Un peu d’histoire.
La prostitution a toujours existé elle ne date pas d’hier. De la courtisane, la gourgandine, les prostituées, les escortes-girls ou les call-girls. L’appellation à changé mais pas le but. L’homme a toujours disposé du corps de la femme ou est-ce la femme qui dispose de son corps ?
POUR OU CONTRE L’ABOLITION DE LA PROSTITUTION
Si nous admettons que depuis quelques années la femme dispose de son corps (car je ne voudrais pas lever un débat judéo-chrétien sur le mariage) donc la femme disposant de son corps à cette liberté d’utiliser son propre corps à des fins lucratives.
Ainsi, le droit de se prostituer est acquis parce que le droit d’avoir des relations sexuelles relève strictement du droit au respect de la vie privée. La prostitution n’est donc pas un délit.
Cependant le droit de se prostituer a des limites notamment depuis la loi du 13 avril 1946 dite loi Marthe Richard. (Fermeture des maisons dites de Tolérance, mais (et là on en parle le moins) abrogation des dispositions réglementaires. (Tolérance des maisons closes), mais aussi inscription des prostituées sur un registre, privation éventuelle de liberté des prostituées.
Conséquences : elle atténue considérablement le contrôle de l’Etat sur la prostitution, et elle autorise l’exercice de la prostitution dans d’autres lieux, notamment sur la voie publique.
Suite à la fermeture des maisons closes de nombreuses filles se retrouvent sur les trottoirs.
Un autre décret du 25 novembre 1960 définit le racolage :
« Attitude affichée sur la voix publique au vue de provoquer la débauche. » Le fait par tout moyen de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles est puni d’une amende de 10 000 F, 20 000 F en cas de récidive. (Nouveau code pénal 1993).
Mais la loi sur la sécurité intérieure du 21 janvier 2003 change radicalement la donne.
Les députés adoptent le texte du Ministre de l’intérieure (M. SARKOZY) créant le délit de racolage passif : deux mois de prison et 3 750 € d’amende pour fait de racolage. Tout en étendant aux personnes qui mettent à disposition des prostituées : des véhicules, les firmes hôtelières. Mais aussi de placer les prostituées dans des centres d’hébergement de droit commun afin de faciliter leur réinsertion.
Loi applicable depuis mars 2003.
Cela signifie que la cohabitation, la location d’un studio ou d’une chambre d’hôtel peut être sanctionné.
Par contre la seule autorisation de la prostitution est le FISC (celui-ci considère que la prostitution est un revenu donc à déclarer). Car le FISC reconnait les personnes prostituées comme Agents Economiques.
Concernant la mise des prostituées dans des centres d’hébergement commun. Je voudrais rappeler que des SRPS (Service de Prévention et de Réinsertion Sociale) avaient été crée par la loi de 25 novembre 1960 et qu’une vingtaine de centre avaient vu le jour. Faute de moyen ces centres ont été fermés. (Pourtant la démarche était intéressante mais l’Etat s’en est désintéressé).
Autre contradiction.
Les personnes prostituées (en FRANCE) sont confrontées à l’interdit et à l’autorisé. En effet l’interdiction totale de se prostituer n’est pas interdite. C’est l’interdiction d’exploiter la personne prostituée qui est interdit.
Donc nous faisons ici référence aux proxénètes. Mais la loi précise que la notion du proxénète se définit ainsi :
Sera considéré comme proxénète, un homme qui contraint par la menace, la violence, la tromperie ou tout autre moyen une femme à avoir des relations sexuelles.
Mais la notion de « tout aide apportée à la prostitution (hébergement provisoire par exemple) peut être condamné pour proxénétisme » Pour être plus clair si vous voulez dépanner ou héberger une prostituée vous pouvez être condamné pour proxénétisme.
Et le client : La politique de lutte contre la prostitution en FRANCE depuis 1946 ne l’a jamais conduite à prendre la moindre mesure qui s’intéresse aux clients. Sauf la loi du 4 mars 2002 ou des mesures répressives sont prises à l’égard des clients qui vont voir les prostituées de moins de 15 ans.
LA FRANCE UN REGIME ABOLITIONISTE.
En avril 1997, pendant la conférence de la Haye, le gouvernement JUPPE réaffirmait la position du strictement abolitionniste de la FRANCE.
On peut faire aujourd’hui le constat que l’abolition de la prostitution ne fonctionne pas.
Pourquoi ? Les contradictions et confusions sur la prostitution et le proxénétisme. Ensuite l’aire de l’informatique via internet.
Des nouvelles formes de prostitution « moins visibles » que la prostitution ont vu le jour (internet, salon de massage, serveurs télématiques, petites annonces presse) « masquée » bien entendu.
Pourquoi n’interdit-on pas ces pratiques ?
La prostitution rapporte-t-elle de l’argent à l’Etat ?
Grace à elles des personnes s’enrichissent : les sites web, les serveurs télématiques, etc.…
Alors voilà pourquoi, je pense que l’abolition de la prostitution est un leurre.
Par contre l’abolition du proxénétisme oui, mais là c’est un autre sujet.
Voilà quelques lignes qui je l’espère nous permettrons d’ouvrir un débat et d’échanger intelligemment.
Le but ici n’est pas de condamner ou approuver la prostitution, mais d’y réfléchir et pourquoi pas ouvrir un vrai débat (non pas entre professionnels, politiques ou autres, non simplement des citoyens qui s’intéressent à la société et aux problèmes sociétaux).


Le problème, totoche, c’est que la non-abolition n’a pas marché non plus. Ce qui signifie que l’anti-aabolitionnisme n’est pas justifié.
Ensuite, philosophiquement, politiquement et éthiquement, les antiabolutionnistes sont des tartuffes et très souvent des proxénètes déguisés en prostituées, ou des clients qui défendent leur steak.
Les prétendues prostituées antiabolitionnistes nient les chiffres : majorité écrasante de femmes sans papier, entrée dans la prostitution entre 14 et 16 ans, nombreux suicides, drogues et alcool, et nombre élevé de meurtres de prostituées. Cette infime minorité prétend que les “féministes” parlent à leur place alors qu’elle même (avec l’appui des proxos et des consommateurs qui défendent leur steak) parle au nom de l’écrasante majorité.
Politiquement, les antiabolitionnistes sont du côté de Nozick, néoconservateur, et de ses partisans qui soutiennent qu’un système vraiment libre implique que chacun doit avoir le droit de se vendre en esclavage.
Dans le même ordre d’idées, ils sont contre les programmes sociaux et donc, contre les programmes pour les drogués, d’aide aux jeunes suicidaires, etc. etc. En fin de compte, adans cet esprit, il faut être contre les soins médicaux assurés aux malades, car ils ont choisi d’être malades.
Lire Le SOLILOQUE DU DOMINANT MONA CHOLLET SUR L’AFFAIRE POLANSKI ET LA QUESTINO SEXUELLE
L’argumentation proprostitution domine parce que les élites qui dominent financièrement sont à 95 p. 100 des hommes (de plus de 50 ans) (médias, producteurs ciné, patrons de pub, transnationales, banques). Le discours “j’ai des besoins sexuels dont le DROIT d’avoir à mon service une caste spécialisée” est TRÈS bien relayée pour la simple raison que ces élites sont pour un marché totalement libre et pour une société dont l’éthique est considérée comme contraire à l’efficience.
Bonjour,
Pour ou contre la prostitution ? Je suis partisan de l’abolition de la prostitution tant en ce qui concerne les personnes mineures et la France l’a abolie par exemple que les adultes et la Chine l’a abolie par exemple. Parmi les arguments des gens coupables de prostitution, le seul crédible est le besoin d’argent mais crédible ne signifie pas légitime. Les arguments des gens coupables que j’ai lus sur Internet sont faux et/ou diffamatoires à l’encontre des abolitionnistes qu’ils font passer pour des partisans de la lapidation voire de la peine de mort, de la charia… Moi par exemple, je suis contre la peine de mort, contre la lapidation, contre les intégrismes et les fanatismes… Et pour l’abolition de la prostitution. Et je pense que beaucoup d’abolitionnistes sont comme moi mais vivent sur la défensive car les prostitutionnistes sont en permanence offensifs depuis des années. Je ne comprends pas que les abolitionnistes ne vont pas plus de l’avant face aux abus hélas “payants pour eux” des prostitutionnistes.
Il faut répondre selon la généralité : les gens de bonne volonté rêve d’un monde sans prostitution, généralement les choix des êtres humains doivent correspondre à leurs rêves au vrai sens du mot et non à des calculs de subsistance et/ou de profit cupide par le travail vénal, obscène, nuisant à des personnes (prostituées menacées, forcées, familles menacées, vies de couples dévastées, problèmes de santé, violences psychologiques…) Et comme l’a dit à la perfection une dame poète “On fait don de son corps à quelqu’un qu’on aime car l’amour ne se paie que par l’amour”, c’est la vérité générale, la poésie est la vérité. Au-delà s’il y a des exceptions à reconnaître elles doivent être justifiées et reconnues par des experts mais elles ne doivent pas empêcher l’abolition. La Chine a aboli la prostitution il y a longtemps. Tout cela décrit l’universel et je pense qu’il faut bien finir de le réaliser. Mes sincères salutations. Guy Moreau