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AMSTERDAM (AFP) — Une vingtaine de couturiers néerlandais ont présenté leurs collections samedi au coeur du Quartier rouge, principal lieu de prostitution à Amsterdam, où ils ont établi leurs ateliers dans d’anciennes cabines de passe, contribuant au nettoyage que la municipalité y a entrepris.

Cohue, brouhaha, musique tonitruante et mannequins en tenues extravagantes - rien ne distingue cette fièvre de celle qui accompagne tous les défilés.

Pourtant celui-ci a lieu le long d’un des plus anciens canaux du centre d’Amsterdam, où s’exerce le plus vieux métier du monde. Il doit refléter le nouveau visage que la municipalité, lasse d’y voir régner le crime et la pègre, veut donner à ce quartier.

Armée de nouvelles lois permettant de fermer les établissement sur lesquels pèse un soupçon de criminalité, sans devoir attendre de décision sur le fond du dossier, la municipalité y a racheté l’année dernière 55 immeubles, en fait des bordels, à un ancien baron de la prostitution.

“Lors d’une visite de travail des autorités municipales dans le quartier en avril dernier, j’ai lancé: +Pourquoi n’y mettez-vous pas des couturiers ?+”, explique Mariëtte Hoitink, directrice de HTNK, une agence de promotion de la mode établie là.

Quelques mois plus tard, la ville lui renvoie la balle en lui demandant de trouver 20 créateurs intéressés, ce qui donne naissance au projet “Red Light Fashion Amsterdam”.

“Les candidats ne manquent pas ! J’aurais pu y mettre des étudiants ou des jeunes en difficulté, mais j’ai choisi d’y mettre des talents confirmés. Contrairement à l’idée reçue, qu’ils soient reconnus n’implique pas qu’ils sont riches. Leur travail coûte cher, et ils sont heureux de trouver ici un espace abordable pour exposer, travailler et vivre”, explique Mme Hoitink.

Le contraste est saisissant: la succession monotone le long du canal des “vitrines”, ces alcôves sur rue où les prostituées vêtues de lingerie criarde étalent leurs charmes, est désormais rompue par des vitrines où ces dames ont cédé la place à des mannequins aux vêtements sophistiqués et aux accessoires les plus tendance.

Les vitrines sont léchées, l’éclairage est recherché. Le décor intrigue et attire le regard.

Anne James ouvre la vitrine derrière laquelle il n’y a pas longtemps deux prostituées aguichaient encore le client. Elle se faufile entre les créations bigarrées de Daryl van Wouw, qui y sont à présent exposées. Suit un escalier sombre et, à l’étage, deux chambres aux couleurs ternes. Dans chacune il y a un lavabo et, sous un miroir, un lit lugubre scellé dans le mur, une planche comme sommier.

“Nous comptons les utiliser comme table pour la machine à coudre”, dit Anne, “car nous ne pouvons pas les enlever”.

Si le projet échoue, les lits sommaires pourraient retrouver leur ancienne fonction.

C’est que “Red Light Fashion Amsterdam” doit d’abord prouver sa réussite. Les créateurs ont un an pour redynamiser le quartier et y attirer une “nouvelle clientèle, pour une économie de qualité”, comme l’exprime l’adjoint au maire Lodewijk Asscher.

“Nous ne voulons plus de trafic de femmes, de criminalité. Nous voulons à nouveau être fiers des Wallen (le nom néerlandais du quartier, ndlr), que les habitants de la ville y retournent et qu’ils attirent un nouveau public”, affirme M. Asscher.

Bientôt les créateurs auront une arme supplémentaire pour réussir: au numéro 121 s’ouvrira d’ici quelques semaines un espace de vente commun, où les créations des vitrines seront commercialisées.

 http://afp.google.com/article/ALeqM5gmW6SBYEJIoOVV1ss1AglNhFsXPQ

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Une seule réponse à “Le Quartier rouge d’Amsterdam se boboifie”

  1. President Dit:

    LA HYPE DENATURE LE QUARTIER ROUGE

    Des créateurs de mode investissent ce haut lieu de la prostitution…
    Des ateliers de mode remplacent les anciennes cabines de passe.

    Arsenal répressif

    La municipalité d’Amsterdam a récemment fermé dans le quartier rouge plusieurs bars à hôtesses, soupçonnés de blanchiment d’argent et d’autres activités illégales. De nouvelles lois permettent en effet de fermer les établissement sur lesquels pèse un soupçon de criminalité, sans devoir attendre de décision sur le fond du dossier.

    Le principal lieu de prostitution d’Amsterdam est en passe de devenir le rendez-vous branché des amateurs de haute couture. Samedi dernier, des anciennes cabines de passe du célèbre quartier Rouge de la capitale néerlandaise se sont transformées en ateliers d’artistes de mode. Une vingtaine de couturiers y ont présenté leurs collections pour le coup d’envoi du projet “Red Light Fashion Amster-dam”. Si toutes les prostituées n’ont pas encore quitté les alcôves où elles étalent leurs charmes, ce sont désormais des mannequins qui sont appelés à exciter les sens le long du canal.

    Grand nettoyage
    La municipalité d’Amster-dam essaye depuis longtemps de donner un nouveau visage à ce quartier, lasse d’y voir l’argent sale et le trafic de femmes y avoir pignon sur rue. Elle a donc mis à la disposition de jeunes créateurs et photographes de mode dix-huit immeubles au loyer abordable. A eux de rendre le quartier plus dynamique.
    Les patrons de bar et de sex-shop haussent les yeux au ciel quand on leur parle du renouveau du quartier. “C’est très triste, déplore Martin, du coffee shop Piramide. Ces gens de la mode se payent du bon temps grâce à l’argent de nos taxes.”
    Le créateur Edwin Van Oudshoorn comprend la défiance de ses voisins. “La ville veut que le quartier Rouge change, mais elle ne sait pas par quels moyens y parvenir. ça rend la viabilité des commerces très incertaine.” “Nous ne sommes pas une menace pour les prostituées, assure de son côté Brigitte Hendrix, dont l’atelier jouxte celui d’Edwin. Mais les plans que la municipalité a pour le quartier pourraient en être une.”

    http://www.metrofrance.fr//fr/article/2008/01/22/08/3250-37/index.xml

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