GTA adapté au marché australien L’ancien policier tenait une maison de passe
fev 08

 La Suède a interdit la prostitution il y a quelques années, l’achat d’une prestation sexuelle est puni d’une amende payée par le client.

Dans le dernier rapport officiel sur le trafic d’êtres humains en vue d’achat sexuel du Département national d’investigation criminelle de la Suède, publié en décembre 2007, la police ne veut pas estimer le nombre de victimes de “trafic” en Suède. Et dans un nouveau rapport du Bureau national suédois sur la Santé et le Bien-Être, publié également en décembre 2007, on peut lire que les connaissances sur la prostitution sont très, très faibles au sein de la police et des autres autorités suédoises. La police et les travailleurs sociaux ne savent pas combien il y a de travailleuSEs du sexe en Suède. Ils ne savent pas qui ni où ils sont. Et c’est tellement naturel, les travailleuSEs du sexe évitant d’avoir des contacts avec ces personnes en qui nous nous n’avons aucune confiance.

Les autorités suédoises croient que le travail du sexe va s’arrêter si on le rend plein de honte, illégal et aussi inhospitalier que possible. À cause de ces lois et des politiques autour de la prostitution en Suède, il n’y aucune confiance parmi les travailleuSEs du sexe envers la police, les travailleurs sociaux et les autres autorités. Le besoin qu’auraient les travailleuSEs du sexe d’une sécurité et d’une légalité sociale n’est même jamais mentionné dans les débats sur la prostitution en Suède.

Malgré ces faits, des détectives, travailleurs sociaux, procureurs et politiciens expriment très souvent ce qu’ils croient être des faits, même s’ils n’ont aucune preuve qui soutienne ce qu’ils prétendent. On pourrait par exemple trouver quelques-uns de ces mensonges et croyances dans l’article du Guardian du 5 janvier 2008 intitulé How making the customers the criminals cut street prostitution ou encore en écoutant ce reportage de Rachel Williams sur le Red Light de Stockholm.

Si les faits évoqués par la police et les procureurs dans cet article et ce reportage étaient vrais, ce serait une forte preuve que nos lois en Suède sont une grande, grande catastrophe dans le combat contre le “trafic” d’être humains.

Si ces énoncés sont vrais, nous avons dix fois plus de victimes de trafic en Suède que ce que la police de notre pays voisin le Danemark estime avoir chez eux. Mais au Danemark la prostitution est légale.

Si ceci est vrai, nous avons autant de victimes de “trafic “en Suède que ce qu’on a trouvé dans l’ensemble des États-Unis durant les sept dernières années! Est-ce que cela peut être la vérité? Pourquoi tous ces mensonges?

Cette question du “trafic” est maintenant populaire parmi les politiciens, c’est également un bon tremplin pour une carrière politique. Les politiciens aiment être perçus comme fermement opposés au “trafic”. De plus, il est facile de soutenir la criminalisation des clients. Car en Suède il n’existe qu’une seule opinion politique correcte chez les politiciens, la police et les travailleurs sociaux : la loi contre l’achat de services sexuels est bonne, elle aide les travailleuSEs du sexe et est efficace contre le “trafic” humain. Cette image basée sur ce que certaines personnes croient et non sur leur connaissance de faits réels est maintenant en train d’être exportée vers d’autres pays par des mensonges et de la propagande.

En Suède, les travailleuSEs du sexe militent pour la décriminalisation et pour de meilleures conditions, parce que les profiteurs de la clandestinité et les proxénètes fleurissent et que nous préférerions les éviter.

Il est nuisible pour les travailleuSEs du sexe d’être sujets à de cruelles oppressions telles que la discrimination, la violence et la stigmatisation sociale. Les travailleuSEs du sexe sont discriminéEs, mais les préjudices et stéréotypes sont préservés. Le stigmate de putain, la honte sociale entourant le travail du sexe, est très, très fort ici en Suède, plus fort que ce que j’ai rencontré dans les autres pays.

Par exemple, je voudrais parler d’un débat organisé au sein de notre parlement le 23 octobre 2007. C’était un débat sur la résolution prise par le Conseil de l’Europe début octobre – Prostitution with stance to take? Lors de ce débat, notre ministre de la Justice, Beatrice Ask a déclaré (anförande 123) que le problème avec cette résolution est que l’une de ces clauses déclare que le Conseil de l’Europe établit que les États membres devraient respecter le libre-choix des personnes de travailler en tant que travailleuSEs du sexe et qu’ils devraient écouter les travailleuSEs du sexe sur les questions les concernant. Elle pense qu’il ne le faut pas! La ministre suédoise de la Justice déclare ouvertement au sein de notre parlement que le gouvernement en Suède ne devrait pas écouter les travailleuSEs du sexe sur les questions les concernant!!!

J’espère sincèrement que les connaissances, les faits, le sens commun et pragmatique et une politique humaine puissent triompher sur l’ignorance, le préjudice, le racisme, l’hystérie morale et les ambitions carriéristes des politiciens.

Les pays qui veulent adopter les lois suédoises sur la prostitution peuvent prévoir que les vols, les maladies et les viols vont augmenter, qu’une telle loi va apporter davantage de discrimination envers les travailleuSEs du sexe qui seront aussi plus effrayés de venir vers la police quand ils ont besoin d’aide. La communication entre les travailleuSEs du sexe et les autorités ira en empirant, la collaboration va s’évanouir et le “trafic” sexuel n’en sera que plus difficile à détecter.

Nous avons déjà vu cela arriver en Suède. Ne faites pas la même erreur!

Isabella Lund, travailleuse du sexe en Suède, 07.01.2008. Traduction : Thierry Schaffauser.

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