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Jan 14

La sortie du livre de Laura D., Mes chères études, révèle ce drame contemporain : Laura, comme 40 000 autres étudiant(e)s selon le syndicat Sud-Etudiants, se prostitue pour pouvoir poursuivre ses études. Un témoignage magnifique, d’une très violente réalité.
Il y a près d’un an, Contrepoint mettait en lumière, à la une de son deuxième numéro, ce « phénomène méconnu ou ignoré ». L’auteur de notre article, Marion Kirat, a collaboré ensuite à ce témoignage très remarqué de Laura D., espérant qu’un jour, on arrête de fermer les yeux sur la prostitution étudiante.

Laura a 19 ans, elle s’inscrit en première année de licence de langues. Ses parents appartiennent à ces classes moyennes trop riches pour obtenir des bourses, et trop pauvres pour subvenir totalement aux besoins de leur fille. Même si elle habite avec son petit ami et travaille à mi-temps dans une société de télémarketing, Laura ne parvient pas à régler son loyer et manger à sa faim. Prise dans un affreux mécanisme, elle va se prostituer, « juste une fois » dit-elle, avant de recommencer à gagner cet « argent rapide ». L’engrenage commence et le rythme impeccable du texte décrit, pas à pas, le calvaire dans lequel Laura a fini par tomber.

Ce livre n’est pas là où on l’attend. Ni larmoyant, ni obscène, il revêt la forme d’un roman d’initiation moderne, adapté au monde d’Internet et des facilités à communiquer. L’auteur décrit avec réalisme ce à quoi elle s’est tristement livrée, mais aussi avec beaucoup de mesure, sans redite, sans exagération. Choquer ? Éventuellement. Faire comprendre et réagir ? Oui, surtout.

Mais Laura est aussi étudiante. Elle est jolie, elle aime apprendre. Il y a dans ce personnage beaucoup de justesse. eva.jpgLoin d’être un ange, il faut voir en elle une fille comme les autres, amoureuse, brillante et rêveuse. On aime Laura dans cette histoire dérangeante grâce à une écriture féminine, pleine d’émotion et d’ironie. Elle vit, voit des amis, fête Noël : ce témoignage montre, sans être si sombre, comment la vie d’une jeune fille peut devenir absurde et lui être insupportable.

Le courage de Laura D. est très grand. Sans hurlements, elle montre comment la société n’aide souvent en rien ces étudiant(e)s à s’en sortir. L’enquête d’Eva Clouet, jeune sociologue, dont le même éditeur que Laura D., Max Milo, publiera le même jour La Prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies de communication, apporte les preuves de l’aggravation de ce phénomène. Espérons qu’elles soient entendues.

Les études doivent être les plus belles années de la vie. Laura ne demande que ça.

http://www.contrepoint.info/?p=1281

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