Lille : La prostituée cherchait un « protecteur » Les ripoux de la DST étaient proxénètes…
fev 15

Laurentine B. a été arrêtée le 10 février 2008 à Avignon par la
Préfecture du Vaucluse et placée au centre de rétention de Nîmes en vue
d’une expulsion vers le Cameroun.

En 2005 Laurentine rencontre à Yaoundé une compatriote, Colette N. qui la convainc  de l’accompagner en France faire des ménages. D’après cette compatriote, les ménages rapportent, elle-même en vit fort bien. Laurentine vend son fond de commerce,  soit disant pour participer au financement du voyage,  et part en France.

A l’arrivée en France, le 27 février 2005, Laurentine comprend qu’en fait de ménage, c’est de prostitution dont il s’agit.

En effet, Colette lui confisque son passeport et la contraint à se prostituer dans un appartement qu’elle loue ou dans des chambres d’hôtel. Collette organise la prostitution en affichant des annonces et se fait payer préalablement par les clients. Les relations sexuelles ont lieu sans préservatif lorsque les clients le demandent. Deux autres jeunes femmes sont dans la même situation et sont contraintes par Collette de se prostituer.

Après quelques mois, Laurentine contracte une infection et Colette fait des démarches avec elle pour qu’elle bénéficie d’un titre de séjour en tant qu’étranger malade. Laurentine bénéficie alors  de 3 récépissés de 3 mois chacun. Colette lui présente alors un de ses amis, Michel N, client régulier. Un mariage est organisé. Laurentine, qui espère sortir de la prostitution, accepte le mariage qui a lieu le 11 février 2006.

Pourtant, rien n’évolue dans la situation de Laurentine. Elle est toujours contrainte de se prostituer, sa proxénète est violente et menace de la dénoncer à la police comme étant en situation irrégulière. Laurentine a peur pour sa famille restée au pays, notamment pour son fils qu’elle a confié à sa mère.

En mars 2007, Laurentine décide de s’enfuir. Elle contacte un avocat qui dépose plainte auprès du procureur de la république de Strasbourg. L’instruction est toujours en cours.

Le 14 février 2008, le Tribunal Administratif de Nîmes confirme la reconduite au Cameroun de Laurentine.

Le magistrat a considéré que Laurentine ne démontrait pas qu’elle était entrée régulièrement en France. En effet, son passeport et le visa lui ont étés confisqués par sa proxénéte afin de servir d’instrument de chantage. Le magistrat avait  au dossier la plainte déposée à Strasbourg, ainsi que le numéro de téléphone du référent au commissariat.

L’article 316 du CESEDA prévoit la délivrance d’une carte de séjour à l’étranger qui porte plainte pour proxénétisme ou qui témoigne dans une telle procédure. De même, le décret d’application de cet article prévoit que dans toute audition d’une personne qui fait état de faits de proxénétisme et de traite des êtres humains, les services de police informent et proposent l’admission au séjour. Cela n’a été le cas ni à Strasbourg, ni à Avignon. Lorsque Laurentine a été interpellée, la préfecture d’Avignon n’a pas cru bon de vérifier si une instruction était bien en cours à Strasbourg, ni si elle avait séjourné régulièrement dans le Bas-rhin.

Lorsque Laurentine était contrainte de se prostituer, ses compagnes d’infortune lui avaient déconseillé de s’enfuir et de porter plainte « ils vont te reconduire ».

Pourtant, devant le tribunal administratif Laurentine a à nouveau répété qu’elle voulait croire à la justice et voir la personne source de tant de souffrances depuis 3 ans condamnée par un tribunal.

 ARAP-RUBIS Comuniqué de presse

Une seule réponse à “Expulsion d’une prostituée étrangère”

  1. Deville Dit:

    je ve un numéro de pute

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