Georgie : Le cas Nugzar Sulashvili Marseille : Salameh muet comme une tombe
Feb 27

Des ados de moins de 16ans prennent d’assaut les maisons closes. Même des gamins de 13ans tentent d’avoir accès aux amours tarifées

«Depuis quelques mois nous assistons à une recrudescence d’ados très jeunes dans le commerce du sexe.» Pour Alfredo Lardelli, l’un des promoteurs de maisons closes de Zurich les plus connus en Suisse alémanique, le phénomène ne s’explique pas directement. «Je ne peux pas dire pourquoi il y en a autant maintenant. Par contre, il est clair qu’un jeune de 14 ans a aujourd’hui la maturité d’un jeune adulte des générations précédentes.»

Thomas Seeholzer, de l’Aide zurichoise contre le sida, constate aussi que beaucoup de jeunes au-dessous de 16 ans, l’âge légal, fréquentent les bordels des bords de la Limmat. «Les ados vont dans les salons en groupe afin de se donner du courage», ajoute le responsable du projet «Don Juan», dont la mission consiste à responsabiliser les amateurs d’amours tarifées. Regula, une patronne de bordel de Bischofszell (TG), a même rendu public le fait que son établissement a dû renvoyer à leurs jouets des gamins de 13ans.

«Indiscutablement, Internet et l’accès facile au porno jouent un rôle dans ce phénomène», ajoute Thomas Seeholzer. Confrontés à la réalité, les très jeunes doivent pourtant déchanter. «Ils ne sont pas les étalons qu’ils voient dans les films et qui réussissent à faire l’amour pendant des heures.» Un avis que partage à sa façon le promoteur du sexe: «Les jeunes exigent pour la plupart des fellations. C’est le seul moyen d’arriver à leurs fins quand ils manquent d’assurance.»

Reste que les expériences des jeunes pourraient faire sourire si la représentation qu’ils se font des femmes ne risquait à terme de nuire à une future relation. Même les prostituées n’apprécient guère cette clientèle: «Les filles ne sont pas ravies de n’être prises que pour des objets sexuels», ajoute Alfredo Lardelli. Quant aux risques de MST, il n’est pas plus élevé que pour d’autres catégories d’âge. «Les filles, précise Thomas Seeholzer, travaillent pratiquement toutes avec des préservatifs. C’est dans le segment des prostituées bon marché, toxicomanes, que se recrutent celles qui sous pression accepteraient de faire une passe sans protection. Je n’imagine guère un très jeune sans assurance avoir de telles exigences.» Si les ados au bordel font déjà couler beaucoup d’encre en Suisse alémanique, tant l’Office de la jeunesse à Genève que son pendant à Lausanne n’ont pas eu vent d’un phénomène analogue. Mais, si la relation entre le Web et la recrudescence de jeunes dans les maisons closes se confirme, la Romandie ne sera pas longtemps épargnée. «Une étude récente, souligne Philippe Lavanchy, du Service vaudois de la protection de la jeunesse, affirme que les ados entre 12 et 15 ans passent plus de temps sur Internet que devant la télé.»

http://www.lematin.ch/pages/home/actu/suisse/actu_suisse__1?contenu=390384

Laissez un commentaire

Close
E-mail It