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On vous le dit depuis des mois que le phénomène de la prostitution étudiante est surestimé, c’est une rumeur infondée, pour le savoir, nous avons cherché des prostituées occasionnelles étudiantes sur le web et on n’a rien trouvé de probant. Il y a des étudiantes qui se prostituent, certe, mais il y a aussi des secretaires, des commerçantes, des ouvrières, des employée de restauration, etc. qui le font occasionnellement ; la population étudiante n’est pas sur-représentée dans le milieu. Aujourd’hui, après un an d’intox, l’Ocreth nous donne raison.

On ne peut plus fermer les yeux sur la prostitution étudiante. Jeudi, deux livres vont nous rappeler que cette activité existe en France. D’abord un témoignage choc, livré par Laura D., étudiante qui vendait son corps pour payer ses factures. Ensuite, et pour la première fois, est présentée une analyse sociologique du phénomène à l’heure de l’Internet, qui facilite la démarche en la rendant simple et, surtout, discrète.

Les chiffres manquent. En 2006, le syndicat étudiant Sud avançait dans un tract le nombre de 40 000 étudiants pratiquant la prostitution amateur en France. Un chiffre qu’aucun recensement ne vient prouver et qui serait même, d’après l’office central pour la répression de la traite des êtres humains (Ocreth), « largement surévalué ». En effet, d’après cet organisme dépendant du ministère de l’Intérieur, la prostitution adulte en France est pratiquée, en hypothèse haute, par 18 000 personnes. “Et on voudrait croire que la prostitution étudiante est deux fois supérieure, tout en restant peu visible ?”, s’étonne un responsable de l’Ocreth. Il reconnaît cependant qu’il existe bien, dans l’Hexagone, « une prostitution étudiante occasionnelle, individuelle et cachée ». Ce qui, quand on est majeur, n’est pas une infraction. En France, seul le proxénétisme est illégal.

Quoi qu’il en soit, le phénomène semble étroitement lié à une précarisation de la vie étudiante. D’après l’observatoire de la vie étudiante, on comptait en 2006 20 000 étudiants “en situation de pauvreté grave et durable”, sans hébergement parental, sans prise en charge par un conjoint ni revenu suffisant pour faire face aux dépenses courantes. C’est bien le cas de Laura D.

Source : http://www.metrofrance.fr//fr/article/2008/01/14/21/1043-48/index.xml

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