
La prostitution, cette question qui a longtemps été marquée du sceau du jugement moral, prend aujourd’hui des formes de plus en plus civilisées. On la fait petit à petit disparaître du paysage. Par exemple, les jeunes femmes qui “se relayaient” au bord de l’autoroute, en face du centre commercial des Trois Baleines (”Tri kita”, sud-ouest de l’agglomération moscovite), ont été chassées (on raconte que l’ordre en a été donné par un haut-fonctionnaire qui passait par là). Parallèlement s’est ouvert le réseau hôtelier “Podouchkine” (chambres à l’heure sans aucun papier d’identité exigé et location de différents sex-toys), nouvelle approche commerciale du concept d’hôtel de passes.
Qu’est devenue la morale dans cette affaire, une transformation se serait-elle produite là-aussi?
Deux récents sondages menés fin 2007 et début 2008 par la fondation Opinion publique apportent de précieux éléments de réponse.
Comment les sondés voient-ils la situation? Dans l’ensemble, ils portent sur elle un regard très positif, dans le sens où la majorité d’entre eux sont persuadés que ce qu’on pourrait appeler le “marché des services sexuels” est un secteur loin d’être en crise dans l’économie russe, à l’inverse, il serait même florissant et en plein boom.
La moitié des interrogés (51%) se disent certains que le nombre de prostituées a augmenté en Russie ces dernières années. Ils sont presque trois fois moins (18%) à considérer que celui-ci est resté stable. Seuls 3% ont avancé que ce genre de services devenait de plus en plus rare.
Il faut souligner qu’aussi bien les hommes et femmes, que les jeunes et les vieux, ont la même idée de la situation en matière de prostitution. Il n’est donc pas question ici d’idées préconçues.
Si le nombre de travailleuses du sexe augmente, la demande augmente également pour les prestations qu’elles proposent: 40% des sondés supposent que ces dernières années le nombre d’hommes ayant recours à ce genre de services a augmenté. Deux fois moins (20%) pensent que rien n’a changé en la matière, et seuls 3% font état d’une baisse de la demande. Notons que, selon eux, la hausse de l’offre dépasse celle de la demande: 51% des interrogés avancent que ce sont surtout les prostituées qui deviennent de plus en plus nombreuses, contre 40% qui évoquent principalement une augmentation du nombre de leurs clients.
Parler de prostitution sans aborder la morale serait pour le moins étrange. Mais, en ayant recours à elle, nous sommes bien obligés de reconnaitre qu’il n’y a dans la société russe pas plus de réprobation nette pour ce phénomène que pour les femmes qui l’incarnent. En effet, moins de la moitié des sondés (42%) condamnent les femmes qui fournissent des services sexuels contre de l’argent, et ils sont presque aussi nombreux (35%) à ne pas les blâmer pour cela.
Entre les deux alternatives suivantes: “il faut interdire la prostitution” et “il faut autoriser la prostitution, mais l’Etat doit la contrôler”, 43% des sondés ont choisi la première, et 38% la seconde. Ce n’est pas du 50/50, mais presque. Ce qu’il faut retenir, c’est que la société russe actuelle ne rejette pas la prostitution de façon homogène.
Mais même le rejet de ce phénomène ne se fonde pas du tout sur des considérations morales. La principale cause de méfiance en la matière revêt principalement un caractère médical: pour 33% des sondés, “ces femmes se détruisent la santé”; “il y a un risque important de transmission de maladies sexuellement transmissibles (MST)”; elles sont des “colporteuses d’infections”; elles portent un “panel de maladies”; “on peut attraper différentes maladies”. Le caractère amoral de principe de la prostitution a été cité trois fois moins souvent.
Les sondés estiment également que certains hommes aimeraient recourir aux services d’une prostituée mais ne le font pas, pour telle ou telle raison. Pour 20% d’entre eux, c’est le prix élevé qui les arrête. Ils sont 15% à citer la crainte de contracter des maladies vénériennes ou le sida. La crainte d’être découvert - cela touche évidemment à des considérations morales - (”ont peur que quelqu’un les reconnaisse, de tomber par hasard sur une connaissance”; “ne veulent pas perdre leur situation”; “ont peur que leur femme l’apprenne”) n’a été évoquée que par 5% des interrogés.
Bref, on a l’impression que morale et prostitution appartiennent à deux registres différents qui n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre.
Enfin, ces sondages permettent d’aborder le problème au prisme des orientations politiques des interrogés. Parmi les sympathisants des partis représentés à la Douma, les plus catégoriques dans leur rejet de la prostitution sont ceux du KPRF (Parti communiste), avec un pourcentage de 69%. Les plus tolérants envers ce phénomène (ils y voient autant les points positifs que les points négatifs) sont les partisans de Russie juste: 38%. Ceux qui ont le plus de mal à exprimer un avis sur ce problème sont les sympathisants du LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie, de Vladimir Jirinovski).
Conclusion, les Russes sont extrêmement tolérants et compatissants sur la question. Plus que d’avoir recours à des considérations morales, ils se montrent compréhensifs. Les Russes ont leur propre expérience du quotidien, souvent loin de ce qu’en rend la littérature ou le cinéma. Ils savent qu’un policier prend des bakchichs non pas parce qu’il est au départ corrompu, mais parce qu’il est peu rémunéré. Et les jeunes femmes n’échappent pas à la règle.
Il n’y a qu’au cinéma qu’une jeune fille de province peut arriver dans la capitale, trouver une place à l’usine et se sentir bien dans sa vie, parfois même jusqu’à faire carrière. Le cinéma reste en ce sens une fiction qui ne fournit aucune réponse définitive aux questions de savoir comment payer son loyer, ses études, où trouver l’argent pour se nourrir, s’habiller correctement, acheter des produits de beauté de qualité et financer ses loisirs culturels. Pour les étudiantes, employées de bureaux, vendeuses et ouvrières peu rémunérées, la prostitution - à 150-200 dollars la prestation - permet de répondre à toutes ces questions.
Et, à moins d’économiser pour s’offrir une Mercedes, pas besoin de travailler de la sorte jour et nuit. Elles le font de temps à autre, pour maintenir leur mode de vie ou en cas de difficultés d’ordre matériel.
Tout cela fait que la prostitution en Russie n’est pas du tout limitée à un segment isolé, dans certains quartiers ou certaines rues. Elle ne se résume pas, loin de là, à attendre debout sous la pluie ou la neige qu’une voiture s’arrête, et que Dieu sait qui vous emmène Dieu sait où pour vous forcer à faire Dieu sait quoi.
La prostitution est un secteur d’activité extrêmement flexible, qui répond aux exigences d’une clientèle pour le moins hétérogène et fournit à des jeunes femmes du travail sous de multiples formes.
Bien sûr, il existe un segment particulier pour ce genre de services, mais la prostitution est principalement un phénomène qui a trouvé naturellement sa place dans la vie de tous les jours.
Et s’il en est ainsi, à quoi bon en appeler à la morale?
Source : http://fr.rian.ru/analysis/20080208/98711614.html
Tags: Moscou, Russie, sondage, statistiques
February 12th, 2009 at 3:53 am
On va relancer Marina de Sernur sur ce fameux site.
Futé(é) en informatique,dissimule toujours son adresse IP.
Marina Gorohova
de Yoshkar-Ola 424000 Russie.
DEMANDE: 800 Dollars par Western Union.
Qui est le candidat?
February 22nd, 2009 at 10:30 pm
MOI MOI MOI
February 27th, 2009 at 9:21 pm
REPONDRE A CETTE LETTRE.
Salut mon amour Daniel!!
Je suis tres contente de recevoir ta lettre. Cela simplement magnifiquement connaitre que nous nous nous rencontrerons bientot.
Je sur - nous nous ferons bien notre temps et nous ne l’oublierons pas pour toute la vie.
Mon amour grandit avec chaque jour chez toi.
A celle-ci deja la place a l’interieur de moi est absente et elle se dechire de la poitrine.
Elle t’aspire, comme l’oiseau a natal les bords.
Je t’aime et l’affaire non seulement en argent.
Tes qualites - cela de l’ame de la qualite du present chevalier.
Qui tendra la main a la dame si elle est tombee. Je trouve tu est digne de la recompense.
Tes mots sur l’amour sont capables de tourner a la tete n’importe quelle jeune fille.
Un jour vous te parliez que la personne tres romantique!!! Si parlaient,
Cela connaissez cela la verite!
Je suis d’accord pour arriver chez toi. Je suis prete a faire cela, c’est-a-dire risquer.
En effet, notre vie est stupide sans risque. Et une telle grande distance n’empechera pas de etre sans raison ensemble,
Parce que je suis prete deplace n’importe quelles barrieres.
Tu penses a moi on n’aimera pas chez toi. Tu lisais un jour chez l’ecrivain de Mikhail Bulgakova “le Maitre et Marguerite”.
Marguerite a commence a vivre chez le maitre dans son petit appartement dans le sous-sol de la maison,
Parce qu’elle aimait le Maitre.
Je t’aime aussi Daniel et est prete a vivre avec toi ou il faut.
Au moment donne je suis simplement enthousiasmee par les sentiments.
Cette nuit je ne dormirai pas exactement et je penserai a toi.
Aujourd’hui je marchais a la banque et a appris comme on peut envoyer l’argent d’un pays a l’autre.
Dans la banque m’ont dit qu’utilisera le mieux le systeme «Western Union».
M’ont assure, que cette campagne plus effectif et heureux du systeme le rapide transfer money.
Je ne connais pas ce systeme rien, mais comme m’ont dit dans la banque c’est le plus simple moyen transfer money.
Pour realiser transfer money, il t’est necessaire de connaitre mon Nom complet et le Nom.
Il me sera necessaire de connaitre aussi Ton Nom complet, le Nom, l’adresse complete, la somme transfer money,
Et la ville de qui tu envoyais l’argent.
Mais le numero aussi de controle transfer money, comprenant de dix signes.
Quand j’aurai toutes ces donnees je viendra a la banque et je pourrai recevoir facilement l’argent.
Comme et tout sur transfer money. Pour le premier regard tout semble non difficilement.
Mais il y a seulement un petit probleme.
Comme m’ont dit dans la banque, dans notre ville un tel systeme «Western Union» est absent.
C’est pourquoi pour recevoir l’argent je ira a la ville voisine. Cette ville s’appelle Yoshkar-Ola.
C’est pourquoi il est simple quand tu expedieras l’argent indique mon nom complet (Gorohova Marina),
La ville (Yoshkar-Ola),
L’indice (424000)
Et le pays (la Russie).
Dans la banque m’ont dit,
Que de ces donnees sera assez pour faire la traduction.
A present tout se fait facilement et confortablement.
Il sera tres bon si tu pourras expedier encore la photocopie du formulaire transfer money.
Aujourd’hui des le matin je descendais a la salle de sport, et maintenant mon corps est rempli par la force.
Mais d’une encore plus grande force je suis rempli par notre amour!
Tien aime Marina.
February 28th, 2009 at 7:54 pm
Après que Marina ait cessé d’écrire, Ekatarina a pris le relais.
Escroquerie et prostitution organisées?
Photos>http://albums.photoonweb.com/ramhou/
March 1st, 2009 at 8:48 pm
Ekatarina ha oui c est ça
March 26th, 2009 at 10:57 pm
J’ai été contacté par Marina et j’ai publié ses lettres ainsi que mes commentaires.
Cordialement.
March 30th, 2009 at 5:05 pm
Ekatarina n’écrit plus, place à Yuliya qui m’a fait une longue lettre.
Qui sera la suivante?
September 22nd, 2009 at 3:18 pm
Votre comparaison avec les policiers corrompus parce qu’ils sont mal payés est mauvaise: les policiers corrompus, sous couvert de la loi, font n’importe quoi. Si au moins ils se contentaient d’encaisser les amendes suite à des infractions réelles, ils feraient en quelque sorte leur travail. Mais ils inventent des infractions, autorisent les personnes les plus fortunées à ne pas respecter la loi qui s’impose à tous. La pauvreté (surtout quand elle est seulement relative) n’est pas une excuse pour voler les gens et laisser ceux qui ne la respectent pas la violer encore davantage pour quelques roubles.
Je ne juge pas la prostitution immorale. Mais entre ne pas faire intervenir la morale dans ce sujet (je suis d’accord avec vous) et en faire l’apologie au motif que c’est une activité lucrative, il y a un écart que vous avez franchi trop facilement, donnant l’impression que toute femme peut se donner à quiconque moyennent quelques centaines de dollars.