Acculés par la faiblesse de leur argumentation, les anti-prostitutions sont sans cesse à la recherche de nouveaux prétextes pour dénoncer le phénomène. Très sensibles à « l’air du temps », ils aiment se greffer sur les idéologies du moment pour y appliquer toutes sortes de grilles de lectures permettant de percevoir la prostitution comme un phénomène anormal. Au tout début du XX e siècle, quand l’église avait encore une grande influence sur la vie politique, leur argumentation tournait autour des « bonnes moeurs chrétienne ». Avec la venue des idées hygiénistes, il était convenu de dénoncer les prostituées comme propagatrices des maladies honteuses. La psychanalyse a ensuite permis d’expliquer que la prostitution était une sorte de névrose touchant les femmes, Freud, le grand pourfendeur de l’ hystérie féminine offrait un kit de prêt-à-penser très pratique pour expliquer que même la prostituées volontaire n’était en fait pas volontaire du tout. La fermeture des bordel en 1946 a reposé sur l’idée de décadence morale, une condamnation sans appelle de l’esprit des années folles d’avant guerre, prémisse de la déconfiture française. Dans une société devenant de plus en plus « sociale », la lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme a pris le dessus, l’ ennemi sera alors le proxénète, la relation proxénète-prostituée devenant une sorte de symbole de la lutte des classes. Quand les idées féministes se sont imposées dans la société Française à partir des années 60-70, les anti-prostitution ont découvert un nouvel outil. Le rapport client-prostituée devenait une preuve de la domination masculine, lutter contre la prostitution devenait une lutte pour l’égalité homme-femme. Quand, comme aujourd’hui, le libéralisme mondialiste est remis en question dans la société Française, on vient nous expliquer alors qu’un certains nombre de choses ne peuvent pas être achetées, comme un rapport sexuel, et que la prostitution est aussi une dérive mondialiste, où la migration des prostituées et aussi des clients, via le tourisme sexuel, serait les pires avatars du village global. Quand les questions de bioéthisme apparaissent au devant de l’actualité, on découvre que la prostitution serait équivalent à une vente d’organe. La dernière idée à la mode gravite autour de l’idée de « citoyenneté », tout ce qui est « civisme », « intégration », « comportement citoyen », « civilité », etc.,L’idée de pénaliser le client et de lutter avec acharnement contre le racolage est lié à cette tendance idéologique actuelle, dans la même mouvance que la lutte contre le tabagisme, contre la vitesse au volant, contre le racisme ordinaire, contre les crottes de chien, contre le squattage d’escaliers, contre le téléchargement illégal, etc. où il est question de combattre les mauvaises habitudes individuelles à coup de punissions très largement distribuées.
Ainsi, les anti-prostitution s’inventent constamment de nouveaux prétextes, en fonction de l’offre idéologique du moment. Tantôt, la prostitution n’est pas chrétienne, puis elle n’est pas émancipatrice, puis elle n’est pas hygiénique, puis elle est décadente, puis elle est du domaine de la domination de classe, puis elle est misogyne, puis elle est ultra-libérale, puis elle est non-bioethique, puis elle de l’incivilité. Au regard des valeurs du moment, les anti-prostitution n’ont de cesse de se positionner.
Les anti-prostitution, qui basent tout sur les idéologies, sont aussi des girouettes idéologiques, ils se greffent sur les valeurs dominantes pour proposer toujours la même solution : une société sans prostitution. La multiplicité des arguments reposant sur les idéologies du moment les rend suspect, ils utilisent les différentes idéologies que parce qu’elle les sert, non parce qu’ils y croient. En réalité, cette attitude des anti-prostitution est un camouflage. Ils ne veulent pas admettre que leur volonté est de contrôler la morale et les moeurs. Ils sont, philosophiquement, contre une pratique sexuelle, le « sexe tarifé », et ils veulent imposer ce positionnement morale à tout le monde via la police et la justice. Quand on gratte un peu le vernis idéologique, il ne reste qu’une morale sexuelle et rien des idéologies dont ils se réclament. Sous la couche « anti-esclavagisme » on découvre qu’ils fonctionnent sur le mode maitre à esclave, sous la couche humaniste des sauveurs de la veuve et de l’orphelin on découvre avec leurs yeux une totale déshumanisation de la prostituée, sous la couche féministe il y a un paternalisme absolu, sous la couche « lutte des classes » il y a des apparatchiks qui savent mieux que moi même ce qui est bon pour moi, sous la couche progressiste il y a le retour à l’ordre moral dans le domaine des moeurs, sous la couche de la bioéthique il y a une idée de l’amour charnel que tout le monde devrait partager, de grès ou de force, sous la couche du civisme il y a la volonté de contrôler totalement la population, sous la couche anti-libérale il y a une volonté de faire rentrer tous les individus dans le moule de l’entreprise, etc.
Ainsi, les anti-prostitution sont systématiquement dans le mensonge quand ils évoquent autre chose que la morale sexuelle pour défendre leur cause. Coincés par l’idée des droits de l’homme, qui leur interdit à priori de réclamer des mesures visant au contrôle de la sexualité d’adultes librement consentants, coincés aussi sur la question du libre choix professionnel, chacun étant libre de choisir son métier, ils ne peuvent qu’inventer, laborieusement, de nouveaux prétextes. C’est jamais la morale du sexe tarifé en elle même qui est en question au départ, c’est toujours autre chose (esclavage, féminisme, bioethique, etc.), et ça abouti toujours à une condamnation morale du sexe tarifé.
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