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Jan 16

Un an qu’on nous bassine avec la “prostitution étudiante”, sur le thème “la prostitution corrompt notre jeunesse”. Un an qu’un syndicat adepte de l’intox a balancé ce “hoax”, avant qu’il ne soit démenti. Seul l’ Institut National de la Prostitution avait signalé, dès le début, l’arnaque intellectuelle et le mensonge médiatique. Aujourd’hui, des petits malins se sont jeté sur ce sujet racoleur pour en faire des livres et on se pose à présent sérieusement la question sur la véracité de cette affaire. Messieurs les journalistes, c’était il y a un an qu’il fallait chercher à savoir si le chiffre donné par le syndicat SUD n’était pas un gros pipo… Et que dire des associations anti-prostitution, qui tout en sachant que l’affaire de la prostitution étudiante était un canular ont préféré pendant un an ne rien démentir ? Il a fallu qu’un journaliste passe quelques coup de fils aux associations pour remarquer que parmi ceux qui ont une expertise dans le domaine, personne n’y croyait… Entre temps, la rumeur s’est bien installée. Un cas d’école sur le phénomène de la rumeur… Faut rire ou pleurer ?

La question de la prostitution dans le milieu étudiant est au centre de deux ouvrages qui paraissent jeudi, mais cette pratique, difficile à chiffrer, reste marginale, selon les associations et les organisations étudiantes.

“Mes chères études, Etudiante, 19 ans, job alimentaire: prostituée” : c’est avec ces titre et sous-titre que Laura D., étudiante en licence de langues vivantes, raconte, dans un livre publié jeudi, comment elle a été “obligée se de prostituer pour payer ses études”.

“Malgré mes petits boulots dans le télémarketing, la restauration, les dettes et les agios s’accumulaient. Je me demandais comment garder mon appartement”, a témoigné à l’AFP cette jeune fille, dont les parents “gagnent le smic et s’en sortent convenablement”.

“Je suis allée voir sur internet pour trouver des jobs étudiants, il y avait des annonces qui proposaient de l’+escorting+ (initialement “accompagnement” d’une personne au restaurant, théâtre etc, rétribué, ndlr), pour 100 ou 200 euros de l’heure. On se dit +une seule fois et pas plus+, et finalement à la fin du mois, c’est la même chose”, a-t-elle confié.

Dans un autre livre, qui paraît aussi jeudi aux même éditions (Max Milo), intitulé “La prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies”, Eva Clouet, étudiante en master de sociologie à Toulouse II, s’intéresse à quelques cas d’”escortes” racolant sur le web.

En 2006, Sud-Etudiant avait estimé à “40.000″ le nombre d’étudiant(e)s qui se prostitueraient (sur 2,2 millions d’étudiants), un chiffre qui avait suscité à la fois intérêt, fantasmes, critiques et agacements. Interrogé par l’AFP mardi, Aurélien Picot, l’un des porte-paroles du syndicat, “ne confirmait plus ce chiffre”, reconnaissant le manque d’études “pour pouvoir chiffrer les choses”.

“Il n’y a jamais eu d’enquête précise, rigoureuse et sérieuse sur la question”, a confirmé Guillaume Houzel, président de l’Observatoire de la vie étudiante, que la médiatisation du sujet, au détriment d’autres situations “tout aussi difficiles”, “agace un peu”.

“La jeunesse obligée de faire des passes pour manger et payer ses droits d’inscription, c’est minoritaire”, a-t-on estimé à la Fage (organisation étudiante).

Jean-Sébastien Mallet, délégué général à la Fondation Scelles (qui milite pour le recul de l’exploitation sexuelle sous toutes ses formes) admet que “cela existe” mais que c’est avant tout un “phénomène médiatique”.

Selon lui, “99% des jeunes de 15 à 25 ans n’ont pas de relation sexuelle marchande”.

Pour Bernard Lemettre, président du Mouvement du Nid (qui lutte pour la disparition de la prostitution), “il n’y a pas de prostitution +étudiante+” à proprement parler.

“La prostitution piège des personnes qui sont étudiantes, comme elle peut piéger des mères de famille, des jeunes femmes sans travail, bref d’autres catégories, de tous milieux sociaux”, a-t-il ajouté, précisant que “précarité ne signifie pas prostitution, même si c’est un facteur de plus grande vulnérabilité”.

Le phénomène est “relativement marginal”, souligne-t-on à l’Unef qui reconnaît que “la situation sociale des étudiants tendant à se dégrader, elle engendre le recours à des situations extrêmes, dont la prostitution”. Le syndicat réclame “des mesures sociales d’ampleur”.

Source : http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20080116&key2=080116072407.8dojr9bl.xml

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