Les filles de la rue Saint Denis ne veulent pas croire à la pénalisation du client. Canada : Débat sur l’ouverture des maison closes lors d’un procès
Jan 12

Interview compatissante d’ Eva Clouet, “étudiante en sociologie” (vous savez, ce genre d’étude qui amène en principe directement vers la case chômage) de 23 ans qui a fait un  mémoire sur la “prostitution étudiante” alors qu’elle était en stage au NID, l’association anti-prostitution la plus influente de France. Son mémoire  vient d’être publié. Nous avons déja parlé sur iprostitution.org du phénomène de la prostitution étudiante. D’ après nos informations, il n’y a pas de sur-représentation de la population étudiante dans le monde de la prostitution, et pour le savoir, il ne suffit pas de pondre des rapports abolitionistes pour le compte du NID, il suffit tout bêtement de fréquenter ce monde de la prostitution, notament en allant sur les sites web d’escorts et sur les sites web de clients, pour constater que le profil “jeune étudiante française cherche homme généreux” est plus que rarissime, et quand on trouve cette perle rare et qu’on la rencontre, on s’aperçoit en général que la dite étudiante a dans la trentaine et n’a pas mis les pieds à la fac depuis des années. Hélas diront certains. Force est de constater, néanmoins, que le sujet est assez racoleur pour qu’ Eva Clouet se retrouve publiée chez Max Milo, se fasse interviewer par l’ Express et profite du réseau d’influence du NID pour toutes sortes de colloques et d’actions de lobbying. Bravo chère Eva Clouet, toi au moins, tu fais un job honorable, pas comme certaines.

Selon le syndicat SUD Etudiant, 40 000 étudiant(e) s se prostitueraient en France. Cette estimation vous semble-t-elle réaliste?

Ce chiffre renvoie à une enquête de l’Observatoire de la vie étudiante qui évalue à 45 000 le nombre de jeunes en situation de précarité. Pour autant, tous ceux et toutes celles qui rencontrent des difficultés financières ne se prostituent pas! L’an dernier, j’ai mené une enquête sur le campus de Nantes auprès d’élèves de deuxième année de psychologie et de médecine. A la question «Connaissez-vous dans votre entourage un étudiant ou une étudiante qui se prostitue?», 4 personnes ont répondu par l’affirmative, sur 138.

Quelles sont les motivations des jeunes femmes que vous avez rencontrées?

Elles ont besoin d’argent pour payer leurs études, leurs loyers ou arrondir leurs fins de mois. Leur situation économique est souvent précaire, leurs parents, en grande majorité, modestes. Mais d’autres motivations se font jour chez certaines: la volonté d’échapper à une éducation trop rigide, l’envie de pimenter une sexualité trop cadrée, le refus d’une vie trop lisse ou le besoin de prendre une revanche sur le mythe du prince charmant.

© DR

(1) La Prostitution étudiante
à l’heure des nouvelles technologies
de communication (Max Milo).

De quelle manière la prostitution étudiante se distingue-t-elle de la prostitution dite traditionnelle?

Les jeunes femmes, qui se décrivent elles-mêmes comme «escortes» ou «escort girls», exercent cette activité de manière indépendante, «choisie» et occasionnelle. Elles ont entre une «rencontre» par semaine et un «rendez-vous» tous les deux mois - elles ne parlent jamais de «passes» - avec des clients pour la plupart réguliers. Toutes soulignent le caractère temporaire de leur prostitution. Gagner durablement leur vie de cette façon-là leur apparaît inacceptable - «glauque» et «invivable», pour reprendre leurs mots. Elles utilisent Internet pour racoler, soit en mettant des annonces sur des sites de rencontres, classiques ou spécialisés, soit en utilisant des forums de discussion, soit en se créant un blog personnel. De cette façon, elles protègent leur anonymat, posent leurs conditions et fixent leurs tarifs.

Quels points communs avez-vous relevés chez ces jeunes femmes?

Elles sont ambitieuses quant à leurs études et à leur avenir professionnel, qui demeurent leurs priorités. Issues le plus souvent de classes sociales populaires et moyennes, elles ont envie de réussir, de «devenir quelqu’un», de vivre confortablement. Elles sont convaincues que l’école leur offre cette possibilité d’ascension sociale à laquelle elles aspirent. La plupart sont des bosseuses. Elles cachent leur pratique prostitutionnelle de peur d’être découvertes par leurs proches, exposées au regard des autres, étiquetées «prostituées».

Elles parlent de «relations longues» qui permettent de «mieux se connaître», de «discussions» et «d’échanges». Une manière de banaliser leur activité?

Entretenir l’illusion d’une relation naturelle leur permet de ne pas être considérées comme objets de consommation. Elles ne veulent surtout pas être prises pour des pauvres filles! Leur discours sur le caractère «utile» de la prostitution - au couple et à l’institution du mariage, aux hommes frustrés - participe de ce même besoin de légitimation.

Source : http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/prostitution/dossier.asp?ida=463827

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2 Réponses à “Interview d’ Eva Clouet”

  1. perdreau Dit:

    Bonjour,
    J’ai effectué des études de socio il y a un an dans une fac de province…
    Le travail d’eva est intéressant mais devrait être complété par une étude de la prostitution à long terme:celle qui vous pousse à coucher dans l’espoir d’avoir un poste,une promotion…mais cela n’est que baliverne!
    Je dirais que le travail d’eva est révélateur du rapport de domination qui peut s’instituer entre les étudiantes(principalement)et CERTAINS sociologues désirant…mais incapable de susciter le désir par eux-mêmes:n’espèrent ils pas voir se réaliser cette prophétie…et la convoquer quant bon leur semble?
    A mes yeux le travail d’eva n’est pas seulement le travail d’eva…il est plutôt l’œuvre d’une bonne fraction d’hommes dits “progressistes”…
    et de femmes aussi…
    Et si nous reformulerions tout ça:”des prostituées font des études”,ça a de la gueule ça,non?
    Et tout étonné,le client écouterait la prostituée lui déclamer des vers,des théories,ou lui expliquer comment remplir sa feuille d’impôt!

  2. Arthur Rechtman Dit:

    Bonsoir
    Je bosse en ce moment sur un mag, sur la prostitution, que je dois monter de tte pièce. Je suis en première année de journalisme sur paris et j’aurais aimé avoir plus d’informations sur le thème de la prostitution étudiante. Je voudrais savoir si une rencontre pourrait être possible avec vous Eva Clouet. En attendant votre réponse je vous laisse mon adresse mail personnel (tuturart@msn.com)
    Bonne soirée.

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