publiques organisées sur le sujet en est la preuve*. A la mairie du II e , Jacques Boutault, maire vert, se félicite des améliorations. Pour le maire (UMP) du I e r , Jean-François Legaret : « Rien n’a changé, ou si peu. Les locaux préemptés sont minuscules et ne changent pas l’esprit de la rue. Il faudrait requalifier la rue Saint-Denis en entier ! » « Il faudrait aussi louer ces locaux a des prix plus attractifs, souligne Christophe Lekieffre, candidat UMP dans le II e . Seul moyen de faire revivre cette rue sinistrée… »
* Sylvie Wieviorka, candidate PS à la mairie du II e , organise une réunion ce soir à 19 heures au Royal Bar, 143, rue Saint-Denis ; Jacques Boutault, maire sortant du II e (vert), mercredi 5 mars à 20 heures , au café le Sans Souci, 183, rue Saint-Denis ; Jean-François Legaret, le lundi 3 mars à 19 heures, au bistrot le Petit Boulevard, 23, boulevard de Sébastopol.
http://www.leparisien.com/home/maville/paris/articles.htm?articleid=296090792
Tags: Paris, Quartier Rouge
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